Français 9115 · vues 1–750 · Lecture modernisée · Papiers de Sophie GERMAIN. — Recueil de dissertations et problèmes mathématiques et physiques — lecture modernisée du volume entier
Datation du catalogue : 1801-1900
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
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Résumé

Ces sept cent cinquante vues ne forment pas un livre. C'est un volume relié sans tri, où des pièces de Sophie Germain sur des sujets différents se suivent sans ordre de sujet ni de date, avec quelques pièces d'autres mains. La plus grande masse traite des vibrations des plaques élastiques, la question que l'Institut mit au concours et pour laquelle l'Académie couronna son mémoire de janvier 1816 : un exposé de ses principes, un long mémoire de cent soixante-cinq pages et plusieurs états de son ouverture, une copie latine du mémoire d'Euler de 1779 sur les lames vibrantes, et une critique de ce mémoire en trois états. Autour, la géométrie qui porte sa théorie : un mémoire sur la courbure des surfaces et ses brouillons. Plus loin, une quarantaine de pages sur la propagation de la chaleur dans la sphère, le cône et le cylindre, à la suite de Fourier. À la fin, de l'arithmétique : trois pages sur le théorème de Fermat pour les exposants pairs, que la littérature appelle le « manuscrit C », des notes sur les résidus quadratiques, un mémoire imprimé de Legendre, et des extraits des Mémoires de Turin. Le théorème qui porte son nom, sur les nombres premiers auxiliaires, n'est pas sur ces feuillets.

Le problème des plaques est posé par une expérience. Chladni répand du sable sur une plaque de verre et la fait vibrer à l'archet : le sable quitte les parties qui vibrent et se range le long des lignes immobiles, les lignes nodales, qui dessinent des figures régulières, chacune avec son son. Pour une lame, plaque étroite qu'on peut traiter comme une ligne, Euler avait l'équation du mouvement, du quatrième ordre, et les conditions aux bouts ; pour une plaque, on n'avait rien. La question de l'Institut était : « Donner la théorie mathématique des vibrations des surfaces élastiques et la comparer à l'expérience ».

Son idée est une analogie. Dans la lame, la force élastique est proportionnelle à la courbure ; dans une surface, elle la suppose proportionnelle à la somme des deux courbures principales, c'est-à-dire, en termes actuels, au double de la courbure moyenne. Il en sort, par une dérivation qui n'est pas une démonstration, une équation où figure le bilaplacien, \(\partial_t^2 z + b\tau^2\,\Delta^2 z = 0\), qui est l'équation actuelle des plaques minces. Elle la défend contre l'hypothèse d'un rival qu'elle ne nomme pas, « un membre de la classe » : les deux hypothèses diffèrent par un terme de courbure de Gauss, qui, pour une plaque naturellement plane, ne change pas l'équation à l'intérieur et change les conditions au bord libre. Pour justifier le choix de la somme, elle écrit un mémoire où elle veut « signaler et définir un genre de quantités dont l'existence ne paroît pas avoir été soupçonné » : la courbure moyenne, moyenne des courbures normales dans toutes les directions, dont la répartition autour d'un point est « calquée » sur la loi de la chaleur dans l'anneau de Fourier. Pour les figures de Chladni, elle invente les « limites analytiques » : les lignes où les conditions du bord sont remplies découpent la plaque en plaques plus petites, et des sommes de fonctions de la lame d'Euler, ou des produits de sinus, rendent compte, dit-elle, de plus de la moitié des figures de la plaque carrée. Contre Euler, elle conteste la seconde solution de la lame appuyée à ses bouts et en son milieu, en supposant que l'appui du milieu n'exerce aucune force. Sur la chaleur, elle étend les solutions de Fourier au solide échauffé « d'une manière entièrement arbitraire ». En arithmétique, elle cherche à démontrer, par des décompositions en sommes de deux carrés, que \(x^{2n}+y^{2n}=2z^{2n}\) est impossible pour \(n\) impair, et en tire le théorème de Fermat pour les exposants pairs.

Elle dit elle-même ce qu'elle tente, et ce qu'il lui en coûte. L'Exposition s'ouvre sur ce que l'autre hypothèse « a pour appui un nom justement célèbre », « une forte raison de se défier de celle qui m'appartient » ; son point de vue, écrit-elle, « est entièrement neuf ; et c'est pour moi un grand sujet de défiance », et elle finit : « Un pareil prestige n'est pas de mon côté ». Devant Euler, un brouillon qu'elle barre ensuite dit : « Je n'ose admettre ce resultat contraire a l'opinion d'Euler » ; la mise au net, qu'elle n'admet pas une opinion si contraire « sans la soumettre à un examen plus approfondi ». Le long mémoire s'adresse à « la classe », dont il espère avoir rempli le programme « au gré de mes juges », et se ferme sur ces mots : « Je termine enfin ce long mémoire dans lequel je n'ai pourtant examiné qu'une partie des différens cas que l'expérience présente ». Un brouillon sur les surfaces courbes avoue : « Je me suis résolue beaucoup trop tard à reprendre le sujet qui fait l'objet du présent mémoire ».

Où cela mène. Son équation est celle de la théorie des plaques de Kirchhoff (1850) ; mais ses conditions au bord libre sont celles de Kirchhoff pour un coefficient de Poisson \(\nu = 1\), et celles de son rival pour \(\nu = -1\) : la loi retenue aujourd'hui est entre les deux. Ni ses produits de sinus ni ses sommes de fonctions de la lame ne satisfont, pour une matière réelle, les conditions d'un bord libre, et c'est la cause qu'on donne aujourd'hui à l'écart d'environ un ton qu'elle constate entre deux familles de figures ; les figures de la plaque libre n'ont été calculées qu'avec la méthode de Ritz (1909), qui part des mêmes fonctions. Sur la lame appuyée en son milieu, Euler avait raison contre elle ; sur l'anneau, Chladni avait raison contre Euler et contre elle. Les séries qu'elle écrit pour la plaque circulaire et pour le cylindre chauffé sont des fonctions de Bessel ; sa sphère échauffée arbitrairement demande les harmoniques sphériques. Sa démonstration du manuscrit C a des lacunes, et ses deux énoncés, corrigés de la solution triviale, n'ont été démontrés que bien plus tard (Darmon et Merel, Wiles). Les noms à chercher : équation des plaques de Sophie Germain (ou de Germain–Lagrange), bilaplacien, conditions aux limites de Kirchhoff, lagrangien nul, figures de Chladni, poutre d'Euler–Bernoulli, anneau vibrant, courbure moyenne et formule d'Euler, loi de Laplace, fonctions de Bessel, équation de la chaleur en coordonnées sphériques et cylindriques, théorème de Fermat pour les exposants pairs, résidus quadratiques et loi de réciprocité, racines primitives des nombres premiers de Fermat.

Keywords — Sophie Germain's plate equation, biharmonic operator, Kirchhoff plate boundary conditions, null Lagrangian, Chladni figures, Euler–Bernoulli beam, beam on an intermediate support, vibrating ring, Bessel functions, mean curvature, Euler's curvature formula, Young–Laplace equation, heat equation in spherical coordinates, heat equation in cylindrical coordinates, Fermat's Last Theorem for even exponents, quadratic residues, quadratic reciprocity, primitive roots of Fermat primes, cyclotomic polynomials, vibrating string controversy

Ce que le volume contient

1–750Sept cent cinquante vues : la reliure (vue 1) ; un feuillet de garde qui porte, d'une autre main, plus grande, « Manuscrits de mémoires imprimés » (vue 2)1 ; puis des feuillets de toutes tailles, montés, souvent sur onglets, pièce après pièce, sans ordre de sujet ni de date. Le volume n'est pas trié, et cette lecture ne prétend pas y trouver un fil.

Le catalogue de la Bibliothèque compte 372 feuillets. Une série de nombres tracés à l'encre en haut à droite, un par feuillet, va de 1 (vue 2) à 372 (vue 748), et un « 373 » barré est porté sur le feuillet blanc de la vue 750. Elle compte les petits feuillets volants et la plupart des feuillets blancs ; elle porte un « 55 bis » (vue 113) et laisse sans numéro le feuillet blanc des vues 732–733. Si l'un et l'autre sont des feuillets, le volume en a 374 : la lecture le constate, et ne le concilie pas avec le chiffre du catalogue. Cette série est tracée à la plume, et les transcriptions ne la donnent pas pour une foliotation ; aussi la lecture cite-t-elle des vues, et non des folios, avec une seule exception : aux vues 708 à 710, les nombres 348 et 349 de la série répondent exactement aux ff. 348r–349r où Laubenbacher et Pengelley situent le « manuscrit C ».

Les pièces, dans l'ordre de la reliure :

La lecture reprend ces pièces dans cet ordre, à trois exceptions près : elle lit ensemble les feuillets d'un même sujet que la reliure a dispersés (les feuillets épars sur la courbure, les pièces sur la chaleur) ; elle place les autres états de l'ouverture du long mémoire entre les deux parties de celui-ci ; et elle lit l'imprimé de Legendre avec l'arithmétique, après le manuscrit C.

Ce qui est relié hors d'ordre, et ce qui est photographié deux fois. Dans la copie d'Euler, la page (128) est reliée entre la page (125) et la page (126) (vue 167), ce que la copie signale elle-même. Dans le long mémoire, ses pages (9) à (12) sont écrites deux fois (vues 406 à 409 et 412–413), et deux pages portent le numéro (132) (vues 542 et 543). Les calculs sur la chaleur se lisent dans l'ordre 639, 636, 637 ; la « Note » de la vue 656 et un feuillet blanc sont reliés entre la deuxième et la troisième page de la pièce sur la sphère ; la copie de la pièce sur le cylindre n'a pas ses pages 3 à 6. Plusieurs billets montés à deux par feuille sont numérotés de bas en haut (vues 553, 726 et 728). Sont des secondes prises de vue d'une même page : 53 (de 51), 122 (de 121), 191 (de 190), 196–197 (de 194–195), 204 (de 203), 281 (de 280, béquet relevé), 302 (de 301), 359 (de 358), 431 (de 429), 559 (de 557), 594 (de 593), 611–612 (de 609–610).

Les mains. La plupart des pièces sont de sa main, en deux écritures : une mise au net régulière (l'Exposition, le mémoire sur la courbure, le long mémoire) et une écriture rapide de travail (les brouillons, les calculs, les notes d'arithmétique). La copie d'Euler et la mise au net de la critique sont d'une main droite et régulière, que les transcriptions attribuent diversement ; cette lecture ne tranche pas. La seconde mise au net des vues 593 à 597 est d'une écriture plus grande et très régulière ; le manuscrit C, d'une main posée ; les extraits de Turin, d'une main penchée que les feuillets ne désignent pas, et dont les remarques entre crochets sont dites ici « du copiste ». Les transcriptions ne se prononcent pas sur la main des « Idées à vérifier », écrites à la première personne.

Ce que les feuillets datent. Aucune pièce n'est datée de sa main. Les feuillets citent : le mémoire d'Euler de 1779, et sa Methodus « imprimée en 1744 » ; les Leçons sur le calcul des fonctions de Lagrange, « an 1806 », et la nouvelle édition de sa Mécanique ; « mon memoire pour 1813 » (vue 626) ; les concours de janvier 1814 et de janvier 1816 (vues 3 à 9, 31) ; « le mémoire couronné qui fut présenté en 1815 » et « mes recherches … publiées en 1821 » (vue 103) ; « cette hypothese que j'ai donné en 1811 » et un « N.o d'aout » d'un périodique (vue 575) ; la théorie de la chaleur de Fourier, par articles et par pages ; l'imprimé de Legendre porte « Lu à l'Académie, le 11 octobre 1830 ». Toute date qu'une pièce ne porte pas est, dans ce qui suit, une inférence dite comme telle. Le 1801–1900 de l'en-tête est la datation du catalogue.

Ce qui n'est pas dans le volume. Le théorème de Sophie Germain sur les nombres premiers auxiliaires, et son grand plan sur le théorème de Fermat ; le mémoire pour 1816, dont l'Exposition cite le No 15 ; les planches d'Euler (Tab. II et III) ; la planche de Chladni « jointe à ce mémoire » et la « fig. A » du long mémoire (vue 464) ; les pages 3 à 6 de la copie sur le cylindre ; la suite des pages (72) de la seconde rédaction et (35) de la mise au net de la critique.

« Exposition des principes qui servent de base à la théorie des surfaces élastiques »

3–41Le volume s'ouvre sur une pièce entière et continue : une mise au net, d'une seule main régulière, de trente-neuf pages sans lacune, qui compare deux manières de fonder la théorie des plaques et des surfaces élastiques — la sienne, qui fait dépendre les forces d'élasticité de la somme des courbures principales, et celle d'un rival qu'elle ne nomme jamais autrement que « un membre de la classe » ou « le savant auteur du mémoire sur les surfaces élastiques ».2 Le nom de ce rival n'est pas sur ces feuillets, et la lecture ne l'y met pas.3 Tout au long, les dérivées partielles sont écrites avec un \(d\) droit.4

Les notations de la lecture sont celles de tout ce groupe : \(\kappa_1 = 1/\rho\), \(\kappa_2 = 1/\rho'\) les courbures principales de la figure forcée, \(1/R\), \(1/R'\) celles de la figure naturelle, \(H = \frac12(\kappa_1+\kappa_2)\) la courbure moyenne, \(K = \kappa_1\kappa_2\) la courbure de Gauss. Sa « somme des raisons inverses des deux rayons de courbures principales » est donc \(2H\).

L'Avertissement : l'histoire de la question, racontée par elle

3–9Elle dit d'emblée ce qu'elle cherche : deux hypothèses « essentiellement différentes » sont proposées, l'une « a pour appui un nom justement célèbre », ce qui est « une forte raison de se défier de celle qui m'appartient » ; elle expose ses raisons pour que « le public éclairé les pèse », et sollicite l'examen critique de la sienne.5

Puis l'histoire, dans ses mots. Les premières expériences de Chladni lui firent croire que l'analyse pouvait en trouver les lois ; « un grand géomètre dont les premiers travaux avoient été consacrés à la théorie du son » lui apprit que la question contenait des difficultés insoupçonnées, et elle cessa d'y penser.6 Le séjour de Chladni à Paris la ramena au sujet ; elle étudia le mémoire d'Euler sur le cas linéaire, « non pas certainement dans l'intention de concourir au prix extraordinaire » que proposa l'Institut.7 Dans le cas linéaire les forces d'élasticité sont supposées proportionnelles à la courbure ; l'hypothèse qui met à sa place la somme des deux courbures principales d'une surface « me frappa par son analogie et par sa simplicité ».

Au concours de janvier 1814 elle présenta un mémoire contenant l'hypothèse, l'équation de la plaque vibrante et, par quelques intégrales particulières, la comparaison avec l'expérience ; l'Institut jugea la comparaison satisfaisante, mais elle reconnaît qu'une « ignorance la moins excusable » l'avait empêchée de déduire régulièrement l'équation de l'hypothèse, faute qui ne permettait pas à la classe une approbation entière.8 En août 1814, « un membre de la classe » lut un mémoire sur les surfaces élastiques, fondé sur une hypothèse nouvelle, borné aux surfaces naturellement planes, et parvenant à la même équation ; il paraissait reconnaître qu'on y arrivait aussi par la somme des inverses des rayons principaux. Pour le concours de janvier 1816 elle tenta de justifier son hypothèse a priori et de l'étendre à une surface de figure quelconque ; l'Académie couronna ce mémoire, mais « a pourtant mis une certaine restriction à son approbation », restriction dont elle dit n'avoir jamais bien compris le sens. Le mémoire de son rival fut publié ensuite sans mention de son dernier travail ; elle en conclut qu'il n'adoptait pas son sentiment, et dit avoir « longtems attendu » la suite promise de ses recherches.

Elle annonce enfin la division de la pièce (examen a priori ; conclusions analytiques pour les plaques ; comparaison avec l'expérience) et une correction : le signe du terme qui représente la courbure naturelle est contraire à celui qu'elle avait adopté, « en suivant l'indication d'Euler (de sono campanorum) », dans le mémoire pour 1816, de sorte que les différences de son observées sur des plaques avant et après leur courbure, qu'elle avait dites contraires à sa théorie au No 15 de ce mémoire, « y sont entièrement conformes ».9

Deux genres d'hypothèses

9–11Les unes ne sont que l'énoncé de la question et transmettent leur évidence à toutes leurs conséquences ; les autres sont un choix de point de vue fait pour rendre l'analyse applicable, et leurs conséquences demandent une confirmation venue d'ailleurs.10 Les mathématiques pures n'admettent que les premières ; les mathématiques mixtes doivent souvent employer les secondes, et les géomètres s'efforcent de s'en affranchir — ainsi Biot a montré que la théorie des surfaces tendues ne dépend pas de la supposition à l'aide de laquelle Euler l'avait d'abord établie. Elle place sa thèse ici : son hypothèse serait du premier genre, « la définition complette de l'état de la question », et celle de son rival ne s'appliquerait que là où elle équivaut à la sienne. La suite de la lecture montre que ni l'une ni l'autre n'est la loi que la théorie actuelle retient (voir plus bas).

Les deux hypothèses examinées a priori (Nos 1 à 6)

12–24Les deux termes. Elle prend la définition de l'élasticité de d'Alembert (« propriété … au moyen de laquelle [les corps] se rétablissent dans la figure et l'étendue que quelque cause extérieure leur avoit fait perdre ») et en tire que les forces ont pour mesure la différence \(E - N\) entre la figure forcée et la figure naturelle ; leur terme dans l'équation des vitesses virtuelles est \(-(E-N)\,\delta(E-N)\).11 Pour l'hypothèse de son rival, une surface d'épaisseur égale dont les points se repoussent dans une sphère d'activité de rayon insensible, l'action se réduit à détruire « l'irrégularité » \(I\) de la surface, d'où un terme \(-I\,\delta I\).12

La courbure d'une surface (No 3). Elle part du passage d'Euler (Recherches sur la courbure des surfaces, Mémoires de Berlin pour 1760, p. 119) où la question de la courbure d'une surface est dite « fort équivoque », puisqu'il y a en chaque point une infinité de courbures, et se propose de sommer les courbures de toutes les sections planes par le point. Elle écarte d'abord les sections obliques par l'argument que deux sections inclinées de \(\theta\) et de \(\pi - \theta\) sur la même tangente auraient des courbures \(\cos\theta/\rho_p\) et \(\cos(\pi-\theta)/\rho_p\), de somme nulle. Cet argument ne tient pas : par le théorème de Meusnier, la section oblique dont le plan fait l'angle \(\theta\) avec la normale a pour rayon \(\rho_p\cos\theta\), et donc pour courbure \(1/(\rho_p\cos\theta)\), la même pour \(\theta\) et pour \(\pi-\theta\) ; rien ne se compense.13 Ce qui est vrai, et qui justifie la conclusion qu'elle en tire, c'est que la courbure d'une section oblique est déterminée par celle de la section normale de même tangente : seules les sections normales portent de l'information.

Pour celles-ci elle écrit la formule d'Euler : si \(\varphi\) est l'angle d'une section normale avec la direction principale de courbure \(\kappa_1\), \[ \kappa(\varphi) = \kappa_1\cos^2\varphi + \kappa_2\sin^2\varphi , \qquad \kappa(\varphi) + \kappa\!\left(\varphi + \tfrac{\pi}{2}\right) = \kappa_1 + \kappa_2 = 2H , \] la somme des courbures de deux sections normales perpendiculaires ne dépendant pas de leur position.14 Elle conclut que la somme sur toutes les sections est « la somme des raisons inverses des deux rayons de principales courbures prise une infinité de fois », l'infini n'étant qu'une répétition de la même mesure. Une somme infinie de cette sorte n'a pas de sens ; son énoncé correct est une moyenne : la valeur moyenne de \(\kappa(\varphi)\) sur toutes les directions est \(H\). C'est exactement ce que le mémoire sur la courbure établira plus loin par ses « surfaces des distances ». Pour la figure naturelle et la figure forcée, elle pose \(N = \frac1R + \frac1{R'}\) et \(E = \frac1\rho + \frac1{\rho'}\), d'où son terme \[ -\bigl(E - N\bigr)\,\delta\bigl(E - N\bigr), \qquad E - N = \Bigl(\frac1\rho + \frac1{\rho'}\Bigr) - \Bigl(\frac1R + \frac1{R'}\Bigr). \]

L'irrégularité (No 4). Elle mesure l'irrégularité d'une surface par l'écart de courbure entre sections normales perpendiculaires. En coordonnées où les dérivées premières sont nulles au point, elle écrit \[ \frac{1}{\rho_p} - \frac{1}{\rho'_p} = (r-t)\cos 2A + 2s\sin 2A , \] et pour le couple complémentaire (angle \(\frac\pi2 - A\)) \(-(r-t)\cos 2A + 2s\sin 2A\) ; la somme des deux écarts vaut \(4s\sin 2A\) et s'annule quand les axes sont les directions principales (\(s = 0\)).15 Elle en conclut que la seule différence qui ne disparaît pas est celle des courbures principales, et prend pour terme de son rival \(-(\frac1\rho - \frac1{\rho'})\,\delta(\frac1\rho - \frac1{\rho'})\). Le raisonnement par couples est une heuristique ; ce qui est vrai et le remplace est la décomposition \[ \kappa(\varphi) = H + \frac{\kappa_1 - \kappa_2}{2}\cos 2\varphi , \qquad \Bigl(\frac{\kappa_1-\kappa_2}{2}\Bigr)^2 = H^2 - K , \] qui sépare en chaque point une partie isotrope, \(H\), et une partie anisotrope, d'amplitude \(\frac12|\kappa_1-\kappa_2|\), nulle aux seuls points ombilics. Prendre \(\kappa_1 - \kappa_2\) pour mesure de l'« irrégularité » est donc légitime.

En note, elle tire de la section à \(45^\circ\) un théorème qu'elle juge remarquable parce qu'il contredit la lettre d'Euler : la courbure d'une surface « aura pour mesure la courbure de la sphère dont le rayon est égal au rayon de la courbe formée par la section normale qui fait un angle de \(45^\circ\) avec les plans de plus grande et de moindre courbures ». C'est exact : \(\kappa(\pi/4) = H\), et la sphère en question, de rayon \(1/H\), a la même somme de courbures \(2H\) que la surface.16

Le texte du rival (No 5) et la comparaison (No 6). Elle identifie l'hypothèse de ses Nos 2 et 4 à celle du « savant auteur du mémoire sur les surfaces élastiques », dont elle cite le passage sur une force répulsive sensible seulement à des distances imperceptibles, proportionnelle au produit des épaisseurs, et bornée aux surfaces également épaisses.17 Puis elle compare. Son terme vaut pour toute figure naturelle ; celui du rival ne s'épuise que quand \(\kappa_1 = \kappa_2\) : si la figure naturelle n'est pas ombilicale, ses forces répulsives agiraient encore quand la surface a repris sa figure naturelle, et l'hypothèse ne s'applique qu'aux surfaces dont les rayons naturels sont « égaux et dirigés du même côté ».18 Pour la lame droite le choix est indifférent, les deux différences valant \(1/\rho\) ; pour la plaque plane, les points intérieurs reçoivent de leurs voisins une action « sphérique » équivalente à des forces propres, et le choix redevient indifférent pour eux, mais non pour les points du bord, dont la sphère d'activité est incomplète.

En termes actuels, les deux densités d'énergie de flexion sont, à un facteur de rigidité près, \[ W_{\mathrm{G}} = \bigl(\kappa_1 + \kappa_2 - N\bigr)^2 , \qquad W_{\mathrm{r}} = \bigl(\kappa_1 - \kappa_2\bigr)^2 . \] Son objection est juste pour ces deux densités : \(W_{\mathrm{r}}\) n'est nulle que sur une surface ombilicale, et une coque naturellement courbe mais non sphérique ne serait pas en équilibre dans sa figure naturelle. Pour une plaque naturellement plane (\(N = 0\)), \[ W_{\mathrm{G}} - W_{\mathrm{r}} = (\kappa_1+\kappa_2)^2 - (\kappa_1-\kappa_2)^2 = 4\kappa_1\kappa_2 = 4K , \] et tout se joue sur la courbure de Gauss (paragraphe suivant). La théorie actuelle des plaques minces (Kirchhoff, 1850) donne pour densité \((\kappa_1+\kappa_2)^2 - 2(1-\nu)\kappa_1\kappa_2\), où \(\nu\) est le coefficient de Poisson du matériau.19 Son hypothèse est le cas \(\nu = 1\), celle de son rival le cas \(\nu = -1\). Ce sont les deux bornes de l'intervalle \(-1 < \nu < 1\) où cette densité est définie positive, et chacune est dégénérée : \(W_{\mathrm{G}}\) s'annule pour une torsion pure \(\kappa_1 = -\kappa_2\) (la plaque \(z = xy\) se tordrait sans effort), et \(W_{\mathrm{r}}\) pour une flexion sphérique \(\kappa_1 = \kappa_2\). Les matériaux usuels ont \(\nu\) voisin de \(0{,}3\) : ni l'une ni l'autre hypothèse n'est la loi retenue aujourd'hui, et la vraie est entre les deux.

Ce qui les sépare : une variation exacte (Nos 7 et 8)

21–28Elle reprend une remarque de son rival : pour les termes qui restent sous le double signe après les intégrations par parties, on a identiquement \[ \delta\iint \frac{k\,dx\,dy}{\rho\rho'} = \iint \delta\Bigl(\frac{k}{\rho\rho'} \Bigr)\,dx\,dy = 0 , \] et puisque les deux hypothèses diffèrent par \(\iint \delta(4k/\rho\rho')\,dx\,dy\), elles donnent la même équation pour les points intérieurs ; elles diffèrent pour les points du bord.20 C'est exact, et c'est le point central de la comparaison. En langage actuel, pour une surface graphe \(z(x,y)\), la courbure de Gauss linéarisée est \(rt - s^2\), et l'intégrale \(\iint (rt - s^2)\,dx\,dy\) est un lagrangien nul : son équation d'Euler–Lagrange est identiquement nulle, et sa variation se réduit à des termes de bord. La propriété tient même sans linéariser : \((rt - s^2)\,f(p,q)\) est un lagrangien nul pour toute fonction \(f\) (c'est le jacobien de l'application \((x,y) \mapsto (p,q)\) multiplié par une fonction de \((p,q)\)), ce qui couvre \(K\,dA\), où \(f = (1+p^2+q^2)^{-3/2}\), aussi bien que \(K\,dx\,dy\), où \(f = (1+p^2+q^2)^{-2}\).21 Le pendant global est le théorème de Gauss–Bonnet : l'intégrale de \(K\,dA\) sur une portion de surface ne dépend que de son bord.22 Donc, pour une plaque naturellement plane, les deux hypothèses donnent la même équation intérieure ; si les bords sont encastrés (\(\delta z = 0\) et \(\delta\,\partial_n z = 0\)), les termes de bord de la différence s'annulent aussi et les deux problèmes coïncident entièrement ; aux bords libres ils diffèrent. Pour une surface naturellement courbe, au contraire, \(W_{\mathrm{G}} - W_{\mathrm{r}} = 4K - 2N(\kappa_1+\kappa_2) + N^2\) n'est plus un lagrangien nul, et les deux hypothèses donnent des équations intérieures différentes.

Elle cite ensuite son rival lui-même sur les points du contour : « détermination très délicate, sur laquelle je me propose de revenir par la suite mais dont il ne sera pas question dans ce mémoire ».23 Réduite à ses « seules lumières », elle croit que l'hypothèse des forces répulsives conduit à regarder la plaque comme une portion de sphère de rayon infini, donc comme infinie, et elle avance l'idée qu'elle juge fondamentale : les variations de courbure ne sont que le résultat des déplacements des points matériels, qui tendent chacun à reprendre leur position naturelle ; « je supplie les géomètres de lui accorder quelqu'attention ».24

Au No 8, elle rapporte encore, d'après son rival, que la plaque en équilibre rend stationnaire, parmi les surfaces de même étendue, \(\iint(\frac1\rho + \frac1{\rho'})^2\,k\,dx\,dy\), et étend l'énoncé à une surface de figure quelconque avec \(\iint (E-N)^2\,k\,dx\,dy\).25 Qu'un partisan de \((\kappa_1-\kappa_2)^2\) puisse énoncer ce principe avec \((\kappa_1+\kappa_2)^2\) n'a rien de contradictoire : les deux intégrales diffèrent de \(4\iint K\), qui ne change pas l'équation intérieure. Pour une surface naturellement courbe, en revanche, l'extension proposée ne décrit pas la flexion des coques telle qu'on la comprend aujourd'hui : l'énergie y dépend de la variation de toute la seconde forme fondamentale, et non de la seule variation de sa trace. Une densité en \((E-N)^2\) ne coûterait rien, par exemple, pour changer un cylindre de rayon \(a\) en un cylindre de même rayon dont l'axe a tourné d'un angle droit au point considéré (\(E = N = 1/a\)), ce qui est une flexion véritable.

L'équation de la plaque vibrante (Nos 9 à 11)

29–31Pour une plaque naturellement plane (\(\frac1R + \frac1{R'} = 0\)), son terme se réduit, aux quantités du second ordre près, à \(-\Delta z\,\delta(\Delta z)\) avec \(\Delta z = r + t\).26 Deux intégrations par parties donnent \[\begin{align*} \iint \Delta z\,\delta\Delta z\,dx\,dy &= \int\Bigl(\Delta z\,\delta\frac{\partial z}{\partial x} - \frac{\partial \Delta z}{\partial x}\,\delta z\Bigr)dy + \int\Bigl(\Delta z\,\delta\frac{\partial z}{\partial y} - \frac{\partial \Delta z}{\partial y}\,\delta z\Bigr)dx \\ &\quad + \iint \Delta^2 z\,\delta z\,dx\,dy , \end{align*}\]\(\Delta^2 z = \frac{\partial^4 z}{\partial x^4} + 2\frac{\partial^4 z}{\partial x^2\partial y^2} + \frac{\partial^4 z}{\partial y^4}\) est le bilaplacien. Pour son rival, le terme linéarisé est \(-\frac12\,\delta\bigl[(r+t)^2 - 4(rt-s^2)\bigr]\), soit \[ -(r+t)\,\delta(r+t) + 2\bigl(r\,\delta t + t\,\delta r - 2s\,\delta s\bigr) ; \] le feuillet porte \(-2\) devant l'accolade, là où la différentiation donne \(+2\).27 Les termes sous le double signe sont les mêmes pour les deux hypothèses, comme le paragraphe précédent l'établit ; multipliés par une constante \(n^2\) et joints au terme d'inertie, ils donnent \[ \frac{\partial^2 z}{\partial t^2} + n^2\,\Delta^2 z = 0 , \] l'équation de la plaque vibrante, « calculée d'après mon hypothèse » et qui « se trouve dans la pièce que j'ai envoyée pour le concours de janvier 1814 ».28 C'est bien l'équation actuelle de la plaque mince en flexion. Le feuillet dit \(n^2\) « proportionnel à l'épaisseur et à l'élasticité naturelle » ; la théorie actuelle le donne proportionnel au carré de l'épaisseur, comme la constante \(b\tau^2\) du long mémoire, dont le § 1 (vues 399 à 404) donne le coefficient de Kirchhoff.29

Pour les termes de bord, elle note qu'ils disparaîtraient pour une plaque infinie ; dans tout autre cas « il me reste a examiner commens la différence entre les mêmes termes s'accomode avec l'experience ».30

Le bord, les lignes nodales, la plaque chargée (Nos 12 à 15)

31–41Elle part de l'approbation de l'Institut « comme d'un point convenu » et ne retient que les phénomènes qui touchent au choix de l'hypothèse.31 Sur un bord droit \(x = \mathrm{const}\), son hypothèse demande \[ \Delta z\,\delta\frac{\partial z}{\partial x} - \frac{\partial\Delta z}{\partial x}\,\delta z = 0 , \] qu'on satisfait soit par \(\Delta z = 0\) et \(\delta z = 0\), soit par \(\partial_x \Delta z = 0\) et \(\delta\,\partial_x z = 0\).32 Avec l'intégrale \(z = \sin\frac{m\pi y}{A}\sin\frac{n\pi x}{A}\) de son mémoire de 1814, les droites \(x = 0\), \(x = A\) vérifient \(z = 0\) et \(\Delta z = 0\) : ce sont les lignes nodales ; la droite \(x = A/2\) vérifie \(\partial_x z = 0\) et \(\partial_x\Delta z = 0\), pourvu que \(n\) soit impair, et se meut parallèlement à elle-même : elle l'appelle « libre », par analogie avec les extrémités libres d'Euler.33

Elle ajoute que si la plaque est coupée suivant ces lignes, chaque partie rend le même son et porte la partie correspondante de la figure nodale. C'est vrai à condition que les bords coupés soient maintenus dans les conditions que la ligne satisfaisait : appuyés sur les lignes nodales (\(z = 0\), \(\Delta z = 0\) : appui simple sur un bord droit), guidés sur les lignes « libres ». Laissé réellement libre, un bord coupé obéit à d'autres conditions, et le mode \(\sin\cdot\sin\) ne les satisfait pas : sur \(x = 0\) il donne \(\partial_x\Delta z \neq 0\).

L'hypothèse du rival au bord (second No 13). Pour l'autre hypothèse elle trouve sur le même bord un terme de plus, \(4\int \frac{\partial^2 z}{\partial x\partial y}\,\delta\frac{\partial z}{\partial y}\,dy\) ; sur la ligne nodale, les conditions \(\delta z = 0\) et \(\Delta z = 0\) entraînent \(\partial_x^2 z - \partial_y^2 z = 0\), « mais elles ne feront pas disparoître le terme » ; sur la ligne « libre », elles entraînent \(\partial_x(\partial_x^2 z + 3\partial_y^2 z) = 0\) et \(\partial_x\partial_y z = 0\), et les deux hypothèses sont satisfaites par les mêmes conditions.34 Ses conditions sont exactement celles de Kirchhoff pour \(\nu = -1\) : moment \(\partial_x^2 z + \nu\,\partial_y^2 z = \partial_x^2 z - \partial_y^2 z\), effort tranchant réduit \(\partial_x^3 z + (2-\nu)\,\partial_x\partial_y^2 z = \partial_x(\partial_x^2 z + 3\partial_y^2 z)\), et le terme de torsion \(2(1-\nu)\int \partial_x\partial_y z\;\delta\, \partial_y z\,dy\) de coefficient \(4\). Le terme supplémentaire qu'elle isole est donc le terme de torsion des conditions de Kirchhoff.35

Mais sa conclusion sur la ligne nodale est inexacte. Sur un bord \(x = \mathrm{const}\)\(\delta z = 0\) pour tout \(y\), la dérivée tangentielle \(\delta\,\partial_y z = \partial_y(\delta z)\) est nulle aussi, et le terme de torsion disparaît. Pour l'intégrale \(\sin\cdot\sin\), les deux hypothèses donnent donc les mêmes conditions sur les deux sortes de lignes, et ce mode n'est pas un phénomène capable de les départager. Elles ne diffèrent qu'aux bords réellement libres, où la valeur de \(\nu\) entre dans les conditions.

L'intégrale « linéaire » (No 14). Elle rappelle l'intégrale \[ z = \mathcal{A}\,f(x) + B\,f(y), \qquad f(u) = a\,e^{\omega u/A} + b\,e^{-\omega u/A} + c\sin\frac{\omega u}{A} + d\cos\frac{\omega u}{A}, \] formée des fonctions d'Euler pour la lame, qui lui a servi à expliquer comment, le son restant le même, des figures nodales « les plus bizares » remplacent les simples droites.36 Cette intégrale vérifie bien \(\Delta^2 z = (\omega/A)^4 z\), donc l'équation de la plaque avec un facteur périodique en temps, puisque le terme croisé \(\partial_x^2\partial_y^2\) s'annule sur une somme de fonctions d'une seule variable. Les points où \(f(x) = 0\) et \(f(y) = 0\) à la fois sont nodaux pour tous les rapports \(\mathcal{A}/B\) : ses « points invariables » sont réels dans cette famille. Mais la famille ne satisfait pas les conditions du bord libre de la plaque : ni les siennes, puisque \(\Delta z = B f''(y)\) subsiste sur \(x = \mathrm{const}\), ni celles de Kirchhoff pour une matière réelle, où le moment de flexion vaut \(\nu B f''(y)\) ; seul le cas limite \(\nu = 0\) fait exception (voir le § 4 du long mémoire, vues 439 à 468). L'accord avec les figures de Chladni ne peut être que qualitatif.37 Elle demande enfin comment des forces répulsives, qui agissent sur tous les points de leur sphère d'activité, deviendraient « linéaires » au point de n'agir que selon les fils croisés qu'Euler imaginait pour les surfaces tendues : c'est une objection de sa part, que la lecture rapporte.

La plaque chargée (No 15). Un corps mou appliqué également le long d'un bord donne, dit-elle, la même figure et le même son que si la plaque était réellement prolongée d'une quantité de même poids ; plus le poids augmente, plus la ligne nodale voisine se rapproche du bord chargé ; elle a obtenu un son juste d'une plaque chargée au point que l'intervalle entre deux lignes nodales intérieures fût dix fois la bande comprise entre le bord chargé et la ligne voisine, et elle a observé le même fait sur des surfaces courbes.38 Elle l'explique par des forces propres à chaque point : la matière inerte remplace des points élastiques sans changer la tendance des autres ; des forces répulsives ne permettraient pas de le comprendre.

L'équivalence est juste au premier ordre et fausse au-delà : la « substitution » d'une masse à une longueur n'est exacte que pour de petites charges, et, pour une charge forte, le bord chargé se comporte de plus en plus comme un appui, la ligne nodale voisine s'en approchant, ce qu'elle observe. La raison, et un calcul sur la lame, sont donnés une fois, avec l'expérience chiffrée du long mémoire, à la sous-section « § 6. L'effet d'un corps mou : la cire » (vues 538 à 547).

La pièce se termine sur le poids des noms : « Un pareil prestige n'est pas de mon côté, et loin delà, il est contre moi », et sur le souhait que les géomètres ne se détournent pas « d'une théorie, si simple, si générale, si naturelle, … et à laquelle il n'auroit manqué, pour paroître susceptible des plus belles applications, que d'être tombée en des mains plus habiles ».39

« Mémoire sur la courbure des surfaces »

43–89Le mémoire qui suit est une seconde mise au net, de la même main, paginée par elle de 1 à 44, suivie d'une planche de quatre figures ; son objet n'est plus l'élasticité mais la géométrie qui la sous-tend : une quantité qu'elle dit n'avoir pas été remarquée, la courbure moyenne d'une surface en un point, et la loi selon laquelle la courbure se répartit autour de ce point.40 Le mémoire ne contient aucune dérivée partielle ; ses outils sont la formule d'Euler et une construction.

Observations préliminaires : une quantité qu'on n'a pas remarquée

43–47C'est ici qu'elle dit le plus nettement ce qu'elle veut faire. Elle craint moins la sécheresse du sujet que « la trop grande nouveauté de l'aspect » : elle se propose « de signaler et de définir un genre de quantités dont l'existence ne paroît pas avoir été soupçonné ».41 Tant qu'on regarde une surface pour elle-même, figure et courbure sont synonymes ; mais quand la courbure entre en comparaison avec des quantités dynamiques, résistance ou force, rien n'empêche que la force née de la courbure dépende non de sa répartition autour du point mais de sa valeur moyenne, de sorte que deux surfaces d'aspect entièrement différent posséderaient « des quantités égales de courbures ». Elle annonce que la loi de répartition est « calquée » sur la loi de la chaleur dans l'anneau de Fourier, et que l'analogie n'est pas fortuite : de part et d'autre, une quantité moyenne est unie à un espace circulaire. Elle annonce aussi la construction : la courbure de la sphère est proportionnelle à la surface convexe d'un petit cylindre compris entre le plan tangent et un plan parallèle ; celle d'une surface dont les rayons principaux sont de même sens, à la surface convexe d'un segment cylindrique appuyé sur le plan tangent et terminé par une courbe gauche à quatre parties symétriques ; les deux surfaces convexes sont égales quand la sphère est la « sphère de courbure moyenne ».42

L'ambiguïté de la courbure, et sa loi de distribution comparée à l'anneau de Fourier (Nos 1 à 3)

48–63Elle repart du mémoire d'Euler de 1760, qui « contient tout ce que l'on sait d'important » : la courbure d'une surface est « fort équivoque », mais on peut se borner aux sections normales, dont « l'assemblage de tous ces rayons … nous donnera la juste mesure de la courbure ».43 Puis son histoire : quand elle proposa de représenter la courbure par la somme des inverses des rayons principaux, l'objection d'Euler lui fut opposée, comme si le choix des courbures principales était arbitraire ; dans le mémoire pour le concours de 1816, elle prit la somme sur toutes les sections et la réduisit à la somme principale « répétée un nombre infini de fois » ; cette démonstration « fut formellement désapprouvée », et la légitimité de l'hypothèse resta contestée.44 Ce jugement, la lecture le partage pour la forme de l'argument (voir la section précédente, No 3) ; le mémoire le remplace par un énoncé correct.

La formule (No 2). Avec \(f\) et \(g\) le plus grand et le moindre rayon principal, elle écrit \[ r = \frac{2fg}{f + g - (f-g)\cos 2\varphi}, \qquad \frac1r = \frac{f\sin^2\varphi + g\cos^2\varphi}{fg}, \qquad \frac1{r'} = \frac{f\cos^2\varphi + g\sin^2\varphi}{fg}, \] pour deux sections normales perpendiculaires.45 C'est la formule d'Euler, \(\kappa(\varphi) = \kappa_1\cos^2\varphi + \kappa_2\sin^2\varphi\) avec \(\kappa_1 = 1/f\). Elle se fait à elle-même une objection : il s'agit de la courbure des surfaces, et les formules employées sont celles de la courbure linéaire ; elle y répondra au No 7.

La loi de répartition (No 3). Elle l'énonce en trois propositions, chacune suivie de la proposition « correspondante » de Fourier sur l'anneau.46 Réunies en une formule : \[ \kappa(\varphi) = H + \frac{\kappa_1-\kappa_2}{2}\cos 2\varphi . \]

  1. Deux plans normaux perpendiculaires portent une somme de courbures constante, égale à \(\kappa_1 + \kappa_2\). Pour l'anneau : dans l'état qui s'établit au bout d'un certain temps, la demi-somme des températures de deux points diamétralement opposés est la même pour tout diamètre.47
  2. La section à \(45^\circ\) des plans principaux porte la courbure moyenne \(\frac12(\frac1f + \frac1g)\), ainsi que sa perpendiculaire ; ces deux plans partagent le contour du point en quatre régions « dont l'état est pareil mais alternativement de signe opposé », l'excès sur la moyenne dans l'une égalant le défaut dans la voisine. Pour l'anneau : les deux points à mi-chemin des températures extrêmes ont la température moyenne, et partagent l'anneau en deux moitiés de signe opposé.48
  3. Il y a en général quatre directions autour du point où les courbes normales sont semblables, deux seulement pour les courbures principales : \(\kappa(\varphi) = \kappa(-\varphi) = \kappa(\pi \pm \varphi)\). Avec \(\varphi = \frac\pi4 + \varphi'\) et \(\varphi = \frac{3\pi}{4} - \varphi'\), elle trouve \[ \frac1r = \frac{f + g + (f-g)\sin 2\varphi'}{2fg}, \] et les deux plans équivalents font entre eux l'angle \(\frac\pi2 - 2\varphi'\). Pour l'anneau, deux points de même température sont séparés par \(\pi - 2\varphi'\).49

Où l'analogie tient et où elle n'est qu'analogie. Les deux lois sont de la même forme : une valeur moyenne plus un seul harmonique du cercle. La répartition de la courbure est exactement \(H + \frac12(\kappa_1-\kappa_2)\cos 2\varphi\), harmonique d'ordre \(2\), d'où le quart de circonférence entre les extrêmes. La température de l'anneau est, dans l'état final, la moyenne plus l'harmonique d'ordre \(1\), \(\bar v + a\,e^{-\lambda t}\cos(x - x_0)\), d'où la demi-circonférence ; mais cet état n'est atteint qu'asymptotiquement, les harmoniques supérieurs s'éteignant plus vite. La première proposition est exacte à tout instant pour la courbure ; pour l'anneau, la demi-somme de deux températures diamétralement opposées ne vaut la moyenne que si les harmoniques pairs sont absents, ce qui n'est vrai qu'à la limite. Et les deux lois n'ont pas la même origine : l'une vient d'une forme quadratique (la seconde forme fondamentale), l'autre d'une équation d'évolution. L'analogie est donc une analogie de forme, qu'elle explique elle-même par « l'emploi des quantités moyennes … uni à la considération d'un espace circulaire », et qui est juste en ce sens-là.

Une conséquence : la sphère de rayon \(1/H\) tangente au point, centrée sur la normale, a ses quatre quadrants alternativement au dedans et au dehors de la surface ; les sphères de rayons compris entre les deux rayons principaux coupent la surface, et celles qui ont un rayon principal ne la coupent pas.50 Elle ferme ce numéro par une réflexion sur l'ordre nécessaire des choses : l'existence des quantités moyennes « forme le lien entre l'uniformité et la variété », et un phénomène qui se développe autour d'un centre donne, « par la substitution de l'espace au tems, une construction de la périodicité ».51

Ligne de distance, surface des distances, surface des distances moyennes (Nos 4 à 8)

64–84La ligne de distance (No 4). On juge qu'un arc est plus courbe quand son extrémité s'écarte davantage de la tangente menée à l'autre extrémité ; elle nomme ligne de distance la perpendiculaire abaissée sur la tangente, égale au sinus verse. Pour un arc de longueur \(s\) sur un cercle de rayon \(\rho\), \[ d = \rho\Bigl(1 - \cos\frac{s}{\rho}\Bigr) = \frac{s^2}{2\rho} + O(s^4), \] de sorte que, à longueur d'arc égale et infiniment petite, la ligne de distance est proportionnelle à la courbure.52 Cette manière de parler serait « bizarre et surabondante » pour une courbe, dit-elle ; elle sert pour les surfaces.

Les deux surfaces (Nos 5 et 6). Autour du point, on prend sur chaque section normale un arc de même longueur \(s\) ; la courbe qui joint leurs extrémités est la directrice ; la ligne de distance, qui change de grandeur en la parcourant, engendre la surface des distances, segment cylindrique qui a pour base, dans le plan tangent, une petite courbe fermée.53 Pour la sphère de courbure moyenne, la ligne de distance est constante et engendre la surface des distances moyennes, cylindre droit sur un cercle. Elle affirme que les deux ont la même étendue, et que la courbure de la surface est proportionnelle à cette étendue. C'est exact. La ligne de distance dans la direction \(\varphi\) est \(\frac12\kappa(\varphi)s^2\), la base est un cercle de rayon \(s\) à l'ordre considéré, et \[ \int_0^{2\pi} \tfrac12\kappa(\varphi)\,s^2\cdot s\,d\varphi = \tfrac12 s^3\cdot 2\pi H = 2\pi s\cdot\tfrac12 H s^2 , \] ce qui est l'aire du cylindre de hauteur \(\frac12 H s^2\). L'égalité des deux étendues est donc l'énoncé que la moyenne de la courbure normale sur toutes les directions est \(H\). C'est l'une des définitions actuelles de la courbure moyenne : le nom moderne s'applique ici exactement.

Elle le montre de deux façons. D'abord parce que les lignes de distance ont entre elles les mêmes relations que les courbures (somme constante sur deux directions perpendiculaires, moyenne à \(45^\circ\)).54 Ensuite par le développement des deux surfaces sur un plan : le cylindre moyen devient le parallélogramme \(ABDC\), la surface des distances une figure bornée par une ligne brisée \(Bqhq'h'D\) en dents, et l'égalité d'aire se ramène à celle des triangles \(Bqn\), \(nhn'\), … que chaque dent retranche ou ajoute.55 Le vrai développement de la directrice n'est pas une ligne brisée mais une sinusoïde, \(\frac12 s^2\bigl(H + \frac12(\kappa_1-\kappa_2)\cos 2\varphi\bigr)\) ; son argument vaut pourtant pour elle, parce que l'écart à la moyenne est antisymétrique autour de chaque direction de courbure moyenne, \(\kappa(\frac\pi4 + u) + \kappa(\frac\pi4 - u) = 2H\) : l'excès d'un quart de tour compense exactement le défaut du quart voisin.

Les propositions redémontrées (No 7). Elle reprend les trois propositions du No 3 sur le développement, dans l'ordre 2, 3, 1 : \(mn\) moyenne entre \(gh\) et \(pq\) (\(pq = mn - sn\), \(gh = mn + sn\)), quatre lignes de distance égales en général, deux pour les lignes principales, et somme constante de deux lignes séparées d'un quart de \(AC\).56 Elle répond alors à l'objection du No 2 : dire qu'une surface a une courbure proportionnelle à sa surface des distances, c'est la comparer à son plan tangent comme on compare une courbe à sa tangente. Et elle en tire la distinction qui porte tout le mémoire : la ligne de distance fixe à la fois la quantité de courbure et la figure d'une courbe, tandis que l'étendue de la surface des distances peut rester la même quand sa forme change.

Une famille de figures. Avec \(pq = mn - x\) et \(gh = mn + x\), \(x\) croissant de \(0\) à \(mn\), soit en termes actuels \[ \kappa_1 = H + x', \qquad \kappa_2 = H - x', \qquad 0 \le x' \le H , \] on passe de la sphère (\(x' = 0\)) à la surface dont une courbure principale est nulle (\(x' = H\), le cylindre), par une infinité de figures qui ont toutes la même courbure moyenne. « Si la figure de la surface donnée dépend de la différence entre les courbures principales, la courbure moyenne ne dépend, au contraire, que de la somme ».57

Les rayons de sens contraires (No 8). La sphère d'une part, la surface dont les rayons principaux sont égaux et de signes contraires de l'autre, « comprennent entr'elles toutes les figures possibles de la surface courbe ». C'est exact : à similitude et au choix de la normale près, la figure locale est fixée par le rapport \(\kappa_2/\kappa_1 \in [-1, 1]\) (en prenant \(|\kappa_1| \ge |\kappa_2|\)), qui vaut \(1\) pour la sphère, \(0\) pour le cylindre et \(-1\) pour \(\kappa_2 = -\kappa_1\) (hors le plan). Pour cette seconde moitié, elle garde fixe la somme des lignes principales « abstraction faite du signe », c'est-à-dire l'amplitude \(\frac12(\kappa_1 - \kappa_2)\), et fait varier \(H\) de \(\frac12|\kappa_1|\) à \(0\) ; la directrice garde alors sa forme, une partie passe de l'autre côté du plan tangent, et la surface des distances moyennes diminue jusqu'à s'anéantir quand les lignes de distance des deux côtés sont égales.58 Tout cela est juste : l'aire signée de la surface des distances est toujours \(\pi H s^3\), et elle est nulle quand \(H = 0\). Elle conclut que la sphère de courbure moyenne est alors de rayon infini et se confond avec le plan tangent. Un point où \(\kappa_1 = -\kappa_2\) est un point de courbure moyenne nulle ; une surface qui l'est en tout point est une surface minimale, au sens de Lagrange et de Meusnier.59 La loi de répartition, montre-t-elle encore, subsiste entière dans ce cas.

La courbure comme quantité dynamique ; voûtes et dômes (No 9)

84–89Voici l'usage qu'elle attendait de la courbure moyenne. Si des forces proportionnelles à la courbure agissent sur un point de la surface, elles sont réparties sur tout le contour, en nombre infini, chacune infiniment petite et proportionnelle à la ligne de distance dans son plan ; leur action est donc indépendante de leur répartition et égale à celle d'une répartition uniforme, c'est-à-dire à ce qu'elle serait sur la sphère de courbure moyenne. Et comme toute force se décompose selon deux plans perpendiculaires de position arbitraire, les résultantes dans ces deux plans sont proportionnelles aux lignes de distance qu'ils contiennent, dont la somme ne dépend pas du choix des plans.60

Pour une membrane soumise à une tension \(T\) égale dans toutes les directions, c'est exact, et c'est la loi de Laplace : la résultante normale par unité d'aire est \(T(\kappa_1 + \kappa_2) = 2TH\). On le voit exactement comme elle le voit : la composante normale de la tension sur le bord d'un petit disque de rayon \(\varepsilon\) vaut \(T\int_0^{2\pi}\kappa(\varphi)\,\varepsilon^2\,d\varphi = 2\pi\varepsilon^2\,TH\).61 Il n'en va pas de même pour une plaque élastique : la force de rappel n'y est pas proportionnelle à la courbure moyenne, mais à son laplacien (\(n^2\Delta^2 z = n^2\Delta(\Delta z)\) en théorie linéaire), et l'énergie dépend aussi de la courbure de Gauss dès que \(\nu \neq 1\). Aussi, quand elle dit que, « pour justifier l'hypothèse qui a servi à trouver, la première fois, l'équation de ces surfaces, il suffiroit de répéter les diverses propositions qui ont été démontrées », la lecture doit dire que ce n'est pas une justification : le mémoire établit la loi de répartition de la courbure et le rôle de \(H\) pour une force isotrope, non que l'élasticité d'une plaque ne dépende que de \(H\).62

Pour les voûtes, la simplicité et le petit nombre des figures employées ont masqué aux géomètres la nécessité d'exprimer en général les résistances nées de la courbure ; comparer les voûtes en dômes aux voûtes en berceaux demanderait de comparer les deux genres de courbure. Elle termine par un exemple : le cylindre circonscrit à une sphère de rayon \(a\) et le quart de la sphère de rayon \(2a\) ont même étendue et même courbure moyenne en tout point. C'est exact : les deux aires valent \(4\pi a^2\), et les deux courbures moyennes \(\frac1{2a}\) ; la sphère de courbure moyenne du cylindre de rayon \(a\) a bien le rayon \(2a\).63

« Moyennes courbures » : les brouillons de l'introduction

91–114Après la mise au net vient un feuillet de titre, « Moyennes courbures », puis des brouillons d'une écriture rapide et très corrigée, un côté écrit par feuillet, qui travaillent l'introduction d'un exposé où la courbure moyenne sert à la théorie des surfaces élastiques.64 Leur ordre n'est pas établi par les feuillets ; on les lit ici dans l'ordre des vues.

Le solide élastique réduit à sa surface

93–112Les dômes. Dans une voûte en dôme engendrée par la révolution d'une demi-courbe, chaque zone comprise entre deux plans parallèles a une courbure partout semblable ; elle lui associe une portion de surface conique ou cylindrique de même courbure moyenne, et, en portant zone après zone ces rayons comme ordonnées, une surface cylindrique dont les éléments ont la même courbure moyenne que ceux du dôme.65 Ce qui est exact : un cylindre de rayon \(\frac12\varrho_m\) a pour rayon de courbure moyenne \(\varrho_m\) ; pour un cône de révolution, il faut entendre par « rayon » le segment de normale compris entre le point et l'axe, dont la moitié de la longueur est de même l'inverse de la courbure moyenne.

Du solide à sa surface. Les feuillets suivants cherchent à dire ce que désigne le mot « surface » dans la question des plaques. Le solide élastique est « un système de points matériels mobiles » ; le déplacement d'un point comprend le changement de ses distances aux voisins et le mouvement commun qu'il partage avec eux, et elle écrit que les forces de rappel sont proportionnelles au « déplacement absolu », mesuré à partir de points fixes.66 Pris à la lettre, c'est inexact : dans la théorie actuelle de l'élasticité, un déplacement d'ensemble (translation ou rotation) ne produit aucune force ; les forces dépendent des déplacements relatifs, c'est-à-dire de la déformation. Elle en arrive d'ailleurs, sur les feuillets suivants, à ne mesurer que la position relative des points voisins par rapport au plan tangent.

Au feuillet marqué « B », elle refait l'histoire à la première personne : les expériences de Chladni ne portaient que sur des plaques ; les programmes de l'Académie employaient le mot « surface » sans le définir ; « le mémoire publié en 1814 par un des membres de l'accademie » ne traite que des surfaces planes ; « le mémoire couronné qui fut présenté en 1815 » contient les premiers essais sur les surfaces courbes, par le cylindre ; « mes recherches sur la théorie des surfaces publiées en 1821 » reprennent cet exemple et généralisent l'hypothèse des surfaces planes ; elle reconnaît enfin « avec une véritable satisfaction » ce que les expériences de Savart l'ont aidée à développer.67 Puis elle définit : le mot « surface » désigne un solide formé de couches infiniment minces ; tous les points d'une même perpendiculaire au plan tangent parcourent des espaces égaux, sans changer de distance entre eux ; la figure est donc la même pour toutes les couches et indépendante de l'épaisseur, ce qu'atteste l'identité des figures nodales sur les deux faces.68 Cette condition — le déplacement transversal ne dépend pas de la position dans l'épaisseur, et il se fait selon la normale — est l'une des hypothèses cinématiques sur lesquelles Kirchhoff fondera la théorie des plaques minces.69

Au feuillet « D », elle en tire l'argument qui lui importe : son hypothèse ne portait que sur la courbure d'un élément de surface plane, et pourtant une simple opération de calcul en a tiré une équation « dont personne ne conteste l'exactitude » ; si le solide n'était pas formé de couches qui suivent la couche superficielle, comment l'équation de la surface deviendrait-elle celle du solide par la seule multiplication par un coefficient dépendant de l'épaisseur ?70 Le raisonnement est juste dans sa forme : en théorie des plaques, l'épaisseur n'entre que par le coefficient (qui en contient le carré ; voir l'Exposition, Nos 9 à 11, et le § 1 du long mémoire). Les vues 109 et 112 réservent expressément la direction du mouvement (perpendiculaire aux plans tangents), renvoient l'épaisseur variable à plus tard, et ramènent les espaces parcourus au changement des distances des points voisins au plan tangent, où « la considération de la courbure moyenne … est ici de grand secours ».71 La vue 112 dit enfin que « le cas dont je me suis spécialement occupée » est celui des surfaces élastiques vibrantes, et que l'identité des figures nodales sur les faces opposées, confirmée par « les ingénieuses expériences de Mr Savart », est « le signe distinctif de ce genre de vibrations ».72

Trois sections normales voisines

114–114D'une plume plus fine, un calcul sur trois sections normales faisant les angles \(A - a\), \(A\), \(A + a\) avec la section de plus grande courbure. En termes actuels, avec \(\kappa(\theta) = \kappa_1\cos^2\theta + \kappa_2\sin^2\theta\), \[\begin{align*} \kappa(A) - \kappa(A+a) &= (\kappa_1-\kappa_2)\sin a\,\sin(2A+a), \\ \kappa(A-a) - \kappa(A) &= (\kappa_1-\kappa_2)\sin a\,\sin(2A-a), \\ \kappa(A-a) + \kappa(A+a) - 2\kappa(A) &= -2(\kappa_1-\kappa_2)\sin^2 a\,\cos 2A . \end{align*}\] Ce sont ses équations (1), (2) et (3), aux lettres et aux signes près.73 Le second membre de (3) s'annule, dit-elle, pour la sphère, pour \(a = 0\) ou \(180^\circ\), et pour \(A = 45^\circ\) : c'est exact. Elle en conclut que « la somme des rayon de courbure des deux sections est égale à la somme des rayons de courbure principale » ; ce qui est vrai porte sur les courbures, non sur les rayons : \(\kappa(45^\circ - a) + \kappa(45^\circ + a) = \kappa_1 + \kappa_2\) pour tout \(a\).

Sur la vitesse de variation, le feuillet dit deux choses opposées. La comparaison de (1) et (2) — la diminution entre \(A - a\) et \(A\) est plus petite qu'entre \(A\) et \(A + a\) — est juste, et sa dernière phrase aussi : la courbure varie d'autant plus vite, pour un même angle, qu'on approche de la section de courbure moyenne ; en effet \(\kappa'(\theta) = -(\kappa_1-\kappa_2)\sin 2\theta\) est maximal en valeur absolue à \(45^\circ\) et nul sur les directions principales. Mais la phrase intermédiaire, selon laquelle, en partant de \(45^\circ\), l'augmentation serait d'autant plus rapide que les deux plans font un angle plus petit avec celui de plus grande courbure, dit le contraire, et elle est fausse.74 Enfin la courbe \(\kappa(\theta) - H\) a un point d'inflexion à \(45^\circ\) et y est symétrique par rapport à ce point ; c'est ce qu'elle décrit en disant ses deux parties « symétriques autour de l'ordonnée de moyenne courbure », l'une convexe, l'autre concave vers le diamètre qui tient lieu du plan tangent.

Feuillets épars sur la courbure

136–650Cinq morceaux, reliés à des endroits divers du volume, touchent au même sujet que les pièces qui précèdent sans appartenir à aucune.75

« Idées à vérifier » : la chaînette et la surface pesante

136–140La question posée : dans une surface pesante d'épaisseur égale, chaque section normale est-elle une chaînette ?76 Elle écrit l'équilibre de la surface \(ge + T\cdot\frac2R = 0\), où \(R\) est le rayon de la sphère de courbure moyenne (\(\frac2R = \kappa_1+\kappa_2\)) : c'est l'équation d'une membrane pesante soumise à une tension isotrope \(T\), la loi de Laplace du No 9 du mémoire sur la courbure (vues 84 à 89), avec la pesanteur pour pression. Puis elle demande si la section à \(45^\circ\), isolée du reste, garderait sa forme : il faudrait pour cela, dit-elle, que le retranchement diminue la tension dans le rapport de un à deux. C'est l'inverse : la section à \(45^\circ\) a la courbure \(\frac1R = H\), la moitié de \(\kappa_1+\kappa_2\) ; isolée avec la même charge, elle ne resterait en équilibre dans sa forme que si sa tension était doublée — ou, ce qui revient au même, si elle ne portait que la moitié de la charge, l'autre moitié étant portée dans la direction perpendiculaire. Elle-même trouve insatisfaisant son premier argument, par les appuis \(B'\), \(B''\), \(B'''\) d'une figure, et écrit : « je n'ai pas trouvé la manière de détruire cette objection ».77

Au verso, une seconde voie : sur un châssis circulaire, la tension se partage également entre deux plans normaux, et, en posant \(T = 2T'\) et un poids \(4g''\) pour la surface, \(2g''\) pour une courbe, elle arrive à \(g''e + T'\frac1R = 0\) pour chaque section normale, et conclut qu'elle est une chaînette. La conclusion n'est pas établie. L'équation de la surface ne contraint que la somme \(\kappa_1+\kappa_2\) ; en écrivant pour chaque section la même courbure \(\frac1R\), elle prête à toute section normale la courbure moyenne, ce qui n'est vrai que des deux sections à \(45^\circ\) (et de toutes au seul cas ombilical). Pour une surface peu inclinée, tout se réduit à \(T\,\Delta z = w\) (charge \(w\) par unité d'aire) ; sur un châssis circulaire, la solution est un paraboloïde de révolution, dont les sections normales au centre sont des paraboles, forme qu'a toute chaînette peu tendue à cet ordre : à cet ordre la question ne peut donc pas être tranchée par ce calcul.78

Le feuillet suivant (vue 138) dit pourquoi : « dans la vue d'étendre les conséquences qu'on peut tirer de l'existence de la sphère de moyenne courbure », elle a cherché de tout côté ce qui concerne la chaînette, « à cause de son rapport avec la voûte qui se soutient d'elle même », et ne l'a trouvé que dans l'histoire des mathématiques, l'Encyclopédie et « le mémoire de M poisson sur la surface élastique ». De l'article de d'Alembert elle retient qu'une courbe pressée en chaque point par une force normale est en équilibre si la force est en raison inverse du rayon de courbure — vrai pour un fil sous tension constante, \(p = T\kappa\) — et elle l'étend à la surface : « il faut que la moitié de cette puissance soit en raison inverse du rayon de sa sphère de moyenne courbure ». C'est exactement \(p = T(\kappa_1+\kappa_2) = 2TH\), la loi de Laplace pour une tension isotrope.79

Celui de la vue 140, « Voila ce qui doit être examiné », rapproche l'élément \(dx\,dy\,W\) de sa projection \(dx\,dy\), puis prend la variation de \(W\) et l'intègre par parties : « et en intégrant par partie \(\frac2R\,\delta z\) ». C'est exact : la variation de l'aire est \[ \delta\iint W\,dx\,dy = -\iint \frac{\mathcal{N}}{W^3}\,\delta z\,dx\,dy + \text{termes de bord}, \] et \(\mathcal{N}/W^3 = \kappa_1+\kappa_2 = \frac2R\) au signe près.80 Réunis, les trois feuillets contiennent la chose même : l'équilibre d'une membrane pesante sous tension isotrope est le point stationnaire de \(T\cdot\text{aire} + \text{énergie potentielle}\), et son équation est la loi de Laplace ; les surfaces où \(H = 0\) en sont le cas sans charge (surfaces minimales). Le feuillet s'arrête avant de l'écrire.

Une page de Gauss

142–142Un petit feuillet intitulé « Gauss courbure des surfaces » rend en français, entre guillemets, deux articles d'un texte : la situation d'un point est donnée par ses distances à trois plans fixes perpendiculaires ; on décrit autour d'un centre arbitraire une sphère de rayon 1, et la direction d'une droite est représentée par le point de la sphère où aboutit le rayon qui lui est parallèle ; les trois axes, par trois points séparés par des quarts de cercle ; la situation d'un plan, par le grand cercle que découpe le plan parallèle mené par le centre.81 C'est, par inférence de cette lecture, l'ouverture des Disquisitiones generales circa superficies curvas de Gauss (1827), où la représentation sphérique des directions prépare l'application qu'on appelle aujourd'hui application de Gauss et la mesure de la courbure par l'aire de l'image sphérique.82 La note ne dit rien de ce qu'elle en pensait.

Deux théorèmes proposés aux géomètres

465–465Un fragment déchiré, relié au milieu du long mémoire sur les plaques sans en faire partie, porte : « je proposerai d'abord a l'examen des g… les deux théorèmes suivants. La courbure d'une surface a pour mesure la somme des raisons inverses des deux principaux rayons de courbure. L'irrégularité dela courbure d'une surface a pour mesure la difference des raisons inverses de ses deux rayons principaux de courbure ».83 Ce sont les deux mesures des Nos 3 et 4 de l'Exposition : \(2H\), et \(\kappa_1 - \kappa_2\), dont le carré vaut \(4(H^2-K)\). Comme définitions, les deux sont légitimes, et la décomposition \(\kappa(\varphi) = H + \frac12(\kappa_1-\kappa_2)\cos 2\varphi\) montre qu'à elles deux elles déterminent la courbure normale dans toutes les directions. Comme « mesures » des forces élastiques, elles sont les deux hypothèses dont la théorie actuelle retient une combinaison (section de l'Exposition).

Un calcul de variation

483–483Un feuillet de calcul sans un mot, relié lui aussi dans le long mémoire, calcule la variation d'une intégrale double dont le premier membre se lit \(\frac{ds}{(1/R + 1/R')^2}\).84 Elle écrit d'abord la somme des courbures, \(\frac1R + \frac1{R'} = -\mathcal{N}/W^3\), qui est juste. Mais la quantité dont elle prend ensuite la variation, à en juger par sa structure, est \[ \iint \Bigl(\frac{\mathcal{N}}{W^2}\Bigr)^2 dx\,dy , \qquad \delta\Bigl(\frac{\mathcal{N}}{W^2}\Bigr)^2 = 2\,\frac{\mathcal{N}}{W^2}\cdot \frac{W^2\,\delta\mathcal{N} - \mathcal{N}\,\delta(W^2)}{W^4}, \] et elle en range les coefficients selon \(\delta z\), \(\delta p\), \(\delta q\), \(\delta r\), \(\delta s\), \(\delta t\) sous les lettres \(N = 0\) (la quantité ne dépend pas de \(z\)), \(P\), \(P'\), \(Q\), \(Q'\), \(Q''\).85 Cette intégrande n'est ni \(ds/(\kappa_1+\kappa_2)^2 = W^7\,dx\,dy /\mathcal{N}^2\), ni \((\kappa_1+\kappa_2)^2\,ds = \mathcal{N}^2\,dx\,dy/W^5\) ; aux petites pentes, toutes se réduisent à \((\Delta z)^2\,dx\,dy\), l'énergie de son hypothèse pour la plaque. Si le calcul visait \(\iint(\kappa_1+\kappa_2)^2\,ds\), forme exacte de son énergie pour une surface naturellement plane, c'est l'intégrale qu'on nomme aujourd'hui énergie de Willmore (\(4\iint H^2\,dA\)).86 Le feuillet ne dit pas à quelle pièce il servait, et la lecture ne l'attache à aucune.

La somme des courbures sur la sphère

650–650Parmi les calculs sur la chaleur, un feuillet intitulé « Somme des raisons inverses des deux rayons de principale courbure » écrit juste la formule \[ \frac1R + \frac1{R'} = \frac{(1+q^2)\,r - 2pq\,s + (1+p^2)\,t}{(1+p^2+q^2)^{3/2}}, \] puis pose \(x = r\sin\theta\cos\varphi\), \(y = r\sin\theta\sin\varphi\) avec \(r\) constant, « pour avoir seulement le cas relatif à la surface de la sphère », et calcule \(\partial_x z\), \(\partial_y z\), le facteur \(K^3 = (1+p^2+q^2)^{3/2}\) et \(\partial_x\partial_y z\) en \(\theta\) et \(\varphi\).87 Ses dérivées premières sont \[ \frac{\partial z}{\partial x} = \frac{\cos\theta\cos\varphi}{r}\,\frac{\partial z}{\partial\theta} - \frac{\sin\varphi}{r\sin\theta}\,\frac{\partial z}{\partial\varphi} \] et sa symétrique ; le coefficient \(\cos\theta\cos\varphi/r\) est celui du changement de variables à trois dimensions, où \(r\) varie aussi. Si \(r\) est tenu constant et que \((\theta,\varphi)\) servent seuls de coordonnées dans le plan des \(xy\), la règle de dérivation donne \(\partial\theta/\partial x = \cos\varphi/(r\cos\theta)\), et le calcul, tel qu'il est écrit, ne donne pas la somme des courbures d'une surface décrite au-dessus de ce plan.88 Le feuillet, relié parmi les calculs de la chaleur en coordonnées sphériques, emprunte sans doute leurs formules ; il ne va pas au-delà de \(\partial_x\partial_y z\).

Le mémoire d'Euler sur les vibrations des lames et des verges élastiques (copie latine)

144–206De la vue 144 à la vue 206, le volume contient une copie latine complète d'un mémoire d'Euler, dont le premier feuillet donne lui-même la source : « Acta academiæ scientiarum imperialis Petropolitanæ pro anno 1779 Pars prior », « Investigatio motuum quibus laminæ et virgæ elasticæ contremiscunt auctore L. Eulero ».89 Euler y reprend, dit-il, un sujet déjà traité par Daniel Bernoulli et par lui-même, parce que les principes de ces mouvements et « la partie de l'analyse qui concerne les fonctions de deux variables » sont désormais mieux établis ; il se propose de déduire toute la question des premiers principes et d'exposer tous les genres de mouvement qui peuvent se produire.90

L'équation du mouvement de la verge élastique

144–152Deux lemmes posent le cadre.91 Le premier donne l'équilibre d'une verge élastique sous des forces quelconques : le moment d'élasticité vaut \(V/r\), \(r\) étant le rayon de courbure et \(V\) l'« élasticité absolue », et l'équilibre s'écrit \[ \int dy\int P\,ds-\int dx\int Q\,ds=V\,\frac{dy\,d^2x-dx\,d^2y}{ds^3}, \]\(P\,ds\) et \(Q\,ds\) sont les composantes de la force appliquée à l'élément ; si la verge est naturellement courbe, de rayon de courbure naturel \(\varsigma\), on retranche \(V/\varsigma\) au second membre, puisque l'élasticité n'agit qu'autant que la courbure naturelle est augmentée ou diminuée (§ 2). Le second lemme passe au mouvement en remplaçant \(P\) et \(Q\) par \(P-\frac{S}{2g}\,\partial_t^2x\) et \(Q-\frac{S}{2g}\,\partial_t^2y\), \(S\) étant la masse par unité de longueur : c'est, en substance, le principe de d'Alembert, que le feuillet ne nomme pas.

Le problème 1 (§ 4) applique ces formules à une verge droite, d'épaisseur et d'élasticité uniformes, de longueur \(a\) et de section \(c^2\), dans l'hypothèse des vibrations très petites.92 En dérivant deux fois l'équation du mouvement, il obtient \[ E\,\partial_s^2 y+\frac{c^2}{2g}\,\partial_t^2 y=-\,bc^4\,\partial_s^4 y, \]\(E\) est la force longitudinale appliquée au bout, comptée positivement quand elle comprime. C'est l'équation de la poutre d'Euler–Bernoulli avec effort axial,93 \[ \rho A\,\partial_t^2 y+B\,\partial_s^4 y-T\,\partial_s^2 y=0, \] avec le dictionnaire \(\rho A=c^2/2g\) (masse par unité de longueur, les poids étant comptés en volumes), \(B=bc^4\) (rigidité de flexion, le produit du module d'Young par le moment d'inertie de la section) et \(T=-E\) (tension). Le § 5 note que, sans force extérieure, tout se réduit à \[ \partial_t^2 y=-\,2g\,bc^2\,\partial_s^4 y, \] et Euler avoue que l'intégrale générale de cette équation du quatrième ordre « n'a encore pu être trouvée d'aucune manière » : il cherchera des solutions particulières.94 Le § 6 traite de la force qui comprime (la question des colonnes, qu'Euler dit avoir résolue autrefois) ; le § 7, d'une tension \(c^2h\) donnée par un poids passé sur une poulie : l'équation devient \(\frac{1}{2g}\,\partial_t^2 y=h\,\partial_s^2 y-bc^2\,\partial_s^4 y\), qui redonne la corde vibrante pour \(b=0\) et la verge élastique pour \(h=0\), le son étant « mixte » entre les deux.

Le scholie du § 8 écarte les forces longitudinales et garde, à côté de l'équation finale, les deux intégrales dont elle provient :95 \[ \text{I.}\quad -Fx+\frac{c^2}{2g}\int dx\int \partial_t^2 y\,ds=-\,bc^4\,y'',\qquad \text{II.}\quad -F+\frac{c^2}{2g}\int \partial_t^2 y\,dx=-\,bc^4\,y''', \] car une force normale \(F\) y entre « quand la verge n'est pas entièrement libre, mais fixée en un ou plusieurs points comme au moyen d'un stylet, autour duquel elle reste pourtant mobile ».96 En termes actuels, II est le bilan de l'effort tranchant : là où un stylet appuie, \(y'''\) saute d'une quantité proportionnelle à la force qu'il exerce. Ce point commande toute la discussion qui suit, et Euler l'a posé lui-même dès le § 8.

Les vibrations régulières et les six cas

153–192Le § 9 cherche les vibrations « régulières », c'est-à-dire isochrones à un pendule simple de longueur \(k\) : ce sont, en termes actuels, les modes propres, obtenus par séparation des variables.97 En posant \(f^4=bc^2k\), \(\omega=a/f\) et \(u=s/a\), on a \[ y=C\sin\bigl(\zeta+t\sqrt{2g/k}\bigr)\,Y(u),\qquad Y=\alpha e^{\omega u}+\beta e^{-\omega u}+\gamma\sin\omega u+\delta\cos\omega u, \] et le nombre de vibrations par seconde, qu'Euler prend pour mesure du son, vaut \(\omega^2c\sqrt{2gb}/\pi a^2\). Une « vibration » est ici une oscillation simple, une demi-période : le nombre d'Euler est le double de la fréquence actuelle \(\frac{\omega^2}{2\pi a^2}\sqrt{B/\rho A}\), ce qui ne change aucun rapport. Les sons d'une même verge sont donc entre eux comme les carrés \(\omega^2\) des racines d'une équation que fixent les extrémités ; les §§ 10 à 12 donnent les séries, les dérivées et la vitesse.

Le scholie I (§ 13) distingue trois états d'une extrémité, chacun donnant deux conditions tirées des équations I et II du § 8 :98 libre (\(y''=0\), \(y'''=0\)) ; « simpliciter fixus », appuyée ou articulée (\(y=0\), \(y''=0\), la force du stylet valant \(F=bc^4y'''\), « qu'il nous importe peu de connaître, puisqu'elle n'influe pas sur le mouvement de vibration ») ; « infixus », encastrée, comme murée (\(y=0\), \(y'=0\)).99 Ce sont les conditions actuelles. Le scholie 2 (§ 14) en tire six cas, que l'on garde sous les chiffres romains d'Euler. Leurs équations aux fréquences, vérifiées sur la copie, et leurs deux premières racines, calculées, sont :100 \[ \begin{array}{llll} \text{I} & \text{libre, libre} & \cos\omega\cosh\omega=1 & 4{,}7300 ;\ 7{,}8532\\ \text{II} & \text{libre, appuyée} & \tan\omega=\tanh\omega & 3{,}9266 ;\ 7{,}0686\\ \text{III} & \text{libre, encastrée} & \cos\omega\cosh\omega=-1 & 1{,}8751 ;\ 4{,}6941\\ \text{IV} & \text{appuyée, appuyée} & \sin\omega=0 & \pi ;\ 2\pi\\ \text{V} & \text{appuyée, encastrée} & \tan\omega=\tanh\omega & 3{,}9266 ;\ 7{,}0686\\ \text{VI} & \text{encastrée, encastrée} & \cos\omega\cosh\omega=1 & 4{,}7300 ;\ 7{,}8532 \end{array} \] Euler donne ces équations sous les formes \(\cos\omega=2/(e^\omega+e^{-\omega})\), \(\tan\omega=(e^\omega-e^{-\omega})/(e^\omega+e^{-\omega})\) et \(\cos\omega=-2/(e^\omega+e^{-\omega})\) : ce sont les mêmes.

Cas I, les deux bouts libres (§§ 15 à 22). L'élimination des quatre coefficients mène à \(\cos\omega\cosh\omega=1\).101 Aucune racine non nulle dans le premier quadrant (§ 16) — la série tronquée \(\cos\omega\,(e^\omega+e^{-\omega})=2(1-\omega^4/6)\) n'en est pas une preuve, mais la conclusion est vraie : \(\cos\omega\cosh\omega<1\) sur \(]0\,;\,4{,}73[\). La première racine est \(3\pi/2+\varphi\) avec \(\varphi\approx 2/e^{3\pi/2}\approx 1/56\), « à peine un degré » (§ 17) : la racine exacte est \(3\pi/2+1^\circ 01'\). La suivante est « un peu moins que \(5\pi/2\) », de quelques minutes (§ 18) : il s'en faut de \(2{,}7'\). Les sons sont donc sensiblement comme \(9,25,49,81\dots\) (§ 19) ; le rapport exact des deux premiers est \(2{,}757\) au lieu de \(25/9=2{,}778\). Euler nomme l'intervalle « une octave avec un triton » : \(25/9\) vaut une octave et \(25/18\), quarte augmentée de l'intonation juste (\(569\) cents).102 Le mouvement général est une somme de tels modes (§ 20). Le son fondamental a au moins deux nœuds (§ 21) : sans nœud, le centre de gravité ne pourrait rester immobile ; avec un seul, la verge tournerait sans fin autour de lui. L'argument est juste : en termes actuels, un mode de la verge libre est orthogonal aux deux mouvements rigides, \(\int y\,ds=0\) et \(\int s\,y\,ds=0\), ce qui exige au moins deux changements de signe ; les nœuds sont en \(u=0{,}2242\) et \(u=0{,}7758\). Le § 22 calcule les ordonnées aux bouts, égales, et au milieu, \(2e^{\omega/2}-\sqrt2\,e^\omega<0\) ; la pente au milieu, trouvée \(-\sqrt2\), « serait nulle si le calcul était plus exact » — elle l'est, le mode étant symétrique.103

Cas II, un bout libre, l'autre appuyé (§§ 23 à 29). L'équation est \(\tan\omega=\tanh\omega\).104 La première racine est \(\pi+\pi/4-\varphi\) avec \(\tan\varphi=e^{-2\omega}\approx 1/2576\), soit « à peine une minute » (§ 24) : il s'en faut exactement de \(1{,}34'\), et \(\omega=3{,}9266\). Les suivantes sont voisines de \(9\pi/4\), \(13\pi/4\), …, d'où des sons comme \(25,81,169,289\) (§§ 25–26).105 Le rapport \(81/25=3{,}24\) (exact : \(3{,}2406\)) vaut une octave et une quinte augmentée \(25/16\), plus un reste de \(1{,}0368\), soit \(63\) cents : Euler dit « un comma », mot large pour trois commas syntoniques. Le fondamental du cas II est à celui du cas I comme \(25:36\) (exact : \(0{,}689\) contre \(0{,}694\)), une « fausse quinte » (§ 27). La figure du fondamental (§ 29), calculée pour \(\omega=5\pi/4\), n'a qu'un nœud intérieur, entre \(u=\frac15\) et \(u=\frac25\) : il est en \(u=0{,}264\).106

Cas III, un bout libre, l'autre encastré (§§ 30 à 34). L'équation est \(\cos\omega\cosh\omega=-1\), et la racine cherchée est dans le deuxième quadrant, \(\omega=\pi/2+\varphi\) avec \(\sin\varphi=2/(e^{\pi/2+\varphi}+e^{-\pi/2-\varphi})\).107 Euler trouve d'abord \(\varphi=23^\circ 29'\) par la série au premier ordre, puis \(16^\circ 58'\) en gardant \(\varphi^2\) ; il essaie ensuite \(\varphi=12^\circ\) et \(\varphi=15^\circ\) par les logarithmes, qui sont justes (\(9{,}31788\) contre \(9{,}51572\), puis \(9{,}41300\) contre \(9{,}49590\)), et conclut, par une moyenne entre les deux sinus, à \(\varphi=16^\circ 33'\), qu'il porte à \(16^\circ 45'\), d'où « \(\omega=106^\circ 45'\) » (§ 32). La racine est en réalité \(\varphi=17^\circ 26'\), \(\omega=107^\circ 26'=1{,}8751\) : son interpolation reste en deçà de la racine.108 Il en déduit que ce fondamental est au fondamental du cas I comme \(4:25\), soit \(1:6\frac14\) (exact : \(1:6{,}363\)), un peu plus de deux octaves ; les racines suivantes, \(3\pi/2-\varphi\) avec \(\varphi\) d'environ un degré (exact : \(1^\circ 03'\)), puis \(5\pi/2\), \(7\pi/2\), …, donnent les mêmes sons que le cas I (§ 33).

Cas IV, les deux bouts appuyés (§§ 35 à 38). Ici \(\alpha=\beta=\delta=0\) et \(\sin\omega=0\) : \(\omega=\pi,2\pi,3\pi,\dots\) exactement, les modes sont \(\sin(n\pi u)\), la figure d'une corde, et les sons croissent comme \(1,4,9,16,\dots\)109 C'est, remarque Euler, le seul cas où toutes les racines sont exactes, les exponentielles disparaissant du calcul (§ 38) ; il en conclut qu'une telle verge rendrait des sons plus purs qu'une corde, n'ajoutant guère au fondamental que la double octave. Le § 37 compare les quatre fondamentaux, notés gis, d, C, fis, comme \(\frac94\), \(\frac{25}{16}\), \(\frac{9}{25}\), \(1\) ; les valeurs exactes sont \(2{,}267\), \(1{,}562\), \(0{,}356\) et \(1\).

Cas V et VI (§§ 39 à 44). Le cas V (appuyé, encastré) a l'équation du cas II, le cas VI (deux bouts encastrés) celle du cas I : mêmes sons, figures différentes. Euler calcule la figure du fondamental du cas V, \(y=e^{u\omega}-e^{-u\omega}+\Omega\sin u\omega\) avec \(\Omega=\sqrt{2(e^{2\omega}+e^{-2\omega})}\approx72\), et celle du cas VI aux tiers de la longueur.110 Pour ce dernier, il trouve \(138\) et \(140\) et note qu'un calcul plus exact les donnerait égales : c'est vrai, le fondamental du cas VI étant symétrique.

Verges semblables et sections quelconques (§§ 45 et 46). Sous des circonstances semblables, les sons sont comme \(c/a^2\), directement comme l'épaisseur et inversement comme le carré de la longueur : c'est la loi actuelle, la fréquence étant proportionnelle au rayon de giration de la section divisé par le carré de la longueur. Pour une section rectangulaire \(ABCD\), \(c\) est le côté situé dans le plan de flexion et l'autre côté n'entre pas dans le calcul : exact aussi, la largeur multipliant à la fois la rigidité et la masse. Pour une section circulaire de diamètre \(AB\), la copie donne « \(c=\frac34AB\) ». L'équivalence juste s'obtient en égalant les rayons de giration, \(c/\sqrt{12}\) pour le rectangle et \(AB/4\) pour le cercle : \(c=\frac{\sqrt3}{2}AB\approx0{,}866\,AB\), c'est-à-dire \(c^2=\frac34AB^2\).111

La verge appuyée en un point intermédiaire (§ 47 à 51)

192–202Euler ajoute un cas « pour faire comprendre la méthode » : la verge appuyée à ses deux bouts \(E\) et \(F\) l'est encore en un point \(L\), avec \(EL=\lambda a\), \(0<\lambda<1\).112 Si la verge était encastrée en \(L\), dit-il, les deux portions seraient sans communication ; appuyée sur un stylet autour duquel elle peut tourner, elle transmet le mouvement d'une portion à l'autre, mais la continuité de la courbe est interrompue et chaque portion a sa propre expression, \(\alpha,\beta,\gamma,\delta\) pour \(EL\) et \(\alpha',\beta',\gamma',\delta'\) pour \(LF\), avec le même facteur du temps. En \(L\) il impose \(y=0\) des deux côtés, et l'égalité des pentes et des rayons osculateurs, \(y'\) et \(y''\) continus ; aux bouts, deux conditions chacun. Huit équations homogènes pour huit coefficients : la condition de compatibilité est l'équation finale \[ 0=2-2e^{2\omega}-\bigl(e^{\lambda\omega}-e^{(2-\lambda)\omega}\bigr)\bigl(e^{\lambda\omega}-e^{-\lambda\omega}\bigr)\frac{\sin\omega}{\sin\lambda\omega\,\sin(1-\lambda)\omega}. \] Le décompte d'Euler est exact : \(y'''\) n'est pas supposé continu en \(L\), et son saut est la force du stylet, l'effort \(F\) de l'équation II du § 8. Avec \(\mu=1-\lambda\), l'équation finale s'écrit \[ \coth\lambda\omega+\coth\mu\omega=\cot\lambda\omega+\cot\mu\omega, \qquad\text{ou}\qquad \sinh\omega\,\sin\lambda\omega\,\sin\mu\omega=\sin\omega\,\sinh\lambda\omega\,\sinh\mu\omega, \] car le second membre d'Euler vaut exactement \[ -\,\frac{4e^\omega\bigl(\sinh\omega\,\sin\lambda\omega\,\sin\mu\omega-\sin\omega\,\sinh\lambda\omega\,\sinh\mu\omega\bigr)}{\sin\lambda\omega\,\sin\mu\omega} ; \] c'est l'équation aux fréquences qu'on écrit aujourd'hui pour la poutre continue sur trois appuis.113 Euler déclare ne pas oser en chercher les racines, « à cause de la complication des formules ».114

Il remarque ensuite que \(\lambda=0\) ou \(\lambda=1\) ramène l'équation à \(0=2(1-e^{2\omega})\), donc à \(\omega=0\) et au repos. La conclusion vient de ce qu'il fait \(\lambda=0\) dans une expression où \(\sin\lambda\omega\) est au dénominateur ; la limite de l'équation quand \(\lambda\to0\) est \(\coth\omega=\cot\omega\), c'est-à-dire \(\tan\omega=\tanh\omega\), le cas V : un appui collé contre un bout appuyé encastre ce bout, ce qu'Euler dit lui-même pour \(\lambda=1\), « tum enim terminus \(F\) erit quasi muro infixus ».115

Pour \(\lambda=\frac12\) (§ 48), l'équation se ramène à \[ \sin\tfrac12\omega\,\Bigl[(1+e^\omega)\sin\tfrac12\omega-(e^\omega-1)\cos\tfrac12\omega\Bigr]=0, \] d'où deux familles.116 La première, \(\sin\frac12\omega=0\), soit \(\omega=2i\pi\) (§ 49), fait vibrer chaque moitié comme une verge appuyée à ses deux bouts, avec des sons \(4,16,36,64,\dots\), deux octaves au-dessus du cas IV. Au § 50, Euler en calcule les coefficients et trouve que tous s'annulent sauf \(\gamma\) et \(\gamma'\), avec \(\gamma'=-\gamma\). Le signe est faux : pour \(\omega=2i\pi\), l'égalité des pentes en \(L\) exige \(\gamma'=\gamma\), et le mode est le seul sinus \(y=\sin\omega u\) tout le long de la verge ; avec \(\gamma'=-\gamma\), les deux portions feraient en \(L\) un angle. Le \(-1\) vient de ce que ces coefficients sont des formes \(0/0\) en \(\sin\frac12\omega=0\), auxquelles Euler donne une valeur en multipliant tout par \(\sin\frac12\omega\).117

La seconde famille (§ 51), \(\tan\frac12\omega=\tanh\frac12\omega\), est l'équation du cas V pour la demi-longueur : chaque moitié vibre « comme si elle était simplement appuyée en \(E\) et en \(F\), et entièrement encastrée en \(L\) », avec \(\omega\approx\frac{5\pi}{2},\frac{9\pi}{2},\dots\) (exactement \(7{,}8532\), puis \(14{,}1372\)) et des sons deux octaves au-dessus du cas V. Euler conclut qu'il est « tout à fait digne de remarque » que les deux moitiés puissent vibrer de deux manières, l'une qui relève du cas IV et l'autre du cas V.118 Les deux familles sont de vrais modes de la verge sur trois appuis : la première est formée des modes antisymétriques par rapport au milieu, la seconde des modes symétriques, dont la pente est nulle en \(L\) par symétrie et qui font travailler le stylet. La seconde solution d'Euler est juste ; c'est elle que les « Remarques » vont contester.

La verge courbe et l'anneau (§ 52 à 55)

202–206Le § 52 étend tout ce qui précède à une verge naturellement courbe, en prenant pour axe la courbe naturelle elle-même et pour \(y\) le déplacement normal : même équation, mêmes six cas, mêmes sons.119 Ce n'est vrai qu'à la limite d'une courbure faible devant celle des ondulations : dans une verge courbe, déplacement normal et déplacement tangentiel sont liés, et l'équation d'une verge droite ne vaut plus.

Les §§ 53 à 55 traitent de la verge fermée sur elle-même, « de sonis annulorum elasticorum ».120 Euler pose \(y=0\) au point \(A\) pris pour origine et demande qu'elle s'annule encore en \(s=a,2a,3a,\dots\), \(a\) étant le périmètre : les termes exponentiels disparaissent, \(\delta=0\), et \(\sin i\omega=0\) pour tout \(i\), d'où \(\omega=i\pi\) et des sons comme \(1,4,9,16,\dots\) Il en conclut que de tels anneaux, comme les disques et les « bassins en forme de cloche », rendent des sons plus purs que les cordes, et que leurs sons sont en raison inverse du carré du périmètre. Dans son propre modèle, la condition d'un anneau n'est pas que \(y\) s'annule en \(A\) à chaque tour, mais que \(y\) et ses dérivées reprennent leurs valeurs : \(\sin(i\pi s/a)\) change de signe après un tour quand \(i\) est impair, ce qui ferait un angle en \(A\). Seuls \(\omega=2j\pi\) conviennent, et les sons du modèle sont alors comme \(4,16,36,\dots\), c'est-à-dire comme \(1,4,9,\dots\) entre eux. La loi actuelle de l'anneau mince est autre, et ce n'est pas une loi de carrés ; elle est énoncée une fois, avec l'anneau de Sophie Germain et les observations de Chladni, à la sous-section « L'anneau et la lame courbe, contre Euler et avec Chladni » du long mémoire (vues 574 à 592).

« Remarques sur le mémoire d'Euler » : la seconde solution contestée

208–334Après la copie viennent, de sa main pour les brouillons, plusieurs états d'une critique du § 47 d'Euler.121 On lit ici la mise au net comme texte principal jusqu'à son § 7, et les brouillons en notes ; la suite, à partir de son § 8, est la section suivante.

Deux titres, deux brouillons, une mise au net

208–220Un feuillet de titre, « Remarques sur la lame elastique », ouvre l'ensemble.122 Suivent deux rédactions. La première, « Remarque sur le mémoire d'Euler : Investigatio motuum … in act. Acad. pétrop ann. 1779 P.I p. 103 et seq. », tient quatre feuillets (vues 210 à 216) : elle résume le § 47 à la troisième personne, conteste la seconde solution et commence la transformation de l'équation finale.123 La seconde, « Remarques sur le memoire d'Euler … », repart du titre avec sa propre pagination, 1 à 42 (vues 218 à 308) : une ouverture historique, une traduction française des §§ 47 à 51, puis des remarques numérotées, qui se poursuivent jusqu'au problème de la lame libre et aux plaques carrées. Enfin un feuillet de titre, « Memoire presenté et examiné / sur la lame » (vue 318), précède une mise au net paginée (1) à (35) (vues 320 à 389), qui reprend l'argument dans le même ordre, en plus bref.124

L'ouverture de la seconde rédaction situe la question : Euler avait déjà traité ces matières dans la Methodus inveniendi curvas maximi minimive proprietate gaudentes, « imprimée en 1744 » ; le mémoire de 1779 les met dans un ordre plus méthodique, sans « aucun changement essentiel dans sa méthode », et « l'addition la plus importante » est l'examen d'un point d'appui placé ailleurs qu'aux extrémités. Elle annonce qu'elle rapportera cette partie du mémoire « en y joignant les problèmes relatifs aux cas qu'il a négligé de traiter » et, ajoute la marge, « les reflexions que l'examen plus aprofondi de cette matière m'a fait naitre ».125

Le § 47 d'Euler, en français

218–228La seconde rédaction traduit alors les §§ 47 à 51, chaque ligne ouverte d'un guillemet, au plus près du latin de la copie : l'énoncé, les huit équations, l'équation finale, le cas \(\lambda=\frac12\) et ses deux facteurs, les coefficients du § 50 avec \(\gamma=-\gamma'\), et la seconde solution du § 51.126 La mise au net remplace cette traduction par un résumé à la troisième personne (vue 320), et la première rédaction faisait de même (vues 210 et 212) : l'auteur, après les six cas, suppose la lame appuyée en outre en un point intermédiaire « de façon que la communication entre ces différentes parties ne soit pas interrompue », choisit le cas le plus simple, obtient l'équation finale, renonce à la résoudre, examine \(\lambda=\frac12\), et termine sur les deux manières de vibrer.

L'objection : la condition \(\sin\omega = 0\) (§ 1)

320–322Sa « première réflexion » est que la seconde solution « sort de l'état de la question ».127 Les mouvements de la lame soumise au stylet128 en \(L\), dit-elle, doivent être au nombre de tous les mouvements réguliers dont la même lame est capable quand ses extrémités sont appuyées — Euler n'a-t-il pas employé pour les trouver quatre équations tirées de l'état des extrémités ? Or ces mouvements exigent \(\sin\omega=0\) (cas IV, § 35). La première solution s'y accorde, \(\sin\frac12\omega=0\) entraînant \(\sin\omega=0\) ; la seconde non, car \(\tan\frac12\omega=\tanh\frac12\omega\) donne \(\sin\omega=\tanh\omega\), qui ne s'annule que pour \(\omega=0\).129 Le respect que l'on doit aux opinions d'Euler la décide pourtant à examiner le cas général.

Le calcul est juste ; la prémisse ne l'est pas. Elle suppose que le stylet ne fait que choisir parmi les mouvements déjà possibles de la lame sans stylet. La première rédaction le dit en toutes lettres : l'effet des points d'appui « est considéré comme purement exclutif », il ne peut « faire naître des mouvemens inconciliables avec l'état des extrèmités » et « se borne a déterminer quelques uns des mouvemens possibles déja connus en rendant les autres impossibles ».130 C'est supposer que le stylet n'exerce aucune force. Or il en exerce une en général : c'est l'effort \(F\) qu'Euler fait entrer dans les équations I et II de son § 8 précisément pour une verge « fixée comme au moyen d'un stylet ». Un mode de la lame avec stylet n'est un mode de la lame sans stylet que si cette force est nulle, c'est-à-dire si \(y'''\) est continu en \(L\) ; pour les autres modes, rien n'oblige \(\sin\omega=0\). Pour \(\lambda=\frac12\), la première famille ne charge pas le stylet, la seconde le charge : c'est exactement la différence qu'elle a vue, mais elle en tire la conclusion inverse de la vraie.

Le cas général : points de repos « sympathiques » et parties aliquotes (§ 2 à 5)

322–330Elle reprend l'équation du § 47 sous la forme \[ 0=2(1-e^{2\omega})\sin\lambda\omega\,\sin\mu\omega-\bigl(1-e^{2\mu\omega}\bigr)\bigl(e^{2\lambda\omega}-1\bigr)\sin\omega,\qquad \mu=1-\lambda, \] et, pour \(\lambda=1/n\), la divise par \(e^{2\lambda\omega}-1\) :131 \[ 2\bigl(1+e^{2\lambda\omega}+e^{4\lambda\omega}+\dots+e^{2\mu\omega}\bigr)\sin\lambda\omega\,\sin\mu\omega+\bigl(1-e^{2\mu\omega}\bigr)\sin\omega=0 . \] Elle observe que « par la nature de la question » \(\lambda\) est toujours une fraction et que, les deux extrémités étant appuyées, cette fraction est « partie aliquote de l'unité, ou multiple d'une telle partie ».132 Par les développements classiques de \(\sin n\theta\) en puissances de \(\sin\theta\)\(\sin\omega=\frac1\lambda\sin\lambda\omega-\frac{1-\lambda^2}{6\lambda^3}\sin^3\lambda\omega+\dots\) pour \(n\) impair, le même précédé de \(\cos\lambda\omega\) et avec \(1-4\lambda^2\), \(1-16\lambda^2\) pour \(n\) pair, développements qui sont justes —, \(\sin\lambda\omega\) est facteur de l'équation. D'où la solution \(\omega=i\pi/\lambda\) : la lame se partage en \(1/\lambda\) parties égales qui vibrent comme autant de lames appuyées à leurs deux bouts, « tant dans le point où est placé le stilet, que dans les autres points de repos que l'on pourroit nommer sympatiques », et rendent des sons proportionnels à \(1,4,9,16,\dots\) divisés par \(\lambda^2\).133 Tout cela est vrai, et c'est la bonne notion : ce sont les modes \(\sin(i\pi u/\lambda)\) de la lame sans stylet dont un nœud tombe sur le stylet, et pour eux le stylet n'exerce aucune force.

Au § 3, elle généralise les coefficients d'Euler et trouve, comme lui, \(\gamma=-\gamma'\) ; elle décrit alors les parties successives \(EL\), \(LL'\), \(L'L''\), … par \(y=\pm C\sin(\dots)\sin(\dots)\), le signe \(+\) pour les arcs au-dessus de l'axe, le signe \(-\) pour ceux qui sont au-dessous.134 Le signe d'Euler est faux, on l'a vu (§ 50) ; sa description reste juste si l'abscisse de chaque partie est comptée depuis son propre bout gauche : le mode est un seul sinus, dont les arches alternent.

Au § 4, elle montre que le second facteur de l'équation ne peut s'annuler, si l'on impose \(\sin\omega=0\), que pour \(\omega=0\) : c'est exact, et c'est dire seulement que la seconde solution n'est pas un mode de la lame sans stylet. Elle annonce alors davantage : que, même sans cette condition, « il se trouve plusieurs valeurs » de \(\lambda\) pour lesquelles l'équation n'a aucune solution du type du cas V, où chaque portion serait « fixée » au stylet et appuyée à son autre bout.135 Au § 5, elle récrit l'équation finale \[ \sin\lambda\omega\,\bigl(\coth\mu\omega\,\sin\mu\omega-\cos\mu\omega\bigr)+\sin\mu\omega\,\bigl(\coth\lambda\omega\,\sin\lambda\omega-\cos\lambda\omega\bigr)=0, \] forme juste et symétrique en \(\lambda\) et \(\mu\) ;136 pour que le stylet pût être tenu pour fixe, il faudrait que les deux parenthèses s'annulent ensemble, \(\tan\lambda\omega=\tanh\lambda\omega\) et \(\tan\mu\omega=\tanh\mu\omega\) : les deux portions vibreraient alors comme deux lames du cas V de même son. La caractérisation est exacte : ce sont les modes dont la pente est nulle au stylet. Avec les valeurs approchées d'Euler, \(\omega\approx(4k+1)\pi/4\), les deux suites de sons, proportionnelles à \((4k+1)^2/\lambda^2\) et \((4j+1)^2/\mu^2\), n'ont aucun terme commun quand, \(\lambda=1/\lambda'\), le nombre \(\lambda'-1\) est pair ou de la forme \(4n+3\) : l'arithmétique est juste, puisque l'égalité demande \((4k+1)(\lambda'-1)=4j+1\).137 Mais aucun de ces faits ne touche l'existence des autres modes. Pour tout \(\lambda\), l'équation a une infinité de racines : pour \(\lambda=0{,}3\), \(\omega=5{,}132\), \(9{,}277\), \(11{,}780\), … ; pour \(\lambda=\frac13\), \(\omega=5{,}335\), \(3\pi\), \(11{,}144\), …, où seul \(3\pi\) est un mode « sympathique ».

La conclusion contre Euler, et Euler contre lui-même (§ 6 et 7)

332–334Elle conclut :

J'ai voulu entrer dans tous ces détails, àfin d'être autorisée a conclure qu'Euler a été induit en erreur, lorsqu'il a cru pouvoir admettre sa seconde solution…

et elle ajoute que, sans sortir de ce sujet, Euler a lui-même « varié de sentiment » : dans la Methodus, il aurait rejeté toutes les solutions de la lame libre qui donnent un nombre impair de nœuds, à cause du « mouvement giratoire » autour du nœud du milieu, et, dans le mémoire de 1779, il les admet et n'emploie la considération de ce mouvement qu'à prouver que le fondamental de la lame libre coupe l'axe en deux points (§ 21).138 La conclusion ne suit pas : les détails qu'elle a réunis sont justes, mais ils portent sur les modes sans force au stylet, et la seconde solution d'Euler est un mode avec force. Sur le second point, le mémoire de 1779 a raison contre la Methodus telle qu'elle la rapporte : les modes de la lame libre sont alternativement symétriques et antisymétriques, ces derniers ont un nombre impair de nœuds, et aucun ne comporte de rotation d'ensemble, leur quantité de mouvement et leur moment cinétique étant nuls.

Au § 7, elle revient à la première solution : elle est générale, elle montre comment les nœuds se placent selon \(\lambda\), puisque \(y=0\) encore aux points où \(\sin2\lambda\omega\), \(\sin3\lambda\omega\), … s'annulent, et le mouvement est le même quel que soit celui de ces points où l'on pose le stylet.139 Elle en tire que « tout mouvement régulier, et par conséquent tout son mesurable, est impossible à obtenir de la lame dont les deux extrémités sont appuyées, lorsque le stilet est placé à tout autre point qu'à une division aliquote ». C'est faux : pour toute position du stylet, la lame a une suite infinie de mouvements réguliers ; ce qui est vrai, c'est que hors des positions rationnelles aucun d'eux n'est un mode de la lame sans stylet, tous faisant travailler le stylet. Elle note l'analogie avec la corde vibrante et regrette que ce cas des extrémités appuyées soit « le seul où de semblables analogies se fassent remarquer » ; puis elle annonce le problème qu'elle juge important : appliquer la méthode d'Euler à la lame libre à ses deux bouts, touchée par un stylet en un point quelconque.140 Ce problème, son § 8, ouvre la section suivante.

Ce que dit la théorie actuelle de la poutre sur appui intermédiaire

320–334On énonce ici une fois, pour cette section et pour la suivante, ce que l'on sait aujourd'hui de la lame touchée par un stylet, dans le modèle même d'Euler (équation du § 4 sans effort axial).141

  1. Conditions au stylet. En \(L\) (\(u=\lambda\)) : \(y=0\) ; \(y\), \(y'\), \(y''\) continus ; \(y'''\) saute d'une quantité proportionnelle à la force \(R\) que le stylet exerce, \(bc^4\,[y''']_L=-R\) à la convention de signe près. Ce sont les quatre conditions d'Euler au § 47, la force étant l'inconnue que son § 8 introduit.
  2. Existence. Pour toute position \(0<\lambda<1\), la lame appuyée à ses bouts et touchée par le stylet a une suite infinie de modes, racines de \(\coth\lambda\omega+\coth\mu\omega=\cot\lambda\omega+\cot\mu\omega\), \(\mu=1-\lambda\) ; ajouter l'appui relève chaque fréquence sans dépasser la suivante de la lame sans stylet, dont les racines sont \(\pi,2\pi,3\pi,\dots\)142
  3. Modes sans force au stylet. Un mode de la lame avec stylet n'exerce aucune force sur lui si et seulement si c'est un mode de la lame sans stylet dont un nœud tombe en \(L\) : si \(R=0\), \(y'''\) est continu et \(y\) vérifie l'équation d'un bout à l'autre ; réciproquement un tel mode satisfait toutes les conditions avec \(R=0\). Les bouts étant appuyés, cela demande \(\sin k\pi\lambda=0\) : \(\lambda=p/q\) rationnel, \(k\) multiple de \(q\). Ce sont ses « points sympathiques ». Pour \(\lambda\) irrationnel, il n'y en a aucun, et tous les modes chargent le stylet.
  4. Le stylet au milieu. Pour \(\lambda=\frac12\) et des bouts de même nature, les modes se séparent en antisymétriques et symétriques par rapport au milieu. Un mode antisymétrique a \(y=0\) et \(y''=0\) au milieu, et \(y'''\) y est continu : il ne charge pas le stylet, et chaque moitié vibre comme une lame de longueur \(\frac12a\) gardant sa condition extérieure et appuyée au milieu. Un mode symétrique a \(y'=0\) au milieu, et \(y'''\) y saute : il charge le stylet, et chaque moitié vibre comme une lame gardant sa condition extérieure et encastrée au milieu. Bouts appuyés : moitiés appuyée–appuyée (cas IV, \(\omega=2\pi,4\pi,\dots\)) et appuyée–encastrée (cas V, \(\omega=7{,}8532,\dots\)) ; le fondamental est antisymétrique, et le premier mode symétrique est au-dessus dans le rapport \(1{,}562\), très près de \(25/16\). Bouts libres : moitiés libre–appuyée (cas II) et libre–encastrée (cas III). Bouts encastrés : moitiés encastrée–appuyée (cas V) et encastrée–encastrée (cas VI).
  5. Limite. Quand \(\lambda\to0\), l'équation tend vers celle du cas V : un appui collé contre un bout appuyé l'encastre.

Le verdict sur les « Remarques » se lit dans ces énoncés. Les deux solutions qu'Euler donne pour \(\lambda=\frac12\) sont justes, et la seconde en particulier est la famille des modes symétriques, qui font travailler le stylet. L'objection repose sur une hypothèse que les feuillets ne disent qu'une fois, dans la première rédaction : que l'effet du stylet est « purement exclutif », c'est-à-dire qu'il n'exerce aucune force ; le § 8 d'Euler l'exclut. Ce qu'elle établit de juste en chemin — les points sympathiques aux positions rationnelles, les développements de \(\sin n\theta\), la forme symétrique de l'équation, la rareté des modes à pente nulle au stylet — reste juste ; ce qu'elle en conclut — qu'aucun son mesurable n'existe hors des divisions aliquotes, et que la seconde solution d'Euler est à rejeter — est faux.

La lame touchée par un stylet : extrémités libres, extrémités fixées

246–396Après la seconde solution contestée, la critique du § 47 d'Euler passe à un problème qu'Euler n'a pas traité et qu'elle juge plus important : la lame libre, ou encastrée, à ses deux bouts, touchée par un stylet en un point quelconque de sa longueur. Le volume en garde deux états qui suivent le même ordre, paragraphe par paragraphe : un brouillon très repris et une mise au net. On suit ici la mise au net ; le brouillon est cité en note, rapproché par le contenu et non par les numéros.143

On garde les notations de la section précédente. L'ordonnée de la lame est \(y=Y(u)\,\sin\bigl(\zeta+t\,\omega^2c\sqrt{2gb}/a^2\bigr)\), avec \(u=s/a\), et \[ Y(u)=\alpha e^{\omega u}+\beta e^{-\omega u}+\gamma\sin\omega u+\delta\cos\omega u \] sur la portion \(EL\), \(0\le u\le\lambda\), les coefficients accentués \(\alpha',\beta',\gamma',\delta'\) sur la portion \(LF\) ; les sons sont comme \(\omega^2\). On pose \(\mu=1-\lambda\) et, pour abréger, \[ P(t)=\cosh t\,\sin t-\sinh t\,\cos t,\qquad C_{+}(t)=1+\cosh t\,\cos t,\qquad C_{-}(t)=1-\cosh t\,\cos t . \] L'équation \(P(t)=0\), c'est-à-dire \(\tan t=\tanh t\), est celle d'une lame de longueur réduite \(t\) libre à un bout et appuyée à l'autre (cas II d'Euler), ou appuyée et encastrée (cas V) ; \(C_{+}(t)=0\) celle d'une lame libre et encastrée (cas III) ; \(C_{-}(t)=0\) celle d'une lame libre aux deux bouts (cas I) ou encastrée aux deux bouts (cas VI).144

Tout ce qui suit se juge sur les énoncés donnés à la fin de la section précédente (« Ce que dit la théorie actuelle de la poutre sur appui intermédiaire », vues 320 à 334) : au stylet, \(y=0\), et \(y\), \(y'\), \(y''\) sont continus tandis que \(y'''\) saute de la force que le stylet exerce ; pour toute position du stylet la lame a une suite infinie de modes ; un mode n'exerce aucune force sur le stylet si et seulement si c'est un mode de la lame sans stylet dont un nœud tombe au stylet. Ses raisonnements, dans ces pages, reposent sur une hypothèse qu'elle énonce au § 20 : le mouvement de la lame touchée par le stylet doit être l'un des mouvements réguliers de la lame sans stylet. Ce qu'elle prouve sous cette hypothèse est vrai des modes sans force ; ce qu'elle en conclut pour tous les modes ne l'est pas.

Le problème de la lame libre aux deux bouts (§ 8 à 11)

334–348Elle pose le problème :

Si une lame élastique, libre à l'une et à l'autre de ses extrémités, est soumise à l'action d'un stylet dans un point quelconque de sa longueur : trouver tous les mouvemens de vibration dont elle est susceptible ?

Elle reprend les quatre équations I à IV qu'Euler écrit au stylet dans son § 47, avec raison « puisqu'elles sont indépendantes de l'état des extrémités » : \(Y(\lambda)=0\) des deux côtés, pente et courbure continues.145 Les bouts libres donnent \(Y''=Y'''=0\) en \(u=0\) et en \(u=1\) : \[ \alpha-\beta=\gamma,\qquad \alpha+\beta=\delta, \] \[ \alpha'e^{\omega}+\beta'e^{-\omega}-\gamma'\sin\omega-\delta'\cos\omega=0,\qquad \alpha'e^{\omega}-\beta'e^{-\omega}-\gamma'\cos\omega+\delta'\sin\omega=0 , \] ses équations V à VIII ; elles sont exactes. L'élimination est conduite pas à pas : \(\gamma'\) et \(\delta'\) par VII et VIII, \(\beta'\) par II, puis \(\beta,\gamma,\delta\) par V, VI et I ; l'équation III donne une première valeur de \(\alpha/\alpha'\), et l'équation IV, ajoutée à I et II et divisée par 2, soit \(\alpha e^{\lambda\omega}+\beta e^{-\lambda\omega}=\alpha'e^{\lambda\omega}+\beta'e^{-\lambda\omega}\), une seconde. En les égalant, elle obtient l'équation finale, qui s'écrit \[ C_{+}(\mu\omega)\,P(\lambda\omega)+C_{+}(\lambda\omega)\,P(\mu\omega)=0 . \] Elle est juste : c'est l'équation aux fréquences de la lame libre sur un appui intermédiaire.146 Divisée par \(C_{+}(\lambda\omega)\,C_{+}(\mu\omega)\), elle devient \[ \frac{P(\lambda\omega)}{C_{+}(\lambda\omega)}+\frac{P(\mu\omega)}{C_{+}(\mu\omega)}=0 : \] chaque terme est, au même facteur près, le couple qu'il faut appliquer en \(L\) à l'une des portions, prise seule et libre à son autre bout, pour lui imposer une rotation donnée à la fréquence considérée ; l'équation dit que les deux couples se compensent, le stylet n'en transmettant aucun.147

Pour \(\lambda=\frac12\) (son § 9), l'équation se réduit à \(2\,C_{+}(\tfrac12\omega)\,P(\tfrac12\omega)=0\) et a deux familles de solutions. La première, \(\tan\frac12\omega=\tanh\frac12\omega\), fait vibrer chaque moitié « comme deux lames séparées de longueur \(\frac12a\) » libres à un bout et appuyées à l'autre, et elle vérifie qu'elle s'accorde avec l'équation de la lame libre sans stylet : de \(\cos\omega\cosh\omega=1\) avec \(\sin\omega>0\), soit \(\sin\omega=\tanh\omega\), on tire bien \(\tan\frac12\omega=\sin\omega/(1+\cos\omega)=\tanh\frac12\omega\). Ce sont les modes antisymétriques de la lame libre, \(\omega=7{,}8532\), \(14{,}1372\), … , doubles des racines \(3{,}9266\), \(7{,}0686\), … du cas II ; ils ont un nombre impair de nœuds, celui du milieu sous le stylet, qui n'y travaille pas. La seconde famille, \(C_{+}(\frac12\omega)=0\), soit \(\cos\frac12\omega=-1/\cosh\frac12\omega\), ferait de chaque moitié une lame encastrée au stylet et libre à l'autre bout ; elle la rejette parce que cette condition ne peut s'accorder avec \(\cos\omega\cosh\omega=1\) « que dans la seule supposition \(\omega=0\) ».148 L'incompatibilité est vraie, la conclusion non : ce sont les modes symétriques de la lame tenue en son milieu, \(\omega=3{,}7502\), \(9{,}3882\), \(15{,}7095\), … , doubles des racines \(1{,}8751\), \(4{,}6941\), \(7{,}8548\) du cas III, où la pente est nulle au milieu par symétrie et où le stylet exerce une force ; ils ne sont pas des modes de la lame libre, et c'est tout ce que dit l'incompatibilité. Le premier d'entre eux est même le son le plus grave de la lame ainsi tenue : \(\omega^2\approx14{,}06\), contre \(22{,}37\) pour le premier son de la lame libre.

Au § 10, elle note que l'analogie avec les bouts appuyés s'arrête là : pour eux, \(\lambda=\frac12\) n'est qu'un cas particulier de la solution générale où \(\lambda\) est une partie aliquote de l'unité, et « ces valeurs sont les seules pour lesquelles le mouvement de la lame soit possible ». Cette dernière clause est fausse, pour la raison donnée à la section précédente : pour toute position du stylet, la lame appuyée à ses bouts a une suite infinie de modes.149

Au § 11, elle démontre que, les bouts étant libres, les deux conditions \(P(\lambda\omega)=0\) et \(P(\mu\omega)=0\), qui feraient des deux portions deux lames séparées, libres au bout et appuyées au stylet, ne peuvent avoir lieu ensemble « lorsqu'on a égard à la condition qui résulte de l'état des extrémités de la lame primitive, que dans le seul cas où \(\lambda=\frac12\) ». Sa transformation est exacte : en portant la première condition dans la seconde, on obtient \[ \sin\lambda\omega\,\bigl[\cosh\bigl((1-2\lambda)\omega\bigr)\sin\omega-\sinh\omega\,\cos\omega\bigr]=0 . \] Le sinus ne peut s'annuler, puisque \(P(t)=\mp\sinh t\neq0\) quand \(\sin t=0\) et \(t\neq0\) ; il reste \(\tan\omega=\sinh\omega/\cosh\bigl((1-2\lambda)\omega\bigr)\). Avec l'équation de la lame libre, \(\cos\omega=1/\cosh\omega\) et \(\sin\omega=\pm\tanh\omega\), donc \(\tan\omega=\pm\sinh\omega\), il faut \(\cosh\bigl((1-2\lambda)\omega\bigr)=\pm1\) : le signe inférieur est impossible, le supérieur exige \(\lambda=\frac12\).150 L'énoncé est donc juste tel qu'elle l'a écrit, avec sa restriction ; mais la restriction est l'hypothèse de la lame sans stylet. Sans elle, les deux portions vibrent comme deux lames libres et appuyées au stylet chaque fois que \(\lambda\omega\) et \(\mu\omega\) sont toutes deux racines de \(\tan t=\tanh t\), soit pour \(\lambda=r_i/(r_i+r_j)\) : avec \(r_1=3{,}9266\) et \(r_2=7{,}0686\), le stylet en \(\lambda=0{,}35712\) et \(\omega=10{,}99519\) donnent un vrai mode de la lame touchée, le couple au stylet nul et une petite force.151 La phrase qui clôt son paragraphe, « on est forcé de conclure que le cas où le stilet est appuyé au milieu … est le seul où cette lame puisse être considérée comme séparée en deux autres lames », perd la restriction et n'est vraie que des modes sans force.

Les extrémités fixées (§ 12)

348–350Pour les bouts encastrés, elle donne l'équation finale « au moyen de calculs que je supprime ici, à cause de leur parfaite analogie avec les précédens » ; elle l'écrit \[ \Bigl(\frac{1}{\cosh\lambda\omega}-\cos\lambda\omega\Bigr)\bigl(\coth\mu\omega\,\sin\mu\omega-\cos\mu\omega\bigr) +\Bigl(\frac{1}{\cosh\mu\omega}-\cos\mu\omega\Bigr)\bigl(\coth\lambda\omega\,\sin\lambda\omega-\cos\lambda\omega\bigr)=0 . \] L'équation juste est \[ C_{-}(\mu\omega)\,P(\lambda\omega)+C_{-}(\lambda\omega)\,P(\mu\omega)=0, \] qui s'écrit dans sa forme en remplaçant chaque facteur \(\coth t\,\sin t-\cos t\) par \(\sin t-\tanh t\,\cos t\). La sienne revient à diviser les deux termes par des facteurs différents, \(\cosh\lambda\omega\,\sinh\mu\omega\) et \(\cosh\mu\omega\,\sinh\lambda\omega\) ; elle n'est donc pas équivalente, sauf pour \(\lambda=\frac12\), et l'erreur est petite dès que \(\tanh\) est voisin de 1.152 Pour \(\lambda=\frac12\), sa conclusion est juste : la première famille fait de chaque moitié une lame appuyée au stylet et encastrée à l'autre bout, \(\omega=7{,}8532\), \(14{,}1372\), … , qui sont les modes antisymétriques de la lame encastrée sans stylet. Elle passe l'autre famille sous silence : \(C_{-}(\frac12\omega)=0\), les moitiés encastrées aux deux bouts, \(\omega=9{,}4601\), … , qui sont les modes symétriques et chargent le stylet. Enfin elle affirme, comme au § 11, que les deux moitiés ne peuvent être des lames séparées appuyées au stylet pour aucune autre valeur de \(\lambda\) ; même restriction, même verdict.

Pourquoi le milieu seul partage la lame (§ 13 et 14)

350–354Elle cherche alors à « se rendre compte de cette singularité ». Son explication part d'une prémisse : si plusieurs lames de longueurs différentes, libres ou encastrées, rendent le même son, la partie comprise entre un bout et le nœud le plus voisin est la même pour toutes ; et de même, pour des lames appuyées à un bout, la partie comprise entre le bout appuyé et le nœud le plus voisin. Si la lame touchée se partageait en deux lames appuyées au stylet et rendant le même son, les parties comprises entre le stylet et les nœuds voisins, de part et d'autre, seraient donc égales ; « il ne reste plus » qu'à prouver qu'excepté le cas d'un nœud au milieu, aucun point de repos n'a ses ordonnées égales à distances égales de part et d'autre.153

La prémisse n'est qu'approchée. Pour des lames libres à un bout et appuyées à l'autre qui rendent le même son, de longueurs \(3{,}9266/k\), \(7{,}0686/k\), \(10{,}2102/k\), \(13{,}3518/k\), la distance du bout appuyé au nœud le plus voisin vaut \(2{,}889/k\), \(3{,}156/k\), \(3{,}141/k\), \(3{,}1416/k\) : elle tend vers \(\pi/k\), mais varie de près d'un dixième entre les deux premières lames.154 Le terme hyperbolique, qui décroît loin des bouts, en est la cause.

La démonstration du § 14, elle, est juste. Elle part de l'ordonnée de la lame libre qu'elle tire d'Euler, \[ y(u)=e^{\omega u}\pm e^{\omega(1-u)}+(1\mp e^{\omega})\sin\omega u+(1\pm e^{\omega})\cos\omega u , \] et forme la somme des ordonnées à la distance \(\lambda'\) de part et d'autre du point \(\lambda\). On vérifie l'identité \[ y(\lambda-\lambda')+y(\lambda+\lambda')=2\bigl(e^{\lambda\omega}\pm e^{\mu\omega}\bigr)\bigl(\cosh\lambda'\omega-\cos\lambda'\omega\bigr)+2\cos\lambda'\omega\;y(\lambda), \] le double signe étant celui de \(y\). En un nœud, \(y(\lambda)=0\) ; le second facteur est positif pour \(\lambda'\neq0\) ; le premier ne s'annule qu'avec le signe moins et pour \(\lambda=\frac12\). Ainsi, dans un mode de la lame libre, ou encastrée, où les coefficients \(\gamma\) et \(\delta\) changent seulement de signe, aucun nœud n'a ses ordonnées opposées à distances égales, sinon le nœud du milieu des modes à nombre impair de nœuds ; a fortiori, aucun nœud autre que celui-là n'est à égale distance de ses deux voisins. C'est vrai, et elle le démontre.155 Ce qu'elle prouve porte sur les modes de la lame sans stylet ; joint à la prémisse, cela redonne la conclusion du § 11 pour les modes sans force, et rien pour les autres.

L'inégalité des intervalles entre les nœuds : Chladni et Riccati

354–356Elle en tire une remarque sur la lame libre : « Je ne crois pas que l'on ait encore fait cette remarque de l'inégalité des parties comprises entre deux nœuds de vibrations ». Chladni se contente de dire qu'une partie située à un bout est à peu près moitié d'une partie comprise entre deux nœuds, ce qui semble supposer ces dernières égales entre elles. Giordano Riccati, dans son mémoire sur les vibrations des cylindres, donne pour la lame libre des valeurs de l'angle d'où elle tire, lui ne l'ayant pas fait, que la partie située au bout est moins que la moitié de la suivante, que les parties croissent du bout vers le milieu, et que les différences sont beaucoup plus grandes près des bouts.156 Le calcul actuel des nœuds de la lame libre donne, en fractions de la longueur :

En unités de \(1/\omega\), dès le troisième son, la partie du bout vaut \(1{,}038\), la suivante \(2{,}874\), la troisième \(3{,}156\), la quatrième \(3{,}141\), les autres \(\pi\) à moins d'un millième près. La partie du bout est donc environ \(0{,}36\) de la suivante (\(0{,}41\) au premier son) et le tiers d'une partie intérieure : moins que la moitié, comme elle le dit, et le « à peu près moitié » de Chladni est grossier. Les parties croissent du bout vers le milieu sur les trois premières, et les différences sont bien concentrées près des bouts ; mais la troisième partie dépasse \(\pi/\omega\) d'un demi-centième et les suivantes oscillent autour de \(\pi/\omega\) : « d'autant plus étendue qu'elle est plus voisine du milieu » n'est exact que pour les trois premières parties.157

L'analogie des équations finales (§ 15 à 18)

356–363Au § 15, elle oppose les bouts appuyés : dans les modes \(\sin\lambda\omega=0\), les nœuds à \(\lambda\pm\lambda'\) vérifient \(\sin(\lambda-\lambda')\omega+\sin(\lambda+\lambda')\omega=2\sin\lambda\omega\cos\lambda'\omega=0\), les parties entre nœuds sont égales, et c'est pourquoi ce cas seul admet une « solution générale » de l'équation finale.158 L'identité est exacte, et dans ces modes \(y\) est proportionnel à \(\sin\omega u\) ; mais ces modes ne sont pas les seuls de la lame appuyée touchée par le stylet.

Au § 16, elle range les équations finales des quatre cas où le stylet touche la lame, « afin que l'on puisse saisir plus facilement ces rapports ». Dans les notations de cette section :159

Elle y joint les équations des six cas d'Euler sans stylet : \[ \text{I : }\cos\omega\cosh\omega=1,\quad \text{II : }\tan\omega=\tanh\omega,\quad \text{III : }\cos\omega\cosh\omega=-1, \] \[ \text{IV : }\sin\omega=0,\quad \text{V : }\tan\omega=\tanh\omega,\quad \text{VI : }\cos\omega\cosh\omega=1, \] toutes exactes, et remarque au brouillon qu'on peut « changer » l'encastrement et la liberté d'un bout l'un en l'autre « sans que l'équation qui détermine la valeur de l'angle \(\omega\) change de forme » : c'est vrai des équations aux fréquences (I et VI, II et V ; III est inchangé), non des formes des modes.160

Au § 17, elle observe que, pour des bouts semblables, chaque équation finale est une somme de deux termes, dont chacun est le produit de la quantité qui s'annulerait si la portion \(\lambda a\) vibrait seule, appuyée au stylet, par celle qui s'annulerait si la portion \(\mu a\) vibrait seule, encastrée au stylet ; le second terme échange les deux portions. C'est exact des équations justes : \(P(\lambda\omega)\) est la condition de la portion \(\lambda a\) appuyée au stylet, \(C_{\pm}(\mu\omega)\) celle de la portion \(\mu a\) encastrée au stylet, et c'est la structure \(P/C+P/C=0\) relevée au § 8. Pour des bouts dissemblables, un bout encastré et l'autre appuyé, elle lit de même, le stylet regardé comme appuyé, les conditions \(\sin\lambda\omega=0\) et \(\tan\mu\omega=\tanh\mu\omega\), et, le stylet regardé comme encastré, \(\tan\lambda\omega=\tanh\lambda\omega\) et \(\cos\mu\omega\cosh\mu\omega=1\) : c'est juste.161

Au § 18, elle constate que ces analogies donnent peu. Pour les bouts appuyés, l'équation finale montre que, si le stylet est en \(\lambda a\), on a \(\sin\lambda\omega=0\) et des points de repos en \(2\lambda a\), \(3\lambda a\), … : ce n'est vrai que de la famille aliquote. Pour les bouts libres ou encastrés, le seul résultat général serait que, s'il y a un nœud à la distance \(\lambda a\) d'un bout, il y en a un autre à la même distance de l'autre bout, « parce que ces équations sont fonctions homogènes » de \(\lambda\) et \(1-\lambda\). La symétrie de l'équation en \(\lambda\) et \(\mu\) ne prouve que ceci : le stylet en \(\lambda\) et le stylet en \(1-\lambda\) donnent les mêmes sons, par une figure renversée. Elle ne place pas de nœud en \(1-\lambda\) : pour \(\lambda=0{,}3\) et les bouts libres, les trois premiers modes ont en \(0{,}7\) une ordonnée égale à \(-0{,}075\), \(-0{,}628\) et \(+0{,}460\) fois leur plus grande ordonnée. L'énoncé est vrai des modes sans force, qui sont ceux de la lame libre, symétriques ou antisymétriques ; il ne l'est pas des autres.162

Tout, sans les équations finales (§ 19)

365–367« Il me semble que l'on peut parvenir à tous ces résultats, sans avoir recours aux équations finales », par les seules conditions des bouts et la supposition \(y=0\) aux nœuds. Pour les bouts appuyés, \(y\) est proportionnel à \(\sin\lambda\omega\) (§ 35 d'Euler), et \(\sin\lambda\omega=0\) entraîne \(\sin2\lambda\omega=0\), … , et, avec \(\sin\omega=0\), \(\sin\mu\omega=0\). Pour les bouts libres et un nombre impair de nœuds (\(\sin\omega>0\), signes inférieurs), \(y(\frac12)=0\) s'écrit \((1+e^{\omega})\sin\frac12\omega+(1-e^{\omega})\cos\frac12\omega=0\), c'est-à-dire \(\tan\frac12\omega=\tanh\frac12\omega\), la condition d'une lame de longueur \(\frac12a\) libre et appuyée. Puis, en multipliant cette relation par \(2\cos\frac12(1-2\lambda)\omega\) et en la retranchant de \(y(\lambda)=0\), elle obtient \(y(1-\lambda)=0\) ; pour un nombre pair de nœuds, elle fait de même avec \((1+e^{\omega})\sin\frac12\omega-(1-e^{\omega})\cos\frac12\omega=0\), tirée de \(\sin\omega=-\tanh\omega\), et le multiplicateur \(2\sin\frac12(1-2\lambda)\omega\) ; les bouts encastrés se traitent de même. Tout est exact : c'est, calculé terme à terme, le fait que les modes d'une lame à bouts semblables sont symétriques ou antisymétriques par rapport au milieu, et que leurs nœuds sont donc placés symétriquement.163 Ce qu'elle obtient ainsi, ce sont précisément les résultats vrais des § 11 à 18, et eux seuls : ceux qui concernent les modes sans force.

Le reproche : la continuité de la courbe et les huit coefficients (§ 20 à 23)

369–379Vient le reproche. Au § 47, Euler admet que le stylet laisse le mouvement se communiquer d'une portion à l'autre, mais « suppose cependant que l'action de ce stilet interromp la continuité de la courbe », les deux portions étant exprimées par des équations qui diffèrent par leurs coefficients. Or, dit-elle, le seul effet du stylet est de déterminer la formation de nœuds, et donc de donner lieu à des mouvements réguliers « compris au nombre de ceux qui ont été traités dans l'examen des six cas », qui s'exécutent suivant une courbe continue ; les coefficients \(\alpha',\beta',\gamma',\delta'\) doivent être égaux chacun à son correspondant. « Cependant je n'ose admettre une opinion si contraire à celle d'Euler, sans la soumettre à un examen plus approfondi. »164 Le reproche décrit mal Euler. Ses équations I à IV rendent la courbe continue en \(L\), avec sa pente et sa courbure ; seule la dérivée troisième y change, et c'est l'effet de la force que le stylet exerce. Que l'expression analytique change en \(L\) n'est pas une rupture de la courbe. Quant à la prémisse, que le mouvement est l'un de ceux des six cas, c'est l'hypothèse de la force nulle.

Au § 21, elle énonce la proposition : toutes les fois que le stylet laisse subsister une hypothèse déterminée et semblable sur l'état des deux bouts, les coefficients des deux portions sont égaux chacun à son correspondant.165 Elle prouve d'abord qu'une seule égalité entraîne les autres : si \(\alpha=\alpha'\), l'équation \(\alpha e^{\lambda\omega}+\beta e^{-\lambda\omega}=\alpha'e^{\lambda\omega}+\beta'e^{-\lambda\omega}\) donne \(\beta=\beta'\), puis III et IV donnent \(\gamma=\gamma'\) et \(\delta=\delta'\). C'est exact, et cela revient à dire que \(y'''\) est continu, c'est-à-dire que le stylet n'exerce aucune force. Elle veut ensuite prouver que \(\alpha=\alpha'\) est nécessaire. Pour les bouts libres, la valeur de \(\alpha/\alpha'\) tirée de I, II et IV est \[ \frac{\alpha}{\alpha'}=\frac{P(\mu\omega)}{P(\lambda\omega)}\cdot\frac{\sin\lambda\omega-\cos\lambda\omega-e^{-\lambda\omega}}{e^{-\omega}(\sin\mu\omega+\cos\mu\omega)+e^{-\lambda\omega}}, \] et il suffit, dit-elle, de montrer que l'égalité des deux membres à 1 « a lieu d'elle-même sous les conditions indiquées ». Elle la développe et la réduit, pour \(\sin\omega\) positif puis négatif, et montre que ce qui reste est la somme des deux expressions \(y(\lambda)\) et \(y(1-\lambda)\) de l'ordonnée de la lame libre, multipliées par des exponentielles : quantité nulle, dit-elle, puisque \(y=0\) en ces points.166 Le calcul est juste, et il prouve exactement ceci : si le stylet est en un point où l'ordonnée de la lame libre s'annule, ainsi qu'au point symétrique, alors \(\alpha=\alpha'\). Les « conditions indiquées » sont celles du § 19, \(y=0\) aux nœuds de la lame libre : l'hypothèse est dans la prémisse. C'est la moitié facile de l'énoncé rappelé en tête de cette section, un mode de la lame libre avec un nœud au stylet est un mode sans force ; il ne prouve pas que toute solution des huit équations ait \(\alpha=\alpha'\). Pour le premier mode symétrique de la lame tenue au milieu, \(\omega=3{,}7502\), on trouve \(\alpha/\alpha'=6{,}52\) ; pour \(\lambda=0{,}3\), les valeurs ci-dessus.

Le § 22 traite de même les bouts encastrés : les deux expressions de \(\alpha/\alpha'\) ne diffèrent que par le signe de \(e^{-\lambda\omega}\), compensé par les changements de signe des équations des nœuds, et elle conclut encore \(\alpha=\alpha'\). L'expression est exacte, et le verdict est le même.167

Au § 23, les bouts appuyés : la relation d'Euler \(\alpha/\alpha'=\bigl(e^{\lambda\omega}-e^{(2-\lambda)\omega}\bigr)/\bigl(e^{\lambda\omega}-e^{-\lambda\omega}\bigr)\) ne mène pas à \(\alpha=\alpha'\), mais, fait-elle observer, tous les coefficients sauf un sont nuls en vertu de l'état des bouts, de sorte que \(\alpha/\alpha'\) est « essentiellement une quantité indéterminée » — ce qui, ajoute-t-elle, a sans doute empêché Euler d'apercevoir l'identité des deux séries. C'est juste pour les modes \(\sin\lambda\omega=0\), où \(y\) est proportionnel à \(\sin\omega u\) d'un bout à l'autre. Elle cite ensuite les valeurs d'Euler pour \(\lambda=\frac12\) et leur réduction, \(\alpha=\alpha'=\beta=\beta'=\delta=\delta'=0\) et \(\gamma=-\gamma'\), et dit le changement de signe « attribué au coefficient \(\gamma'\), au lieu d'être considéré comme appartenant à l'ordonnée » prise de l'autre côté de l'axe.168 Dans les équations I à IV, les deux portions sont rapportées à la même origine \(E\) et à la même variable \(u\) : la continuité de la pente exige \(\gamma'=\gamma\), et l'alternance des signes d'un côté à l'autre du stylet est déjà portée par \(\sin\omega u\). Le signe d'Euler ne vient pas d'une convention sur l'ordonnée ; il vient de ce que ses coefficients sont des formes \(0/0\) en \(\sin\frac12\omega=0\), dont les deux dénominateurs, \(\sin\frac12\omega\) et \(\sin\frac12\omega-\cos\frac12\omega\tan\omega\), s'annulent avec des signes opposés.169 Elle conclut que l'examen du stylet ne donne rien de plus que \(y=0\) en son point, joint aux conditions des bouts, que les deux premières des équations I à IV se réduisent à \(y=0\) et les deux dernières à des identités dès qu'on admet \(\alpha=\alpha'\), \(\beta=\beta'\), … ; le brouillon ajoutait que « l'appareille des quatre équations trouvées par Euler est au moins inutile ». Ce n'est vrai que des modes sans force. Pour les autres, les équations III et IV sont précisément ce qui fixe les sons, et la seconde solution d'Euler en est un exemple.

Six cas réduits à quatre (§ 24)

379–385Au § 24, elle tire des moitiés de lame une réduction des six cas. La lame libre à ses deux bouts, avec un nombre impair de nœuds, se partage en deux lames libres et appuyées ; la lame encastrée, dans le même cas, en deux lames encastrées et appuyées. On peut donc conclure le cas II du cas I et le cas V du cas VI, et les six cas se réduisent à quatre « réellement indépendans les uns des autres », I, III, IV et VI.170 Elle vérifie les coefficients. Au cas I, pour \(\sin\omega>0\), \(\alpha=1\), \(\beta=-e^{\omega}\), \(\gamma=1+e^{\omega}\), \(\delta=1-e^{\omega}\), avec \(\tan\frac12\omega=\tanh\frac12\omega\) ; au cas II, \(\alpha=1\), \(\beta=-e^{2\omega}\), \(\gamma=1+e^{2\omega}\), \(\delta=1-e^{2\omega}\), avec \(\tan\omega=\tanh\omega\) : on passe de l'un à l'autre en changeant \(\frac12\omega\) en \(\omega\), la moitié de la lame libre devenant une lame entière. C'est exact.171

Entre le cas V et le cas VI, le même rapport semble manquer : au cas VI, \(\alpha=1\), \(\beta=-e^{\omega}\), \(\gamma=-(1+e^{\omega})\), \(\delta=-(1-e^{\omega})\), alors qu'au cas V Euler donne \[ y\propto e^{\omega u}-e^{-\omega u}\mp\sqrt{2\bigl(e^{2\omega}+e^{-2\omega}\bigr)}\,\sin\omega u , \] sans rapport apparent. Elle lève le paradoxe : Euler met l'origine au bout appuyé, alors que la demi-lame du cas VI doit l'avoir au bout encastré. En changeant \(u\) en \(1-u\) et en portant \(\sin\omega=\pm(e^{\omega}-e^{-\omega})/\sqrt{2(e^{2\omega}+e^{-2\omega})}\) et \(\cos\omega=\pm(e^{\omega}+e^{-\omega})/\sqrt{2(e^{2\omega}+e^{-2\omega})}\), elle obtient \(y\propto e^{\omega u}-e^{(2-u)\omega}-(1+e^{2\omega})\sin\omega u-(1-e^{2\omega})\cos\omega u\), c'est-à-dire les coefficients du cas VI où \(\omega\) tient la place de \(\frac12\omega\). Le calcul est juste.172 Elle confirme par les conditions d'Euler pour un bout appuyé (§ 13), \(y=0\) et \(y''=0\) : au milieu de la lame libre, pour un nombre impair de nœuds, \(y''(\frac12)=-\bigl[(1+e^{\omega})\sin\frac12\omega+(1-e^{\omega})\cos\frac12\omega\bigr]=0\) en même temps que \(y(\frac12)=0\). C'est exact.

L'énoncé actuel est celui-ci. Tout mode d'une lame libre et appuyée de longueur \(\ell\) est la moitié d'un mode antisymétrique d'une lame libre de longueur \(2\ell\), et réciproquement : le prolongement impair par-delà le bout appuyé garde \(y=y''=0\) au raccord et rend \(y'\) et \(y'''\) continus. De même, la lame encastrée et appuyée est la moitié d'un mode antisymétrique de la lame encastrée. Les cas II et V sont donc contenus dans les cas I et VI. Le cas III ne l'est pas : le prolongement pair d'un mode, qui donne les modes symétriques, a au raccord \(y'=0\) et \(y'''=0\), non \(y=y'=0\). C'est le bout que le long mémoire appelle « libre au sens nouveau » ; voir son § 3 (vues 414 à 432). La réduction de six à quatre est juste.

Elle ajoute pourquoi, sans nœud au milieu, les deux moitiés d'une lame libre ne peuvent être des lames entières soumises aux mêmes conditions : la moitié de la partie centrale ne peut égaler la partie du bout, par l'inégalité du § 14. C'est vrai, et la raison actuelle est plus simple : dans un mode symétrique, chaque moitié a au milieu \(y'=0\) et \(y'''=0\), et c'est une lame libre à un bout et « libre au sens nouveau » à l'autre, non une lame libre aux deux bouts.173

Vers la plaque carrée (§ 25)

385–389Le dernier paragraphe passe aux plaques, dont la théorie « semble devoir être beaucoup plus compliquée ». Il relève une singularité : alors que la lame libre ne peut être formée de deux demi-lames libres, plusieurs figures de plaques carrées libres de tous côtés peuvent être regardées comme composées de quatre plaques soumises aux mêmes conditions (Chladni, Traité d'acoustique, § 110). Les figures composées sont celles qu'aucune ligne nodale ne coupe diamétralement en deux parties égales, parce qu'une partie contiguë ne peut tenir lieu d'un bord libre que si elle est elle-même libre, et donc en mouvement. La figure 63 de Chladni, la plus simple de celles qui ont des lignes nodales en différents sens, deux lignes qui se croisent au centre d'après son dessin de la vue 391, répétée quatre fois, donne la figure 68 a, comme l'auteur le remarque ; répétée neuf fois, la figure 75 ; seize fois, la figure 82. Elle l'a vérifié en y traçant des lignes ponctuées.174 Elle en tire un énoncé général : si une plaque carrée de côté \(am\) est divisée en \(m^2\) carrés de côté \(a\) et qu'un stylet fait naître dans un carré d'angle une figure nodale, cette figure se répète dans les \(m^2-1\) autres ; les sections de la surface par des plans perpendiculaires aux côtés coupent le plan de repos aux points \(\alpha\), \(\alpha+a\), \(\alpha+2a\), … et \(\alpha'\), \(\alpha'+a\), … , et sont symétriques autour de ces points. Pour les membranes tendues, par le § 24 du mémoire de Biot au tome 4 des Mémoires de l'Institut, \(\alpha=\alpha'=0\) ; pour les composées de la figure 63, \(\alpha=\alpha'=\frac12a\).175

Ce que dit la théorie actuelle. Pour la membrane fixée à son bord, comme pour la plaque simplement appuyée sur ses quatre côtés, les modes \(\sin\frac{p\pi x}{L}\sin\frac{q\pi y}{L}\) se répètent exactement dans \(m^2\) carrés, dont les côtés sont des lignes nodales. C'est ce que dit \(\alpha=\alpha'=0\).176 Pour la plaque libre, la répétition n'est pas exacte. Une ligne intérieure de part et d'autre de laquelle un mode se prolonge par réflexion est soit une ligne où \(z\) et sa dérivée seconde normale s'annulent (réflexion impaire : une ligne d'appui, nodale), soit une ligne où les dérivées première et troisième normales s'annulent (réflexion paire : un axe de symétrie). Un bord libre n'est ni l'un ni l'autre. Dans les composées de la figure 63, où \(\alpha=\frac12a\), les côtés des petits carrés sont des axes de symétrie : chaque petit carré d'angle y vibre comme une plaque dont deux côtés sont libres et deux sont des axes de symétrie, où la pente et la dérivée troisième normales s'annulent, non comme une plaque libre. L'accord des figures de Chladni avec cette composition est donc approché, ce que les dessins ne peuvent trancher ; les conditions de bord de la plaque libre sont énoncées dans la section du long mémoire (No 9, vues 433 à 438).177

La théorie complète de la plaque carrée comprendrait, dit-elle, « quinze » cas selon que les côtés sont appuyés, libres ou fixés. Quinze est le nombre de façons de choisir combien de côtés sont dans chaque état. Si l'on distingue deux côtés de même état adjacents ou opposés, et qu'on identifie les dispositions échangées par une symétrie du carré, il y en a vingt et un.178 Ces cas, ajoute-t-elle, auraient entre eux des relations qui permettraient de n'en calculer que quelques-uns. Ainsi une figure de la plaque libre à deux lignes diamétrales se coupant au centre pourrait peut-être se ramener à quatre plaques carrées ayant chacune deux côtés libres et deux appuyés. C'est exact pour les modes impairs par rapport aux deux médianes : une fonction impaire en \(x\) a \(z=0\) et \(\partial^2z/\partial x^2=0\) sur la médiane, qui est ainsi une ligne d'appui.

Elle finit par une réflexion sur le mot « appuyé ». Pour la lame, il désignerait un état fixe, « entièrement équivalent aux nœuds de vibrations », puisque le mouvement doit se transmettre à travers le point d'appui et qu'on fait abstraction de la largeur. Pour la plaque, le mouvement pourrait passer par les points voisins, et l'irrégularité de certaines figures de Chladni lui fait croire que le mouvement est parfois plus gêné dans une moitié de la plaque que dans l'autre. La page s'arrête sur « dans la ».179 Pour la lame, l'équivalence du stylet et d'un nœud est encore l'hypothèse de la force nulle : elle vaut pour les modes sans force et non pour les autres. Pour la plaque, un stylet impose \(z=0\) en un point, qui n'est pas une ligne. Les modes de la plaque ainsi retenue ne sont en général pas ceux de la plaque libre, et ceux qui n'exercent aucune force sur le stylet sont ceux de la plaque libre dont une ligne nodale passe par ce point. Ses « degrés de pression » répondent aujourd'hui à un appui élastique, dont la raideur va de zéro, le bord libre, à l'infini, l'appui ; l'encastrement demande en plus qu'on empêche la rotation.

Deux feuillets de figures, deux calculs

391–396Entre la fin de cette mise au net et le long mémoire, quatre feuillets sans texte suivi.180 La vue 391 porte six figures. En haut, une lame \(EF\) et sa courbe de vibration, qui coupe l'axe en \(L\) (« fig 1 ») ; puis la même lame avec une courbe à sept arcs et six nœuds \(L\), \(L'\), … , \(L^{\text{VI}}\) (« fig. 1\('\) »). Le chiffre de ces légendes se lit 1 ou 7, et la mise au net cite en marge une « fig. 7 » dont les parties sont \(EL\), \(LL'\), … , \(L^{\text{vi}}E'\) (vues 322 et 326) : c'est probablement elle.181 Suivent les figures 63, 68 a, 75 et 82 de Chladni, redessinées avec les lignes ponctuées que le § 25 annonce, la figure 63 répétée quatre, neuf et seize fois.

Les vues 392 et 394 sont deux petits feuillets de calcul, sans titre, dans les notations de la lame libre. Le premier cherche si l'ordonnée peut s'annuler à la fois en \(\lambda\) et en \(\frac12\lambda\). De \(y(\frac12\lambda)=0\) multipliée par \(2\cos\frac12\lambda\omega\) et retranchée de \(y(\lambda)=0\), il tire \(2\cos\frac12\lambda\omega=e^{\frac12\lambda\omega}+e^{-\frac12\lambda\omega}\), « resultat absurde » pour \(\lambda\omega\neq0\) puisque \(\cos t<\cosh t\), et conclut que la seconde équation est inadmissible. Pour l'ordonnée qu'il écrit, celle de la lame libre, une étape est fausse. Le membre de droite doit être \(e^{\lambda\omega}\pm e^{\omega-\lambda\omega}-1\mp e^{\omega}\), et non \(e^{\lambda\omega}\pm e^{\omega-\lambda\omega}+1\pm e^{\omega}\) ; avec le bon signe, on n'aboutit pas à une absurdité. Le calcul du feuillet est juste en revanche pour l'ordonnée de la lame encastrée, où les termes trigonométriques changent de signe ; pour elle, la conclusion est démontrée.182 Le second feuillet suppose l'ordonnée la plus grande en \(\frac12\lambda\), soit \(dy/du=0\), et, avec \(y(\lambda)=0\), obtient \[ \bigl(1+e^{\lambda\omega}\bigr)\bigl(1\pm e^{(1-\lambda)\omega}\bigr)=2\bigl(e^{\frac12\lambda\omega}\mp e^{(1-\frac12\lambda)\omega}\bigr)\sin\tfrac12\lambda\omega ; \] les étapes sont justes, et le feuillet s'arrête là, sans conclure.183 Rien sur ces deux feuillets ne les rattache à un paragraphe de la critique.

La vue 396 porte six plaques carrées tracées sur un quadrillage pointillé : les figures 67 c, 72 a, 78 et 85 de Chladni, avec des lettres aux sommets et aux milieux des côtés, et deux figures sans numéro. Aucun texte de ces pages ne les cite.

Le mémoire sur la question proposée par la première classe de l'Institut

398–490Des vues 398 à 592 court un seul long mémoire sur les surfaces élastiques, paginé par elle de (1) à (165), écrit au recto et au verso de feuillets qui sont ensuite montés sur onglets ; c'est une mise au net corrigée, dont les brouillons de l'ouverture sont ailleurs dans le volume (vues 593 à 626, section suivante). Cette section en lit les pages (1) à (80) : l'équation du mouvement, ses intégrales particulières, les conditions aux limites de la lame puis de la plaque, et l'explication des figures de Chladni sur la plaque carrée. La comparaison des sons, qui commence à la page (81) avec le No 16, est lue plus bas, dans la section « Le mémoire sur la question de la première classe (suite) : la théorie devant l'expérience » (vues 491 à 592), après les autres états de l'ouverture.184 185

Le titre, la question, l'épigraphe

398–398Le titre donne la question telle que l'Institut l'avait posée : « Donner la théorie mathématique des vibrations des surfaces élastiques et la comparer à l'expérience ». Il est suivi d'une épigraphe tirée du Novum Organum de Bacon (livre I, aphorisme XCII) : « Sed longe maximum progressibus scientiarum […] obstaculum deprehenditur in desperatione hominum et suppositione impossibilis ».186 187

Le préambule annonce la méthode. Traiter la question dans toute sa généralité mènerait à des calculs très compliqués ; mais si l'on se borne aux surfaces planes, et à leur mouvement « régulier et comparable à celui d'un pendule simple », on parvient aisément à une équation dont les intégrales particulières s'appliquent sans peine. Elle défend ce choix de deux manières : les expériences de Chladni ne portent que sur ces mouvements réguliers, « les seuls en effet qui appartiennent à l'acoustique, puisqu'eux seuls présentent des lois déterminables » ; et la supposition d'un déplacement \(z\) très petit se transporte au petit nombre de mouvements que Chladni a observés sur des surfaces courbes, qu'une même équation « fort simple » réunit à plusieurs autres corps sonores.188

En termes actuels, le « mouvement régulier » est un mode propre : une solution de la forme \(z = Z(x,y)\sin(\Omega t + \zeta)\), où toute la surface oscille à une même fréquence. Se borner aux modes est légitime pour l'acoustique, puisque l'équation est linéaire et que tout mouvement est une superposition de modes ; elle le dit elle-même plus loin, en écartant « la coexistence des sons » comme une question qui n'ajoute pas de difficulté (vue 406).

§ 1. L'équation de la surface élastique vibrante (Nos 1 et 2)

399–404Le No 1 cherche la somme des moments des forces d'élasticité sur toute la surface.189 Elle prend quatre points voisins de la surface, \((x,y,z)\), \((x, y+dy, z+dz)\), \((x+dx, y, z+dz)\) et \((x+dx, y+dy, z+2dz+d^2z)\), fait passer un plan par le premier, le deuxième et le quatrième, un autre par le premier, le troisième et le quatrième, appelle \(e\) l'angle extérieur de ces deux plans, \(\beta\) leur petite ligne d'intersection et \(E\) la force qui, agissant le long de \(\beta\), s'oppose à l'inflexion ; la somme des moments est \(\iint E\beta\,de\). Le calcul de \(e\) par les coefficients \(A, B, C\) et \(A', B', C'\) des deux plans est juste : le numérateur de \(\sin^2 e\) vaut exactement \[ dx^2dy^2\,(d^2z)^2\left[(2\,dz + d^2z)^2 + dx^2 + dy^2\right], \] ce qu'elle écrit, et, en négligeant \(dz\) devant \(dx\) et \(dy\) pour une surface voisine de son plan, \[ \sin^2 e = \frac{(dx^2+dy^2)\,(d^2z)^2}{dx^2\,dy^2}, \qquad \beta^2 = dx^2 + dy^2 . \] Elle prend ensuite la force proportionnelle à la somme des courbures principales et à un facteur de matière et d'épaisseur, « hypothèse que je crois être la plus convenable » : \[ E = b\,\tau^3\left(\frac{1}{r} + \frac{1}{r'}\right), \qquad \frac{1}{r} + \frac{1}{r'} = -\,\Delta z , \] \(b\) dépendant de la rigidité naturelle, \(\tau\) étant l'épaisseur, la seconde égalité valant au premier ordre quand \(\partial z/\partial x\) et \(\partial z/\partial y\) sont petits.190 Une intégration par parties, dont elle laisse de côté les termes aux limites, donne alors pour la somme des moments \(-\iint b\tau^3\,\Delta^2 z\,\delta z\,dx\,dy\) ; en l'égalant à \(\iint \partial_t^2 z\,\tau\,dx\,dy\,\delta z\) (la masse de l'élément étant prise proportionnelle à son épaisseur, la gravité pour unité), elle obtient \[ \frac{\partial^2 z}{\partial t^2} + b\,\tau^2\,\Delta^2 z = 0 \qquad \text{(A)}. \] 191

C'est l'équation des plaques minces vibrantes, celle qu'on appelle aujourd'hui équation de Germain–Lagrange : le bilaplacien de la flèche équilibre l'accélération.192 La dépendance en épaisseur est celle de la théorie actuelle : une rigidité en \(\tau^3\) divisée par une masse en \(\tau\) donne des fréquences proportionnelles à \(\tau\), comme le coefficient \(D/(\rho h) = Eh^2/12\rho(1-\nu^2)\) de Kirchhoff.193 Mais la dérivation n'est pas une démonstration. L'angle \(e\) qu'elle calcule est le pli des deux plans le long de la diagonale de l'élément : sa différence \(d^2z\), prise avec le même \(dz\) sur les deux côtés, est la différence seconde mixte \(z(x+dx,y+dy) - z(x+dx,y) - z(x,y+dy) + z(x,y) \approx z_{xy}\,dx\,dy\), si bien que \(e\) mesure la torsion de l'élément et non sa courbure moyenne, alors que la force \(E\) est supposée proportionnelle à \(\Delta z\) ; le passage de \(\iint E\beta^2\,\delta(d^2z/ds)\) à \(\iint dd.(E\beta^2)/ds\;\delta z\), avec \(ds = dx\,dy\) et « \(dd.\) » lu comme un laplacien, est formel ; et la valeur de \(E\) est une hypothèse. Ce qui en ferait une démonstration est connu : se donner une énergie de flexion par unité d'aire, quadratique dans les courbures — celle que ses propres conditions aux limites supposent (No 9 plus bas) est \(\frac12 b\tau^3\iint(\Delta z)^2\,dx\,dy\) — et appliquer le principe de Hamilton, qui donne à la fois (A) et les conditions naturelles au bord ; l'énergie elle-même se justifie ensuite à partir de l'élasticité à trois dimensions sous les hypothèses de Kirchhoff. L'énergie de Kirchhoff diffère de la sienne par un multiple de \(\iint(z_{xx}z_{yy} - z_{xy}^2)\), qui ne change pas l'équation intérieure et ne change que les conditions au bord libre ; c'est le lagrangien nul que la lecture de l'Exposition des principes met en lumière.

Le No 2 passe au mouvement régulier. Si la surface oscille comme un pendule simple de longueur \(K\), la gravité et la seconde prises pour unités, on a \(\partial_t^2 z = -z/K\) et (A) devient \[ K b\tau^2\,\Delta^2 z = z \qquad \text{(B)}. \] En posant \(K b\tau^2 = h^4\), elle observe que (B) « peut s'abaisser au second degré » : \[ h^4\Delta^2 - 1 = (h^2\Delta - 1)(h^2\Delta + 1), \] de sorte que toute solution de \(h^2\Delta z = z\) ou de \(h^2\Delta z = -z\) est solution de (B), la seconde étant l'équation des mouvements réguliers des surfaces tendues — l'équation qu'on appelle aujourd'hui de Helmholtz.194 La réciproque, qu'elle n'énonce pas ici mais qu'elle emploie à la vue 436, est vraie aussi : toute solution de (B) s'écrit \(z = z' + z''\) avec \(z' = \frac12(z + h^2\Delta z)\) solution de la première et \(z'' = \frac12(z - h^2\Delta z)\) solution de la seconde.

Elle en conclut que « quelle que soit la figure que puisse prendre une surface tendue renfermée dans des limites données, la même figure peut appartenir également à une surface élastique renfermée dans les mêmes limites ».195 Pour l'équation intérieure, c'est exact. Pour un corps donné, avec son bord, ce ne l'est que si le mode de la membrane satisfait aussi les conditions de la plaque : c'est le cas d'un polygone à côtés droits appuyés, où \(z = 0\) sur un côté entraîne \(\Delta z = -z/h^2 = 0\), et d'un bord à pente normale nulle, où \(\partial_n z = 0\) entraîne \(\partial_n\Delta z = 0\) ; ce n'est pas le cas d'un bord encastré ou libre, ni d'un bord appuyé courbe (sur un cercle, le moment de flexion fait intervenir \(\nu\,\partial_r z/r\)). Même quand la figure est commune, le son ne l'est pas : la membrane a des fréquences proportionnelles au nombre d'onde \(k\), la plaque à \(k^2\).

§ 2. L'intégration : les intégrales (C) à (I) (Nos 3 à 6)

405–415Le No 3 sous-entend désormais le facteur du temps \(\sin(t\sqrt{1/K} + \zeta)\) et laisse de côté la superposition des modes, ce qui est permis puisque l'équation est linéaire.196 Elle cherche alors des intégrales particulières de (B) sous diverses conditions entre \(x\), \(y\) et \(z\).

L'intégrale (C). Sous la condition \(\partial^2 z/\partial x\,\partial y = 0\), \(z\) est la somme d'une fonction de \(x\) et d'une fonction de \(y\) : \[ z = \mathcal{A}\,f(x) + B\,f(y), \qquad f(s) = a\,e^{\omega s/A} + b\,e^{-\omega s/A} + c\sin\frac{\omega s}{A} + d\cos\frac{\omega s}{A}, \]\(A\) est le côté de la plaque ; comme \(f'''' = (\omega/A)^4 f\), (B) est satisfaite si \(Kb\tau^2(\omega/A)^4 = 1\), et le son, qu'elle mesure par \(\sqrt{1/K}/\pi\), vaut \(\omega^2\tau\sqrt b/(\pi A^2)\) : c'est ce qu'elle écrit.197 La fonction \(f\) est celle de la lame d'Euler, et c'est à cette intégrale, munie des coefficients d'Euler pour les bouts libres, que servira tout le § 4. Elle est la seule des intégrales du § 2 qui ne satisfasse pas l'équation des surfaces tendues.

L'intégrale (D). Sous la condition \(\partial^2 z/\partial x^2 = (n^2/m^2)\,\partial^2 z/\partial y^2\), qu'elle présente comme l'expression d'une périodicité, elle prend \[ z = \mathcal{A}\sin\frac{\pi n x}{A}\,\sin\frac{\pi m y}{A}, \qquad \frac{\sqrt{1/K}}{\pi} = \frac{\pi(m^2+n^2)\,\tau\sqrt b}{A^2}, \] ce qui est juste : \(\Delta z = -\pi^2(m^2+n^2)z/A^2\), et (B) donne ce son.198 C'est un mode de membrane, et c'est exactement un mode de la plaque carrée de côté \(A\) appuyée sur son contour, quelle que soit la matière : sur un côté droit où \(z = 0\), la condition d'appui de Kirchhoff (moment nul) se réduit à \(\Delta z = 0\), que ce produit satisfait.

Les intégrales (E) et (F). Elle écrit ensuite des séries en puissances de \(\cos u\), \(u = \pi n x/A\), dont les coefficients dépendent d'un paramètre \(\Pi\) : \[ S_1 = \cos u + \frac{\Pi+3}{2\cdot 3}\cos^3 u + \frac{(\Pi+3)(\Pi+15)}{2\cdot3\cdot4\cdot5}\cos^5 u + \cdots, \] \[ S_2 = \frac{2}{\Pi} + \cos^2 u + \frac{\Pi+8}{3\cdot 4}\cos^4 u + \frac{(\Pi+8)(\Pi+24)}{3\cdot4\cdot5\cdot6}\cos^6 u + \cdots, \] et pose, pour (E), \(z = \sin u\,\sin v\,(a'S_1 + b'S_2)_u\,(A'S_1 + B'S_2)_v\) avec \(v = \pi m y/A\) et le même \(\Pi\) dans les deux facteurs, pour (F) la même forme avec \(u = \pi m x/A\) et \(\Pi\) en \(x\), \(\Pi'\) en \(y\).199 Ce que sont ces séries se voit en posant \(\Pi = 1 - p^2\) : ce sont des développements de sinus et de cosinus d'arcs multiples, \[ \sin u\;S_1(\cos u) = \frac{1}{p}\,\sin p\!\left(\frac{\pi}{2} - u\right), \qquad \sin u\;S_2(\cos u) = \frac{2}{\Pi}\,\cos p\!\left(\frac{\pi}{2} - u\right) \qquad (0 < u < \pi), \] identités qu'elle retrouvera elle-même, pour \(p\) entier, dans les Leçons sur le calcul des fonctions de Lagrange (vue 477), et qui valent pour tout \(p\).200 Le facteur en \(x\) de (E) est donc la solution générale de \(f'' = -p^2(\pi n/A)^2 f\), celui en \(y\) de \(g'' = -p^2(\pi m/A)^2 g\), et (E) est un produit de deux fonctions trigonométriques : un mode de membrane, de son proportionnel à \(p^2(m^2+n^2) = (1-\Pi)(m^2+n^2)\). Elle écrit \((\Pi - 1)(m^2+n^2)\) ; elle corrige le signe à la vue 476. De même (F) a les nombres d'onde \(p\pi m/A\) et \(q\pi m/A\) (\(\Pi' = 1 - q^2\)), le son \(m^2(p^2+q^2)\), qu'elle écrit \(m^2(\Pi+\Pi'-2)\), et la condition \(\partial_x^2 z/\partial_y^2 z = (\Pi-1)/(\Pi'-1) = p^2/q^2\) qu'elle donne à la vue 408.201 Une conséquence qu'elle ne tire pas, et qui corrige ce qu'elle en dira aux vues 475 et 478 : les lignes nodales de (E) et de (F) sont toujours des droites parallèles aux côtés, là où s'annule l'un des deux facteurs, également espacées ; le « facteur périodique » \(\sin u\) n'en donne pas d'autres, car la série qu'il multiplie devient infinie quand \(\cos^2 u = 1\) et le produit y reste fini et non nul.

L'intégrale (G) (No 5). En prenant \(z = z'z''\) avec \(z' = \sin u\sin v\), \(u = \pi m x/A\), \(v = \pi m y/A\), elle forme \[ z = \sin u\,\sin v\,\Big[(a'S_1 + b'S_2)_{u,\Pi}\,(A'S_1 + B'S_2)_{v,\Pi'} + (a''S_1 + b''S_2)_{u,\Pi''} + (A''S_1 + B''S_2)_{v,\Pi''}\Big], \] \[ \Pi + \Pi' = \Pi'', \] avec le son de (F). D'après ce qui précède, c'est une somme de trois produits de fonctions trigonométriques, \(f(x)g(y) + h(x)\sin v + \sin u\,k(y)\), dont les nombres d'onde carrés valent \((p^2+q^2)\), \((r^2+1)\) et \((1+r^2)\) en unités \((\pi m/A)^2\), avec \(r^2 = 1 - \Pi''\) : sa condition \(\Pi + \Pi' = \Pi''\) est exactement l'égalité de ces trois valeurs propres, et (G) est bien une solution de (B). C'est, avec (C), la seule famille du § 2 qui superpose des modes différents de même son, et qui donne par là des lignes nodales courbes ; le No 15 s'en servira.202

Les intégrales (H) et (I). (H) multiplie le facteur \(\sin(\pi n x/A)\sin(\pi m y/A)\) par la somme d'une série en \(x\) de paramètre \(2 - m^2\) et d'une série en \(y\) de paramètre \(2 - n^2\), avec le son \(m^2n^2\). Elle ne satisfait pas (B) en général : le premier terme a pour valeur propre \((\pi/A)^2\,[n^2(1-\Pi) + m^2]\), le second \((\pi/A)^2\,[n^2 + m^2(1-\Pi')]\), et leur égalité demande \(n^2\Pi = m^2\Pi'\), ce que ses valeurs \(\Pi = 2-m^2\), \(\Pi' = 2-n^2\) ne satisfont que pour \(m = n\) ; le son serait alors \(m^2n^2 + m^2 - n^2\), non \(m^2n^2\).203 Pour (I), le No 6 part d'une « équation aux cordes vibrantes » \(\partial_t^2 z' = (K/n^2)\,\partial_x^2 z'\) pour \(z' = \sin(t\sqrt{1/K}+\zeta)\sin(\pi n x/A)\), relation que cette forme de \(z'\) ne donne pas (le calcul donne le coefficient \(A^2/\pi^2 n^2 K\)), et forme \(z = \sin(\pi n x/A)\{a'S_1 + b'S_2 + \mathfrak A\sin(\cdots y/A)\}\) avec le paramètre \(2 - m^2\) ; la surface n'est périodique que dans un sens.204 Avec la lecture « \(mn\) », le terme en \(\mathfrak A\) a le son \(n^2(m^2+1)\) de la correction de la vue 409, mais la série a le son \(n^2(m^2-1)\) : les deux termes ne vibrent pas ensemble, et (I) telle qu'elle est écrite n'est pas une solution ; elle le serait avec le paramètre \(-m^2\) au lieu de \(2 - m^2\). Elle n'emploiera (H) que pour la nommer et (I) que pour une explication qu'elle dira « conjecturale » (vues 487 à 490).

Elle termine le § 2 par une remarque juste : toutes ces intégrales, sauf (C), conviennent aussi aux surfaces tendues, et c'est ce qui les rend simples ; les solutions propres à la surface élastique contiendraient aussi les exponentielles \(e^{\pm\omega}\), et l'angle \(\omega\) ne s'obtiendrait plus que par approximation.

§ 3. Les limites analytiques de la lame (Nos 7 et 8)

414–432Le § 3, « Observations sur les propriétés analytiques des différens points des corps sonores », pose un principe.205 Les points du contour d'un corps sonore satisfont, outre l'équation du mouvement, des conditions propres aux limites ; aucun point, aucune ligne ne peut être pris pour la limite d'une partie vibrante s'il ne satisfait ces conditions, et il suffit qu'il les satisfasse pour qu'on puisse le considérer comme une « limite analytique » des parties qu'il sépare. En termes actuels : ce sont les conditions naturelles du problème variationnel, et la restriction d'un mode à une sous-région bordée de lignes où ces conditions sont remplies est un mode de cette sous-région pour les bords correspondants. Le principe est exact, et c'est l'idée qui porte tout le reste du mémoire.

Pour la corde, la condition au bout se réduit à \(R\,\partial_x z\,\delta z = 0\) (« formule P 332 de la 1re édition de la Méc. Analy. ») : elle est remplie par \(z = 0\), aux nœuds, mais aussi par \(\partial_x z = 0\), au milieu des ventres. Ces derniers points sont des bouts libres au sens d'une corde dont l'extrémité glisserait sans frottement ; elle note qu'on ne peut les réaliser sur la corde, mais que Lagrange, dans le second volume des Mémoires de Turin, a tiré \(\partial_x z = 0\) de l'égalité de l'élasticité de l'air au bout ouvert d'un tuyau et à l'extérieur. Tout cela est exact : le bout ouvert d'une flûte est un ventre de déplacement, et la flûte ouverte aux deux bouts est, pour son premier mode, le « renversement » de la corde — deux limites \(\partial_x z = 0\) aux bouts et un nœud au milieu, au lieu de deux nœuds aux bouts et d'une limite \(\partial_x z = 0\) au milieu. Pour les membranes, les conditions tirées du mémoire de Biot (« P. 87 de son mémoire t. 4 de l'institut ») se réduisent de même à \(z = 0\) ou à une dérivée normale nulle ; toute ligne de repos y est donc une vraie limite, et c'est pourquoi l'analogie, que suggère « le programme publié par la classe », entre les nappes vibrantes et les ondes des cordes de Sauveur, et entre les courbes de repos et les nœuds, vaut pour les surfaces tendues. Elle ne vaut plus pour les lames et les surfaces élastiques, où il y a deux genres de lignes de repos : celles qui satisfont les conditions des limites, et celles qui séparent des parties qui, isolées, ne pourraient pas prendre les courbures qu'elles prennent dans le corps entier. C'est juste : une ligne nodale d'une plaque porte en général un moment de flexion non nul, et la partie qu'elle borde ne vibre alors ni comme une plaque appuyée ni comme une plaque libre sur ce bord. Elle dit la remarque nouvelle, et la tire de la théorie d'Euler (Acta de Pétersbourg pour 1779).206

Le No 8 prend les conditions aux bouts d'une lame données par Lagrange dans la nouvelle édition de sa Mécanique, \(K\,z'''\,\delta z = 0\) et \(K\,z''\,\delta z' = 0\) (les primes désignent les dérivées selon la longueur), et en tire quatre couples possibles : \((z = 0,\ z' = 0)\), \((z = 0,\ z'' = 0)\), \((z' = 0,\ z''' = 0)\), \((z'' = 0,\ z''' = 0)\).207 Euler n'en a examiné que trois (« P. 116 du mémoire cité ») : le bout fixe (encastré), le bout appuyé (articulé) et le bout libre \((z'', z''')\). Elle soutient que le quatrième couple donne lui aussi des bouts libres. Il faut le dire autrement : un bout où \(z' = 0\) et \(z''' = 0\) est un bout guidé (encastrement glissant) ; l'effort tranchant y est nul, mais un couple est nécessaire pour y maintenir la pente nulle, puisque le moment \(z''\) n'y est pas nul, et le seul bout physiquement libre est celui où \(z'' = z''' = 0\). Il n'en reste pas moins une limite analytique, et c'est ce qui compte pour elle : au milieu d'un mode symétrique, \(z' = 0\) et \(z''' = 0\) ont lieu d'eux-mêmes, et la ligne de symétrie est exactement un bout guidé de chaque demi-lame. Elle écrit avoir obtenu ces sons sur une lame que le jeu d'appuis rendait propre à cette manière de vibrer, mais « la lame […] s'est brisée trop tôt pour que je pusse constater et mesurer ce résultat ».208

Elle invoque à l'appui les fourches métalliques, que Chladni dit suivre la loi de la lame appuyée à ses deux bouts bien que leurs bouts soient physiquement libres (« V. traité de Chladni N.o 88 P. 115 ») : leurs bouts satisferaient donc au couple \((z', z''')\).209 L'inférence est cohérente : une lame guidée aux deux bouts a les modes \(\cos(k\pi u)\) et les sons en \(k^2\), exactement ceux de la lame appuyée aux deux bouts. Ce n'est pas l'explication qu'on donne aujourd'hui du diapason, dont on traite chaque branche comme une lame encastrée à la base et libre au bout. Les quatre cas nouveaux qu'elle renonce à calculer (vue 422) se calculent en effet « presque sans calcul » : guidée et guidée, \(\cos k\pi u\) ; guidée et appuyée, \(\cos(k+\frac12)\pi u\) ; guidée et libre, ou guidée et encastrée, \(\tan\omega + \tanh\omega = 0\), soit \(\omega = 2{,}365\), \(5{,}498\), \(8{,}639\), moitiés des racines des modes symétriques de la lame libre (\(4{,}730\), \(10{,}996\), \(17{,}279\)).

Elle reprend alors la lame libre d'Euler (« l'équation P. 120 »), dans la variable \(u = s/a\) : \[ z = e^{u\omega} \mp e^{(1-u)\omega} + (1 \pm e^{\omega})\sin u\omega + (1 \mp e^{\omega})\cos u\omega , \] les signes inférieurs pour un nombre pair de points de repos, les supérieurs pour un nombre impair.210 Ces fonctions vérifient bien \(z'' = z''' = 0\) en \(u = 0\) (vérifié pour cette lecture), et les deux bouts sont libres quand \(\cos\omega\cosh\omega = 1\), dont les racines sont \(\omega = 4{,}7300\), \(7{,}8532\), \(10{,}9956\), \(14{,}1372\), \(17{,}2788\) ; la première famille est symétrique par rapport au milieu, la seconde antisymétrique. Ses démonstrations sont exactes. Dans un mode symétrique, aucun point ne satisfait \(z = z'' = 0\), car la somme des deux équations donnerait \(e^{u\omega} + e^{(1-u)\omega} = 0\) ; le milieu satisfait \(z' = z''' = 0\), et la lame « vibre comme deux lames séparées de moitié moins longues », libres à un bout et guidées au milieu. Dans un mode antisymétrique, \(z = z'' = 0\) exige \(e^{u\omega} = e^{(1-u)\omega}\), donc \(u = \frac12\) : le milieu est un appui au sens d'Euler et chaque moitié est une lame libre à un bout, appuyée à l'autre, dont la condition \(\tanh\frac{\omega}{2} = \tan\frac{\omega}{2}\) est celle du second cas d'Euler pour une longueur moitié. Le second cas est donc contenu dans le premier.211

Pour le troisième cas (encastré et libre), elle affirme qu'aucun point intérieur ne satisfait l'un des quatre couples ; c'est exact pour les cinq premiers modes, vérifiés pour cette lecture, bien que loin de l'encastrement, pour les modes élevés, les termes hyperboliques deviennent si petits que certains points en approchent. Pour le quatrième (deux bouts appuyés), où la lame se ploie comme la corde, tout nœud satisfait \((z, z'')\) et tout milieu de ventre \((z', z''')\) : avec \(n-1\) nœuds, cela fait \(n+1\) points d'appui, bouts compris, et \(n\) limites guidées, en tout \(2n+1\) limites, comme elle le dit. Le cinquième est contenu dans le sixième comme le second dans le premier ; et dans le sixième la seule limite intérieure est le milieu, appuyé pour un nombre impair de nœuds, guidé pour un nombre pair. Tout cela est juste ; la lecture du reproche fait à Euler l'énonce aussi, sous le nom de six cas réduits à quatre.212

Elle en conclut que les points de repos des lames ne doivent pas être assimilés aux nœuds des cordes, et que ni Giordano Riccati, qui a calculé les angles de la lame libre (« Delle vibrazioni de cilindri », Mémoires de la Société italienne, t. 1), ni Chladni n'ont vu que les intervalles entre les nœuds sont inégaux. La partie comprise entre le bout et le premier nœud est moindre que la moitié de l'intervalle suivant, et les intervalles croissent vers le milieu, les différences étant bien plus grandes près des bouts. Le calcul, fait une fois pour les premiers modes de la lame libre dans la lecture de la critique d'Euler (« L'inégalité des intervalles entre les nœuds : Chladni et Riccati », vues 354 à 356), le confirme pour le segment de bout, qui vaut environ \(0{,}36\) de l'intervalle suivant (\(0{,}41\) au premier son), et pour les premiers intervalles ; au-delà du troisième, les intervalles oscillent autour de \(\pi/\omega\) au lieu de croître jusqu'au milieu.213 Elle dit s'être assurée que l'expérience le confirme ; la comparaison des valeurs de Riccati et des observations de Chladni est faite à la même sous-section.

Les vues 429 à 432 reviennent sur l'exemple du § 47 d'Euler, la lame appuyée en un point intermédiaire. Elle écrit que l'égalité qu'Euler établit entre les valeurs de \(z'\) sur les deux branches ne vaut que pour des bouts appuyés et ne peut subsister quand les branches ont des courbures différentes. C'est inexact : en un appui intermédiaire, la lame reste continue, et \(z\), \(z'\) et \(z''\) sont continus quelles que soient les conditions aux bouts ; seul \(z'''\) saute, du montant de la réaction de l'appui (voir « Ce que dit la théorie actuelle de la poutre sur appui intermédiaire », vues 320 à 334). Le reste de la remarque est juste : un obstacle placé en un point de repos, qui laisse passer le mouvement, ne fait que choisir un mode parmi ceux que la lame possède, puisqu'en un nœud il n'exerce aucune force ; et pour des bouts libres ou fixés, le point où Chladni tient la lame n'est pas un appui au sens d'Euler (\(z = z'' = 0\)), mais un simple nœud. Le mot « libre » et le mot « appuyé » sont donc, dit-elle, bien vagues quand on les applique aux points de la lame ; la théorie de l'appui intermédiaire est lue avec le mémoire d'Euler et le reproche qu'elle lui fait.214

Les limites de la plaque : côtés, coins, plaque ronde (No 9)

433–438Le No 9 prend, dans la formule du No 1, les termes qui ne sont affectés que d'un seul signe d'intégration.215 Sur un côté parallèle à l'axe des \(y\), les conditions aux limites sont \[ \oint \Delta z\;\delta\!\left(\frac{\partial z}{\partial x}\right) dy = 0, \qquad \oint \frac{\partial \Delta z}{\partial x}\;\delta z\; dy = 0, \] ce sont exactement les conditions naturelles de l'énergie \(\frac12 b\tau^3\iint(\Delta z)^2\), dont la variation par parties est calculée sur le petit feuillet de la vue 428. Elle en tire quatre couples pour un tel côté : \[ (z = 0,\ z_x = 0), \quad (z = 0,\ \Delta z = 0), \quad (z_x = 0,\ \partial_x\Delta z = 0), \quad (\Delta z = 0,\ \partial_x\Delta z = 0), \] et les quatre analogues en \(y\), « l'analogie est frappante » avec la lame : les deux premiers conviennent aux points de repos du contour, les deux derniers aux points libres.

Voici, pour tout le volume, ce qu'en dit la théorie actuelle. Dans la théorie des plaques de Kirchhoff, l'énergie de flexion est \[ U = \frac{D}{2}\iint\Big[(\Delta z)^2 - 2(1-\nu)\big(z_{xx}z_{yy} - z_{xy}^2\big)\Big]\,dx\,dy, \qquad D = \frac{E h^3}{12(1-\nu^2)}, \]\(\nu\) est le coefficient de Poisson ; l'équation intérieure est la même que la sienne. Sur un côté droit \(x = \text{const}\), les conditions sont : pour un bord encastré, \(z = 0\) et \(z_x = 0\) ; pour un bord appuyé, \(z = 0\) et le moment nul, \(z_{xx} + \nu z_{yy} = 0\), qui se réduit à \(z_{xx} = 0\), c'est-à-dire à \(\Delta z = 0\), puisque \(z_{yy} = 0\) le long du côté ; pour un bord guidé, \(z_x = 0\) et l'effort tranchant nul, \(z_{xxx} + (2-\nu)z_{xyy} = 0\), qui se réduit à \(z_{xxx} = 0\), c'est-à-dire à \(\partial_x\Delta z = 0\), puisque \(z_{xyy} = 0\) le long du côté ; pour un bord libre enfin, \[ z_{xx} + \nu\,z_{yy} = 0, \qquad z_{xxx} + (2-\nu)\,z_{xyy} = 0, \] et, en un coin où se rencontrent deux bords libres, la condition supplémentaire \(z_{xy} = 0\) (la force concentrée au coin vaut \(2D(1-\nu)z_{xy}\)).216 Ses trois premiers couples coïncident donc avec ceux de Kirchhoff quel que soit \(\nu\) ; le quatrième, son bord libre \((\Delta z = 0,\ \partial_x\Delta z = 0)\), n'est celui de Kirchhoff que pour \(\nu = 1\), valeur qu'aucune matière n'atteint (verre et laiton ont \(\nu\) entre \(0{,}2\) et \(0{,}35\) environ). La différence des deux énergies est le terme en \(z_{xx}z_{yy} - z_{xy}^2\), un lagrangien nul qui ne touche que le bord libre ; la lecture de l'Exposition des principes en donne le sens géométrique (la courbure de Gauss).

Deux de ses remarques sur ces couples demandent une correction. Elle dit que \(z = 0\) et \(z_x = 0\) ne font plus un point fixe, parce qu'il faudrait encore \(z_y = 0\) pour que le plan tangent tombe dans le plan des \(x\) et \(y\) : c'est vrai d'un point isolé, mais le long d'un côté entier \(z = 0\) entraîne \(z_y = 0\), et le couple est bien l'encastrement.217 Aux angles, qu'elle appelle points de double limite, elle compte quatre conditions, celles des deux côtés qui s'y rencontrent. Ce ne sont pas des conditions nouvelles : pour une solution régulière jusqu'au coin, elles découlent de celles des deux côtés. La condition propre au coin, dans la théorie de Kirchhoff, est \(z_{xy} = 0\) en un coin libre, et elle manque dans la sienne parce qu'elle y est multipliée par \(1 - \nu = 0\). Sa phrase selon laquelle le couple \((z = 0,\ \Delta z = 0)\) ne peut appartenir qu'aux points de double limite dit seulement que ce couple figure dans les deux listes. Les « points d'origine » (vue 436), où \(z\), \(z_x\), \(\Delta z\) et \(\partial_x\Delta z\) s'annulent ensemble, sont les points qu'on peut prendre pour origine par symétrie : par exemple les croisements des lignes nodales de (D), comme elle le fera à la vue 472.218

Pour la plaque ronde, elle pose \(x = r\cos\varphi\), \(y = r\sin\varphi\), écrit \(z = z' + z''\) avec \(z'\) et \(z''\) solutions des deux équations du second ordre, de sorte que \(\Delta z\) est proportionnel à \(z' - z''\) — ce qui est juste —, puis transporte au bord \(r = a\) les conditions écrites pour des côtés \(x = \text{const}\) et \(y = \text{const}\). Dans ce transport, elle ne garde de \(\partial_x\) que sa partie angulaire, \(-(\sin\varphi/a)\,\partial_\varphi\), et laisse tomber \(\cos\varphi\,\partial_r\) ; ses conclusions — des conditions remplies par \(\tan\varphi = 0\) ou \(\cot\varphi = 0\), c'est-à-dire aux bouts des axes, et quatre couples en \(z' \pm z''\) et en leurs dérivées angulaires — en sont des artefacts. Sur le cercle, les conditions naturelles de son énergie s'écrivent en chaque point de la même façon, avec la dérivée normale : \((z,\ \partial_r z)\), \((z,\ \Delta z)\), \((\partial_r z,\ \partial_r\Delta z)\), \((\Delta z,\ \partial_r\Delta z)\) ; aucun point du bord n'y est privilégié, ce que la symétrie de la figure imposait. Chez Kirchhoff, le moment radial au bord est \(z_{rr} + \nu\,(z_r/r + z_{\varphi\varphi}/r^2)\), qui ne se réduit pas à \(\Delta z\) ; ce qui en résulte pour le cercle appuyé est dit avec la plaque circulaire du § 7 (vues 548 à 574).219

Elle clôt ce paragraphe sur ce qui en fait l'usage : les lignes où ces conditions sont remplies découpent la surface en surfaces partielles, dont les bords peuvent être « dans un état différent de ceux de la plaque entière », sans que l'équation de la plaque cesse de s'appliquer à chacune. C'est exact, et c'est ce que le § 4 va exploiter.

§ 4. La plaque carrée libre et l'intégrale (C) (Nos 10 à 12)

439–468Le § 4, « Comparaison de la théorie à l'expérience, dans le cas des plaques quarrées », part de l'intégrale (C) munie des coefficients qu'Euler a déterminés pour la lame libre (« P. 118 et suiv. de son m. »).220 Pour la plaque de côté \(A\), l'origine en un coin, \[ z = \mathcal{A}\,f(x) + B\,f(y), \qquad f(s) = e^{\omega s/A} \pm e^{(A-s)\omega/A} + (1 \mp e^{\omega})\sin\frac{\omega s}{A} + (1 \pm e^{\omega})\cos\frac{\omega s}{A}, \] les signes supérieurs pour un nombre pair de nœuds de la lame (fonction symétrique), les inférieurs pour un nombre impair (antisymétrique). Si \(\mathcal{A}\) ou \(B\) est nul, la plaque montre autant de lignes nodales droites que la lame a de nœuds. Si \(\mathcal{A} = -B\), \(z\) s'annule sur la diagonale \(x = y\) ; pour \(f\) symétrique, aussi sur la seconde diagonale \(y = A - x\). Sa vérification est juste : \[ f(x) - f(A-x) = 2\sin\frac{(A-2x)\omega}{2A}\left[(1+e^{\omega})\sin\frac{\omega}{2} - (1-e^{\omega})\cos\frac{\omega}{2}\right], \] nul en vertu de \(\tan\frac{\omega}{2} = (1-e^{\omega})/(1+e^{\omega})\), qui est la condition des modes symétriques. Pour \(f\) antisymétrique, il n'y a que la diagonale \(x = y\).221 Quels que soient \(\mathcal{A}\) et \(B\), la figure passe par les points où \(f(x) = 0\) et \(f(y) = 0\) à la fois : \(n^2\) « points de repos invariables » quand la lame a \(n\) nœuds, communs à toutes les figures de même \(\omega\). C'est immédiat, et exact dans (C).

Ce que (C) est pour la plaque réelle. (C) satisfait l'équation intérieure. Sur un côté \(x = 0\), l'effort tranchant de Kirchhoff, \(z_{xxx} + (2-\nu)z_{xyy}\), vaut \(\mathcal{A}f'''(0) = 0\), et la condition de coin \(z_{xy} = 0\) est remplie partout ; mais le moment vaut \(z_{xx} + \nu z_{yy} = \nu B f''(y)\), qui n'est pas nul. (C) est donc un mode exact de la plaque carrée libre pour \(\nu = 0\), et pour \(\nu = 0\) seulement.222 Avec ses propres conditions, qui sont celles de \(\nu = 1\), la condition \(\Delta z = 0\) au bord n'est pas remplie non plus, puisque \(\Delta z = B f''(y)\) sur ce côté. Pour une matière réelle, les deux fonctions \(f(x)\) et \(f(y)\), de même son dans (C), sont couplées par le terme en \(\nu\) : le son double se sépare en deux, la figure des deux diagonales (\(\mathcal{A} = -B\)) et la figure à courbe fermée (\(\mathcal{A} = B\)) n'ont plus le même son. Le même calcul de Ritz donne entre elles un rapport de fréquences de \(1{,}19\) pour \(\nu = 0{,}25\) et de \(1{,}27\) pour \(\nu = 0{,}33\), soit une tierce mineure à une tierce majeure. Ce que (C) donne des figures est donc qualitativement juste ; ce qu'elle en tire sur l'égalité des sons ne l'est que pour \(\nu = 0\). Les combinaisons de fonctions de la lame qu'elle forme ici sont celles dont partira Ritz pour sa théorie de la plaque carrée libre.223

Avant de passer aux cas, elle fait une remarque juste (vues 441 à 443). Si les parties de la lame entre deux nœuds étaient égales et symétriques — l'hypothèse « dont on n'avoit pas encore remarqué l'inexactitude » —, \(f\) serait un cosinus et \(f(x) = f(y)\) donnerait des droites parallèles et perpendiculaires aux diagonales. Avec la vraie fonction d'Euler, \(|f|\) est plus grand aux bouts de la lame qu'en aucun autre point (le rapport du bout au plus grand maximum intérieur vaut \(1{,}02\) à \(1{,}11\) pour les six premiers modes), et les droites sont remplacées par des courbes qui se détachent du bord.224

Le No 11 décrit, valeur de \(\omega\) par valeur de \(\omega\), la figure \(\mathcal{A} = -B\). Pour la première valeur (deux nœuds), \(f\) est monotone sur chaque moitié, \(f(x) = f(y)\) équivaut à \(y = x\) ou \(y = A - x\), et la figure se réduit aux deux diagonales, qui passent par les \(4\) points invariables. Pour les valeurs suivantes, elle trace les lignes « fictives » des suppositions \(\mathcal{A} = 0\) et \(B = 0\) en pointillé, marque leurs croisements \(i\), et suit la courbe nodale d'intervalle en intervalle en comparant les plus grandes valeurs de \(f(x)\) et de \(f(y)\) dans chacun : une diagonale et une courbe fermée pour la deuxième valeur (trois nœuds, \(9\) points), les deux diagonales et une courbe fermée pour la troisième (\(16\) points), une diagonale et deux courbes fermées dans chaque moitié pour la quatrième (\(25\) points), les deux diagonales et quatre courbes fermées pour la cinquième (\(36\) points).225 Que la figure passe par les \(n^2\) points invariables, qu'elle présente chaque fois comme une confirmation (« comme le veut la théorie »), est automatique : ces points sont sur \(f(x) = f(y)\) par construction. Sa règle pour le tracé — la courbe tourne sa concavité vers les lignes fictives parallèles à l'axe des \(y\) quand, dans l'intervalle, le maximum de \(f(y)\) est moindre que celui de \(f(x)\), vers les autres dans le cas contraire, et coupe l'intervalle en quatre branches en cas d'égalité — est une bonne description qualitative des courbes de niveau \(f(x) = f(y)\) ; la lecture ne l'a pas vérifiée figure par figure.226

Le No 12 ajoute que, pour une même \(\omega\), tout autre rapport de \(\mathcal{A}\) à \(B\) donne une autre figure, faite de lignes sinueuses autour des lignes fictives et passant par les mêmes points invariables — c'est exact dans (C), et c'est avec la réserve de \(\nu\) qu'il faut le lire. Elle reprend la flexion de Chladni (« V. N.o 109 de son traité d'acoustique »), en lui reprochant de faire passer l'axe d'une ligne sinueuse par ses points les plus hauts ou les plus bas au lieu de ses points moyens, compte une flexion pour la première valeur, une et demie pour la deuxième, deux, deux et demie et trois pour les suivantes, et rapporte à ses valeurs de \(\omega\) les figures 64, 65, 67, 67 b, 67 c, 72 a, 72 b, 73 a, 73 b, 78 et 85 de Chladni : la figure 64 est celle des deux diagonales, la figure 65 celle où les lignes infléchies « se rejoignent très près du bord de la plaque pour former une courbe rentrante », la figure 67 c celle qu'elle a décrite pour la deuxième valeur, 72 a pour la troisième.227 Elle note enfin que la figure « primitive » (\(B = 0\)) ne se réalise que pour la deuxième valeur (figure 67), et que les figures 78 et 85 ne s'accordent qu'au premier coup d'œil ; elle les concilie par les limites analytiques : les parties qu'une telle ligne sépare peuvent vibrer comme si elles étaient isolées, pourvu qu'elles rendent le même son, et Chladni, qui touche plusieurs points à la fois, force chaque quart de la plaque à l'une ou l'autre des figures possibles (vues 460 à 463).228 Ce dernier point demande une précision. Pour \(f\) symétrique (nombre pair de nœuds), les médianes \(x = A/2\) et \(y = A/2\) satisfont exactement \(z_x = 0\) et \(\partial_x\Delta z = 0\) : ce sont des bords guidés, et la plaque se partage en quatre carrés égaux. Pour \(f\) antisymétrique, \(z = B f(y)\) sur la médiane, qui n'est une limite que pour la partie \(\mathcal{A}f(x)\) ; c'est ce que concède sa restriction « en n'ayant égard qu'à une seule des variables ». La phrase de la vue 461 donne cette propriété « dans le cas d'un nombre impair » ; pour la plaque, elle n'est exacte que lorsque \(f\) est symétrique, c'est-à-dire, dans la convention de ses vues 422 et 439, pour un nombre pair de nœuds de la lame. La valeur de \(\omega\) de son expérience, qui suit, est de ce cas.

Son expérience (vues 463 et 464). Sur une plaque carrée qui donnait la figure 64 de Chladni, elle fait couper le quart \(BCDE\) en réservant l'endroit \(c\) où s'appliquaient les doigts, replace les doigts en \(c\), tire le son de l'archet en \(F\) : « Le son est resté le même que sur la plaque complette, et la figure est demeurée aussi nette ». Elle y voit la confirmation, qu'elle n'avait pu obtenir sur la lame, des bouts libres par \(z' = 0\) et \(z''' = 0\).229 Le raisonnement ne tient pas tel quel : couper la plaque le long des médianes fait de ces lignes des bords libres, où moment et effort tranchant sont nuls, alors que sur la plaque entière la médiane est une ligne guidée qui porte un moment de flexion — dans sa théorie comme dans celle de Kirchhoff, puisque \(\Delta z\) et \(z_{xx} + \nu z_{yy}\) n'y sont pas nuls. La plaque amputée n'a donc pas exactement le mode de la plaque entière. Un calcul de Ritz fait pour cette lecture, dans la théorie de Kirchhoff, pour \(\nu = 0{,}25\) et \(0{,}33\), donne pour la plaque en équerre qui reste un mode très voisin de celui des deux diagonales — la diagonale qui traverse le quart enlevé reste nodale par symétrie, l'autre ne l'est plus qu'à peu près —, mais un son plus grave d'un peu plus d'un ton majeur : rapport des fréquences \(0{,}884\) au plus (\(213\) cents), valeur qui ne peut que baisser si l'on raffine le calcul. Si la comparaison qu'elle rapporte est exacte, l'accord qu'elle a entendu n'est pas celui que prédit la théorie actuelle ; ni la figure « ci-jointe » ni une mesure du son ne sont sur les feuillets pour en juger.

Elle ajoute (vues 464 à 468) que (C) ne s'applique dans toute sa généralité qu'aux rectangles, les seules surfaces où une variable reste constante le long de chaque côté — c'est juste —, et que les diagonales nodales sont aussi des limites analytiques, puisqu'elles satisfont \(z = 0\) et \(\Delta z = 0\). C'est exact dans (C), et c'est même la condition d'appui de Kirchhoff pour tout \(\nu\), puisque sur une droite où \(z = 0\) la dérivée seconde le long de la droite est nulle et que le moment se réduit alors à \(\Delta z\). Elle en tire des triangles rectangles isocèles dont les mouvements sont contenus dans ceux de la plaque carrée, en changeant \(\omega\) en \(\frac12\omega\) selon le rapport des côtés. Le premier — les côtés de l'angle droit appuyés, l'hypoténuse libre au sens d'Euler, pour un nombre pair de nœuds — est l'un des quatre triangles que découpent les deux diagonales, l'hypoténuse étant un côté de la plaque ; le deuxième — l'hypoténuse appuyée, un côté guidé, l'autre libre au sens d'Euler — est bordé par une diagonale, une médiane et un demi-côté ; la lecture ne retrouve pas le troisième parmi les triangles que découpent diagonales et médianes. Ces triangles héritent de (C) l'approximation de ses côtés libres : les bords appuyés et guidés sont exacts, les bords libres ne le sont pas.230

Surfaces périodiques et intégrales en série (Nos 13 à 15)

469–490Elle salue d'abord « l'étonnante sagacité de Mr Chladni » qui, sans connaître la théorie, avait jugé équivalentes à de simples droites parallèles des figures en apparence si bizarres ; elle-même n'y avait vu d'abord qu'une classification, et c'est la constance de \(\omega\), sous un rapport variable de \(\mathcal{A}\) à \(B\), qui explique pour elle l'uniformité des sons.231 L'explication est juste dans (C), avec la réserve déjà faite : pour une plaque réelle, les figures d'une même \(\omega\) ne rendent pas exactement le même son.

Le No 13, « Surfaces périodiques ». L'intégrale (D), \(z = \sin(\pi n x/A)\sin(\pi m y/A)\), l'origine en un coin, rend la plaque appuyée sur tout son contour : aux quatre côtés, \(z = 0\) et \(\Delta z = 0\). Elle nomme ligne d'appui toute ligne où ces deux conditions ont lieu, rappelle que le mot « appuyé » n'a pour elle qu'un sens analytique, et observe qu'une période complète est bordée par quatre lignes d'appui et partagée en quarts par deux lignes où \(z_x = 0\), \(\partial_x\Delta z = 0\) (ou les analogues en \(y\)). Tout cela est exact. Elle en conclut que l'équation de la plaque carrée appuyée sur ses quatre côtés « appartiendroit également, et sous les mêmes conditions, à une surface quarrée dont les quatre côtés seroient libres », les quarts de période étant assemblés dans un cas par leurs côtés libres, dans l'autre par leurs côtés appuyés, comme la corde et la flûte ouverte (vues 470 et 471). C'est vrai si « libre » s'entend au sens nouveau qu'elle a introduit : la plaque carrée à bords guidés (\(z_n = 0\), \(\partial_n\Delta z = 0\)) a exactement pour modes les produits de cosinus, quelle que soit la matière. C'est faux pour une plaque physiquement libre : sur un côté guidé, \(\Delta z = -k^2 z\) et \(z_{xx} + \nu z_{yy}\) ne sont pas nuls, et ni sa condition de bord libre ni celle de Kirchhoff n'est remplie.232 Il en va de même de ce qu'elle déduit de (D) pour les lignes nodales (vue 471) : qu'elles sont également espacées, que la distance de la dernière au côté « libre » est la moitié de leur intervalle, que chaque intervalle est partagé par une limite guidée — tout cela est exact pour la plaque guidée, et seulement approché pour une plaque libre, où, comme sur la lame libre qu'elle a elle-même analysée, le segment de bord vaut à peu près \(0{,}36\) de l'intervalle suivant et non \(0{,}5\).233 Les croisements des lignes qui terminent les périodes sont des points d'origine (vue 472) : en un tel point, \(z\), \(z_x\), \(\Delta z\) et \(\partial_x\Delta z\) s'annulent, ce qu'on vérifie sur le produit de sinus. Et (D) n'admet pas d'autre ligne nodale que ces droites, puisqu'un produit ne s'annule que si l'un de ses facteurs s'annule.

Elle rapporte à (D) les figures 63, 66 a, 68 a, 71 a, 74 a, 75 a, 80 a, 81 a et 82 de Chladni, \(m\) et \(n\) comptant les lignes nodales parallèles à chacun des axes, avec des sons proportionnels à \(m^2 + n^2\) : \[ \begin{array}{lccccccccc} \text{figure} & 63 & 66\,a & 74\,a & 68\,a & 71\,a & 75\,a & 80\,a & 81\,a & 82\\ (m,n) & (1,1) & (2,1) & (4,1) & (2,2) & (2,3) & (3,3) & (3,4) & (2,5) & (4,4)\\ m^2+n^2 & 2 & 5 & 17 & 8 & 13 & 18 & 25 & 29 & 32 \end{array} \] Les sommes sont justes ; les figures où \(n = 1\) sont les « vibrations tournantes » de Chladni (« V. T. d'acoustique N.o 84 … 87 et N.o 98 »), qui ne diffèrent des autres, dit-elle, que par une seule période dans un sens, « composée de deux demies périodes réunies dans la ligne de repos ».234 Pour la plaque libre de Kirchhoff, ces figures existent à peu près, mais les sons ne suivent pas exactement la loi \(m^2 + n^2\) : par exemple le rapport des figures 63 et 66 a, que (D) fait égal à \(5/2\), vaut \(2{,}56\) pour \(\nu = 0{,}25\) et \(2{,}60\) pour \(\nu = 0{,}33\) (calcul de Ritz fait pour cette lecture). La confrontation avec les sons de Chladni commence au No 16.

Le No 14 : (E) et (F). Les constantes \(a'\), \(b'\), \(A'\), \(B'\) étant libres, elle y voit plusieurs figures pour un même son, et des sons de même forme que ceux de (D) : \(p^2(m^2+n^2)\) pour (E), \(m^2(p^2+q^2)\) pour (F), en posant \(\Pi = 1 - p^2\), \(\Pi' = 1 - q^2\) et en changeant le signe de \(\Pi - 1\) « qui vient de \(\sqrt{(\Pi-1)^2}\) ». C'est juste, et c'est la correction du signe relevé au § 2. Elle montre ensuite (vue 477) qu'avec \(b' = B' = 0\) ou \(a' = A' = 0\), « suivant que \(p\) est pair ou impair », le facteur en série, après le changement de \(x\) en \(\frac12 A - x\) et une multiplication par \(p\) (ou par \((1-p^2)/2\)), n'est autre que l'expression de \(\sin(\pi n p x/A)\) (ou de \(\cos\)) donnée « P. 143 des leçons sur le calcul des fonctions in.8 an 1806 », de sorte que (E) se réduit à (D). C'est exact : la série de \(a'\) se termine quand \(p\) est pair, celle de \(b'\) quand \(p\) est impair, et ce sont les développements de \(\sin p\theta\) et de \(\cos p\theta\) en puissances de \(\sin\theta\) rappelés plus haut.235 Mais sa conclusion (vue 478), que dans tout autre cas les séries ne se terminent pas et qu'« il faudroit donc calculer à part chaque cas pour déterminer la figure qui lui convient », est à corriger : terminées ou non, ces séries sont des sinus et des cosinus, et les figures de (E) et de (F) sont toujours des réseaux de droites parallèles aux côtés.

Le No 15 : (G). Avec \(a' = b' = A' = B' = 0\), \(z''\) est la somme de deux fonctions séparées de \(x\) et de \(y\) ; pour des côtés libres au sens nouveau il faut encore \(a'' = A'' = 0\), « car sans cette condition, elle ne conviendroit qu'aux plaques dont les côtés seroient appuyés ». Avec \(\Pi'' = 1 - 9\) elle obtient, pour \(u = \pi m x/A\) et \(v = \pi m y/A\), \[ z = \sin u\,\sin v\left\{b\cos^2 u + B\cos^2 v - \frac{b+B}{4}\right\} = \frac{b}{4}\,\sin 3u\,\sin v + \frac{B}{4}\,\sin u\,\sin 3v , \] la seconde forme, qu'elle n'écrit pas, se vérifiant par \(\sin 3u = \sin u\,(4\cos^2 u - 1)\). C'est la superposition des deux modes de même son \((3,1)\) et \((1,3)\), celle qui donne les figures courbes les plus connues des membranes et des plaques appuyées, et son son, \(-m^2(\Pi''-2) = 10\,m^2\), vaut \(10\) pour \(m = 1\) et \(40\) pour \(m = 2\), comme elle l'écrit.236 Elle y rapporte les figures 69, 70, 87 a, 87 b, 88 a et 88 b de Chladni : 69 pour \(m = 1\), \(b = -B\), où le facteur \(\cos^2 u - \cos^2 v\) donne les deux diagonales ; 70 pour une autre relation entre \(b\) et \(B\), qu'elle n'a pu mesurer. Sa discussion de la vue 480 est exacte : une ligne nodale aboutit au côté où \(\cos v = 0\) quand \(\cos^2 u = (b+B)/4b\), et au côté où \(\cos u = 0\) quand \(\cos^2 v = (b+B)/4B\) ; en posant \(r = B/b\), ces deux conditions sont possibles ensemble si et seulement si \(\frac13 \le r \le 3\) ou \(r = -1\) ; l'une d'elles est impossible, et il n'y a que deux lignes sinueuses, quand \(b\) et \(B\) sont de signes différents sans que leur somme soit nulle, ou quand l'un des coefficients est moindre que le tiers de l'autre, ce qu'elle dit exactement ; si \(b\) ou \(B\) est nul, les lignes sont droites, sur \(\cos(\pi x/A) = \frac12\), au tiers de l'intervalle, puisque \(\sin 3u = 0\).237

Pour la figure 87 b (\(m = 2\), \(b = -B\)), les quatre lignes du facteur périodique et les lignes diagonales, dont deux passent chacune par deux points d'origine, font six diagonales, dont quatre forment un carré ; pour 87 a et 88 a, quatre lignes sinueuses à deux flexions complètes ; pour 88 b, elle incline à la relation \(b = B\), qui donne \(\cos(2\pi x/A) = \cos(2\pi y/A) = \sqrt{1/2}\) aux bouts des lignes, et le son \(40\) (vues 481 à 485). Avec \(\Pi'' = 1 - 25\), (G) devient \[ z = \sin u\,\sin v\left\{b\Big(\cos^2 u - \frac{4}{3}\cos^4 u\Big) + B\Big(\cos^2 v - \frac43\cos^4 v\Big) - \frac{b+B}{12}\right\} \] \[ = -\frac{b}{12}\,\sin 5u\,\sin v - \frac{B}{12}\,\sin u\,\sin 5v , \] les modes \((5,1)\) et \((1,5)\), de son \(26\) ; pour \(m = 1\) et \(b = -B\), le facteur \((\cos^2 u - \cos^2 v)\big(1 - \frac43(\cos^2 u + \cos^2 v)\big)\) donne les deux diagonales et quatre lignes courbes qui aboutissent au bord là où \(\cos = \pm\sqrt3/2\) ; elle y rapporte la figure 79 a. Les deux identités ont été vérifiées pour cette lecture ; ce sont, pour la plaque appuyée ou guidée, des figures exactes, et pour la plaque libre des figures approchées.238 Elle renonce à poursuivre (G) et loue encore Chladni d'avoir deviné, parmi les distorsions des figures, celles qui tiennent aux imperfections de la plaque (vue 486).239

(H) et (I), et les figures 79 b et 86. Pour (H), elle note que les figures auraient des lignes droites et des sons suivant la loi de la lame appuyée (ou guidée), et que ses séries ne se terminent jamais ; elle la laisse. (I) n'est périodique que dans un sens, ses séries ne se terminent pas non plus ; elle croit pourtant pouvoir y rapporter les figures 79 b et 86, avec \(b' = 0\) et \(m = 5\), puis \(m = 6\) : \[ z = \sin\frac{\pi x}{A}\left\{a'\cos\frac{\pi x}{A}\Big(1 - \frac{10}{3}\cos^2\frac{\pi x}{A} + \frac43\cos^4\frac{\pi x}{A} + \cdots\Big) + \mathcal{A}\sin\frac{5\pi y}{A}\right\}. \] Les coefficients sont bien ceux de \(S_1\) avec \(\Pi = 2 - 25 = -23\) (et, pour \(m = 6\), \(-31/(2\cdot3)\), \(31\cdot19/(2\cdot3\cdot4\cdot5)\) avec \(\Pi = -34\)) ; mais le premier terme a alors pour carré du nombre d'onde \(24\,(\pi/A)^2\), et le terme en \(\mathcal{A}\) en a \(25\,(\pi/A)^2\) ou \(26\,(\pi/A)^2\) selon qu'on le lit hors de l'accolade ou dedans : les deux termes ne rendent pas le même son, et cette expression n'est pas une solution de (B). Elle-même tient cette application pour « conjecturale », « et il faudroit avoir recours au calcul pour s'assurer qu'elle satisfait en effet à la description exacte de ces figures » ; les sons \(25\) et \(36\) qu'elle assigne sont ceux du seul terme en \(\mathcal{A}\).240

Elle conclut la description des figures en observant qu'elle a rendu compte de plus de la moitié de celles que Chladni a observées sur les plaques carrées, que les autres ne sont « ni plus bizares ni plus compliquées », et qu'elle suivra pour leurs sons les équivalences de Chladni lui-même ; la comparaison des sons, qui suit, est lue plus bas, dans la section « Le mémoire sur la question de la première classe (suite) : la théorie devant l'expérience » (vues 491 à 592).241

Les autres états de l'ouverture

593–626L'ouverture du mémoire existe dans le volume en trois états, auxquels s'ajoute la suite du troisième, et un brouillon plus tardif sur les surfaces cylindriques. Comparés ligne à ligne, les trois états se rangent : le troisième, dont la suite est aux vues 614 à 618, porte en clair le texte que les deux autres portent barré ; le brouillon des vues 398 et 399 et la mise au net des vues 593 à 595 en donnent la rédaction corrigée. Cet ordre est une inférence de cette lecture, tirée des seuls textes.242

Une seconde mise au net : pages (1) et (2), (23) et (24)

593–597Une écriture plus grande et très régulière copie le titre, la question, l'épigraphe et le début du mémoire.243 Le texte gardé est celui du brouillon de la vue 398 une fois corrigé, presque mot pour mot : « examiner », « une équation différentielle dont les intégrales particulières sont facilement applicables », « d'après cette remarque », « la théorie que je soumets », « puisqu'eux seuls présentent des lois déterminables », « le petit nombre de mouvemens que cet habile physicien a observé dans les surfaces courbes ; car, comme je le dirai dans la suite, ces mouvemens se trouvent compris dans une équation fort simple qui convient à plusieurs genres de corps sonores ». L'épigraphe y est corrigée (« iisdem », « impossibilis ») et la référence complétée (« edit. in f.o London 1740 »). Mais cette mise au net a d'abord été écrite sur l'ancien texte : entre ses lignes gardées courent des lignes plus anciennes, hachurées de petites croix, qui disent que Chladni « n'a fait qu'un petit nombre d'essais sur le son des surfaces courbes ; et d'ailleurs les géomètres sentiront aisément que les simplifications auxquelles donne lieu la supposition \(z\) très petit pourroient se transporter aux surfaces d'une courbure quelconque en substituant aux différentielles des deux ordonnées rectangulaires \(x\) et \(y\) les différentielles des deux courbes qui mesurent les courbures principales de ces surfaces ; desorte que les valeurs de \(z\) exprimeroient encore, comme dans le cas du plan, la quantité dont chaque point des mêmes surfaces s'éleveroit pendant leur mouvement au dessus de leur situation naturelle ».244 Ce que la mise au net abandonne, c'est donc un programme : étendre la théorie aux surfaces courbes en prenant pour coordonnées les lignes de courbure. Elle le remplace par une affirmation plus modeste, que les mouvements observés sur des surfaces courbes relèvent d'une équation simple commune à plusieurs corps sonores. Le programme abandonné n'aurait pas suffi : dans la théorie actuelle des coques, la courbure ne change pas seulement les coordonnées, elle couple la flexion à l'extension de la surface moyenne, et c'est ce couplage qui domine le son des surfaces courbes (voir plus bas, les surfaces cylindriques).

Le paragraphe premier suit, sans numéro (« §. Recherche de l'équation différentielle de la surface élastique vibrante »), et son No 1 redit celui de la vue 399, avec la correction « Ainsi je trouve » déjà faite et le double signe d'intégration écrit \(SS\) ; il omet, dans la définition des coefficients d'un plan, « sur les plans coordonnés verticaux », et s'arrête sur « le cosinus de l'angle ».

Les pages (23) et (24) (vues 596 et 597) redisent les pages (28) et (29) du mémoire (vues 433 à 435) : la plaque rectangulaire aux côtés parallèles aux axes, les quatre couples d'équations de chaque côté, les points de double limite. Le texte est le même, à trois écarts près : la mise au net écrit \(\delta x\) au lieu de \(\delta z\) dans la seconde condition des côtés parallèles à l'axe des \(y\), ce qui est un lapsus (la même condition porte \(\delta z\) à la vue 597) ; elle écrit « comme fixé » pour « comme fixe » ; et elle laisse sans « \(= 0\) » deux conditions que la vue 434 complète en partie. Qu'elle arrive à la page (23) là où le mémoire en est à la page (28), dans une écriture plus grande, montre qu'elle a laissé de côté une partie de ce qui précède ; les feuillets ne disent pas laquelle.245

Un troisième état

598–598Un brouillon sans pagination, très corrigé, reprend l'ouverture sous le titre « Mémoire sur cette question proposée par la première classe de l'institut », sans épigraphe.246 Il écrit « embrasser d'abord cette question dans toute sa généralité », annonce « une équation différentielle fort simple », après avoir barré « du quatrième degré » et une phrase commencée, « à la vérité cette équation n'est pas intégrable en » ; il espère que la classe trouvera « la théorie que j'ai l'honneur de soumettre à son jugement » aussi générale que le demande l'état de la question ; il définit les mouvements réguliers comme ceux où « des sons perceptibles accompagnent des figures constantes » ; et il s'arrête, aux deux tiers du feuillet, sur « les géomètres sentiront aisément que la simplification à laquelle donne lieu la supposition de \(z\) très petit pourroit se transporter aux surfaces d'une courbure quelconque en substituant aux. » Ce sont, mot pour mot, les leçons que le brouillon de la vue 398 porte barrées sous ses corrections (« embrasser », « cette », « fort simple », « j'ai l'honneur de », « surfaces d'une courbure quelconque en substituant ») et que la mise au net des vues 593 à 595 porte hachurées. Ce troisième état est donc, selon toute apparence, le plus ancien des trois : c'est l'inférence de cette lecture, que la reliure, qui le place après la mise au net, ne contredit ni ne confirme.

Un brouillon adressé à « la classe »

614–618Trois feuillets d'un autre papier, d'une main rapide et corrigée, sans pagination, s'adressent à « la classe ».247 Le premier commence au milieu d'une phrase : « […] differentielles des deux ordonnées rectangulaires \(x\) et \(y\) les differentielles des deux courbures qui mesurent les courbures principales de la surface desorte que les valeurs de \(z\) [exprime]roient, comme dans le cas du plan, la quantité dont chaque point de cette surface s'éleveroit pendant le mouvement, audessus de la situation naturelle ». C'est exactement la fin de la phrase que la vue 598 laisse sur « en substituant aux. », et que la mise au net des vues 593 et 595 porte hachurée dans une rédaction presque identique : la vue 614 continue la vue 598. La transcription ne fait pas ce rapprochement ; il est de cette lecture, et il repose sur le texte seul.248

La suite est un résumé anticipé du mémoire. L'équation des surfaces élastiques est du quatrième degré, n'a pas d'intégrale générale en termes finis, mais s'abaisse au second degré, et l'une des deux équations est celle des surfaces tendues : toute figure d'une surface tendue renfermée dans des limites données peut appartenir à une surface élastique renfermée dans les mêmes limites — c'est, presque dans les mêmes mots, le No 2 du mémoire (vue 404), dont la lecture a dit plus haut dans quelle mesure il est exact. Les géomètres, poursuit la vue 616, se sont peu occupés de ces intégrales, et Biot est le seul, croit-elle, à avoir démontré l'existence des lignes nodales parallèles aux côtés des membranes rectangulaires ; elle montrera que c'est une suite de la périodicité, et comparera ses intégrales à l'expérience. Puis vient la « singularité remarquable » : les cas où les surfaces élastiques prennent des figures qui pourraient appartenir à des surfaces tendues sont les seuls où les nappes vibrantes répondent aux ondes des cordes de Sauveur, et les courbes de repos à leurs nœuds, analogie « indiquée par les termes mêmes du programme publié par la classe » — c'est la remarque du No 7 du mémoire (vues 418 et 419). La vue 618 annonce le plan (l'équation, puis des intégrales particulières comparées à l'expérience) et s'arrête : « je m'estimerai heureux si la classe juge que j'ai reussi a ebaucher une théorie que des ».249 Dans cet état, l'ouverture annonçait donc les résultats du § 1 et du § 3 ; dans la rédaction des vues 398 et 593, ils ont pris place dans le corps du mémoire, et le programme des surfaces courbes a disparu.

Les participes de l'auteur y sont au masculin, « parvenu » et « heureux » (vue 618), comme « heureux » dans la phrase finale du mémoire (vue 592) ; le mémoire lui-même dit « je crois être parvenue » (vue 420), et le brouillon suivant « privée » et « résolue » (vue 620). Les feuillets le montrent ; ils ne disent pas pourquoi.

Les surfaces cylindriques, et « mon mémoire pour 1813 »

620–626Quatre pages paginées par elle, 1 (annulé) à 4, d'une main rapide et très corrigée, reprennent le sujet pour des surfaces cylindriques.250 Le plus simple des cas « après ceux dont je viens de parler » est la surface cylindrique à base circulaire de rayon \(R\), pour laquelle son équation (e) devient \[ \kappa b^{2}\left\{\Delta^2 z'' \pm \frac{1}{R^2}\,\Delta z''\right\} = z'' , \] et, pour une portion d'arc \(A\) qui répond à l'arc \(a\) du cercle de rayon \(1\), \(R = A/a\) et \(1/R^2 = a^2/A^2\), ce qui est juste. L'équation (e) n'est pas dans le volume : le long mémoire désigne ses équations par des majuscules, de (A) à (I). « Le genre de surface auquel appartiendroit » cette équation « n'a encore, je crois, été l'objet d'aucune expérience ».251 Suit une confession : « Je me suis résolue beaucoup trop tard à reprendre le sujet qui fait l'objet du présent mémoire », le temps lui manquant à la fois pour faire exécuter toutes les expériences et pour chercher les intégrales qui en rendraient raison ; « je me trouvé privée ici de tout secours étranger ».252

Les expériences (vues 622 à 626) portent sur des plaques de verre carrées, taillées puis cambrées selon diverses courbures, essayées avant et après. Elle voit « avec étonnement » que la première figure de Chladni, deux droites qui se croisent au centre, se forme de la même manière sur la surface cylindrique et y rend le même ton ; sur une quarantaine de surfaces, sept ou huit fois un demi-ton d'écart, la surface courbée plus aiguë, qu'elle attribue à la haute température nécessaire pour ployer le verre, « le peu d'activité des ateliers » l'ayant empêchée de varier les essais. Sur une quarantaine de plaques carrées planes, l'intervalle entre les tons des figures de deux droites perpendiculaires et de trois droites dont l'une est perpendiculaire aux deux autres est le plus constant ; sur les surfaces cylindriques il varie avec la courbure. Sur les plaques carrées, un nombre donné de lignes nodales est toujours accompagné du même ton, principe qui a guidé la classification de Chladni « et la théorie a pleinement confirmé, comme je l'ai dit ailleurs » ; sur les surfaces cylindriques, des figures d'un même nombre de lignes, parallèles les unes aux côtés courbes, les autres aux côtés droits, rendent des sons différents. Enfin, la figure des deux diagonales, si facile sur les plaques carrées, « suivant la théorie que j'ai developpée N.o 11 de mon memoire pour 1813 », est équivalente à celle de deux droites parallèles aux côtés, que Chladni n'a jamais vue se former sur les plaques carrées.253

Ces observations sont celles que prévoit la théorie actuelle des coques minces, et l'équation (e) n'en contient pas la cause. Sur une surface cylindrique peu profonde, de génératrices parallèles à \(x\), une flexion qui ne courbe pas les génératrices (\(z_{xx} = 0\)) ne change pas la courbure de Gauss au premier ordre et se fait sans étendre la surface moyenne ; une flexion qui les courbe l'étend, et la rigidité d'extension, bien plus grande que celle de flexion, en élève fortement le son. La torsion \(z \approx xy\) de la première figure est du premier genre : son ton ne dépend presque pas de la courbure, comme elle l'a vu. Les figures de lignes parallèles aux côtés droits (flexion \(z = g(y)\), du premier genre) et aux côtés courbes (flexion \(z = f(x)\), du second) rendent des sons différents, comme elle l'a vu. Et la figure des diagonales, qui demande que \(f(x)\) et \(f(y)\) vibrent ensemble au même son, disparaît dès que la courbure les sépare — ce que disaient ses lignes barrées de la vue 626. La variation d'extension que l'équation (e) ignore est ce qu'on appelle aujourd'hui la distinction entre flexion inextensionnelle et flexion avec extension.254 Quant à la remarque de Chladni, qu'on ne voit jamais deux droites parallèles aux côtés sur une plaque carrée, la théorie actuelle l'explique par le même couplage en \(\nu\) qui sépare, sur la plaque plane, les figures \(\mathcal{A} = -B\) et \(\mathcal{A} = B\) : le mode pur \(f(x)\) n'existe que pour \(\nu = 0\).

Le « N.o 11 de mon memoire pour 1813 » est, dans le long mémoire des vues 398 à 592, exactement la première valeur de \(\omega\) du No 11 (vues 443 et 444), où la supposition \(\mathcal{A} = -B\) donne les deux diagonales, de même son que la figure \(B = 0\) de deux droites parallèles à un côté. Cette coïncidence fait de ce long mémoire, selon toute apparence, celui qu'elle appelle son mémoire pour 1813, et de ces quatre pages une reprise postérieure du sujet. Un brouillon d'introduction du volume dit d'ailleurs que c'est « dans le mémoire couronné qui fut présenté en 1815 qu'on trouve les premiers essais sur la théorie des surfaces courbes », et qu'« à raison de sa plus grande simplicité » on y avait traité « le cas des surfaces cylindriques » (vue 103) : ces quatre pages en seraient un brouillon. Ce sont deux inférences de cette lecture ; aucun feuillet ne date le long mémoire, et ces pages ne se nomment pas.255

Le mémoire sur la question de la première classe (suite) : la théorie devant l'expérience

491–592Cette section reprend le long mémoire sur les surfaces élastiques là où la précédente l'a laissé, à la fin de son No 15 : les figures nodales de la plaque carrée sont expliquées par les intégrales (C) à (I), et il reste à comparer les sons.256 Elle a trois parties : la plaque carrée (No 16), les plaques rectangulaires (§ 5), l'effet d'une charge de cire (§ 6) ; puis la plaque circulaire (§ 7), qui la mène à l'anneau et à ses propres expériences sur des lames de verre courbes.

Deux conventions servent partout. Le « nombre auquel le son est proportionnel » est, à un facteur près, la fréquence : pour une surface \(z = \sin(m\pi x/a)\,\sin(n\pi y/b)\), l'équation \(\partial_t^2 z + b\tau^2\,\Delta^2 z = 0\) donne la pulsation \[ \omega_{mn} = \pi^2\tau\sqrt{b}\,\Bigl(\frac{m^2}{a^2}+\frac{n^2}{b^2}\Bigr), \] et sur le carré de côté \(A\) ses nombres sont \(m^2+n^2\).257 Les intervalles sont des rapports de fréquences ; on les mesure aussi en cents (l'octave vaut 1200 cents, le demi-ton tempéré 100).258 Les notes de Chladni sont nommées comme sur le feuillet, le chiffre donnant l'octave (sol 1, si\(^{\flat}\)3) ; pour les confronter à ses rapports, on les compte en demi-tons tempérés, ce qui néglige les qualificatifs « + aigu », « \(-\) grave » de la table de Chladni. La notation \(m|n\) de Chladni désigne une figure de \(m\) lignes nodales droites parallèles à un côté et de \(n\) parallèles à l'autre.259

No 16. La comparaison des sons de la plaque carrée

491–507Elle commence par fixer la tolérance. Chladni dit lui-même que dans des expériences bien faites l'erreur n'excède jamais un demi-ton ; deux sons mesurés peuvent donc s'écarter d'un ton au plus du rapport théorique, et cet écart suppose que les deux erreurs soient maximales et de sens contraires.260 Le raisonnement est juste : si chaque son est connu à un demi-ton près, leur rapport l'est à un ton près.

Les vibrations « tournantes ». Ce sont les figures qui ne contiennent, dans le sens d'un des axes, que deux demi-périodes : une seule ligne nodale de ce côté, soit les figures \(1|n\).261 Ses nombres sont \(2, 5, 10, 17, 26\) pour les figures 63, 66 a, 69–70, 74 et 79 a de Chladni, c'est-à-dire \(1+n^2\) pour \(n = 1, \dots, 5\) ; et \(25\), \(36\) pour 79 b et 86, qu'elle rapporte, par conjecture, à l'intégrale (I). Rapportés à la figure 63 et comparés aux notes de la table de Chladni (p. 152), ils donnent : \[ \begin{array}{lcccl} \text{fig.} & \text{nombre} & \text{rapport à 63} & \text{cents} & \text{Chladni (écart)}\\ 63 & 2 & 1 & 0 & \text{sol 1}\\ 66\,a & 5 & 5/2 & 1586 & \text{si 2}\ (+14)\\ 69 & 10 & 5 & 2786 & \text{si 3}\ (+14)\\ 70 & 10 & 5 & 2786 & \text{ut}^{\sharp}4\ (+214)\\ 74 & 17 & 17/2 & 3705 & \text{si}^{\flat}4\ (+195)\\ 79\,a & 26 & 13 & 4441 & \text{fa}^{\sharp}5\ (+259)\\ 79\,b & 25 & 25/2 & 4373 & \text{fa}^{\sharp}5\ (+327)\\ 86 & 36 & 18 & 5004 & \text{ut}\,6\ (+296) \end{array} \] (l'écart, en cents, est celui de la note de Chladni au rapport théorique ; positif, le son observé est plus aigu). Ses conclusions sont exactes. De 63 à 66 a, une octave, un ton majeur et un ton mineur font \(2\cdot\frac98\cdot\frac{10}{9} = \frac52\) : l'accord est parfait, comme de 63 à 69 (\(5\)). La figure 70, que la théorie met à l'unisson de 69, en diffère d'un ton, ce qu'elle déclare ne pas comprendre, en relevant que Chladni les tient pourtant pour équivalentes.262 De 63 à 74, l'écart (\(75/68\) entre ses bornes, 170 cents) est entre le demi-ton et le ton, dans la tolérance ; de 63 à 79 a il est d'environ un ton et quart (\(15/13\), 248 cents) : le son observé est « trop aigu d'environ 1 ton », hors de la tolérance ; 79 b et 86 s'en éloignent davantage.263 Elle rappelle que ses explications de 79 b et 86 ne sont qu'« hypothetique[s] ».

Les figures à périodes complètes. Rapportées à la figure 68 a (\(2|2\), nombre \(8\)), les figures 71, 75, 80 a, 81 a, 82, 87–88 et 79 ont les nombres \(13, 18, 25, 29, 32, 40, 26\).264 Par rapport à la note de 68 (si\(^{\flat}\)3), les écarts à la table de Chladni sont faibles : \[ \begin{array}{lccccc} \text{fig.} & 71 & 75 & 80 & 81 & 82\\ \text{rapport} & 13/8 & 9/4 & 25/8 & 29/8 & 4\\ \text{Chladni} & \text{fa}^{\sharp}4 & \text{ut}\,5 & \text{fa}^{\sharp}5 & \text{sol}^{\sharp}5 & \text{si}^{\flat}5\\ \text{écart} & -41 & -4 & +27 & -30 & 0 \end{array} \qquad \begin{array}{lcc} \text{fig.} & 87\text{--}88 & 79\\ \text{rapport} & 5 & 13/4\\ \text{Chladni} & \text{ré}\,6 & \text{fa}^{\sharp}5\\ \text{écart} & +14 & -41 \end{array} \] Elle vérifie chaque cas par un rapport juste, et ses vérifications tiennent : \(16/5\) contre \(25/8\) pour 80, écart \(128/125\), son « comma » ; \(16/5\) contre \(13/4\) pour 79, écart \(65/64\), moindre que ce comma ; pour 87–88, deux octaves et une tierce majeure donnent \(5\).265

Les cas sans figure. Pour les cas dont Chladni n'a pas donné de figure, dans sa notation \(m|n\), les nombres sont \(m^2+n^2\) : \(4|2\), \(5|3\), \(6|3\), \(5|4\), \(6|4\), \(5|5\), \(6|5\) donnent \(20, 34, 45, 41, 52, 50, 61\), et, rapportés à \(2|2\) (8), des écarts à la table de \(+14\), \(-5\), \(+10\), \(+71\), \(+59\), \(+27\) et \(+83\) cents. Elle choisit, quand Chladni donne deux notes, la plus favorable, et le dit. Ses vérifications sont justes : pour \(6|3\), \(\frac{45}{8}\) contre \(\frac{50}{9}\) diffèrent d'un comma syntonique exactement ; pour \(5|5\), \(\frac{25}{4}\) contre \(\frac{32}{5}\), de \(128/125\) ; pour \(6|5\), \(\frac{61}{8}\) contre \(8\), de \(64/61\) (83 cents), moins qu'un demi-ton majeur ; pour \(5|4\), après correction, \(\frac{41}{8}\) est au-dessous de \(\frac{16}{3}\) de \(128/123\) (69 cents), à peine moins qu'un demi-ton mineur, comme elle l'écrit.266

Sa conclusion, qu'on ne pouvait « espérer plus d'accord entre la théorie et l'experience », est vraie de ces comparaisons : entre figures à périodes complètes, aucun écart ne dépasse 41 cents, et, pour les cas sans figure pris au plus favorable, 83 cents ; Chladni lui-même tenait pour équivalentes des figures dont les sons diffèrent d'un demi-ton, d'un ton ou d'une tierce.267

La difficulté. Mais les deux familles ne s'accordent pas entre elles. Rapportées aux figures de l'intégrale (C), dont les sons sont ceux de la lame libre d'Euler, toutes les figures à périodes complètes sonnent environ un ton trop grave ; et les vibrations tournantes, rapportées à ces mêmes sons, sont plus graves encore, de un à deux tons et demi, d'autant moins qu'elles ont plus de lignes nodales ; les plaques rectangulaires montrent le même écart.268 Elle juge cet écart trop constant pour être accidentel.

Elle en propose une cause, en la donnant pour « une simple conjecture » : les quarts de période (parties où la surface n'a qu'une demi-période dans chaque sens) et les demi-périodes des surfaces libres. Leur influence serait maximale quand il n'y a que des quarts de période, moindre quand s'y ajoutent des demi-périodes, minimale avec des périodes complètes ; de sorte que l'accord ne serait parfait que pour une plaque appuyée de tous côtés, que Chladni n'a pas essayée.269 Elle écarte l'analogie de la corde et de la flûte, la théorie des instruments à vent n'étant pas rigoureuse, et compare sa difficulté à celle de la vitesse du son, que « l'ingénieuse hypothèse » de Laplace, introduite dans le calcul par Poisson, a résolue ; elle ajoute que dans le cas d'une flûte on ne saurait séparer l'effet de la chaleur dégagée de celui des demi-périodes.270

Ce que dit la théorie actuelle. Ses nombres \(m^2+n^2\) sont exactement ceux de la plaque rectangulaire simplement appuyée, dont les modes sont \(\sin(m\pi x/a)\sin(n\pi y/b)\) : pour une telle plaque, sa conclusion conjecturale — l'accord parfait avec les surfaces périodiques — est vraie.271 Sur une plaque libre, ni les surfaces périodiques ni l'intégrale (C) ne satisfont les conditions du bord libre, hors, pour (C), le cas limite \(\nu = 0\) (voir, dans la première partie du mémoire, les conditions de Kirchhoff au No 9, vues 433 à 438, et ce qu'elles donnent pour (C) au § 4) ; les fréquences exactes ne sont données par aucune des deux familles, et les figures ne leur ressemblent qu'approximativement. L'écart qu'elle observe est de cet ordre : pour la lame libre, le nombre exact de \(k\) nœuds est voisin de \((k-\frac12)^2\) et non de \(k^2\), et le bord libre abaisse de même les sons des figures de la plaque par rapport à ceux de la plaque appuyée. Son explication par les quarts de période est la sienne ; ce n'est pas la cause qu'on donne aujourd'hui.

§ 5. Les plaques rectangulaires (Nos 17 à 19)

508–537L'intégrale (C) sur le rectangle. L'intégrale (C) veut la même valeur de \(\omega\) dans ses deux fonctions, de \(x\) et de \(y\). Sur un rectangle, cela n'est possible en général qu'avec \(B = 0\) ou \(\mathcal{A} = 0\) : des lignes nodales droites et parallèles ; les figures « à distorsions » n'apparaissent que si deux valeurs de \(\omega\) compensent l'inégalité des côtés.272 Son exemple est juste : sur la plaque dont les côtés sont comme \(5:7\), trois lignes de la lame libre (\(\frac{25}{4}\)) sur le côté 5 et quatre (\(\frac{49}{4}\)) sur le côté 7 donnent le même son, à la précision des nombres d'Euler, puisque \(\frac{25/4}{5^2} = \frac{49/4}{7^2} = \frac14\) ; Chladni y voit, en effet, des figures « intermédiaires » (Traité d'acoustique, § 136).273 Sur la plaque \(3:1\), les cas \(5|0\) et \(0|2\) (fig. 77, § 122) sont de même à l'unisson, à très peu près : \(\frac{9}{2}\cdot\frac13 = \frac32\cdot 1\) (calcul de cette lecture ; les racines d'Euler donnent \(1{,}506\) au lieu de \(\frac32\) pour deux nœuds, soit 6 cents d'écart).274 Elle suit ensuite, sans la décrire en entier, la fig. 163 b : la règle des valeurs de \(f(x)\) et \(f(y)\) à l'origine, de la forme \(2(1+e^{\omega})\) ou \(2(1-e^{\omega})\) selon la parité des nombres de lignes, la supposition \(\mathcal{A}(1-e^{\omega}) = -(1+e^{\omega})B\) au lieu de \(\mathcal{A} = -B\), et le passage de la courbe par les douze points de repos invariables ; elle en tire la règle générale : si \(\mathcal{A} = 0\) donne \(m\) lignes droites et \(B = 0\) en donne \(n\), la figure est faite de \(m\) lignes sinueuses à \(n/2\) flexions ou de \(n\) lignes à \(m/2\) flexions.275

Les surfaces périodiques ; la formule du son. Pour un rectangle de côtés \(s:t\) (\(s>t\)), elle multiplie les ordonnées parallèles au petit côté par \(s/t\) : \[ z = \dots\,\sin\frac{\pi t m x}{tA}\,\sin\frac{\pi s n y}{tA}, \qquad \text{son} \propto \frac{t^2m^2+s^2n^2}{t^2}, \] avec \(m\) lignes parallèles à l'axe des \(y\) et \(n\) à l'axe des \(x\).276 La plaque va donc de \(0\) à \(A\) en \(x\) (le grand côté) et de \(0\) à \(tA/s\) en \(y\) ; la formule est celle de Navier, \(A^2\bigl((m/a)^2+(n/b)^2\bigr)\) avec \(a = A\), \(b = tA/s\). Dans ses propres termes : \[ \text{son} \propto \frac{t^2\,T^2 + s^2\,L^2}{t^2}, \]\(T\) est le nombre des lignes transversales (parallèles au petit côté, qui partagent le grand) et \(L\) celui des lignes longitudinales ; c'est exact pour la plaque appuyée, approché pour la plaque libre (voir la difficulté du No 16).277 Les sommes de solutions particulières sont admissibles, dit-elle, quand leurs termes ont le même son : c'est exact, une figure stationnaire composée demande des modes de même fréquence ; une ligne nodale commune à deux termes est alors une « véritable ligne invariable de repos », et le mot « libre » n'a plus aucun de ses deux sens.278

Ses exemples. Sur la plaque \(6:5\), \(4|1\) et \(2|3\) ont les nombres \(\frac{16\cdot25+36}{25} = \frac{4\cdot109}{25}\) et \(\frac{4\cdot25+9\cdot36}{25} = \frac{4\cdot106}{25}\) ; leur intervalle \(109/106\) (48 cents) dépasse à peine son comma : les deux cas peuvent se mêler, et la ligne longitudinale médiane, commune aux deux (\(n = 1\) et \(n = 3\) sont impairs), est la ligne invariable de la fig. 157.279 Sur la plaque \(5:4\), Chladni donne le même son à \(5|0\) et \(1|4\) (§ 115, fig. 158). Le feuillet décrit \(5|0\) comme cinq lignes parallèles au grand côté, et le terme périodique de \(1|4\) comme quatre lignes parallèles au petit côté et une dans l'autre sens, la médiane, commune aux deux termes et donc invariable ; il calcule \(5|0\) par le nombre d'Euler \(\frac{81}{4}\cdot\frac{25}{16} = \frac{2025}{64}\), conforme à cette description, et \(1|4\) par \(\frac{16+25\cdot16}{16} = 26\), d'où le rapport \(2025:1664\), environ une tierce (340 cents). Mais \(26\) est le nombre d'une ligne transversale et de quatre longitudinales ; quatre transversales et une longitudinale, la figure que le feuillet décrit, donnent \(\frac{16\cdot16+25}{16} = \frac{281}{16}\), et un rapport d'environ \(1{,}80\) (1019 cents).280 Avec 26, elle trouve un écart de deux tons environ, qu'elle rapproche de la gravité connue des vibrations tournantes pour expliquer que les deux termes se combinent en figures « compliquées par leur influence simultanée » ; avec \(\frac{281}{16}\), l'écart est d'environ une septième (1019 cents), et l'explication ne suffit plus.

Sur la plaque \(2:1\), \(2|1\) et \(3|0\) (fig. 173) n'ont pas de ligne invariable commune, et n'en montrent pas ; \(5|1\) et \(1|3\) (fig. 174) ont chacun deux lignes médianes, qui se retrouvent, droites, dans les figures ; elle écarte les figures de plaques dont Chladni a « un peu alteré » les proportions.281

No 19. Les sons de la plaque \(9:8\). Elle laisse de côté les vibrations tournantes et calcule les dix-huit cas \(2|2\) à \(6|3\) par \(\frac{64T^2+81L^2}{64}\) : \(\frac{145}{16}\), \(\frac{985}{64}\), \(\frac{97}{4}\), \(\frac{2281}{64}\), \(\frac{225}{16}\), \(\frac{1305}{64}\), \(\frac{117}{4}\), \(\frac{2601}{64}\), \(\frac{337}{16}\), \(\frac{1753}{64}\), \(\frac{145}{4}\), \(\frac{3049}{64}\), \(\frac{481}{16}\), \(\frac{2329}{64}\), \(\frac{181}{4}\), \(\frac{3625}{64}\), \(\frac{657}{16}\), \(\frac{3033}{64}\) — tous justes — puis leurs rapports au nombre \(8\) de la figure 68 de la plaque carrée.282 Chladni remarquant (p. 161) que toutes ses plaques rectangulaires sonnent environ un demi-ton plus haut que la plaque carrée, elle suppose que le verre de la plaque carrée différait, et prend pour 68 « si\(^{\flat}\)3 + aigu » au lieu de « si\(^{\flat}\)3 aigu ».283 Elle compare alors, cas par cas, le rapport théorique à l'intervalle entendu, écrit comme un rapport juste, et conclut : « parmi les 18 comparaisons […] il ne se trouve qu'un seul cas » (\(5|5\)) où l'écart excède un demi-ton.284

Ce jugement est à reprendre. Comptées en demi-tons tempérés depuis si\(^{\flat}\)3, les notes de Chladni sont au-dessus des rapports théoriques dans presque tous les cas, de 13 à 211 cents ; la correction « + aigu », que le feuillet ne chiffre pas, réduit d'autant les écarts positifs. Ses propres rapports donnent plus d'un cas hors du demi-ton : \(5|5\) (212 cents, plus qu'un ton majeur), \(4|5\) (125), \(6|2\) (137) et \(6|3\) (134), bien que pour les trois derniers l'intervalle entendu ne soit qu'une borne (« un peu moindre que »). Trois de ses phrases sont inexactes : pour \(3|3\) l'écart \(4096/3915\) (78 cents) n'est pas « bien moindre qu'un demi-ton mineur » (71 cents) ; pour \(4|3\), \(16384/15777\) (65 cents) est moins, et non « un peu plus », qu'un demi-ton ; pour \(5|5\), \(4096/3625\) passe le ton majeur.285 Comptés en demi-tons tempérés, avec la note la plus favorable quand Chladni en donne deux, quinze cas sur dix-huit restent à moins d'un demi-ton majeur de la note avant même sa correction, dans la tolérance qu'elle s'est donnée ; \(5|5\), \(6|2\) et \(6|3\) n'y sont pas.

La plaque \(2:1\). Par \(T^2+4L^2\) elle trouve pour \(2|2\), \(2|3\), \(3|2\), \(3|3\), \(4|2\), \(4|3\), \(5|2\), \(5|3\) les nombres \(20, 40, 25, 45, 32, 52, 41, 61\), justes, et les compare à la table de Chladni (p. 168). Six cas sont à moins d'un demi-ton ; \(2|2\) et \(2|3\), dont l'intervalle mutuel est exactement l'octave des deux côtés, sont trop hauts dans la théorie d'un peu plus d'un ton.286

Elle note enfin que les figures des équations périodiques se formeraient aussi sur une membrane tendue — renversées en partie si les côtés sont libres, identiques si la plaque est appuyée — avec des sons proportionnels aux « simples nombres » là où la plaque a leurs carrés, comme Euler l'a remarqué de la lame appuyée et de la corde : c'est exact, la membrane ayant \(\omega \propto k\) et la plaque \(\omega \propto k^2\) pour le même nombre d'onde \(k\).287

§ 6. L'effet d'un corps mou : la cire (No 20)

538–547Voulant réaliser un appui en serrant un bord d'une plaque carrée dans une rainure de bois, elle attendait un son plus aigu et l'obtint plus grave : le poids du bois l'emportait. Elle charge alors un ou plusieurs côtés de plaques de verre de cire collante, uniformément répartie, et trouve l'effet équivalent à un prolongement fictif de la plaque, d'une étendue égale en poids à la cire : même son, lignes nodales déplacées en conséquence.288

Les expériences. Plaque carrée de 106 mm de côté, pesant 1 once 18 grains ; le son de la figure à deux lignes nodales croisées (\(1|1\)), un peu plus bas que sol 1 (l'octave 1 étant celle du la du diapason). Chaque dose de cire, 1 gros 2 grains, est le huitième de ce poids ; elle vaut donc \(106/8 \approx 13\) mm de plaque.289 Une dose sur un côté : le son tombe entre mi 1 et fa 1, plus d'un ton plus bas ; la ligne nodale parallèle au côté chargé est à 45 mm de lui et à 58 mm du côté opposé, contre \(46\frac12\) et \(59\frac12\) calculés — l'écart est la largeur de la ligne et de la cire, environ 3 mm. Deux doses sur deux côtés contigus : environ deux tons majeurs. Deux doses sur deux côtés opposés : ré 1 exactement, et la figure ne bouge pas, la charge étant symétrique.290

Le calcul, et sa correction. Elle traite la plaque chargée comme un rectangle \(119:106 \approx 9:8\) et écrit son nombre \(\frac{9^2+8^2}{64} = \frac{145}{64}\) contre \(2\) pour la plaque carrée, d'où un rapport \(\frac{145}{128}\), voisin du ton majeur. Ce calcul mêle deux unités : \(\frac{145}{64}\) est rapporté au grand côté du rectangle (119 mm), \(2\) au côté du carré (106 mm) ; tel quel, il ferait la plaque agrandie plus aiguë. Le rapport juste est \[ \frac{2/8^2}{1/9^2+1/8^2} = \frac{2\cdot 9^2}{9^2+8^2} = \frac{162}{145} \quad (192 \text{ cents}), \] un ton mineur à peu près, la plaque chargée étant la plus grave. Le feuillet de la vue 416 donne exactement cette correction.291 Pour une dose, la correction ne change presque rien (216 contre 192 cents). Pour deux côtés contigus, le rapport \(81/64\) (deux tons majeurs) est juste, la plaque restant carrée. Pour deux côtés opposés, en revanche, la même erreur donne \(\frac{10^2+8^2}{8^2} = \frac{41}{16}\) et un intervalle \(\frac{41}{32}\) (429 cents), « un peu plus que deux tons majeurs », comme l'expérience ; corrigé, il devient \(\frac{50}{41}\) (344 cents), moins d'une tierce majeure, alors que de ré 1 à sol 1 elle entend près d'une quarte. Le feuillet de la vue 416 ne relève pas ce cas, où la correction n'est pas négligeable.292

La lame chargée. Une lame de verre de 20 cm sur 23 mm, pesant 4 gros 12 grains, montre une ligne nodale longitudinale et deux transversales, l'espace entre celles-ci double de celui qui les sépare des bouts. Chargée à un bout de 1 gros 3 grains, elle montre les deux lignes transversales à 12 mm du bout chargé et 121 mm l'une de l'autre, 61 mm restant jusqu'à l'autre bout : une portion dix fois moindre que l'autre rend le même son.293 Elle ne l'explique pas sur la page ; sa règle le fait : la cire pèse 75 grains, le quart des 300 de la lame, et vaut 50 mm ; sur une lame fictive de 250 mm partagée en \(\frac14\), \(\frac12\), \(\frac14\), les segments seraient \(12{,}5\), \(125\) et \(62{,}5\) mm, contre 12, 121 et 61 observés (6 mm étant pris par la cire et les lignes). Elle conclut qu'on peut, par une matière pesante et non élastique, faire rendre à une portion aussi petite qu'on veut le son d'une portion donnée, et que l'analyse permet la substitution à toute distance de l'origine, les termes qui doivent s'annuler aux limites étant multipliés par un facteur de rigidité.294

Ce que dit la théorie actuelle. L'équivalence « égale en poids » est exacte au premier ordre : à un bord libre, le moment de flexion est nul, si bien qu'une bande ajoutée de largeur \(\delta\) apporte l'énergie cinétique de sa masse et une énergie de flexion d'ordre supérieur en \(\delta\) ; au premier ordre, prolonger et charger d'un poids égal abaissent la fréquence de la même quantité (quotient de Rayleigh).295 Pour des charges fortes, la masse ajoutée n'équivaut plus à une longueur : elle ajoute de l'inertie sans raideur, et l'équivalence n'est qu'approchée ; la limite d'une charge infinie est un bord immobile, où la ligne nodale voisine vient se confondre avec le bord, ce qui justifie qualitativement sa « portion aussi petite qu'on voudra ».296

§ 7. La plaque circulaire (Nos 21 à 23)

548–574Les applications faites jusque-là ne regardent que les plaques rectangulaires ; avant de terminer, elle cherche une intégrale particulière « immédiatement applicable » à la plaque circulaire.297

L'équation en coordonnées polaires. Avec \(x = r\cos\varphi\), \(y = r\sin\varphi\), elle calcule toutes les dérivées jusqu'au quatrième ordre et trouve \[ \Delta^2 z = \partial_r^4 z + \frac{2}{r}\partial_r^3 z - \frac{1}{r^2}\partial_r^2 z + \frac{1}{r^3}\partial_r z + \frac{2}{r^2}\partial_r^2\partial_\varphi^2 z - \frac{2}{r^3}\partial_r\partial_\varphi^2 z + \frac{4}{r^4}\partial_\varphi^2 z + \frac{1}{r^4}\partial_\varphi^4 z, \] ce qui est juste.298 Posant \(b\tau^2 = e^4/a^4\), l'équation (B) du mouvement régulier devient \(\frac{a^4}{e^4}z = \Delta^2 z\) ; comme seules des dérivées paires en \(\varphi\) y figurent, elle pose \(z = u(r)\sin(\beta\varphi + B)\), où \(\beta\) sera le nombre des diamètres nodaux, et obtient \[ \frac{a^4}{e^4}\,u = u'''' + \frac{2}{r}u''' - \frac{1+2\beta^2}{r^2}u'' + \frac{1+2\beta^2}{r^3}u' + \frac{\beta^4-4\beta^2}{r^4}u \qquad (\text{B}') \] puis, avec \(u = r^\beta s\) et \(n = 1+2\beta\) (le \(n\) de ces pages, sans rapport avec celui des plaques rectangulaires), \[ \frac{u^4}{e^4}\,s = s'''' + n\Bigl\{\frac{2}{r}s''' + (2\beta-1)\Bigl(\frac{s''}{r^2} - \frac{s'}{r^3}\Bigr)\Bigr\} \qquad (\text{B}''), \] toutes deux justes.299

La solution : les fonctions de Bessel. En cherchant \(s\) en série de puissances croissantes de \(r\), elle trouve, avec \(g = u^2/e^2\), \[ s = A\Bigl\{1 - \frac{g r^2}{2(n+1)} + \frac{g^2 r^4}{2\cdot4\,(n+1)(n+3)} - \dots\Bigr\} + A'\Bigl\{1 + \frac{g r^2}{2(n+1)} + \frac{g^2 r^4}{2\cdot4\,(n+1)(n+3)} + \dots\Bigr\}. \] Comme \((n+1)(n+3)\cdots(n+2j-1) = 2^j(\beta+1)\cdots(\beta+j)\), les deux séries multipliées par \(r^\beta\) sont, à un facteur près, \(J_\beta(kr)\) et \(I_\beta(kr)\), \(k = u/e\) : la fonction de Bessel de première espèce et la fonction de Bessel modifiée. La solution est donc \(z = \bigl(A\,J_\beta(kr) + A'\,I_\beta(kr)\bigr) \sin(\beta\varphi + B)\) à des constantes près, et \(\Delta z = k^2\bigl(-A\,J_\beta + A'\,I_\beta\bigr)\sin(\beta\varphi+B)\), comme elle l'écrit.300 Elle ne garde que deux constantes : c'est juste pour une plaque pleine, les deux autres solutions (\(Y_\beta\), \(K_\beta\)) étant infinies au centre ; pour un anneau ou une plaque percée, comme celle de la vue 589, il les faudrait.

Les couples de conditions au contour. Elle reprend les quatre couples de conditions de son No 9 et les écrit en \(z'\) et \(z''\), les deux parties de la solution qui répondent aux deux facteurs de l'équation (No 2).301

— Le premier couple (points appuyés) est satisfait par \(\sin(\beta\varphi+B) = 0\) : \(2\beta\) points du contour, extrémités de \(\beta\) diamètres qui sont des lignes d'appui ; les secteurs égaux se superposent, et la dépendance en \(\varphi\) a la forme de l'équation des cordes. Pour \(\beta = 0\), on ne peut prendre \(B = 0\), sans quoi la plaque ne bougerait pas. Ou bien par \(A' = 0\) et \(J_\beta(ka) = 0\) : la plaque appuyée sur tout son contour, dont l'équation est celle du tambour d'Euler, les figures celles du tambour et les sons les carrés des siens.302 Dans sa théorie, c'est exact : si \(z = 0\) sur le cercle et \(\Delta z = 0\), le mode est celui de la membrane, et pour un même nombre d'onde \(k\) la plaque a \(\omega\propto k^2\) là où la membrane a \(\omega\propto k\). Dans la théorie de Kirchhoff, c'est faux pour un matériau réel : sur le cercle \(z = 0\), le moment radial vaut \(-D\bigl(\partial_r^2 z + \nu\,\partial_r z/a\bigr) = D(1-\nu)\,\partial_r z/a\) pour un mode de membrane, et ne s'annule que si \(\nu = 1\) ; l'artifice de Navier ne vaut que pour les bords droits.303

— Le second couple (contour libre) : elle l'écrit \(\Delta z = 0\) et \(\partial_x \Delta z = 0\), « ou, cequi est ici lamême chose » \(\partial_y\Delta z = 0\), et le satisfait par la seule équation \(A\,J_\beta(ka) - A'\,I_\beta(ka) = 0\) (à des constantes près) ; comme on peut toujours choisir \(A\) et \(A'\) pour qu'elle ait lieu, elle conclut que les conditions du contour « auront lieu d'elles-mêmes » et ne peuvent servir à trouver \(u\), qui « devr[a] être donné d'ailleurs ».304 Ceci est faux. Au contour, la dérivée à prendre est la dérivée normale \(\partial_r\), et les conditions du bord libre de sa théorie sont \(\Delta z = 0\) et \(\partial_r\Delta z = 0\) : deux équations en \(A\), \(A'\), \[ -A\,J_\beta(ka) + A'\,I_\beta(ka) = 0, \qquad -A\,J'_\beta(ka) + A'\,I'_\beta(ka) = 0, \] dont le déterminant \(J_\beta(ka)I'_\beta(ka) - I_\beta(ka)J'_\beta(ka) = 0\) fixe les valeurs de \(u\). C'est l'équation même de la plaque encastrée (\(z = \partial_r z = 0\)) : \(ka = 3{,}196\) ; \(4{,}611\) ; \(5{,}906\) ; \(7{,}144\) pour \(\beta = 0, 1, 2, 3\). Dans sa théorie, la plaque circulaire libre a donc les sons de la plaque encastrée ; et toute déformation harmonique (\(\Delta z = 0\), par exemple \(r^\beta\sin\beta\varphi\)) n'y coûte aucune énergie.305 La plaque libre de Kirchhoff (\(\nu\approx0{,}3\)) a une autre équation ; ses modes à diamètres seuls ont des fréquences dans les rapports \(1 : 2{,}32 : 4{,}08 : 6{,}25\) pour \(\beta = 2\) à \(5\), voisins des carrés \(1 : 2{,}25 : 4 : 6{,}25\) que Chladni observe.306

L'ajout sur les lignes annulaires. Un petit feuillet relié avant la page (140), « addition a la p. 140 », traite le cas sans diamètres, où toutes les lignes nodales sont annulaires. Elle y écrit les conditions du contour avec la dérivée radiale, \(\Delta z\,\delta(\partial_r z) - \partial_r(\Delta z)\,\delta z = 0\) (multipliées par \(\cos\varphi\) et par \(\sin\varphi\)), ce qui est juste ; puis, « à cause de » \(\Delta z = \frac{e^2}{a^2}z\) et de sa dérivée, elle les dit satisfaites par \(z = 0\) ou par \(\partial_r z = 0\) : toutes les lignes de repos satisferaient aux conditions des extrémités sans être des lignes d'appui « dans le sens analytique attribué a ce mot par Euler », de même toute ligne circulaire où la tangente est parallèle au plan de la plaque ; et « les extremités réelles et physiques sont assujetties a la condition \(\frac{dz}{dr} = 0\) ». Au verso, avec \(g = u^2/e^2\), elle choisit \(A\) et \(A'\) proportionnels à \(I_0'(R)\) et à \(-J_0'(R)\), pour que \(\partial_r z\) s'annule au bord quel que soit \(g\), et donne pour lignes annulaires les racines \(r<R\) de \(A\,J_0(r)+A'\,I_0(r) = 0\) (à des facteurs près) ; ces séries sont justes.307 L'argument est faux : \(\Delta z = \frac{e^2}{a^2}z\) n'est vrai que de l'une des deux parties de la solution, non de \(z = A\,J_0 + A'\,I_0\) ; et \(\partial_r z = 0\) n'est pas une condition du bord libre, c'est la moitié de l'encastrement. Les conditions de sa théorie restent \(\Delta z = \partial_r\Delta z = 0\), qui déterminent \(u\).

Les lignes nodales circulaires sont de simples lignes de repos, non des lignes d'appui : une ligne d'appui circulaire exigerait \(A' = 0\), ce qui ne convient qu'au contour appuyé — ce qui est exact dans sa théorie. Diamètres et cercles peuvent exister ensemble ou séparément.308 Le troisième couple (contour fixé) donne \(A\,J_\beta + A'\,I_\beta = 0\), qui est la moitié des conditions de l'encastrement ; le quatrième donne aussi \(\cos(\beta\varphi+B) = 0\) : des droites qui partagent chaque secteur en deux secteurs égaux, chacun appuyé d'un côté et « libre » de l'autre au sens de \(\partial_\varphi z = 0\), \(\partial_\varphi^3 z = 0\) — c'est exact, ce sont les axes de symétrie du mode.309

No 23. Les figures de Chladni, et l'anneau. La difficulté de trouver \(u\) l'empêche de comparer les sons ; elle range les figures de Chladni par nombre de diamètres : 104 et 109 pour \(\beta = 0\) ; 105, 110 a, 116 a pour \(\beta = 1\) ; 99, 106, 111 pour \(\beta = 2\) ; 100, 107 pour \(\beta = 3\) ; 101 a, 108 pour \(\beta = 4\) ; 102 a pour \(\beta = 5\).310 Faisant ensuite \(r = a\) dans l'équation et effaçant les dérivées en \(r\), elle obtient \(\frac{u^4}{e^4}z = \frac{1}{a^4}\partial_\varphi^4 z\), qu'elle donne pour l'équation de l'anneau élastique, cas particulier de celle de la plaque, et qui ne diffère, dit-elle, de celle d'Euler, à la fin de son mémoire sur la lame, qu'en ce que les arcs y remplacent les ordonnées. Ce n'est pas une dérivation : poser \(r = a\) dans l'équation de la plaque ne donne pas celle d'un anneau, qui est une poutre courbe avec ses propres équations ; l'équation obtenue est celle d'une lame droite appuyée refermée sur elle-même, qui est l'hypothèse d'Euler (§ 53 à 55 ; voir la section sur la copie d'Euler). Il s'ensuit, sur la page, que les sons sont comme les carrés de \(2, 4, 6, \dots\) (le nombre des nœuds), et qu'Euler, qui donne la suite \(4, 9, 16, 25, \dots\), n'a pas vu que l'anneau ne peut avoir qu'un nombre pair de nœuds. Ce dernier point est exact : un mode de flexion de l'anneau en \(\cos\beta\varphi\) a \(2\beta\) nœuds.311

L'anneau et la lame courbe, contre Euler et avec Chladni (Nos 24 et 25)

574–592L'objection de Chladni. Chladni observe (Traité d'acoustique, p. 118) que la théorie de l'anneau d'Euler n'est pas confirmée : les sons de l'anneau partagé en 4, 6, 8 parties sont comme les carrés de 3, 5, 7, et non de 4, 6, 8. Elle ne doute pas que le cas observé soit celui des extrémités appuyées, les parties étant égales (§ 89 du Traité) ; elle attribue l'écart à une circonstance hors du calcul. Chladni ayant vu, sur une bande de fer ployée (Traité, section VI, p. 113, fig. 37 à 42 ; la fourche), les sons baisser et les nœuds se rapprocher dans les parties courbes, elle soutient que la courbure prise analytiquement ne change rien aux formules — les instruments à vent en témoignent — mais que la bande pliée a perdu de son élasticité : dans l'anneau, uniformément ; de là des sons plus graves, d'autant moins que l'arc entre deux nœuds est petit, et un rapport \((2\beta-1)^2 : (2\beta)^2\) avec la théorie d'Euler, qui tend vers 1 quand \(\beta\) croît.312

Ce que dit la théorie actuelle. Chladni a raison, et la loi carrée — celle d'Euler comme la sienne — est fausse pour l'anneau. Les modes de flexion d'un anneau mince dans son plan, à \(2n\) nœuds, ont des fréquences proportionnelles à \[ \frac{n(n^2-1)}{\sqrt{n^2+1}}, \qquad n = 2, 3, 4, \dots, \] soit \(1 : 2{,}83 : 5{,}42 : 8{,}77\) pour 4, 6, 8, 10 nœuds ; les carrés de Chladni donnent \(1 : 2{,}78 : 5{,}44 : 9\), les siens \(1 : 2{,}25 : 4 : 6{,}25\).313 La cause n'est pas une élasticité diminuée : la courbure lie le déplacement radial au déplacement tangentiel (l'anneau fléchit sans s'allonger), et elle entre dans les équations, contrairement à ce que le feuillet affirme. Deux de ses remarques coïncident pourtant avec la loi actuelle : la courbure abaisse les sons, et d'autant moins que l'arc entre deux nœuds est court — le rapport de la loi de l'anneau à celle de la lame droite, \(\frac{n^2-1}{n\sqrt{n^2+1}}\), vaut \(0{,}67\) ; \(0{,}84\) ; \(0{,}91\) pour \(n = 2, 3, 4\) et tend vers 1 ; et l'anneau n'a qu'un nombre pair de nœuds.

Ses expériences sur le verre (No 25). Pour écarter l'élasticité variable du métal plié, elle fait tailler dans le verre des lames courbes. Des fourches (deux branches droites réunies par un arc) vibrent comme la lame droite libre, les nœuds étant plus espacés vers le milieu : le contraire de la fourche de fer de Chladni, qu'elle explique par l'élasticité variable.314 Un anneau de verre de 83 mm de diamètre et 9 mm de large donne trois figures : trois nœuds inégaux, si 1 ; quatre nœuds égaux, mi 2 ; six nœuds égaux, fa\(^{\sharp}\)3. Elle rapporte les deux dernières aux extrémités appuyées, de sons \(16 : 36\), soit \(\frac94\), une octave et un ton, « précisément comme l'indique l'expérience » ; la première aux extrémités fixées, deux nœuds intérieurs de la lame encastrée ayant le nombre \(\frac{49}{4}\), et \(16 : \frac{49}{4} = \frac{64}{49}\) (462 cents) étant voisin de la quarte (498 cents) de si 1 à mi 2.315 L'arithmétique est juste ; mais la loi actuelle de l'anneau met entre quatre et six nœuds un rapport voisin de \(2{,}8\) (1800 cents), non \(\frac94\) (1404 cents). Tel que la transcription le lit, son anneau de 9 mm contredirait cette loi d'une tierce majeure environ ; la lecture ne tranche pas entre une note mal lue et un autre mode de vibration. Elle conclut, « conformément à la doctrine d'Euler », que la courbure n'influe pas sur les manières de vibrer, que les écarts de Chladni viennent de la variation de l'élasticité, et qu'Euler a eu tort d'exclure pour l'anneau les extrémités fixées ; elle n'a pas vu de mode qu'elle puisse rapporter aux extrémités libres, sans l'exclure pour autant.316 La première conclusion est fausse, pour la raison dite plus haut.

Les anneaux de 20 mm de large ne donnent pas le cas des extrémités fixées, mais bien les deux figures des extrémités appuyées, et l'un d'eux une figure à deux nœuds, que Chladni n'a pas observée sur l'anneau métallique.317 Dans la théorie de l'anneau mince, deux nœuds (\(n = 1\)) sont un mouvement rigide ; une figure à deux nœuds sur un anneau aussi large relève de la plaque annulaire. Enfin une plaque circulaire et un anneau de même diamètre, percé d'un trou de 11 mm, donnent les mêmes figures et les mêmes sons : quatre diamètres, ut\(^{\sharp}\)2 ; six, mi 3 — une octave et une tierce mineure (1500 cents), un demi-ton de plus que \(\frac94\), écart qu'elle juge suffisamment petit, d'autres essais ayant donné l'intervalle juste ou trop grand d'un ton. Ici la plaque de Kirchhoff donne 1458 cents entre deux et trois diamètres : l'observation est juste, et plus près de la théorie actuelle que de la sienne.318

La conclusion du mémoire. De ce que l'équation de l'anneau \(z = \dots\,\mathcal{A}\sin(\beta\varphi+B)\), qui est celle de la corde, convient aussi à la plaque circulaire, elle étend la même forme, en négligeant la variation du facteur radial, à la lame droite, au tambour circulaire et à la cloche hémisphérique, et en conclut que dans ceux de ces corps qui sont élastiques les sons sont comme \(\beta^2\) ; Chladni trouve en effet, pour les plaques circulaires à diamètres seuls, les carrés de 2, 3, 4, 5, 6 (table p. 185) et, pour la cloche d'harmonica, des sons comme les carrés de la même suite.319 Pour la plaque, la loi observée est approximativement celle de la théorie actuelle, on l'a vu, mais elle ne découle pas de son équation, où le facteur radial ne peut être négligé ; pour l'anneau, elle est fausse ; pour la cloche, le feuillet ne la démontre pas.

Le mémoire finit sur ces mots : « Je termine enfin ce long mémoire dans lequel je n'ai pourtant examiné qu'une partie des différens cas que l'expérience présente et des cas plus nombreux encore que la théorie montre possibles », et le vœu d'avoir rempli « au gré de mes juges les conditions du programme proposé par la classe ».320

Une note sur Fourier, Poisson et Navier

575–575Reliée entre les pages (149) et (150), sans interrompre la phrase, une note d'un autre papier, à la première personne, sans doute plus tardive que le mémoire : sa santé l'a empêchée d'étudier « le mémoire que Monsieur fourier a eu la complaisance de me prêter » ; elle veut pourtant lui communiquer une observation. Dans le « N.o d'aout, le dernier qui ait paru », Poisson répond à Navier que « l'hypothese n'est point admissible » ; il semble ne connaître « cette hypothese que j'ai donné en 1811 » que par la citation de Navier. Or Poisson tient l'hypothèse pour inapplicable à la plaque circulaire dont le contour est soumis à des forces normales ; elle a donc cherché, au § VIII de son mémoire, p. 189, où il traite de la plaque circulaire, une équation qu'on ne pourrait déduire de l'hypothèse, et trouve p. 190 \(\Delta z = \varphi\) et p. 191 \(\Delta\varphi = \varphi_{rr} + \frac1r\varphi_r\) : ces deux équations composent l'opérateur \(\Delta\Delta\), celui même de l'équation que son hypothèse donne.321 La note s'arrête sur ces deux équations, sans en tirer la conclusion par écrit.

Une seconde rédaction de la comparaison avec Chladni

600–613Les pages (61) à (72), de sa main régulière de mise au net, reprennent presque mot pour mot les pages (76) à (93) du long mémoire (vues 486 à 503) : la fin de l'intégrale (G), les intégrales (H) et (I), les figures 79 b et 86, le No 16 et sa difficulté.322 Ce n'est pas une simple copie : ces pages portent des retraits et des corrections qui leur sont propres.

— Les intégrales (H) et (I) sont désignées par deux petites croix, « (++) » ; deux alinéas sur (H) sont traversés d'un long trait oblique, et l'alinéa sur (I) est récrit (« renferme une série qui ne peut jamais se terminer ») ; une note marginale ajoute que les nombres \((m^2+n^2)(\Pi-1)(\Pi+\Pi'-2)\) se réduisent, pour des valeurs convenables de \(\Pi\), \(\Pi'\), à la forme de ceux des intégrales périodiques.323

— Les passages sur les figures 79 b et 86 (vues 601, 602, 605, 606), et sur 79 dans la comparaison à 68 (vue 607), sont traversés de longs traits obliques, et les lignes correspondantes des tableaux sont barrées (vues 604, 606) : ici elle retire ces figures, que la première rédaction garde.324

— Vue 607 : « de deux octaves et de deux tons » pour 87–88, où la vue 496 dit « d'une octave » ; seul « deux octaves » est juste. Les qualificatifs des notes de Chladni diffèrent : « + grave » ici (vues 606, 608) là où la première rédaction écrit « \(-\) aigu » (vues 495, 498).

— Vue 609, pour \(5|4\) : « \(>\) que \(\frac{128}{25}\) ; et en effet […] \(\frac{41}{8}\) est \(>\) que \(\frac{128}{25}\) ; mais d'une quantité absolument inappréciable a l'oreille » — exact (\(1025/1024\), 2 cents), et c'est mot pour mot le premier état, barré, de la vue 499. Vue 613, au contraire, la figure 79 « se rapproche […] d'avantage du rapport donné par [la] théorie puisqu'il n'en differe plus que de l'intervalle d'un ton et \(\frac12\) ton », correction écrite sur un texte barré qui est celui de la vue 502 (79 b et 86, ut 6 contre ut 5, 36 contre 18).

Chaque rédaction porte ainsi une correction dont le premier état est dans l'autre. Ces feuillets ne disent pas laquelle des deux est la première, et cette lecture ne le décide pas.325

Le mouvement de la chaleur dans la sphère, le cône et le cylindre

549–716Une quarantaine de pages du volume ne parlent ni d'élasticité ni de nombres, mais de la propagation de la chaleur dans les solides. Elles sont reliées en trois endroits : une feuille isolée au milieu du long mémoire sur les surfaces élastiques (vue 549), une suite continue de feuillets de calcul et de rédaction (vues 630 à 701), et deux feuillets pris entre les notes d'arithmétique, juste après le manuscrit C (vues 712 à 716).326 Le problème est celui que Fourier avait résolu pour la sphère dont chaque couche concentrique est également échauffée, et pour le cylindre dont chaque couche cylindrique l'est aussi : elle le reprend lorsque le solide a été « échauffé d'une manière entièrement arbitraire », c'est-à-dire lorsque la température dépend aussi des angles. Elle cite Fourier par pages (110, 141, 277, 348) et par articles (104, 111, 119, 120, 245, 306 à 308), nomme Laplace et Poisson, et compare sa manière à celle de Poisson.

Les notations sont celles de la théorie qu'elle cite, et les siennes : \(v\) la température (comptée à partir de celle de l'air), \(t\) le temps, \(K\) la conductibilité intérieure, \(CD\) le produit de la capacité de chaleur et de la densité — elle dit elle-même que \(CD\,r^2\sin\theta\,d\theta\,d\varphi\,dr\) « exprime combien il faut de chaleur pour élever de 0 à 1 la molécule » —, \(h\) la conductibilité extérieure, \(k = K/CD\).327 Dans tout solide homogène, l'équation du mouvement varié de la chaleur est \[ \frac{\partial v}{\partial t} = k\,\Delta v, \qquad \Delta v = \frac{\partial^2 v}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial z^2}, \] et à la surface, où la chaleur passe dans l'air, la condition est \[ \frac{\partial v}{\partial n} + \frac{h}{K}\,v = 0 , \] \(n\) étant la normale extérieure.328 Tout le travail de ces feuillets consiste à écrire \(\Delta\) dans des coordonnées adaptées à la figure — sphériques \(r, \theta, \varphi\) pour la sphère et le cône, polaires \(r, \varphi\) pour le cylindre —, à retrouver la même équation par le bilan de chaleur d'une molécule (« en traitant la question d'une manière spéciale », comme Fourier), puis à intégrer. L'angle \(\theta\) est compté depuis le pôle (elle le dit « l'arc compris entre le pôle et un point quelconque de la sphère », vue 652), \(\varphi\) est la longitude ; on note \[ \Delta_S v = \frac{1}{\sin\theta}\frac{\partial}{\partial\theta}\Big(\sin\theta\, \frac{\partial v}{\partial\theta}\Big) + \frac{1}{\sin^2\theta}\, \frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2} \] la partie angulaire du laplacien.329

Un brouillon sur le cylindre, égaré dans le mémoire sur les plaques

549–549La feuille de la vue 549, reliée entre deux pages du long mémoire sur les surfaces élastiques, est un brouillon de l'article 3 de la pièce sur le cylindre (vues 676 à 678) : mêmes phrases, dans le même ordre, avec plus de ratures.330 Après avoir « effacé ce qui se détruit », la condition de surface se réduit à \[ \frac{\partial v}{\partial r} + \frac{h}{K}\,v = 0 \qquad \text{(D)} ; \] on doit parvenir aux équations (B) et (D) « en traitant la question d'une manière spéciale » ; le mouvement de la chaleur a lieu à la fois dans deux directions ; le flux entre les couches de rayons \(r\) et \(r + dr\) fournit dans l'équation (C) les deux termes \(\frac{K}{CD}\big(\frac{\partial^2 v}{\partial r^2} + \frac1r \frac{\partial v}{\partial r}\big)\), et le flux entre les sections placées aux distances \(r\varphi\) et \(r\varphi + r\,d\varphi\) fournit le troisième, \(\frac{K}{CD\,r^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2}\).331 Ces termes sont exacts. Elle renvoie pour les deux flux à « l'analyse employée No 19 » et « No 14 » ; la rédaction des vues 676 à 678 dit « No 119 (T. de la chaleur) » et « No 104 ».332

Calculs : le cône, la sphère, le cylindre, l'anneau

630–646Ces feuillets de calcul ne sont pas reliés dans l'ordre de sa pagination, et la lecture ne le rétablit que là où une phrase passe d'une page à l'autre.333

Le cône en variable \(\sin\theta\) (vue 630). Sous le titre « cône », elle pose \(x = r\sin\theta\cos\varphi\), \(y = r\sin\theta\sin\varphi\), \(z = r\cos\theta\), et annonce qu'il faut différentier « non par rapport à l'arc \(\theta\), mais par rapport au sinus de cet angle », parce que l'arc \(\theta\) « qui mesure la calotte sphérique est remplacé ici par \(\sin\theta\) qui mesure la base du cône ».334 Avec \(\sigma = \sin\theta\), ses dérivées \(\frac{\partial\sigma}{\partial x} = \frac{\cos^2\theta\cos\varphi}{r}\), \(\frac{\partial\sigma}{\partial y} = \frac{\cos^2\theta\sin\varphi}{r}\), \(\frac{\partial\sigma}{\partial z} = -\frac{\sin\theta\cos\theta}{r}\) sont exactes, et le développement de \(\frac{\partial^2 v}{\partial x^2}\) l'est aussi, terme à terme.335 Le calcul complet, repris au net aux vues 712 et 716, aboutit à \[ \Delta v = \frac{\partial^2 v}{\partial r^2} + \frac2r\frac{\partial v}{\partial r} + \frac{\cos^2\theta}{r^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\sigma^2} + \frac{1}{r^2}\Big(\frac{\cos^2\theta}{\sin\theta} - \sin\theta\Big) \frac{\partial v}{\partial\sigma} + \frac{1}{r^2\sin^2\theta}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2}, \] qui est exact. Ce n'est pas une autre équation que celle de la sphère : c'est le même laplacien, où l'on a pris \(\sigma = \sin\theta\) pour variable au lieu de \(\theta\) (avec \(\partial_\theta = \cos\theta\,\partial_\sigma\)). L'équation intérieure de la chaleur est la même dans tout solide ; ce qui distingue la sphère, le cône terminé par une calotte et le cône terminé par une base plane, ce sont la surface et la condition qu'on y écrit, non l'équation.

Le cône opposé (vue 632). Les plans menés par le sommet perpendiculairement aux côtés du cône enveloppent un second cône, « opposé » ; si \(A\) est l'angle du côté avec l'axe et \(A'\) celui du côté du cône opposé, elle note en marge « \(A + A' = \frac\pi2\) », ce qui est exact : le cône polaire d'un cône de révolution de demi-angle \(A\) a pour demi-angle \(\frac\pi2 - A\).336

Le cylindre, l'anneau, la plaque (vue 635). Dans le cylindre dont la base est dans le plan des \(yz\), l'élément d'arc est celui du cercle de base ; « pour avoir le cas de l'anneau il suffit donc de faire \(x\) constant dans l'équation du cylindre ». Dans le cône, l'élément d'arc du plan des \(yz\) est incliné sur la base ; à la limite du cône « infiniment surbaissé », qui est la plaque circulaire, il devient l'élément du rayon.337 Supprimer la variation le long de l'axe donne l'équation de la plaque ; l'anneau mince de Fourier (l'« armille ») demande en outre qu'on supprime la variation le long du rayon, ce qu'elle dit à la vue 691 (« le cas de l'armille correspond à celui où on ferait le rayon constant »). Faire \(x\) constant seul ne suffit pas.

La molécule de la sphère et celle du cône (vues 639, 636, 637). La molécule de la sphère a pour côtés \(dr\), \(r\sin\theta\,d\varphi\), \(r\,d\theta\), pour faces \(r^2\sin\theta\,d\varphi\,d\theta\), \(r\sin\theta\,d\varphi\,dr\), \(r\,d\theta\,dr\) ; en retranchant la chaleur qui entre par trois faces de celle qui sort par les faces opposées, elle obtient \[ \frac{\partial v}{\partial t} = k\Big(\frac{\partial^2 v}{\partial r^2} + \frac2r\frac{\partial v}{\partial r} + \frac{1}{r^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\theta^2} + \frac{\cos\theta}{r^2\sin\theta}\frac{\partial v}{\partial\theta} + \frac{1}{r^2\sin^2\theta}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2}\Big), \] qui est l'équation exacte.338 Puis, « au lieu de considérer le solide conique qui s'appuie sur la calotte sphérique », elle veut « s'occuper du simple cône » dont la base est plane : sa molécule est comprise entre deux plans et non entre deux calottes, et elle lui donne pour côtés \(dr\), \(r\sin\theta\,d\varphi\), \(r\cos\theta\,d\theta\), le flux à travers la face \(r\sin\theta\,d\varphi\,dr\) étant multiplié par \(\cos\theta\) « parce que la direction » du flux « fait l'angle \(\theta\) avec la perpendiculaire au plan de cette face ». Le bilan donne \[ \frac{\partial v}{\partial t} = k\Big(\frac{1}{r^2}\frac{\partial}{\partial r}\Big(r^2\frac{\partial v}{\partial r}\Big) + \frac{1}{r^2\sin\theta\cos\theta} \frac{\partial}{\partial\theta}\Big(\sin\theta\cos\theta\,\frac{\partial v}{\partial\sigma}\Big) + \frac{1}{r^2\sin^2\theta}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2}\Big), \] dont le terme du milieu vaut \(\frac{\cos\theta}{r^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\sigma^2} + \frac{1}{r^2}\big(\frac{\cos\theta}{\sin\theta} - \frac{\sin\theta}{\cos\theta}\big)\frac{\partial v}{\partial\sigma}\).339 Elle constate que cette équation diffère de celle qu'elle a « trouvée d'une autre manière » (le changement de variable de la vue 630) par un facteur \(\cos\theta\) sur les deux termes en \(\sigma\), et elle l'explique : la molécule traversée obliquement n'a pas la « solidité » de la molécule traversée perpendiculairement, les deux sont « \(::\cos\theta : 1\) », et en corrigeant de ce rapport « les équations seront identiques ». La conclusion est juste, et la raison peut se dire plus simplement : le côté de la molécule le long du méridien est \(r\,d\theta = r\,d\sigma/\cos\theta\), non \(r\cos\theta\,d\theta\), et son volume est \(r^2\sin\theta\,dr\,d\theta\,d\varphi\) ; avec ce volume, le bilan redonne exactement l'équation de la vue 630. Sa correction d'« obliquité » rétablit ce volume ; il n'y a pas, pour le cône, d'équation intérieure différente de celle de la sphère.340

« Recherches sur les cones » (vue 640). La page s'ouvre sur \(\big(\frac{\partial z}{\partial x}\big)^2\) et \(\frac{\partial^2 z}{\partial y^2}\) en \(\theta, \varphi\), le calcul même de la feuille sur la courbure de la sphère reliée plus loin (vue 650).341 Sous le titre souligné, elle cherche la face de l'élément du cône parallèle à la base : une portion de secteur entre deux cercles concentriques de rayons \(r\sin\theta\) et \(r'\sin(\theta - d\theta)\), avec \(r' = r\cos\theta/\cos(\theta - d\theta)\) pour rester dans le même plan. La largeur est \(r\,d\theta/\cos\theta\), exacte au premier ordre ; l'aire est donc \(r^2\sin\theta\,d\theta\,d\varphi/\cos\theta\).342 La page s'arrête sur l'énumération des autres faces, avant toute équation.

Un axe incliné (vues 643, 644). Le petit feuillet 315 change de variables dans \(v\) avec \(x = r\sin A\cot\theta\cos\varphi\), \(y = r\sin A\cot\theta\sin\varphi\), \(dz = \sin A\,dr\) : \(z\) est proportionnel à \(r\), et \(\cot\theta\) est le rapport de la distance à l'axe à la hauteur \(z\) ; ce sont des coordonnées adaptées à des sections planes parallèles à la base. Ses dérivées \(\frac{\partial r}{\partial z} = \frac{1}{\sin A}\), \(\frac{\partial\theta}{\partial x} = -\frac{\cos\varphi\sin^2\theta}{r\sin A}\), \(\frac{\partial\theta}{\partial z} = \frac{\sin\theta\cos\theta}{r\sin A}\) sont exactes ; celles de \(\varphi\) ont le signe opposé à celui que donnent les formules de \(x\) et \(y\), parce que son \(dx\) porte \(+r\sin A\cot\theta\sin\varphi \,d\varphi\) là où il faut \(-\) (et inversement pour \(dy\)).343 Le feuillet 316 (vue 644) poursuit avec un angle \(\theta'\) tel que \(\sin\theta' = \cos\theta\) et un rayon \(r'\), une « hypothèse » \(\frac{1}{\cos^2\theta}\) entourée d'un trait, des réductions partielles, et s'arrête sur « Il faut encore ajouter à … » et une ligne barrée : aucune équation n'est menée à son terme.344

Le cylindre échauffé arbitrairement, avec son axe (vue 645). Au dos du feuillet 316, sous le titre « cylindre » : si le cylindre a été « échauffé arbitrairement », on ne peut plus supposer \(\frac{\partial^2 v}{\partial z^2} = 0\), et l'équation pour \(u\) (avec \(v = e^{-mt}u\)) devient \[ \frac{m}{k}\,u + \frac{\partial^2 u}{\partial r^2} + \frac1r\frac{\partial u}{\partial r} + \frac{1}{r^2}\frac{\partial^2 u}{\partial\varphi^2} + \frac{\partial^2 u}{\partial z^2} = 0, \] ce qui est exact. Elle propose la solution particulière \(u = \sin\delta\varphi \;r^\beta s\,\sin\frac{\nu z}{\rho}\) avec \(\beta = \sqrt{\delta^2 + \nu^2/\rho^2}\). Ce choix ne convient pas : en substituant, le facteur \(\sin \frac{\nu z}{\rho}\) ne modifie pas l'ordre de la fonction du rayon mais la constante, et l'on a \[ u = \sin\delta\varphi\;\sin\frac{\nu z}{\rho}\;r^{\delta}\,s(r), \]\(s\) est la série de la pièce sur le cylindre (voir plus bas) d'indice \(n = 2\delta + 1\), avec \(g = \frac{m}{k} - \frac{\nu^2}{\rho^2}\) au lieu de \(g = \frac mk\).345

La molécule de la sphère, au net (vue 646). « On parviendra à la même équation » par la molécule comprise entre deux cônes de sommet au centre, deux plans méridiens et deux calottes : côtés \(r\,d\theta\), \(r\sin\theta\,d\varphi\), \(dr\), faces \(r^2\sin\theta\,d\theta\,d\varphi\), \(r\,d\theta\,dr\), \(r\sin\theta\,d\varphi\,dr\), volume \(r^2\sin\theta\,d\theta\,d\varphi\,dr\) ; la chaleur accumulée pendant \(dt\) est \(\frac{K}{r^2}\big(\partial_r(r^2\partial_r v) + \frac{1}{\sin\theta} \partial_\theta(\sin\theta\,\partial_\theta v) + \frac{1}{\sin^2\theta} \partial_\varphi^2 v\big)\,r^2\sin\theta\,d\theta\,d\varphi\,dr\,dt\), et en divisant par \(CD\) fois le volume on a l'accroissement de température. Tout est exact ; le second membre de « \(\frac{dv}{dt} =\) » est laissé en blanc.346

« … dans une sphère solide échauffée d'une manière entièrement arbitraire »

652–670La pièce qui porte ce titre se lit dans l'ordre des vues 652, 654, 660, puis 662 à 670 ; une « Note » (vue 656) et un feuillet blanc (vue 658) sont reliés entre ses deuxième et troisième pages.347

L'équation (A) (vues 652, 654, 660). Pour appliquer l'équation générale « au cas d'une figure sphérique », elle prend le centre pour origine et, « en adoptant les dénominations qui appartiennent à la théorie de la terre », l'équateur pour plan des \(xy\), \(\theta\) l'arc du pôle au point, \(\varphi\) la longitude comptée depuis le point du parallèle où \(x\) est maximal.348 Elle tire de \(dx, dy, dz\) les combinaisons \(dr\), \(r\,d\theta\), \(r\sin\theta\,d\varphi\), puis les neuf dérivées de \(r, \theta, \varphi\) par rapport à \(x, y, z\), puis \(\frac{\partial^2 v}{\partial x^2}\), \(\frac{\partial^2 v}{\partial y^2}\), \(\frac{\partial^2 v}{\partial z^2}\) et leur somme ; tout est exact, et l'équation générale devient \[ \frac{\partial v}{\partial t} = k\Big(\frac{\partial^2 v}{\partial r^2} + \frac2r\frac{\partial v}{\partial r} + \frac{1}{r^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\theta^2} + \frac{\cos\theta}{r^2\sin\theta}\frac{\partial v}{\partial\theta} + \frac{1}{r^2\sin^2\theta}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2}\Big) \qquad \text{(A)}, \] c'est-à-dire \(\partial_t v = k\big(\partial_r^2 v + \frac2r\partial_r v + \frac{1}{r^2}\Delta_S v\big)\), la forme actuelle du laplacien en coordonnées sphériques.349

La condition de surface (vues 662, 663). Dans l'équation (B) de la surface, la sphère donne \(m = x\), \(n = y\), \(p = z\), \(q = r\), et, avec les valeurs de \(\frac{\partial v}{\partial x}\), \(\frac{\partial v}{\partial y}\), \(\frac{\partial v}{\partial z}\) « trouvées page 2 », tout se réduit à \(\frac{\partial v}{\partial r} + \frac hK v = 0\) : la même forme que dans le cas d'une chaleur uniformément répandue dans chaque couche, à cette différence près que \(v\) varie d'un point à l'autre de la surface. Elle en donne la raison : à la surface, « le mouvement ne peut s'exécuter que dans une seule direction », que l'intérieur soit traité à une, deux ou trois dimensions. C'est exact : la condition de Newton ne fait intervenir que la dérivée normale.350

La même équation, « d'une manière spéciale » (vues 663, 664). Comme Fourier à l'article 111 pour la sphère échauffée par couches, elle considère l'élément compris entre deux cônes de sommet au centre (colatitudes \(\theta\) et \(\theta + d\theta\)), deux plans méridiens (\(\varphi\) et \(\varphi + d\varphi\)) et deux sphères (\(r\) et \(r + dr\)), calcule les trois flux et leurs différences, et retrouve une équation « identiquement la même » que (A) : \[ \frac{\partial v}{\partial t} = \frac{K}{r^2 CD}\Big(\frac{\partial}{\partial r}\Big(r^2\frac{\partial v}{\partial r}\Big) + \frac{1}{\sin\theta} \frac{\partial}{\partial\theta}\Big(\sin\theta\,\frac{\partial v}{\partial\theta}\Big) + \frac{1}{\sin^2\theta}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2}\Big). \] L'équation est exacte ; l'élément de surface qu'elle écrit en chemin ne l'est pas. Elle donne à l'élément de la sphère perpendiculaire à \(r\) l'aire \(r^2\sin^2\theta\,d\theta\,d\varphi\), et le justifie dans une note : la partie du demi-fuseau comprise entre l'équateur et le parallèle de \(45^\circ\) serait à la surface entière « \(::\frac12 r^2 : r^2\) ». L'élément est \(r^2\sin\theta\,d\theta\,d\varphi\) ; la zone comprise entre l'équateur et le parallèle de latitude \(45^\circ\) est à l'hémisphère dans le rapport \(\sin 45^\circ \approx 0{,}707\), non \(\frac12\). Le rapport \(\frac12\) est celui des projections de ces surfaces sur le plan de l'équateur : c'est la projection, non la zone, qui suit \(\sin^2\).351 L'erreur ne passe pas dans l'équation finale, écrite avec \(\sin\theta\).

L'intégrale de Fourier, multipliée par des coefficients en \(\theta\) et \(\varphi\) (vue 666). Si \(\theta\) et \(\varphi\) sont constants, (A) se réduit à l'équation de Fourier \[ \frac{\partial v}{\partial t} = k\Big(\frac{\partial^2 v}{\partial r^2} + \frac2r\frac{\partial v}{\partial r}\Big) \qquad \text{(A)}', \] dont l'intégrale, qu'elle cite de la page 348 de la théorie de la chaleur, est \[ v = \frac1r\Big(a_1 e^{-kn_1^2 t}\sin n_1 r + a_2 e^{-kn_2^2 t}\sin n_2 r + \cdots\Big), \] les \(n_i\) étant les racines de \(nR\cos nR = \big(1 - \frac{hR}{K}\big)\sin nR\) pour une sphère de rayon \(R\).352 Elle remarque que cette intégrale satisfait encore à la condition de surface si on la multiplie par des coefficients indépendants de \(r\) — c'est exact, la condition ne portant que sur \(\partial_r\) — et propose de chercher des coefficients en \(\theta\) et \(\varphi\) qui satisfassent en même temps aux deux termes angulaires de (A). Le programme ne peut aboutir que dans un cas. Si \(v = w(r,t)\,Y(\theta,\varphi)\), (A) donne \(Y\big(\partial_t w - k(\partial_r^2 w + \frac2r\partial_r w)\big) = \frac{k w}{r^2}\Delta_S Y\) : avec le \(w\) de Fourier, il faut \(\Delta_S Y = 0\). Dans le cas général, \(Y\) est une harmonique sphérique de degré \(l\), \(\Delta_S Y = -l(l+1)Y\), et la fonction du rayon change : \(\frac{\sin nr}{r}\) est remplacée par la fonction de Bessel sphérique \(j_l(nr)\), et l'équation des \(n\) par \(nR\,j_l'(nR) + \frac{hR}{K}\,j_l(nR) = 0\).353 L'intégrale de Fourier, multipliée par des coefficients angulaires, ne résout donc pas (A), sauf si ces coefficients annulent \(\Delta_S\).

« Un cas très remarquable » (vues 668, 670). C'est précisément ce cas qu'elle isole : celui où les températures d'une même couche diffèrent d'un point à l'autre, mais où chacune ne varie qu'« à raison du mouvement de la chaleur dans le sens des \(r\) ». Il faut pour cela que le coefficient de \(t\) dans l'exposant soit indépendant des coefficients en \(\theta\) et \(\varphi\), et il suffit que \[ \frac{1}{\sin\theta}\frac{\partial}{\partial\theta}\Big(\sin\theta\, \frac{\partial v}{\partial\theta}\Big) + \frac{1}{\sin^2\theta}\, \frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2} = 0 , \] car (A) se réduit alors à (A)\('\). Son exemple est \(v = \frac1r\big(a_1 e^{-kn_1^2t}\sin n_1 r + \cdots\big)\cot\theta\sin\varphi\), et elle vérifie que \(\cot\theta\sin\varphi\) annule les deux termes angulaires ; la vérification est juste.354 Elle en donne le sens physique : la chaleur qu'une molécule reçoit de sa voisine sur le même parallèle est « exactement compensée par le froid » qui lui vient de sa voisine sur le même méridien. C'est bien ce que dit \(\Delta_S v = 0\), localement.

Mais la fonction \(\cot\theta\sin\varphi\) est infinie sur l'axe, en \(\theta = 0\) et \(\theta = \pi\) : en coordonnées cartésiennes, c'est \(\frac{yz}{x^2 + y^2}\). Une température d'une sphère pleine doit rester finie et régulière dans tout le solide, et la seule fonction régulière sur toute la sphère qui annule \(\Delta_S\) est la constante. Le « cas très remarquable », pour une température admissible, se réduit donc au cas de Fourier, \(v\) ne dépendant que de \(r\) ; la solution de la vue 670 est une solution de (A) hors de l'axe, non une température de la sphère entière.355 À la vue 698, elle écrira elle-même que l'annulation des termes angulaires exprime « la constance des températures » d'une couche, ce qui, énoncé correctement, est le fait vrai (voir la dernière sous-section). La page 670 s'arrête, sous une tache d'eau, sur la définition de trois températures \(v\), \(v'\), \(v''\) de molécules voisines.356

La Note : le cylindre comme limite de la sphère (vue 656). Dans (A), elle fait \(r\) infini, \(\theta\) infiniment petit, et pose \(r\sin\theta = s\), quantité finie ; le terme \(\frac2r\frac{\partial v}{\partial r}\) disparaît, et il reste \[ \frac{\partial v}{\partial t} = k\Big(\frac{\partial^2 v}{\partial r^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial s^2} + \frac1s\frac{\partial v}{\partial s} + \frac{1}{s^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2}\Big), \] « l'équation du cylindre », \(r\) tenant lieu de la coordonnée le long de l'axe.357 Le passage à la limite est juste, et il peut se dire exactement : si l'on prend pour variables \(r\), \(s = r\sin\theta\) et \(\varphi\), le laplacien s'écrit, sans approximation, \[ \Delta v = \frac{\partial^2 v}{\partial r^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial s^2} + \frac1s\frac{\partial v}{\partial s} + \frac{1}{s^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2} + \frac{2s}{r}\frac{\partial^2 v}{\partial r\,\partial s} + \frac2r\frac{\partial v}{\partial r}, \] et les deux derniers termes tendent vers zéro quand \(r\) croît à \(s\) fixé. Elle juge cette manière « plus simple que celle employée par Mr Poisson car je ne vois pas la nécessité de mettre \(r - a\) à la place de \(r\) », sinon « pour mieux faire sentir » que les ordonnées ont pour origine le point où \(x = 0\) ; cette substitution, dit-elle, « peut avoir lieu après coup ». C'est exact quant à la forme de l'équation (\(\partial_r = \partial_x\) si \(r = a + x\)) ; la substitution sert à donner un sens aux points situés à distance finie, ce qu'elle dit elle-même. Elle termine : on s'étonnerait de voir le cylindre contenu dans la sphère si l'on ne voyait que le solide conique qui s'appuie sur la calotte « devient un cylindre » quand le rayon est infini.358

« … dans un cylindre solide » : brouillon et copie

672–695La pièce existe en deux états : un brouillon complet de dix pages, articles 1 à 6 (vues 672 à 691), et une copie posée dont le volume ne garde que les pages 1–2 et 7–8 (vues 692 à 695) ; ses pages 3 à 6 ne sont pas dans le volume.359 Le problème est celui du cylindre infini « dont toutes les tranches parallèles à la base » ont été « échauffées d'une manière entièrement arbitraire, mais semblable pour chacune d'elles », puis exposé à un courant d'air plus froid.

Les équations (A) à (D) (articles 1 à 3, vues 672 à 678). Les tranches étant échauffées de même, la chaleur ne se meut pas le long de l'axe, \(\frac{\partial^2 v}{\partial z^2} = 0\), et l'équation se réduit à \(\partial_t v = k(\partial_x^2 v + \partial_y^2 v)\), (A), avec la condition de surface (B). En coordonnées polaires \(x = r\cos\varphi\), \(y = r\sin\varphi\), elle calcule les dérivées et trouve \[ \frac{\partial v}{\partial t} = k\Big(\frac{\partial^2 v}{\partial r^2} + \frac1r\frac{\partial v}{\partial r} + \frac{1}{r^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2}\Big) \quad \text{(C)}, \qquad \frac{\partial v}{\partial r} + \frac hK v = 0 \ \text{pour}\ r = R \quad \text{(D)}, \] toutes deux exactes.360 Elle les retrouve « d'une manière spéciale », par « l'analyse employée No 119 (T. de la chaleur) » pour les deux termes en \(r\) et « No 104 » pour le troisième, et note que (D) est « absolument la même » que celle du No 120 pour le cylindre uniformément échauffé, à ceci près que \(v\) varie ici d'un point à l'autre de la surface.361

L'intégration (article 4, vues 678 à 682). Elle pose \(v = e^{-mt}u\), d'où \(\frac mk u + \partial_r^2 u + \frac1r\partial_r u + \frac{1}{r^2} \partial_\varphi^2 u = 0\), puis \(u = \sin\beta\varphi\;r^\beta s\), « \(\beta\) est un nombre entier et \(s\) une fonction de \(r\) seule », d'où, avec \(g = \frac mk\) et \(n = 2\beta + 1\), \[\begin{gather*} \frac{d^2 s}{dr^2} + \frac{n}{r}\frac{ds}{dr} + g\,s = 0, \\ s = 1 - \frac{g r^2}{2(n+1)} + \frac{g^2 r^4}{2\cdot4\,(n+1)(n+3)} - \frac{g^3 r^6}{2\cdot4\cdot6\,(n+1)(n+3)(n+5)} + \cdots \end{gather*}\] La série est exacte, et elle vérifie qu'elle satisfait à l'équation en additionnant terme à terme.362 C'est, au facteur près, une fonction de Bessel : \(s = \beta!\,\big(\frac{2}{\sqrt g}\big)^{\beta} r^{-\beta} J_\beta(\sqrt g\,r)\), de sorte que \(u = \text{const}\cdot J_\beta(\sqrt g\,r)\sin\beta\varphi\) ; on peut mettre \(\cos\beta\varphi\) au lieu de \(\sin\beta\varphi\), et \(e^{-gkt}(A\sin \beta\varphi + B\cos\beta\varphi)\,r^\beta s\) est une valeur particulière de \(v\).363

La condition (D) pour \(r = R\) donne l'« équation déterminée » en \(g\). Le feuillet l'écrit \[\begin{align*} & b\Big(1 - \frac{gR^2}{2(n+1)} + \frac{g^2R^4}{2\cdot4\,(n+1)(n+3)} - \cdots\Big) \\ & \qquad = \frac{2gR}{2(n+1)} - \frac{4g^2R^3}{2\cdot4\,(n+1)(n+3)} + \frac{6g^3R^5}{2\cdot4\cdot6\,(n+1)(n+3)(n+5)} - \cdots, \end{align*}\] c'est-à-dire \(b\,s(R) + s'(R) = 0\). Pour \(v = r^\beta s\), la condition (D) s'écrit \(s'(R) + \big(\frac hK + \frac\beta R\big)s(R) = 0\) : il faut donc \(b = \frac hK + \frac\beta R\), ce que ces pages ne disent pas. En termes de fonctions de Bessel, avec \(x = \sqrt g\,R\) et \(H = \frac{hR}{K}\), l'équation est \(x J_\beta'(x) + H J_\beta(x) = 0\).364 Elle affirme, « en se conformant à ce qui est démontré No 306 et suivants », que cette équation a une infinité de racines réelles, pour chaque ordre \(\beta\) ; c'est vrai (pour \(h > 0\) les racines \(g\) sont réelles et positives).365

Elle compose enfin l'intégrale générale en additionnant les solutions particulières : \[ v = B^0\big(a_1e^{-g_1kt}s_1 + a_2e^{-g_2kt}s_2 + \cdots\big) + (A'\sin\varphi + B'\cos\varphi)\big(a'_1e^{-g'_1kt}s'_1 + \cdots\big) + \cdots \] jusqu'à l'ordre \(\beta\), les exposants \('\), \(2\), \(\dots\), \(\beta\) étant des indices d'ordre et non des puissances.366 Sous cette forme, l'intégrale n'est pas la plus générale : elle impose le même rapport \(A^\beta : B^\beta\) à toutes les racines d'un même ordre. L'intégrale générale est \[ v = \sum_{\beta \geq 0}\ \sum_{i \geq 1}\big(A_{\beta,i}\sin\beta\varphi + B_{\beta,i}\cos\beta\varphi\big)\,e^{-g_{\beta,i}kt}\,J_\beta\big(\sqrt{g_{\beta,i}}\, r\big), \] avec deux constantes indépendantes par racine, que l'état initial détermine par l'orthogonalité des fonctions propres ; ce calcul des coefficients n'est pas sur ces feuillets. Elle dit pourtant que son intégrale « servira à résoudre dans toute son étendue la question proposée » : c'est trop dire.367

La réalité des racines (article 5, vues 684, 686). Elle pose \(\theta = \frac{gR^2}{2(n+1)}\) (ici \(\theta\) n'est plus un angle), et la série devient \(y = 1 - \theta + \frac{(n+1)^2\theta^2}{1\cdot2\,(n+1)(n+3)} - \cdots\), qui satisfait à \[ y + \frac{dy}{d\theta} + \frac{2\theta}{n+1}\frac{d^2y}{d\theta^2} = 0, \qquad \frac{d^iy}{d\theta^i} + \frac{n+2i+1}{n+1}\frac{d^{i+1}y}{d\theta^{i+1}} + \frac{2\theta}{n+1}\frac{d^{i+2}y}{d\theta^{i+2}} = 0 ; \] ces équations sont exactes.368 Puis, « en appliquant ici les remarques qui font l'objet de l'art. 308 », elle conclut : là où \(y^{(i+1)}\) s'annule pour \(\theta > 0\), \(y^{(i)}\) et \(y^{(i+2)}\) ont des signes opposés, « et on en conclura que les différentes valeurs de \(g\) … sont toutes réelles ». Ce qui est écrit est vrai et c'est le pas essentiel du raisonnement qu'elle emprunte ; tel quel, il ne constitue pas une démonstration : il faudrait en tirer le compte des racines réelles de \(y\), puis de la combinaison \(b\,s + s'\), qui n'est pas \(y\).369

L'ordre des racines, et l'état final (article 6, vues 686 à 691). Le facteur \(A^\beta\sin\beta\varphi + B^\beta\cos\beta\varphi\) est « dû à la différence de température entre les divers points d'une même couche ». Elle envisage « \(\beta\) infini, ou nul » comme « deux manières différentes de présenter le même état » ; la lecture ne trouve pas de contenu mathématique précis à ce passage, \(\beta\) étant un entier et chaque ordre figurant dans la somme.370 Elle en tire que « plus le nombre \(\beta\) est grand, plus aussi les différentes valeurs de \(g^\beta\) doivent être grandes » ; la conclusion est vraie (à rang égal, les racines croissent avec l'ordre), la raison donnée — sinon \(\beta\) infini réduirait \(s\) à l'unité — n'en est pas une preuve. Pour \(H = 1\), par exemple, les premières racines \(x = \sqrt g\,R\) sont \(1{,}256\) (ordre 0), \(2{,}405\) (ordre 1), \(3{,}518\) (ordre 2), \(4{,}613\) (ordre 3).

Puis elle suppose (« si on admet ») que toutes les racines d'un ordre sont plus grandes que celles de l'ordre précédent et plus petites que celles de l'ordre suivant. Cette hypothèse est fausse : pour \(H = 1\), la deuxième racine d'ordre 0, \(4{,}080\), dépasse la première d'ordre 1 et la première d'ordre 2. Mais la conséquence qu'elle en tire n'en demande qu'une partie, qui est vraie : la plus petite racine est \(g_{0,1}\) (ordre 0), la suivante \(g_{1,1}\) (ordre 1), et toutes les autres sont plus grandes que \(g_{1,1}\).371 Pour \(t\) assez grand, il reste donc sensiblement \[ v \approx a\,e^{-g_{0,1}kt}J_0\big(\sqrt{g_{0,1}}\,r\big) + (A'\sin\varphi + B'\cos\varphi)\,e^{-g_{1,1}kt}J_1\big(\sqrt{g_{1,1}}\,r\big), \] les termes négligés décroissant plus vite.372 Ses conséquences sont exactes dans cet état : deux points d'une même couche aux extrémités d'un diamètre ont des facteurs angulaires opposés, et « la demi-somme des températures des points opposés est égale à la température moyenne de la couche » ; le maximum et le minimum sur une couche sont aux deux bouts du diamètre \(\tan\varphi_1 = A'/B'\) ; aux deux points placés à \(\frac\pi2\) de ceux-là, le facteur angulaire est nul, et « le refroidissement s'opère » sur ce rayon « absolument de la même manière que si ce rayon appartenait au cylindre » échauffé uniformément par couches.373 Elle rapproche ce résultat de l'« armille » de Fourier, « art 245 p 277 de la Théorie de la chaleur » : chaque tranche se comporte comme une plaque ronde « qui serait soustraite au refroidissement dû à l'action de l'air » — sur ses faces, la tranche ne perdant de chaleur que par son bord —, et l'armille est le cas où le rayon est constant. L'analogie est juste : dans l'anneau aussi, l'harmonique d'ordre 1 survit seule, et les points diamétralement opposés ont pour demi-somme la moyenne.374

La copie (vues 692 à 695). Le titre et les articles 1 à 3 sont récrits presque mot pour mot (vues 692, 693), puis les pages 7 et 8 reprennent le texte des vues 686 à 691 depuis « manières différentes de présenter » jusqu'à la fin.375

Sphère, cône et cylindre : le dernier état

696–716Un nouveau titre, « Équations du mouvement de la chaleur dans la sphère, le cône et le cylindre solides échauffés d'une manière entièrement arbitraire », ouvre un brouillon très raturé, paginé 1.376 Elle y dit ce qu'elle cherche. On peut, « comme l'ont fait Mrs de la Place et Poisson », transformer l'équation générale en y mettant « à la place des coordonnées rectangulaires d'autres coordonnées appropriées à la figure du corps » ; des transformations analogues donnent le cône et le cylindre ; mais en suivant ce procédé il serait difficile « d'apercevoir la liaison qui existe entre les trois équations ». Au contraire, en examinant chaque question « d'une manière spéciale », « conformément à la méthode employée par Mr Fourier », « on s'aperçoit aisément que la molécule de la sphère appartient en même temps à un solide conique qui a son sommet au centre de la sphère » et qui est terminé par une calotte. La page s'arrête sur la différence entre cette molécule et celle du cône de même axe.

Ce que ces pages et les précédentes établissent est juste, à condition de le dire ainsi : les trois équations sont une seule, \(\partial_t v = k\,\Delta v\), écrite en trois systèmes de coordonnées ; la sphère et le cône de sommet au centre ont la même équation intérieure et diffèrent par la surface ; le cylindre s'obtient de la sphère par le passage à la limite de la Note (vue 656 et vue 712), et la plaque du cylindre en supprimant le mouvement le long de l'axe. La « liaison » qu'elle cherche est celle des formes d'un même opérateur.

La sphère échauffée uniformément (vue 698). Lorsque chaque couche est à température uniforme, les termes angulaires sont nuls, et « il ne passe aucune quantité de chaleur » par les côtés des quadrilatères que méridiens et parallèles découpent sur une couche. Elle écrit la condition \(\frac{1}{r^2}\frac{\partial^2 v}{\partial\theta^2} + \frac{1}{r^2\sin^2\theta} \frac{\partial^2 v}{\partial\varphi^2} = 0\) et la dit exprimer « la constance des températures des différents quadrilatères ». Il manque le terme \(\frac{\cos\theta}{r^2\sin\theta}\frac{\partial v}{\partial\theta}\) : la condition juste est \(\Delta_S v = 0\), et, pour une température régulière sur toute la couche, elle équivaut bien à la constance de \(v\) sur la couche. C'est ce fait qui écarte l'exemple de la vue 670.377

L'hémisphère en quadrilatères (vue 701). Au dos d'un petit feuillet, elle partage la surface hémisphérique par une infinité de méridiens et de parallèles, note que les quadrilatères d'une zone sont plus grands que ceux de la zone suivante mais que la différence est négligeable pour des quadrilatères infiniment petits, place un foyer de chaleur \(f\) sur un côté méridien d'un des parallélogrammes qui s'appuient sur l'équateur, et nomme \(f, f', f'', \dots\) les températures de la première rangée, \(a, a', a'', \dots\) celles de la seconde. La page s'arrête là : un modèle discret du même bilan, sans équation.378

Le laplacien en \(r, \sin\theta, \varphi\), et ses limites (vues 712, 713, 716). Le feuillet 350, écrit d'une main rapide et relié après le manuscrit C, reprend au net le calcul du cône de la vue 630 : \(\frac{\partial^2 v}{\partial y^2}\), la somme \(\frac{\partial^2 v}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 v}{\partial y^2}\), \(\frac{\partial^2 v}{\partial z^2}\), et le total, qui est l'expression exacte donnée plus haut. Une « N.ota » explique un pas : la dérivée de \(\cos\theta\) par rapport à \(\sin\theta\) est \(-\frac{\sin\theta}{\sqrt{1 - \sin^2\theta}}\), et multipliée par \(\frac{\partial\sin\theta}{\partial z} = -\frac{\sin\theta\cos\theta}{r}\) elle donne \(\frac{\sin^2\theta}{r}\) ; c'est exact.379 Puis trois cas particuliers.

Le verso s'achève sur la molécule du cône, par ses trois faces, le deuxième flux étant multiplié par \(\cos\theta\) « à cause de l'obliquité » : le même raisonnement qu'aux vues 636 et 637, qui s'arrête ici sur la troisième quantité de chaleur.382

Le feuillet 352, sous le titre « Cone », donne le détail du même changement de variables ; une première somme, où les dérivées de \(\cos\theta\) et de \(\cos^2\theta\) n'avaient pas été prises, y est corrigée sur la page même (« en faisant varier par rapport à \(\sin\theta\), \(\cos\theta\) et \(\cos^2\theta\) »), et le total final est l'expression exacte ; le bas du feuillet redonne, pour \(r\) infini, l'équation du cylindre.383

Le manuscrit C (ff. 348r–349r, vues 708 à 710)

708–710Trois pages d'une mise au net, d'une main posée et régulière, presque sans rature, portent deux énoncés sur des équations de Fermat à exposants pairs, chacun suivi de sa « Démonstration »384 . Le premier porte sur \(x^{2n}+y^{2n}=2z^{2n}\) pour \(n\) impair et s'étend à \(x^{2n}+y^{2n}=2z^{2(n+2d)}\) ; le second, qui en est déduit, est le théorème de Fermat pour les exposants pairs : \(Z^{2n}=X^{2n}+Y^{2n}\) n'a pas de solution en entiers non nuls pour \(n>1\). On restitue d'abord l'argument pas à pas, en disant à chaque pas s'il tient ; la dernière sous-section fait le bilan.

Le théorème sur \(2z^{2n} = x^{2n} + y^{2n}\)

708–709L'énoncé est : « \(n\) étant un nombre impair plus grand que l'unité, il est impossible de satisfaire en nombres entiers à l'équation \(2z^{2n}=y^{2n}+x^{2n}\) »385 . Tel quel, il est faux : \(x=y=z=1\) satisfait l'équation pour tout \(n\). Ce qui est vrai est ceci : pour \(n\) impair \(>1\), les seules solutions en entiers premiers entre eux sont \(x^2=y^2=z^2=1\). C'est une conséquence du théorème de Darmon et Merel386 . Pour \(n=1\), au contraire, les solutions sont en nombre infini : \(1^2+7^2=2\cdot 5^2\), \(7^2+17^2=2\cdot 13^2\). On verra que la démonstration manque précisément le cas \(x^2=y^2=1\).

Hypothèses. La page suppose « comme à l'ordinaire » \(x\), \(y\), \(z\) premiers entre eux. Il s'ensuit, ce qu'elle ne dit pas, que \(x\), \(y\) et \(z\) sont impairs387 . Elle observe que tout diviseur de \(z^{2n}\) est une somme de deux carrés : c'est exact, car tout facteur premier impair de \((x^n)^2+(y^n)^2\), avec \(x\) et \(y\) premiers entre eux, est de la forme \(4k+1\), et un tel nombre est somme de deux carrés (théorème des deux carrés de Fermat et Euler).

Première paramétrisation. Puisque \((x^n)^2+(y^n)^2=2(z^n)^2\), la page pose \[ z^n=P^2+Q^2,\qquad x^n=P^2-Q^2-2PQ,\qquad y^n=P^2-Q^2+2PQ. \] C'est la paramétrisation classique des solutions primitives de \(X^2+Y^2=2Z^2\), aux signes près (le signe de \(x\) est libre, puisque seul \(x^{2n}\) intervient) ; l'identité \((P^2-Q^2-2PQ)^2+(P^2-Q^2+2PQ)^2=2(P^2+Q^2)^2\) a été vérifiée.

La factorisation. Pour \(n\) impair, \(x^{2n}+y^{2n}=(x^2+y^2)\,\Phi\) avec \[ \Phi=x^{2n-2}-x^{2n-4}y^2+x^{2n-6}y^4-\dots+y^{2n-2}. \] La page écrit \(z=z'z''\), \(x^2+y^2=2z'^{2n}\) et \(\Phi=z''^{2n}\)388 . Ce partage suppose \(x^2+y^2\) et \(\Phi\) premiers entre eux au facteur \(2\) près (\(\Phi\) est impair, somme de \(n\) termes impairs). Or \(\Phi\equiv n\,y^{2n-2}\pmod{x^2+y^2}\), de sorte que leur plus grand commun diviseur divise \(n\). Il vaut \(1\) lorsque aucun facteur premier de \(n\) n'est de la forme \(4k+1\), puisque les facteurs premiers impairs de \(x^2+y^2\) sont de cette forme ; il peut valoir plus sinon : pour \(n=5\), \(x=1\), \(y=3\), on a \(x^2+y^2=10\) et \(\Phi=1-9+81-729+6561=5905=5\cdot 1181\). La page ne traite pas ce cas : c'est une première lacune.

Avec \(x^n+y^n=(x+y)H\) et \(y^n-x^n=(y-x)F\)389 , et la seconde paramétrisation, appliquée à \(x^2+y^2=2(z'^n)^2\), \[ z'^n=p^2+q^2,\qquad x=p^2-q^2-2pq,\qquad y=p^2-q^2+2pq, \] on a \(\tfrac12(x+y)=p^2-q^2\), \(\tfrac14(y-x)=pq\), et de même \(\tfrac12(x^n+y^n)=P^2-Q^2\), \(\tfrac14(y^n-x^n)=PQ\) ; d'où le système (1) de la page : \[ P^2+Q^2=z''^n(p^2+q^2),\qquad P^2-Q^2=H(p^2-q^2),\qquad PQ=F\,pq. \] Tout est exact. On note, ce que la page ne dit pas, que \(p\) et \(q\) sont premiers entre eux et de parités différentes, puisque \(x\) et \(y\) sont premiers entre eux et impairs.

Deuxième décomposition. La page pose \(z''^n=U^2+V^2\) et tire de la première équation de (1) \[ P=Uq\pm Vp,\qquad Q=Up\mp Vq. \] Cela ne découle pas de la seule égalité de deux sommes de deux carrés, un nombre en ayant en général plusieurs décompositions. On peut le justifier par les entiers de Gauss, que la page n'emploie pas390 : on a \((p+iq)^2=\tfrac{1-i}{2}(x+iy)\) et \((P+iQ)^2=\tfrac{1-i}{2}(x^n+iy^n)\) ; or \(x^n+iy^n\) est divisible par \(x+iy\) si \(n\equiv 1\pmod 4\) et par \(x-iy\) si \(n\equiv 3\pmod 4\). Le quotient de \(P+iQ\) par \(p+iq\) (ou par \(p-iq\)) est donc un entier de Gauss, puisque son carré en est un, et sa norme est \(z''^n\) : c'est, aux unités et à l'ordre des lettres près, le \(U+iV\) de la page. En substituant, on obtient le système (2), dont on a vérifié les deux lignes : \[ \bigl[U(p+q)\pm V(p-q)\bigr]\bigl[U(q-p)\pm V(p+q)\bigr]=H(p^2-q^2),\qquad (U^2-V^2)pq\pm(p^2-q^2)UV=F\,pq. \] La première ligne, développée, s'écrit \((p^2-q^2)(V^2-U^2)\pm 4pq\,UV=H(p^2-q^2)\) : comme \(p^2-q^2\) est premier avec \(4pq\), il divise \(UV\). La seconde montre que \(pq\) divise \((p^2-q^2)UV\), donc \(UV\). Ainsi \(pq(p^2-q^2)\) divise \(UV\), comme le dit la page.

Troisième décomposition. La page pose \(z''^{n-1}=U'^2+V'^2\), \(z''=u^2+v^2\), \(U=U'u\pm V'v\), \(V=U'v\mp V'u\) (même remarque que plus haut), d'où l'identité, exacte, \[ UV=(U'^2-V'^2)\,uv\pm(v^2-u^2)\,U'V'. \] Elle poursuit : « Les valeurs de \(VU\) données par l'un et l'autre signes devront également satisfaire » ; la somme \(2(U'^2-V'^2)uv\) et la différence \(2(v^2-u^2)U'V'\) seraient donc toutes deux divisibles par \(N=pq(p^2-q^2)\). C'est la deuxième lacune : le signe est fixé par la décomposition choisie, une seule des deux valeurs est \(UV\), et rien n'oblige l'autre à être divisible par \(N\). Si on l'accorde, la conclusion de la page, \(N\mid 2(v^2-u^2)uv\), est juste391 : \(U'\) et \(V'\) étant premiers entre eux, \(U'^2-V'^2\) et \(U'V'\) le sont aussi, et chaque puissance d'un nombre premier qui divise exactement \(N\) divise alors \(2uv\) ou \(2(v^2-u^2)\).

L'alternative. De \(N\mid 2(v^2-u^2)uv\), la page tire : ou bien \(|2(v^2-u^2)uv|\ge N\), ou bien \(2(v^2-u^2)uv=0\)392 .

Dans le premier cas, comme \(y-x=4pq\) et \(y+x=2(p^2-q^2)\), on a \(N=\tfrac18(y^2-x^2)\), d'où \(32(v^2-u^2)uv\ge 2(y^2-x^2)\) : c'est exact. La page affirme ensuite \(2(y^2-x^2)>(x+y)^2\) ; mais \[ 2(y^2-x^2)-(x+y)^2=(x+y)(y-3x), \] qui n'est positif que dans certains cas. Elle borne ensuite l'autre membre : supposant implicitement \(|y|>|x|\), elle tire de l'équation \(z<|y|\), soit \(z'^2(u^2+v^2)^2<y^2\), a fortiori \(2z'^2(u^2+v^2)uv<y^2\), puis de « \(z'\) étant impair et la somme de deux quarrés on a \(z'>4\) » l'inégalité \(32(u^2+v^2)uv<y^2\)393 . Pour contredire \(32(v^2-u^2)uv>(x+y)^2\), il faudrait \((x+y)^2\ge y^2\), c'est-à-dire \(x\) et \(y\) de même signe ; et pour \(x\), \(y\) positifs l'inégalité précédente demande \(y>3x\). La chaîne ne conclut donc que si \(x\) et \(y\) ont même signe et \(|y|>3|x|\) : c'est la troisième lacune. Avec \(p=3\), \(q=2\), la paramétrisation de la page donne \(x=-7\), \(y=17\) (\(x^2+y^2=2\cdot 13^2\)) : on a bien \(2(y^2-x^2)=480>(x+y)^2=100\), mais \((x+y)^2<y^2=289\) ; avec \(x=7\), \(y=17\), c'est la première inégalité qui tombe (\(480<576\)). De plus, « \(z'>4\) » est faux pour \(z'=1\), c'est-à-dire pour \(x^2+y^2=2\), qui est justement le cas trivial ; pour \(z'>1\), les facteurs premiers de \(z'\) sont de la forme \(4k+1\) et \(z'\ge 5\), ce qui suffit à l'inégalité.

Dans le second cas, \(v^2=u^2\) est impossible, parce que \(z''=u^2+v^2\) divise \(z\), qui est impair394 . Si \(v=0\) (ou \(u=0\)), \(u\) divise \(U\) et \(V\), donc \(P\) et \(Q\), donc \(u^2\) divise \(x^n\) et \(y^n\) : il faut \(u=1\). Alors \(z''=1\), \(U=1\), \(V=0\), \(P=p\), \(Q=q\) (aux signes près), et \(x^n=x\), \(y^n=y\). La page en conclut \(n=1\) : « Ce cas est donc le seul dans lequel il soit possible de satisfaire à l'équation ». Mais \(x^n=x\) et \(y^n=y\) ont lieu aussi pour \(x^2=y^2=1\), quel que soit \(n\) : c'est la solution triviale que l'énoncé oublie.

L'extension, et le théorème de Fermat pour les exposants pairs

710–710La page reprend la même démonstration pour \(2z^{2n}=y^{2m}+x^{2m}\) avec \(m=n-2d\) : il suffit, dit-elle, de mettre \(m\) au lieu de \(n\) dans \(F\), \(H\) et \(\Phi\), ce qui ne change pas la forme des systèmes (1) et (2)395 . Le premier cas de l'alternative tomberait « à plus forte raison » par \(z'^{2n}(v^2+u^2)^{2n}<y^{2n-4d}\), qui découle bien de \(2z^{2n}=x^{2m}+y^{2m}<2y^{2m}\)396 ; le second donnerait \(m=1\). En remettant \(n\) pour \(n-2d\), elle énonce : si \(n\) est impair et plus grand que l'unité, quel que soit \(d\), l'équation \(2z^{2(n+2d)}=x^{2n}+y^{2n}\) est impossible en entiers397 . Cet énoncé a lui aussi la solution triviale \(x=y=z=1\), et sa démonstration hérite des quatre points relevés plus haut ; cette lecture ne cherche pas à établir le statut actuel de cette équation généralisée.

Vient le second théorème : « Pour toute valeur de \(n\) plus grande que l'unité il est impossible de satisfaire en nombres entiers à l'équation \(Z^{2n}=X^{2n}+Y^{2n}\) ». La réduction est la suivante. L'un de \(X\), \(Y\) est pair398 ; soit \(X=2xx'\). Comme \(Z\) et \(Y\) sont impairs et premiers entre eux, \(Z^n+Y^n\) et \(Z^n-Y^n\) ont pour plus grand commun diviseur \(2\) et pour produit \(2^{2n}(xx')^{2n}\) ; la page écrit, avec un choix de signe convenable, \[ Z^n\pm Y^n=2x'^{2n},\qquad Z^n\mp Y^n=2^{2n-1}x^{2n}, \] d'où \(Z^n=x'^{2n}+2^{2n-2}x^{2n}\) et \(\pm Y^n=x'^{2n}-2^{2n-2}x^{2n}\). Elle passe de chacune de ces égalités entre puissances \(n\)-ièmes à une égalité entre les bases, en appelant \((x)\), \((x)'\), \((x)''\) des facteurs de \(x\) : \[ Z\mp Y=2^{2n-1}(x)^{2n},\qquad Z-x'^2=2^{2n-2}(x)'^{2n},\qquad x'^2\mp Y=2^{2n-2}(x)''^{2n}, \] et, en ajoutant les deux dernières, \(2(x)^{2n}=(x)'^{2n}+(x)''^{2n}\)399 , équation « dont l'impossibilité vient d'être démontrée ».

Ce pas est juste pour \(n\) impair, sous la même réserve que plus haut. Chacune des trois différences \(Z^n\mp Y^n\), \(Z^n-(x'^2)^n\), \((x'^2)^n\mp Y^n\) se factorise par la somme ou la différence des bases, selon le signe, le cofacteur étant une somme de \(n\) termes impairs, donc impair : toute la puissance de \(2\) va à ce premier facteur, et le reste est une puissance \(2n\)-ième dès que la base et le cofacteur sont premiers entre eux, ce qui ne peut manquer qu'en un facteur premier de \(n\). La solution obtenue n'est pas triviale : si \((x)'^2=(x)''^2=(x)^2\), on aurait \(Z\pm Y=2x'^2\) et \(Z^n\pm Y^n=2(x'^2)^n\), ce qui pour \(n>1\) force \(Z=Y\), donc \(X=0\), dans un cas, et est impossible dans l'autre. Un facteur commun à deux des trois nombres divise le troisième, par l'équation même ; après division par leur plus grand commun diviseur, on retombe ainsi sur une solution primitive non triviale de la première équation. Pour \(n\) pair, en revanche, les cofacteurs sont pairs et \(Z+Y\) ne divise plus \(Z^n+Y^n\) : la réduction de la page ne vaut pas, et d'ailleurs le premier théorème n'a été énoncé que pour \(n\) impair. Le « pour toute valeur de \(n\) » de l'énoncé n'est donc couvert, par les moyens de la page, que pour \(n\) impair.

L'énoncé lui-même est vrai pour tout \(n>1\) : si \(n\) est pair, \(4\) divise \(2n\) et l'équation contient \(X^4+Y^4=W^2\), que la descente infinie de Fermat exclut ; si \(n\) est impair et \(>1\), \(2n\) a un facteur premier impair \(\ell\), et l'équation contient le cas d'exposant \(\ell\) du théorème de Fermat, démontré par Wiles400 .

Ce que la démonstration établit

708–710Sont justes, et ont été vérifiés par le calcul de cette lecture : les deux paramétrisations, les systèmes (1) et (2), l'identité donnant \(UV\), la divisibilité de \(UV\) par \(pq(p^2-q^2)\), et la réduction du second théorème au premier pour \(n\) impair, hors le cas où un facteur premier de \(n\) s'introduit dans les plus grands communs diviseurs. Les décompositions \(P=Uq\pm Vp\) et \(U=U'u\pm V'v\) sont affirmées sans preuve, mais peuvent se justifier par les entiers de Gauss.

Ne sont pas établis, et la page ne démontre donc ni l'un ni l'autre théorème :

  1. le partage \(x^2+y^2=2z'^{2n}\), \(\Phi=z''^{2n}\) lorsqu'un facteur premier de \(n\) de la forme \(4k+1\) divise \(x^2+y^2\) (exemple : \(n=5\), \(x=1\), \(y=3\)) ;
  2. la divisibilité simultanée des deux valeurs de \(UV\), « l'un et l'autre signes » ;
  3. l'exclusion du premier cas de l'alternative, que la chaîne d'inégalités n'obtient que pour \(x\), \(y\) de même signe et \(|y|>3|x|\) ;
  4. le cas \(x^2=y^2=1\), qui satisfait l'équation pour tout \(n\) et que la conclusion « \(n=1\) » oublie.

Pour en faire une démonstration, il faudrait au moins traiter les facteurs premiers de \(n\), remplacer l'argument des deux signes par une divisibilité réellement acquise, trouver une borne valable pour tout rapport \(|y|/|x|\), et énoncer l'exception \(x^2=y^2=z^2=1\). Cette lecture ne voit pas comment combler les points 2 et 3 avec les moyens de la page. Les deux énoncés, corrigés de l'exception triviale, sont vrais ; ils ont été démontrés beaucoup plus tard, par d'autres voies (Darmon et Merel pour le premier, Wiles pour le second).

Résidus quadratiques : notes de travail

704–730Autour du manuscrit C, de petits feuillets et des billets montés sur des feuilles de garde, pour la plupart de sa main rapide de travail, portent des recherches sur les résidus quadratiques401 . On note \(\left(\frac{a}{p}\right)=1\) ou \(-1\) selon que \(a\) est ou n'est pas un carré modulo le nombre premier impair \(p\) (symbole de Legendre)402 . Presque tout tourne autour d'une question : un nombre donné est-il non-résidu d'un nombre premier plus petit que lui ? Comme le dit un billet (vue 722), c'est un lemme dont « l'auteur » a besoin pour démontrer son « théorème fondamental ».

Le nombre 2, résidu ou non-résidu, selon la forme de \(p\) modulo 8

704–704« Voici encore une autre démonstration de la propriété du nombre 2 d'être résidu ou non résidu des nombres premiers suivant leurs formes par rapport à 8 »403 . La propriété est le second complément de la loi de réciprocité quadratique : \(\left(\frac{2}{p}\right)=1\) si \(p\equiv\pm1\pmod 8\), \(-1\) si \(p\equiv\pm3\pmod 8\). L'argument part de l'égalité \(-1\equiv 2\cdot\frac{p-1}{2}\pmod p\) et de la connaissance de \(\left(\frac{-1}{p}\right)\) et des facteurs de \(\frac{p-1}{2}\).

Si \(p=8K'+3\), alors \(-1\equiv 2(4K'+1)\) et \(-1\) est non-résidu. Le nombre \(4K'+1\) a un nombre pair de facteurs premiers de la forme \(4h-1\) ; ceux de la forme \(4h+1\) sont résidus de \(p\), et ceux de la forme \(4h-1\) le sont pris avec le signe \(-\) ; le produit \(4K'+1\) est donc résidu, et \(2\) non-résidu. Si \(p=8K'+7\), \(-1\equiv 2(4K'+3)\), le nombre \(4K'+3\) a un nombre impair de facteurs \(4h-1\), c'est \(-(4K'+3)\) qui est résidu, et \(1\equiv -2(4K'+3)\) montre que \(2\) est résidu. Enfin, si \(p=4n+1\)\(n\) contient une puissance impaire de \(2\), on pose \(N=2n\), qui contient une puissance paire de \(2\) : \(-1\) est résidu, les facteurs premiers impairs de \(N\) aussi, donc \(N\) l'est, et \(-1\equiv 2N\) donne \(2\) résidu.

C'est juste, avec une raison que la page ne donne pas : pour un facteur premier \(q\) de \(\frac{p-1}{2}\), on a \(p\equiv 1\pmod q\), donc \(\left(\frac{p}{q}\right)=1\), et la loi de réciprocité donne \(\left(\frac{q}{p}\right)=1\) si \(q\equiv 1\pmod 4\) et \(\left(\frac{-q}{p}\right)=1\) si \(q\equiv 3\pmod 4\). La démonstration suppose donc la réciprocité pour deux nombres premiers impairs. Elle couvre \(p\equiv 3\) et \(7\pmod 8\), et les \(p\equiv 1\pmod 8\) pour lesquels la puissance de \(2\) qui divise exactement \(p-1\) a un exposant impair ; elle ne dit rien quand cet exposant est pair, soit pour \(p\equiv 5\pmod 8\) et pour \(p=2^{2m}n+1\), \(n\) impair, \(m\ge2\). C'est ce que dit la dernière ligne : « cette méthode n'apprend rien pour le cas \(p=2^{2m}n+1\) »404 . Vérification : le second complément a été contrôlé pour tous les \(p<5000\), et la ligne de partage de la méthode aussi (non couverts en dessous de 300 : \(5, 13, 17, 29, 37, 53, 61, \dots\)).

Les nombres premiers \(4n+1\) résidus les uns des autres

706–706Sous le titre « Observations sur les nombres premiers de la forme \(4n+1\) considérés comme résidus d'autres nombres premiers de même forme », la page part de deux nombres premiers \(P=4N+1\) et \(p=4n+1\) avec \(P\) résidu de \(p\) : alors \(-P\) l'est aussi, et \(X^2+P=Mp\)405 . Elle écrit \(P=A^2+B^2\), \(p=a^2+b^2\) (tout nombre premier \(4n+1\) est somme de deux carrés) et \(M=\pi^2+\rho^2+\sigma^2+\tau^2\) (tout entier est somme de quatre carrés, théorème de Lagrange), et développe exactement \[ X^2+A^2+B^2=(a^2+b^2)(\pi^2+\rho^2+\sigma^2+\tau^2)=(a\pi\pm b\rho)^2+(b\pi\mp a\rho)^2+(a\sigma\pm b\tau)^2+(a\tau\mp b\sigma)^2. \] Elle essaie alors d'égaler les termes un à un (\(a\pi=b\rho\), \(b\pi+a\rho=A\), …), trouve que \(A\) serait multiple de \(p\), et affirme que ces suppositions « sont les seules par lesquelles on puisse égaler terme à terme les deux membres ». L'inférence n'est pas valable : une égalité de deux sommes de carrés n'entraîne aucune égalité terme à terme, les décompositions n'étant pas uniques. La note qui suit (« Je ne vois pas d'ailleurs que l'on puisse affirmer que le produit de deux nombres qui ne seroient, l'un et l'autre, décomposables en 4 quarrés que d'une seule façon, ne le soit que de 2 … ») semble toucher cette difficulté406 . Ce que la page cherche est vrai : pour deux nombres premiers \(P\) et \(p\) de la forme \(4n+1\), \(\left(\frac{P}{p}\right)=\left(\frac{p}{P}\right)\) ; c'est le cas \(p\equiv q\equiv 1\pmod 4\) de la loi de réciprocité quadratique. La page n'y parvient pas et s'interrompt.

En lisant « l'auteur » : tout nombre non carré est non-résidu d'un nombre premier

718–728Ces billets commentent un livre qu'ils ne nomment qu'une fois : « En examinant la manière dont Gauss démontre (No 125) que tout nombre premier \(p=4n+1\) pris négativement est non résidu d'un nombre premier moindre que \(p\) … » (vue 720)407 . Leur méthode est toujours la même : pour montrer qu'un nombre \(p\) est non-résidu d'un nombre premier \(q<p\), on construit un nombre \(p\pm c\,a^2\) plus petit que \(p\), dont tous les facteurs premiers ne peuvent être dans les classes où \(c\) est résidu ; un facteur premier \(q\) pris dans l'autre classe donne \(p\equiv\mp c\,a^2\pmod q\), donc \(\left(\frac{p}{q}\right)=\left(\frac{\mp c}{q}\right)=-1\).

La proposition générale. « Tout nombre, excepté les quarrés positivement pris, est non résidu de quelque nombre premier » (vue 722)408 . C'est vrai : un entier qui n'est pas un carré n'est pas résidu de tous les nombres premiers qui ne le divisent pas ; on le démontre aujourd'hui à l'aide du symbole de Jacobi et du théorème chinois409 . Elle réduit la question : admettant le cas des nombres \(4n+1\), restent \(4n+2\) et \(4n+3\), les nombres \(4n\) étant non-résidus avec \(n\). Pour \(4n+2\) : \(4n+2+(2k+1)^2\) est de la forme \(4k+3\), a donc un facteur premier \(q\equiv 3\pmod 4\), et \(4n+2\equiv-(2k+1)^2\) avec \(\left(\frac{-1}{q}\right)=-1\) donne \(4n+2\) non-résidu de \(q\). C'est juste. « Je n'ai pas vu comment démontrer \(-(4n+2)\) non résidu ». Au dos (vue 723), \(\pm(4n+3)\) sont traités par \(4n+3+4k^2\) et \(4n+3-4k^2\), tous deux de la forme \(4k+3\)410 : d'où la « proposition remarquable » que tout nombre \(4k+3\), pris avec le signe \(+\) ou \(-\), est non-résidu d'un nombre premier (de la forme \(4k+3\)). C'est juste.

Les nombres \(4K+3\), avec la condition « moindre ». Le feuillet 356 (vue 720) se propose de démontrer qu'un nombre quelconque \(p=4K+3\), pris avec l'un ou l'autre signe, est non-résidu de quelque nombre premier moindre que lui. Pour \(-p\) : avec \(2a<\sqrt p\), le nombre \(p-4a^2\) est positif, \(<p\), de la forme \(4K+3\), donc divisible par un premier \(q\equiv3\pmod 4\), et \(p\equiv 4a^2\) donne \(-p\) non-résidu de \(q\). Pour \(+p\) : si \(p=8n+3\), avec \(2a<\sqrt{p/2}\), \(p-8a^2\equiv 3\pmod 8\) a un facteur premier \(q\equiv 3\) ou \(5\pmod 8\), dont \(2\) est non-résidu, et \(p\equiv 2(2a)^2\) conclut411 ; si \(p=8K+7\), avec \(a\) impair \(<\sqrt{p/2}\), \(p-2a^2\equiv 5\pmod 8\) a de même un facteur \(q\equiv 3\) ou \(5\pmod 8\), et \(p\equiv 2a^2\) conclut. Tout est juste, à deux réserves près que la page ne fait pas : il faut \(a\ge1\), ce qui exclut \(p=3\) (aucun nombre premier plus petit ne convient) ; et, si \(p\) n'est pas premier, que \(q\) ne divise pas \(p\). La remarque finale, que la condition « immédiatement plus petit » est superflue et qu'il suffit de \(2a<\sqrt p\), \(2a<\sqrt{p/2}\), est juste. Au pied du feuillet, d'une plume plus épaisse : « Le but de l'auteur étant de passer au théorème fondamental, il s'est borné à démontrer que les nombres \(4k+3\) tant positifs que négatifs sont non résidus. Il faut examiner si on ne pourroit pas faire usage de la même pro[position] pour en … », où la ligne s'arrête412 .

Une extension fausse. Le feuillet 355 (même vue) étend l'énoncé qu'il prête à Gauss : la même démonstration vaudrait pour \(p\) non premier, « de sorte que l'on peut affirmer que tout nombre de la forme \(4n+1\) pris négativement est non résidu de quelque nombre premier moindre que lui et de la forme \(4n+3\) » ; avec le feuillet 356, « tout nombre impair \(2N+1\) pris avec le signe \(-\) est non résidu d'un nombre premier de la forme \(4K+3\) et \(<2N+1\) »413 . C'est faux : \(-5\), \(-17\) et \(-21\) sont résidus de tous les nombres premiers de la forme \(4k+3\) plus petits qu'eux et qui ne les divisent pas (\(-17\equiv 1\pmod 3\), \(\equiv 4=2^2\pmod 7\), \(\equiv 5=4^2\pmod{11}\)) ; par le calcul de cette lecture, ce sont, avec \(3\), les seules exceptions en dessous de \(200\,000\). Ce que la page prête à Gauss, pour \(p\) premier de la forme \(4n+1\) et sans restreindre la forme de \(q\), est vrai pour \(p>5\) (vérifié jusqu'à \(5000\)) ; c'est la restriction à \(q\equiv 3\pmod 4\) qui est fausse.

Les nombres \(12n+7\) et \(12n+5\). Au billet 354 (vues 718 et 719) : « Ici, l'auteur ne dit rien des nombres de la forme \(4k+3\) »414 . Pour \(p=12n+7\), avec \(a\) le nombre pair immédiatement supérieur à \(\sqrt{p/3}\), le nombre \(3a^2-p\) est de la forme \(12K+5\) ; il a un facteur premier \(q\equiv 5\) ou \(7\pmod{12}\) (les produits de nombres \(\equiv 1\) ou \(11\) restent \(\equiv1\) ou \(11\)), et pour ces \(q\) on a \(\left(\frac{3}{q}\right)=-1\), avec \(\left(\frac{-3}{q}\right)=-1\) si \(q\equiv5\) et \(+1\) si \(q\equiv7\pmod{12}\) : \(p\equiv 3a^2\) est non-résidu de \(q\). Au dos, même chose pour \(p=12n+5\) avec \(p-3a^2\), \(a\) pair immédiatement inférieur à \(\sqrt{p/3}\). Les caractères de \(3\) et \(-3\) sont justes. Mais l'affirmation « \(3aa-p\) sera \(<\) que \(p\) » est fausse pour \(p=19\) : \(a=4\) et \(3a^2-p=29\) ; c'est la seule exception par le calcul de cette lecture, et \(19\) est bien non-résidu de \(7\). Au dos, il faut \(a\ge 2\), ce qui exclut \(p=5\).

Une page barrée. Le revers du feuillet 353 (vue 719), écrit tête-bêche et barré d'une grande croix, attaque les nombres \(120k+1\) : avec \(10n+2>\sqrt{\tfrac52(120k+1)}\), le nombre \(2(10n+2)^2-5(120k+1)\) serait de la forme \(40k+11\), dont un facteur \(q\) aurait \(2\) non-résidu et \(5\) résidu, d'où \(120k+1\) non-résidu de \(q\) ; suit une table des produits de classes \(\equiv 11\pmod{40}\)415 . Le calcul est faux dès le départ : \(2(10n+2)^2-5(120k+1)\equiv 3\pmod{40}\), et non \(11\) ; pour un nombre \(\equiv 3\pmod{40}\), le symbole de Jacobi \(\left(\frac{10}{\cdot}\right)\) vaut \(+1\), et rien ne garantit plus un facteur \(q\) avec \(\left(\frac{10}{q}\right)=-1\), qui est ce dont l'argument a besoin. Dans la table, deux mentions sont fausses : pour \(q\equiv 27\) et \(q\equiv 13\pmod{40}\), \(5\) est non-résidu, non résidu ; dans ces deux paires, c'est l'autre classe (\(33\), \(7\)) qui a \(\left(\frac{10}{q}\right)=-1\).

Les nombres \(3k-1\) et \(8n+1\). Le billet 357 (vue 722) montre que tout nombre \(p=3k-1\) est non-résidu d'un nombre premier par \(p+3a^2\), de la forme \(3k-1\), dont un facteur premier \(q\equiv 2\pmod 3\) a \(\left(\frac{-3}{q}\right)=-1\) : juste, avec sa précaution sur la parité de \(a\). Il ajoute qu'on doit pouvoir trouver ainsi \(q<p\), « mais je ne sais pas le démontrer ». Sous cette forme, c'est faux : pour \(p=5\), \(11\), \(14\), \(26\) et \(59\) (seules exceptions en dessous de \(5000\) par le calcul de cette lecture), aucun nombre premier impair \(q\equiv 2\pmod 3\) plus petit que \(p\) n'a \(p\) pour non-résidu. Sans restreindre la forme de \(q\), l'énoncé est immédiat : \(q=3\) convient pour tout \(p=3k-1>3\). Au dos, les nombres à la fois \(3k-1\) et \(8n+1\) sont les \(24n+17\), ce qui est juste416 . Sous le titre « §126 » (vue 724), un nombre premier \(p=8n+1\) est de la forme \(24k+1\) ou \(24k+17\) ; pour \(24k+17\), qui est \(12k+5\), la page reprend l'argument de \(p-3a^2\) avec \(a\) pair \(<\sqrt{p/3}\) (renvoyant à « P. 116 » pour \(3\) non-résidu des \(12k+5\) et \(12k+7\)), et note justement que seuls les produits \(12k+1\) par \(12k+5\) et \(12k+7\) par \(12k+11\) sont de la forme \(12k+5\) : c'est juste. Pour \(24k+1\), elle part de \(p=x^2+y^2\) et observe que \(x\equiv\pm1\), \(y\equiv\pm2\pmod 5\) donnerait \(5\mid x^2+y^2\), puis s'arrête417 .

Formes et induction. Le feuillet 361 (vue 726) énonce que si \(5\) est non-résidu des nombres premiers d'une forme \(F\), un produit de nombres premiers dont \(5\) est résidu ne peut être de la forme \(F\) ; de même pour \(-3\) et les formes \(3n\pm1\). C'est juste si \(F\) est une réunion de classes modulo \(5\) (les \(5n\pm2\)) : \(\left(\frac{5}{q}\right)=\left(\frac{q}{5}\right)\), et un produit de nombres \(\equiv\pm1\pmod 5\) reste \(\equiv\pm1\) ; de même \(\left(\frac{-3}{q}\right)=\left(\frac{q}{3}\right)\). Le feuillet 360 tente une induction : si tous les nombres premiers jusqu'à \(P\) dont \(a\) est résidu sont de la forme \(ma+b^2\), prendre \(e\) pair, non divisible par \(a\), avec \(e^2=a+fP\) et \(f<P\) impair ; les facteurs de \(f\) ont \(a\) pour résidu, sont plus petits que \(P\), donc de la forme \(ma+b^2\), qui est stable par produit, d'où \(P\) de même forme. L'énoncé visé est faux en général : \(3\) est résidu de \(11\) (\(5^2\equiv 3\)), et \(11\equiv 2\pmod 3\) n'est pas de la forme \(3m+b^2\) ; il est vrai si \(a\) est un nombre premier de la forme \(4k+1\), et c'est alors la loi de réciprocité. La faille de l'induction est l'existence d'un \(e\) convenable : pour \(a=3\), \(P=11\), les solutions de \(e^2\equiv 3\pmod{11}\) inférieures à \(11\) sont \(5\) et \(6\), et la seule paire, \(6\), est divisible par \(3\) : aucun \(e\) ne remplit les conditions418 .

Racine primitive. Le billet 363 (vue 728), annulé de longs traits verticaux mais lisible, démontre que pour un nombre premier \(p=4k+3\), si \(n\) est non-résidu, \(-n\) est résidu : avec une racine primitive \(r\) et \(n\equiv r^{2f+1}\), \(-n\equiv r^{2g+1}\) donnerait \(r^{2(g-f)}\equiv -1\), soit \(-1\) résidu. C'est juste. « L'induction a mené l'auteur à établir pour les nombres \(12n+11\) \(3\) résidu et \(-3\) non résidu » : juste. « Je ne vois pas que l'on puisse rien conclure pour ces nombres de la formule \(\frac{4(a^3-1)}{a-1}=(2a+1)^2+3\) »419 : l'identité est exacte, et de fait elle ne peut rien donner, puisqu'un nombre premier divisant \(a^2+a+1\) a \(-3\) pour résidu, ce qui n'est jamais le cas d'un \(12n+11\). Le billet 362 porte six lignes d'algèbre sur \(A=ma+b^2\), \(a=d^2-nA\), qui donnent correctement \((1+mn)A=md^2+b^2\) et \((1+mn)a=d^2-nb^2\).

Racines primitives, et les nombres premiers de Fermat

729–730« Pour tout nombre premier \(12n+5\) dans lequel \(3n+1\) est premier, \(3\) est racine primitive »420 . C'est vrai, et l'argument de la page l'établit : \(p-1=4(3n+1)\) ; \(3\) est non-résidu des nombres \(12n+5\), donc son ordre ne divise pas \(2(3n+1)\) ; s'il n'était pas \(p-1\), il serait \(4\), et \(3^4\equiv 1\) donnerait \(3^2\equiv-1\), soit \(p\mid 10\), impossible pour \(p>5\)421 . Exemples de la page : \(29\) et \(53\) ; le calcul de cette lecture confirme \(3\) racine primitive pour les \(97\) nombres premiers de cette espèce inférieurs à \(20\,000\).

Sous le titre « Nombres premiers de la forme \(2^{2^i}+1\) » (vue 730)422 , la page part de la réciprocité : pour \(a'>a\), \(a'\) est résidu de \(a\) si \(a'=ma+d^2\) avec \(d<a\). Elle affirme que, pour tout nombre premier \(F_k=2^{2^k}+1\), les nombres premiers de Fermat plus petits sont non-résidus, donc racines primitives, parce que \(2^{2^k}+1\) ne peut se mettre sous la forme \(mF_j+d^2\) qu'en faisant de \(2^{x}+1\) un carré, ce qui n'arrive que pour \(x=3\). Entre les lignes, d'une plume plus fine : « cela est faux parce qu'il suffit que \(2^{2^{i+\delta}-2^i m}+1\equiv x^2\) ». La correction est juste, et la conclusion est en partie fausse. Comme \(2^{2^k}\equiv 1\pmod{F_j}\) pour \(j<k\), on a \(F_k\equiv 2\pmod{F_j}\) et \(\left(\frac{F_j}{F_k}\right)=\left(\frac{2}{F_j}\right)\) : ce symbole vaut \(-1\) pour \(F_0=3\) et \(F_1=5\), mais \(+1\) pour \(F_2=17\) et au-delà (tous \(\equiv 1\pmod 8\)). Ainsi \(3\) et \(5\) sont non-résidus de tout nombre premier de Fermat plus grand, et, \(F_k-1\) étant une puissance de \(2\), tout non-résidu est racine primitive : \(3\) et \(5\) sont racines primitives de tout nombre premier de Fermat plus grand ; en revanche \(17\) est résidu de \(257\) et de \(65537\), et \(257\) de \(65537\)423 . Le second paragraphe applique le même raisonnement (exiger un carré exact) à \(a=F_i\) et \(b=2^n-1\), et conclut que \(3=2^2-1\) et \(7=2^3-1\) sont non-résidus de \(F_i\), « c'est ce que j'avois déjà trouvé d'une autre manière ». Le raisonnement a le défaut que la page vient de relever, mais la conclusion est vraie pour \(i\ge1\) : \(\left(\frac{3}{F_i}\right)=\left(\frac{2}{3}\right)=-1\) et, \(F_i\equiv 3\) ou \(5\pmod 7\), \(\left(\frac{7}{F_i}\right)=-1\) ; \(7\) est donc aussi racine primitive de tout nombre premier de Fermat \(\ge5\) (vérifié pour \(5\), \(17\), \(257\), \(65537\)).

Le mémoire imprimé de Legendre sur l'équation \(4X = Y^2 \pm nZ^2\)

115–134Au milieu des brouillons sur la courbure sont collées, sur des feuillets de montage, les pages imprimées d'un mémoire de Legendre : « Mémoire sur la détermination des fonctions \(Y\) et \(Z\) qui satisfont à l'équation \(4(x^n-1)=(x-1)(Y^2\pm nZ^2)\), \(n\) étant un nombre premier \(4i\mp1\) », « Lu à l'Académie, le 11 octobre 1830 »424 . Pour \(n\) premier impair, \(X=\frac{x^n-1}{x-1}\) et \(m=\frac{n-1}{2}\), il s'agit de l'identité, due à Gauss425 , \[ 4X=Y^2-(-1)^{m}\,n\,Z^2, \] avec \(Y\) de degré \(m\) et \(Z\) de degré \(m-1\) à coefficients entiers : \(Y^2-nZ^2\) pour \(n=4i+1\), \(Y^2+nZ^2\) pour \(n=4i-1\), ce que le titre condense en « \(Y^2\pm nZ^2\), \(n=4i\mp1\) ». Le point de départ de Legendre est que ses règles de la Théorie des nombres supposaient les coefficients de \(Y\) inférieurs à \(\frac12 n\), ce qui cesse d'avoir lieu pour \(n\) grand ; il en donne ici une méthode « sûre et exacte ». Il rappelle au passage que \(Y=2x^m+x^{m-1}+\frac{3\mp n}{4}x^{m-2}+\dots\) n'a aucun coefficient nul : c'est exact, car \(Y^2\equiv 4X=4(x-1)^{n-1}\pmod n\) donne \(Y\equiv\pm2(x-1)^m\pmod n\), dont aucun coefficient n'est divisible par \(n\).

La méthode. Posons \(n^*=(-1)^m n\) et \(Y+Z\sqrt{n^*}=2x^m+A_1x^{m-1}+A_2x^{m-2}+\dots\) Avec \(r\) racine primitive \(n\)-ième de l'unité et \(\alpha\) parcourant les résidus quadratiques de \(n\), on a \(\frac12(Y+Z\sqrt{n^*})=\prod_\alpha(x-r^\alpha)\)426 . Les sommes de puissances \(S_k=\sum_\alpha r^{k\alpha}\) valent \(-\frac12-\frac12\sqrt{n^*}\left(\frac{k}{n}\right)\) (le signe de la racine étant fixé par \(S_1\)), et les identités de Newton \[ -k\cdot\tfrac12A_k=S_k+S_{k-1}\cdot\tfrac12A_1+\dots+S_1\cdot\tfrac12A_{k-1} \] donnent les \(A_k=a_k+b_k\sqrt{n^*}\), d'où \(Y=\sum a_kx^{m-k}\) et \(Z=\sum b_kx^{m-k}\). La méthode est juste ; pour \(n=4i-1\), il suffit, dit l'imprimé, de mettre \(-n\) à la place de \(n\) dans \(S_1\)427 .

Les exemples. Pour \(n=31\), de la forme \(4i-1\), les symboles \(\left(\frac{k}{31}\right)\) de l'imprimé sont exacts428 , et les coefficients \(A_1=1+\sqrt{-n}\), \(A_2=-7+\sqrt{-n}\), …, \(A_{15}=-2\) donnent \[ Y=2x^{15}+x^{14}-7x^{13}-11x^{12}+2x^{11}+8x^{10}-3x^9-5x^8+5x^7+3x^6-8x^5-2x^4+11x^3+7x^2-x-2, \] \[ Z=x^{14}+x^{13}-x^{12}-2x^{11}+x^9-x^8-x^7+x^6-2x^4-x^3+x^2+x, \] qui satisfont \(4X=Y^2+31Z^2\). Pour \(n=37\), l'exemple II donne \(Y\) de degré \(18\) et \(Z\) de degré \(17\) avec \(4X=Y^2-37Z^2\)429 . La table de la page 9 ajoute \(n=41\) et \(n=61\) (vue 124) ; pour \(41\) des coefficients dépassent \(\frac12n\), pour \(61\) plusieurs dépassent \(n\) (\(63\), \(72\), \(89\), \(95\)). Pour \(n=2521\), tous les \(\left(\frac{k}{n}\right)\), \(k\le 7\), valent \(1\) (en effet \(2521\equiv1\) modulo \(8\), \(3\), \(5\) et \(7\), et la réciprocité conclut), et \(A_7=2633212+69292\sqrt n\) (vue 125) montre la croissance rapide des coefficients. Toutes ces valeurs ont été recalculées par les identités de Newton, et l'identité \(4X=Y^2\mp nZ^2\) vérifiée pour \(n=31\), \(37\), \(41\), \(61\) : l'imprimé est exact partout.

Les signes. Les coefficients également éloignés des extrêmes sont égaux au signe près, « puisque la substitution de \(x^{-1}\) à la place de \(x\) » ne change pas l'équation. Les pages 11 à 13 décident des signes : pour \(n=4i-1\), \(Y\) est antisymétrique (\(x^mY(1/x)=-Y(x)\)) et \(Z\) symétrique, car l'autre choix donnerait \(Z(1)=0\) et \(4n=Y(1)^2\), ou \(Y(-1)=0\) et \(4=nZ(-1)^2\) ; pour \(n=4i+1\), \(Y\) et \(Z\) sont symétriques, le coefficient moyen de \(Z\) ne pouvant être nul et \(Y\) antisymétrique donnant \(Y(1)=0\) et \(4n=-nZ(1)^2\)430 . C'est juste ; la raison de fond, que l'imprimé ne donne pas, est que \(\alpha\mapsto-\alpha\) conserve les résidus si \(n\equiv1\pmod 4\) et les échange avec les non-résidus si \(n\equiv 3\pmod 4\). Les exemples s'y accordent.

Les formules générales. Selon \(n=24\lambda+1\), \(+5\), \(+13\), \(+17\), les caractères de \(2\) et \(3\) sont fixés, ce qui donne \(A_1\) à \(A_4\) en fonction de \(\lambda\) ; le passage aux \(n=24\lambda-1\), \(-5\), \(-13\), \(-17\) se fait en changeant \(\lambda\) en \(-\lambda\) et \(n\) en \(-n\)431 . Toutes ces formules ont été vérifiées sur tous les nombres premiers de chaque forme jusqu'à \(24\cdot 40\). Le coefficient \(1-11\lambda+3\lambda^2\), de l'ordre de \(n^2/192\), dépasse \(n\) pour \(\lambda=13\), \(n=311\) (\(365\)) ; les seize sous-formes \(120\mu+r\) sont bien celles qu'on obtient en rejetant, dans chaque cas, la valeur de \(\lambda\) modulo \(5\) qui rend \(n\) multiple de \(5\) ; et pour \(n=120\mu+61\), les valeurs de \(A_5\), \(A_6\), puis de \(Y\) et \(Z\) jusqu'à \(x^{m-6}\) pour \(120\mu\pm61\), sont exactes432 . Le seuil \(75\mu^3>n^2\) pour \(n>120^3/75=23\,040\) est une estimation, juste à l'ordre près.

Extraits des Mémoires de Turin

734–749Le volume finit sur des extraits en français, tantôt traduits, tantôt résumés, de mémoires des Mélanges de l'Académie de Turin, d'une main régulière et penchée, peu corrigée ; les transcriptions ne s'accordent pas sur cette main, et rien sur les feuillets ne la désigne. Des remarques entre crochets, à la première personne, sont du copiste, dont les feuillets ne donnent pas l'identité433 . Les dérivées partielles y sont écrites à la manière d'Euler, entre parenthèses434 .

Lagrange, la théorie du son, et la somme de d'Alembert

734–739Le premier extrait, « Mémoire de Turin [2d ?] année 1761 Pag. 16 Théorie du son La Grange »435 , conteste que la courbe \(EKS\) de Newton (Principes, livre II, proposition 49), qui règle l'excursion de chaque particule de l'air, puisse être un cercle : les ébranlements primitifs dépendent du corps sonore, et un cercle, courbe rentrante, mettrait toutes les particules en mouvement à la fois, ce qui détruirait la propagation du son. Il va plus loin : la fonction \(\varphi\left(t-\frac{xT}{\sqrt{2hA}}\right)\) qui représente les excursions doit, à l'instant initial, s'annuler identiquement hors de la petite portion d'air ébranlée, ce qu'aucune courbe « soit géométrique soit transcendante » ne peut faire ; d'où « la nécessité … d'employer un nouveau genre de fonctions … qu'on peut très bien appeler fonctions irrégulières et discontinues ». En termes actuels, c'est juste pour les fonctions analytiques : une fonction analytique réelle nulle sur un intervalle est nulle partout ; une donnée initiale à support borné ne peut donc être analytique, et il faut admettre des fonctions seulement continues, ou moins régulières encore436 .

Suit le « Problème » : les mouvements d'une infinité de points mobiles, les extrémités \(x=0\) et \(x=a\) fixes, selon \(\frac{\partial^2z}{\partial t^2}=c\,\frac{\partial^2z}{\partial x^2}\). On multiplie par \(M(x)\,dx\) et l'on intègre deux fois par parties : \[ \int_0^a\frac{\partial^2z}{\partial x^2}M\,dx=\left[\frac{\partial z}{\partial x}M-z\frac{dM}{dx}\right]_0^a+\int_0^a z\,\frac{d^2M}{dx^2}\,dx ; \] les termes aux bornes disparaissent si \(M(0)=M(a)=0\). Avec \(M''=KM\) et \(s(t)=\int_0^a zM\,dx\), il vient \(s''=cKs\) ; \(M\) nul aux deux bouts impose \(K<0\), \(M=A\sin\bigl(x\sqrt{-K}\bigr)\) et \(\sqrt{-K}=\nu\pi/a\), \(\nu\) entier ; alors \[ s=S\cos\bigl(t\sqrt{-cK}\bigr)+\frac{R}{\sqrt{-cK}}\sin\bigl(t\sqrt{-cK}\bigr),\qquad \frac{ds}{dt}=R\cos\bigl(t\sqrt{-cK}\bigr)-S\sqrt{-cK}\,\sin\bigl(t\sqrt{-cK}\bigr), \] \(S=\int_0^a Z\,M\,dx\) et \(R=\int_0^a V\,M\,dx\) étant formés sur le déplacement \(Z\) et la vitesse \(V\) initiaux437 . C'est exact : \(s\) est, à un facteur près, le coefficient de Fourier du déplacement sur le mode \(\sin(\nu\pi x/a)\), et chaque mode oscille avec la pulsation \(\nu\pi\sqrt c/a\), multiple de celle du mode fondamental. La « Remarque » dit que l'infinité de points demande une infinité de valeurs de \(K\) : ce sont les valeurs propres \(-(\nu\pi/a)^2\)438 .

L'extrait suivant (vues 738 et 739) porte sur la somme \(\cos x+\cos2x+\cos3x+\dots\)439 . Lagrange l'écrit comme demi-somme de deux progressions géométriques en \(e^{\pm kx\sqrt{-1}}\) et trouve \(-\frac12\) ; pour la somme arrêtée au terme \(\cos mx\), il trouve, exactement, \[ \sum_{k=1}^{m}\cos kx=\frac{\cos mx-\cos(m+1)x}{2(1-\cos x)}-\frac12=-\frac12+\frac{\sin\bigl((m+\frac12)x\bigr)}{2\sin\frac x2}\qquad(x\not\equiv0\pmod{2\pi}). \] D'Alembert objecte que le « dernier terme » \(e^{\infty\sqrt{-1}}\) n'est pas nul ; Lagrange répond qu'on substitue bien \(\frac{1}{1-x}\) à \(1+x+x^2+\dots\) D'Alembert prend \(x=45^\circ\) : les sommes partielles valent \(\frac{1}{\sqrt2}\), \(\frac1{\sqrt2}\), \(0\), \(-1\), \(-1-\frac1{\sqrt2}\), \(-1-\frac1{\sqrt2}\), \(-1\), \(0\), puis recommencent ; elles ne prennent donc que quatre valeurs, jamais \(-\frac12\) (exact). Lagrange oppose \(1-1+1-\dots\), qui vaudrait \(0\) ou \(1\) alors que \(\frac{1}{1+x}\) donne \(\frac12\). La remarque du copiste entre crochets note qu'il faut ajouter \(-\frac12-\frac1{\sqrt2}\), \(-\frac12\), \(+\frac12\), \(+\frac12+\frac1{\sqrt2}\) aux quatre sommes pour obtenir \(-\frac12\), et que le terme \(\frac{\cos mx-\cos(m+1)x}{2(1-\cos x)}\) « n'est susceptible que de quatre valeurs » : les deux affirmations sont exactes. Une autre remarque entre crochets propose de ne voir dans \(x^\infty\) que « la limite de \(x\), \(x^2\), \(x^3\) » : cela justifie \(\frac{1}{1-x}\) pour \(|x|<1\), mais non la somme en cosinus, où \(e^{kx\sqrt{-1}}\) n'a pas de limite.

Ce qui est vrai aujourd'hui : la série \(\sum\cos kx\) diverge pour tout \(x\), ses termes ne tendant pas vers \(0\) ; mais la moyenne de ses sommes partielles tend vers \(-\frac12\) pour \(x\not\equiv 0\) (sommation de Cesàro ; à \(x=45^\circ\), la moyenne sur une période de huit termes vaut exactement \(-\frac12\)), et \(\lim_{\rho\to1^-}\sum\rho^k\cos kx=-\frac12\) (sommation d'Abel), qui est exactement le calcul de Lagrange ; au sens des distributions, \(\sum_{k\ge1}\cos kx=-\frac12+\pi\sum_{j}\delta(x-2\pi j)\). La série de \(1-1+1-\dots\) a de même pour somme \(\frac12\) au sens d'Abel et de Cesàro440 .

Euler et Lagrange sur les cordes vibrantes

740–742« 3 V. des Mémoires de Turin — Éclaircissements sur le mouvement des cordes vibrantes, par Euler »441 . La figure initiale de la corde est arbitraire, pourvu que ses ordonnées et ses pentes soient infiniment petites ; elle peut être « tirée par un mouvement libre de la main, sans qu'aucune loi de continuité y ait lieu », et la corde vibre quand même. Une remarque entre crochets donne l'intégrale \(y=\Gamma(x+ct)+\Delta(x-ct)\) de \(c^2\frac{\partial^2y}{\partial x^2}=\frac{\partial^2y}{\partial t^2}\) : c'est la solution de d'Alembert, exacte. Pour une corde d'épaisseur variable, \(r^2\frac{\partial^2y}{\partial x^2}=\frac{\partial^2y}{\partial t^2}\) avec \(r\) fonction de \(x\) ; dans le cas \[ y=x\,\Gamma\!\left(\frac\beta x-t\right)+x\,\Delta\!\left(\frac\beta x+t\right), \] les cordes produisent toujours des vibrations régulières. C'est exact, et le calcul de cette lecture précise le cas : cette \(y\) satisfait l'équation avec \(r=x^2/\beta\), c'est-à-dire, à tension constante, une densité proportionnelle à \(x^{-4}\) ; en posant \(\xi=\beta/x\), \(y/x\) satisfait l'équation de la corde uniforme en \(\xi\), de sorte que, les extrémités \(x_1\), \(x_2\) étant fixes, tout mouvement est périodique de période \(2|\beta/x_1-\beta/x_2|\).

Puis « La Grange Pag. 259 du même volume » : la courbe initiale n'a pas besoin d'être de la forme \(y=\alpha\sin\pi x+\beta\sin2\pi x+\dots\) ; il suffit qu'une telle courbe en approche d'aussi près qu'on voudra, la courbe initiale n'étant alors « qu'une espèce d'asymptote » de la courbe génératrice. L'énoncé est vrai en termes actuels pour une figure initiale continue et nulle aux deux extrémités : elle est limite uniforme de sommes finies de sinus (théorème d'approximation de Weierstrass sous sa forme trigonométrique)442 . La forme que la copie donne ensuite, \(y=\alpha\sin\frac{\pi x}{a}+\beta\sin\frac{2\pi x}{b}+\gamma\sin\frac{3\pi x}{c}+\dots\), doit avoir partout le même dénominateur, la longueur \(a\) de la corde443 . « Pag. 275 », le développement de \(\Delta(a+iy)\) en puissances de \(i\) est celui de Taylor, avec les accents de Lagrange pour les dérivées : « [ce qui est bien près de la théorie des fonctions.] »444 .

Lagrange : équations séparées

743–745« Mémoire de La Grange sur l'intégration de quelques équations différentielles dont les indéterminées sont séparées, mais dont chaque membre en particulier n'est point intégrable — T. 4 »445 . Pour \[ \frac{dx}{\sqrt{1-x^2}}=\frac{dy}{\sqrt{1-y^2}}\qquad\text{(A)}, \] les membres ne sont pas intégrables algébriquement, mais l'équation a l'intégrale algébrique \(\arcsin x=\arcsin y+\arcsin a\), soit \[ x=y\sqrt{1-a^2}+a\sqrt{1-y^2}\qquad\text{(B)}, \] par la formule d'addition des sinus ; on la retrouve par les logarithmes imaginaires, puis par une voie purement algébrique : en multipliant en croix et en intégrant par parties, \(x\sqrt{1-y^2}=y\sqrt{1-x^2}+C\), qui revient à (B) avec \(C=a\) (si \(x=\sin u\), \(y=\sin w\), c'est \(\sin(u-w)=a\)). Tout est exact. La même méthode donne, pour \(\frac{dx}{\sqrt{\alpha+\beta x+\gamma x^2}}=\frac{dy}{\sqrt{\alpha+\beta y+\gamma y^2}}\), \[ \left(x+\frac{\beta}{2\gamma}\right)\sqrt{\alpha+\beta y+\gamma y^2}=\left(y+\frac{\beta}{2\gamma}\right)\sqrt{\alpha+\beta x+\gamma x^2}+C, \] qui est bien une intégrale (sa dérivée le long des solutions est nulle, vérification faite). L'extrait annonce enfin le cas d'un radicande du quatrième degré, qui est celui du théorème d'addition d'Euler pour les intégrales elliptiques, et s'arrête : « [le reste du mémoire … est copié presqu'en entier depuis la page 77 jusqu'à la p. 91 du 2me V. du C. I. de Cousin] »446 .

Condorcet et Lagrange : variations ; les centres fixes

746–749« Condorcet Pag. 4 du 4me V. de Turin »447 : si \(Z\), expression en \(x,y,z,dx,dy,\dots\), est la différentielle exacte d'une expression \(B\) d'un ordre moins élevé, alors en intégrant \(\delta Z\) par parties, la partie qui reste sous le signe \(\int\) est identiquement nulle, et la partie hors du signe est \(\delta B\). C'est, en termes actuels, la propriété que l'expression d'Euler–Lagrange d'une dérivée totale est identiquement nulle. « Pag 168 et suivantes, Mémoire de La Grange sur la méthode des variations » : \(\psi=P\delta\varphi+Q\delta x+\dots\), \(\int\psi+\Pi=\) constante, et le changement de \(\delta\) en \(d\) annule \(\Pi\) ; le copiste compare entre crochets les deux manières, et conclut qu'« il faudroit avoir un mémoire précédent sous les yeux ». On rapporte ces lignes sans les commenter davantage : l'extrait ne donne pas les hypothèses.

Au verso (vue 747), deux mémoires de Lagrange (pp. 188 à 243) sur le mouvement d'un corps attiré vers un ou plusieurs centres fixes448 : pour deux centres, si l'un s'éloigne à l'infini, on obtient un centre newtonien et une force de grandeur et de direction constantes, ce qui est exact449 . Le « 2ème Mémoire Pag. 218 » cherche quand \(\frac{d^2x}{2dt^2}+M=0\), \(\frac{d^2y}{2dt^2}+N=0\) (\(M\), \(N\) fonctions de \(x\), \(y\)) admettent une intégrale première quadratique en les vitesses, \(\frac{A\,dx^2+B\,dx\,dy+C\,dy^2}{2dt^2}+Z=\) constante. Il faut \[ \frac{\partial A}{\partial x}=0,\quad \frac{\partial C}{\partial y}=0,\quad \frac{\partial A}{\partial y}+\frac{\partial B}{\partial x}=0,\quad \frac{\partial B}{\partial y}+\frac{\partial C}{\partial x}=0, \] d'où \(A=a+by+cy^2\), \(C=g+hx+cx^2\), \(B=k-bx-hy-2cxy\), ce que le calcul de cette lecture vérifie450 , puis la condition d'exactitude \(\frac{\partial(2AM+BN)}{\partial y}=\frac{\partial(BM+2CN)}{\partial x}\) ; en posant \(D=4AC-B^2\) et \(Z=D^2V\), \(V\) arbitraire, \[ M=D\left(4V\frac{\partial C}{\partial x}+2C\frac{\partial V}{\partial x}-B\frac{\partial V}{\partial y}\right),\qquad N=D\left(4V\frac{\partial A}{\partial y}+2A\frac{\partial V}{\partial y}-B\frac{\partial V}{\partial x}\right), \] et l'intégrale \(\frac{A\,dx^2+B\,dx\,dy+C\,dy^2}{2dt^2}+D^2V=\) constante. Tout est exact, pour les équations écrites avec \(2dt^2\) comme à la vue 747451 . Les conditions sur \(A\), \(B\), \(C\) sont celles qu'on appelle aujourd'hui les équations d'un tenseur de Killing du plan euclidien452 .

Lagrange et l'équation \(x^2 - ay^2 = 1\)

749–749Sous un trait épais : « [Dans le mémoire cité (P. 37) de la Théorie des nombres on trouve (P. 46 T. 4 de Turin) »453 . Le lemme \((x^2-ay^2)(x'^2-ay'^2)=(xx'\pm ayy')^2-a(xy'\pm yx')^2\) est exact (identité de Brahmagupta). Il s'ensuit que toute puissance d'une solution de \(x^2-ay^2=1\) en est une : si \(p^2-aq^2=1\), alors \((p+q\sqrt a)^m=x+y\sqrt a\) donne \[ x=\frac{(p+q\sqrt a)^m+(p-q\sqrt a)^m}{2},\qquad y=\frac{(p+q\sqrt a)^m-(p-q\sqrt a)^m}{2\sqrt a}, \] une infinité de solutions. « La Grange démontre ensuite P. 65 » que si \(p\), \(q\) sont les plus petites valeurs, toutes les solutions sont de cette forme. C'est vrai, pour \(a\) entier positif non carré, hypothèse que l'extrait ne rappelle pas : les solutions en entiers positifs sont exactement les \((p+q\sqrt a)^m\), \(m\ge1\), où \(p+q\sqrt a\) est la plus petite454 .

Ce que les transcriptions laissent en suspens

1–750Ce qui suit n'est pas la liste des mots douteux, que les transcriptions portent tous, mais celle des points que les rédacteurs de cette lecture ont demandé de revoir sur les images, pour une révision humaine. Rien n'y est corrigé ici : la lecture a suivi, à chaque fois, ce que dit sa note au passage cité.

Questions d'ensemble.

Points de lecture, par lot de transcription.

Notes

  1. Ce libellé invite à chercher lesquelles des pièces du volume répondent à des mémoires imprimés de l'auteur. Cette lecture ne l'a pas fait, et ne s'en sert ni pour identifier une pièce ni pour combler une lacune.
  2. Vues 3 à 41. Mise au net, écriture régulière, sans rature notable. La série à l'encre numérote les feuillets 2 à 21 (vues 3 à 41) ; sur les rectos, un second nombre, biffé, accompagne le premier. Le feuillet de garde de la vue 2, numéroté 1, porte d'une main plus grande et plus grasse « Manuscrits de mémoires imprimés ». Ce libellé invite à chercher si cette pièce et le mémoire sur la courbure qui la suit correspondent à des mémoires imprimés de l'auteur ; la présente lecture ne l'a pas vérifié et ne s'en sert pour rien. La vue 42 est le verso blanc du dernier feuillet.
  3. Le feuillet de la vue 138, plus loin dans le volume, nomme « le mémoire de M poisson sur la surface élastique » ; le titre est voisin de celui que l'Exposition donne au mémoire de son rival (vues 6, 19, 25), mais l'Exposition elle-même ne nomme personne, et l'identification n'est pas faite ici.
  4. Le feuillet écrit \(\frac{d^2z}{dx^2}\), \(\frac{d^4z}{dx^2dy^2}\) ; on écrit \(\frac{\partial^2 z}{\partial x^2}\), \(\frac{\partial^4 z}{\partial x^2 \partial y^2}\). Elle pose aussi, « comme à l'ordinaire », \(r = \frac{d^2 z}{dx^2}\), \(s = \frac{d^2 z}{dx\,dy}\), \(t = \frac{d^2 z}{dy^2}\) ; ces lettres sont gardées dans le commentaire, avec \(p = \partial z/\partial x\), \(q = \partial z/\partial y\).
  5. Vues 3 et 4, première page de la pièce, avec le cachet « Bibliothèque impériale — Mss » au bas de la vue 3.
  6. Le feuillet ne nomme pas ce géomètre. La description conviendrait à Lagrange, dont les premiers mémoires de Turin traitent du son, et dont le volume contient justement des extraits sur ce sujet (vues 734 à 739) ; c'est une inférence de cette lecture, non une donnée du feuillet.
  7. « extraordinaire » est ajouté en marge (vue 4).
  8. Vues 4 à 6. Une note au bas des vues 5 et 6 cite deux passages du programme du prix (« p. 4 » et « p. 5 et 6 ») : on n'avait pas même « les équations différentielles du mouvement pour cette espèce de vibration », et les simplifications d'Euler n'étaient pas applicables aux surfaces métalliques. Elle en retient qu'après son mémoire on était « en possession d'une hypothèse qui introduisoit deux dimensions dans le calcul ». Que la pièce de janvier 1814 soit le long mémoire des vues 398 à 592 est une inférence tirée d'autres feuillets (vue 626, « mon memoire pour 1813 ») ; voir la section « Le mémoire sur la question proposée par la première classe de l'Institut » (vues 398 à 490) et la fin de la section « Les autres états de l'ouverture » (vues 620 à 626).
  9. Vues 8 et 9. Le No 15 cité est celui du mémoire pour 1816, que le volume ne contient pas ; la lecture ne peut donc pas contrôler ce changement de signe.
  10. Vues 9 à 11 : « De la nature des hypothèses mathématiques ». À la vue 10, le mot « observation » est écrit sur un grattage et lu avec doute ; à la vue 11, « §§ » est lu avec doute.
  11. Vues 12 et 13, No 1 ; la citation vient de l'Encyclopédie méthodique, article « élasticité ». Au No 3 le même terme est écrit \(-(N-E)\,\delta(N-E)\), lettres inversées ; la valeur est la même.
  12. Vue 13, No 2 ; « expansibilité » est lu avec doute.
  13. Vue 15. Le feuillet écrit \(\frac{1}{R} = \frac{\cos\theta}{\rho_p}\), \(\frac{1}{R'} = \frac{\cos(\pi-\theta)}{\rho_p}\) et \(\frac1R + \frac1{R'} = 0\) : la relation de Meusnier y est renversée (le cosinus est au numérateur au lieu du dénominateur), et la somme nulle vient de ce renversement joint à une convention de signe. Meusnier (mémoire de 1776, publié en 1785) n'est pas cité par le feuillet ; ce sont les « relations connues » qu'elle invoque.
  14. Vue 16. Le feuillet mesure l'angle \(A\) à partir du plan de la courbure \(1/\rho\) et écrit \(\frac{1}{\rho_p} = \frac{1}{\rho}\sin^2 A + \frac{1}{\rho'}\cos^2 A\) : sinus et cosinus y sont échangés (pour \(A = 0\) on doit retrouver \(1/\rho\)). La somme, seule utilisée, ne change pas.
  15. Vues 17 à 19. Les formules sont justes (linéarisées). À la vue 19, « \(\rho_p - \rho'_p = (r-t)\cos 2A = 0\) » pour \(A = 45^\circ\) porte sur les rayons là où le calcul porte sur leurs inverses ; et le terme final est écrit \(-(\rho-\rho')\,\delta(\rho-\rho')\), sans les raisons inverses, que la vue 20 rétablit.
  16. Vue 19, note au bas de la page, appelée par un astérisque ; « quelque » corrigé en marge en « quelle ».
  17. Vues 19 et 20. Référence du feuillet : « M. de l'Institut 1812. seconde partie p 192 », et « §§ 11 No 8 », lu avec doute ; elle renvoie aussi aux Nos 12 et suivants de ce mémoire, où la différence \(\frac1\rho - \frac1{\rho'}\) est introduite en prenant pour plans coordonnés ceux des courbures principales.
  18. Vues 20 à 25. « de l'hypothèse » (vue 22) et « pour chacun » (vue 25) sont ajoutés dans l'interligne et lus avec doute ; à la vue 23, la phrase « Cependans aucun des points intérieurs … se trouve animé » manque de la négation attendue.
  19. Kirchhoff (1850) est postérieur à ces feuillets ; le coefficient \(\nu\), qu'on nomme aujourd'hui coefficient de Poisson, n'y paraît pas. L'énoncé complet des conditions de Kirchhoff au bord libre est donné une fois, pour tout le volume, dans la sous-section « Les limites de la plaque : côtés, coins, plaque ronde » du long mémoire (vues 433 à 438).
  20. Vue 24. Le coefficient est lu \(k\) dans la première intégrale et \(4k\) dans la seconde ; les deux lectures sont celles du feuillet, et la seconde est la bonne, puisque la différence des deux densités est \(4\kappa_1\kappa_2\).
  21. Vérifié par calcul symbolique pour ces deux choix de \(f\) et pour un \(f\) arbitraire. L'expression « lagrangien nul » est moderne ; le feuillet dit « on a identiquement ».
  22. Gauss (1827) pour la courbure totale, Bonnet (1848) pour la forme avec bord ; le feuillet ne cite ni l'un ni l'autre, et la forme avec bord lui est postérieure.
  23. Vues 25 et 26, citation de « p. 202 No 14 » du mémoire du rival.
  24. Vue 27 : « Je ne me dissimule pas que le point de vue sous lequel j'ai envisagé la question est entièrement neuf ; et c'est pour moi un grand sujet de défiance. »
  25. Vue 28 ; la page citée, « No 23 p. 221 », est lue avec doute. Le feuillet dit « un maximum ou un minimum ».
  26. Vue 29, « Conclusions analytiques déduites de l'une et l'autre hypothèses ». Le feuillet écrit à la seconde accolade \(\delta\{\frac1\rho + \frac1{\rho'} + (\frac1R + \frac1{R'})\}\), avec un \(+\) là où la vue 28 écrit \(-\) ; c'est sans effet ici, puisque ce terme est nul.
  27. Vues 29 et 30. Le signe \(-2\) est lu deux fois (vues 29 et 30). Les conditions de bord qu'elle obtient à la vue 35 sont néanmoins celles du signe correct (voir plus bas), de sorte que l'erreur est d'écriture plus que de calcul. À la vue 30, un terme de la dernière accolade est biffé puis récrit sans qu'aucune couche se laisse lire, et un signe est sous une tache d'encre ; deux groupes y sont rayés.
  28. Vue 31. Le feuillet écrit \(\frac{d^2z}{dt^2} + n^2\bigl(\frac{d^4z}{dx^4} + 2\frac{d^4z}{dx^2dy^2} + \frac{d^4z}{dy^4}\bigr) = 0\) ; on écrit \(\partial_t^2 z + n^2\Delta^2 z = 0\). La même équation (A) est au début du long mémoire (vues 399 à 404).
  29. Vue 30, fin du No 11.
  30. Vue 31 : « on auroit \(x\) et \(y\) pareillement infinis et par conséquent \(dx = 0\), \(dy = 0\) ». Ce qui est vrai : pour une plaque sans bord, ou dont le déplacement décroît à l'infini, les termes de bord s'annulent.
  31. Vues 31 et 32, No 12, « Comparaison entre les résultats du calcul et les phénomènes observés ».
  32. Vues 32 à 34, premier No 13 (le numéro 13 sert deux fois : vues 32 et 35).
  33. Vue 34. Le feuillet écrit « \(\cos n\frac\pi2 = 0\) » sans dire que \(n\) doit être impair ; les points \(\ldots\) qu'il met devant l'intégrale tiennent la place d'un facteur omis. Ce qu'elle appelle ici ligne libre est, en termes actuels, un bord guidé (pente nulle, effort tranchant nul), non un bord libre ; voir le § 3 du long mémoire (vues 414 à 432), où elle distingue « libre au sens d'Euler » et « libre au sens nouveau ».
  34. Vues 33 à 35. Aux vues 33 et 35 le signe qui joint les deux dérivées secondes sous la dérivation est couvert d'un pâté d'encre ; le calcul demande \(-\) (inférence de cette lecture). Le passage final de la vue 35 est remanié en deux couches ; la couche annulée disait notamment « cas dans lesquels la ligne de repos ne satisfait plus aux conditions » et « le choix de l'hypothèse est indifférent ».
  35. Vérifié par calcul symbolique de la variation de \(\frac12[(r+t)^2 - 2(1-\nu)(rt-s^2)]\). Pour \(\nu = 1\) on retrouve ses propres conditions, \(\Delta z = 0\) et \(\partial_x\Delta z = 0\) au bord libre.
  36. Vues 35 à 37. Le feuillet note \(A\) à la fois la longueur du côté et le coefficient de \(f(x)\) ; on écrit ici \(\mathcal{A}\) pour le coefficient, comme dans le long mémoire. À la vue 37 le signe entre \(z\) et \(0\) est sous un pâté d'encre ; la même condition est écrite \(z = 0\) quelques lignes plus haut.
  37. La méthode qui, en 1909, a donné de bonnes approximations des modes de la plaque carrée libre à partir de ces mêmes fonctions de poutre est celle de Ritz ; elle est postérieure et n'est nommée ici que pour situer la question.
  38. Vues 38 à 40 ; « (M. pour janvier 1814) ». À la vue 39, la phrase « parceque le mouvement des parties voisines devant alors sensible » est inachevée sur le feuillet. Le long mémoire traite du même effet à son § 6 (vues 538 à 547), avec des chiffres ; le feuillet volant de la vue 416, qui corrige un calcul sur la cire, se rapporte à ce § 6, non au présent No 15, qui n'en donne pas (voir « § 6. L'effet d'un corps mou : la cire »).
  39. Vues 40 et 41 ; la phrase finale n'a pas de point, et un trait horizontal ferme la pièce.
  40. Vues 43 à 89. Série à l'encre 22 à 44 (vues 43 à 89) ; pagination de l'auteur 1 à 44, les numéros impairs biffés à partir de la page 17. La vue 52 montre seule un béquet de six lignes sur la disparition des sections obliques dans la somme générale, qui pourrait remplacer le passage biffé de la vue 49 ; la vue 53 est une seconde photographie de la page de la vue 51. Le mémoire cite la Théorie de la chaleur de Fourier par numéros d'articles et de pages ; ce livre a paru en 1822 (contexte, non tiré des feuillets), ce qui situe le mémoire après cette date. Un « Mémoire sur la courbure des surfaces » de Sophie Germain a paru imprimé en 1831 (contexte, non tiré des feuillets) ; si cette mise au net en est la copie, la lecture ne l'a pas vérifié.
  41. Vues 43 à 47, ses pages 1 à 5. À la vue 44, plusieurs mots sont repassés d'une encre plus grasse, sans rature.
  42. Vue 46 : la base du segment y est dite « d'ellipse » ; aux vues 69 et 72, une correction de sa main établit qu'elle peut être prise pour un cercle parfait, ce qui est exact à l'ordre considéré. La page 5 (vue 47) s'arrête sur une phrase inachevée, écrite très petit au ras du bord, suivie d'un double trait.
  43. Vues 48 et 49, citations des pages 119 et 120 du mémoire d'Euler.
  44. Vues 49 et 50. Deux rédactions biffées se superposent à la vue 49 (« Cette somme se réduit d'abord… », puis une reprise lue « Or, soit » avec doute), et une note marginale verticale dit que la formule des sections obliques « renferme le cosinus de l'inclinaison ». À la vue 50 un mot est couvert par une tache d'encre ; à la vue 51, le chiffre abrégé après « Enfin » (3 ou 5) et deux amas de mots biffés n'ont pas été lus. Elle ajoute à la vue 51 que les principales conséquences de ces observations « ont été déjà publiées », sans dire où.
  45. Vue 54. Les formules sont justes, mais pour \(\varphi = 0\) elles donnent \(r = f\), le plus grand rayon : l'angle \(\varphi\) est donc compté à partir du plan de moindre courbure, alors que le feuillet dit « avec celui de plus grande courbure ». Un ou deux mots biffés avant « plan normal » n'ont pas été lus.
  46. Vues 55 à 63. Elle cite la Théorie de la chaleur, « No 247 p. 277-27… » (vue 56 ; l'abréviation avant « IV » et les derniers chiffres, perdus au bord du feuillet, ne sont pas lus) et « p. 278-279 » (vue 58). La parenthèse insérée dans la citation de Fourier à la vue 58 est d'elle.
  47. Vue 57. Elle écrit « la demi somme des courbures sera une quantité \(\frac1f + \frac1g\) », sans le facteur \(\frac12\) que la suite emploie ; la demi-somme est \(\frac12(\frac1f + \frac1g) = H\).
  48. Vues 57 à 59. « régions » est lu deux fois avec doute ; à la vue 59, deux ou trois mots biffés après « dans les lois que nous » ne sont pas lus.
  49. Vues 60 à 62. Le feuillet écrit \(\sin(45^\circ + \varphi') = \frac12(\cos\varphi' + \sin\varphi')\) et trois identités semblables ; le facteur exact est \(\frac{\sqrt2}{2}\), et c'est lui que le calcul suivant emploie. Pour \(\varphi' = 45^\circ\) elle écrit que le second membre « devient \(\frac1f\) » ; il devient \(\frac{2f}{2fg} = \frac1g\) (la direction obtenue, à \(90^\circ\) du point de départ, est l'autre direction principale). Elle reconnaît à la vue 61 que cette troisième proposition n'est pas textuellement dans Fourier mais « résulte des formules qui y sont données ».
  50. Vues 62 et 63. Ces énoncés portent sur les termes du second ordre ; pour les sphères de rayon principal, le contact est d'ordre supérieur le long d'une direction, et c'est l'ordre suivant qui déciderait. À la vue 62, un amas biffé après « l'arc » n'est pas lu.
  51. Vues 63 et 64.
  52. Vues 64 à 66. Elle prend des rayons \(\rho m\), \(\rho n\) et des arcs \(\varphi n\), \(\varphi m\) de même longueur. Le feuillet porte « l'arc le plus courbe \(m\rho\) » là où la définition demande \(m\varphi\) (vue 65), et l'argument \((\varphi m)\) dans la seconde paire d'équations là où le développement qui suit, \(d = \frac12 m n^2\rho\varphi^2\), demande \((\varphi n)\) (vue 66). Le résultat, \(D\) et \(d\) en raison inverse des rayons, est juste.
  53. Vues 66 à 69. La question est posée à la vue 67 en ces termes : « trouver l'expression de la distance moyenne entre le plan tangent et les points de la surface qui environnent le point de tangence » ; un astérisque et un mot au crayon, d'une autre main, sont en marge. Le mot sous « assujettis » est perdu sous la correction ; un mot biffé après « de l'arc » (vue 68) n'est pas lu. L'addition marginale de la vue 69 sur la base circulaire se termine par deux lignes serrées qui n'ont pas été lues.
  54. Vues 71 et 72 ; les crochets sont d'elle. Une note encerclée de trois mots après « No 5 » (vue 72) et un mot en exposant et une abréviation dans l'addition interlinéaire de la vue 71 n'ont pas été lus.
  55. Vues 72 à 75 et planche de la vue 89. Le parallélogramme est nommé \(ABDC\) (vues 73, 80) et \(ABCD\) (vue 74). Les points \(s\), \(t\), \(b\) de la vue 75 ne sont introduits nulle part, et aucune figure ne les porte ; « Il s'agit à démontrer » est d'elle.
  56. Vues 75 à 77. Le paragraphe sur l'objection du No 2 est marqué en marge d'un long trait courbe.
  57. Vues 77 à 79 ; « fig 1 et 2 ». Un mot biffé sous « accompagneront » et un mot au crayon d'une autre main, en marge, ne sont pas lus.
  58. Vues 80 à 84 ; figures 2, 3, 4 de la planche. À la vue 84, les quatre points du développement qui tombent sur \(AC\) sont nommés \(v\), \(t\), \(v'\), \(t'\) dans un alinéa et \(v\), \(u\), \(v'\), \(u'\) dans le suivant ; la planche porte \(v\), \(u\), \(v'\), \(u'\). « il en est » (vue 83) est lu avec doute.
  59. Le feuillet n'emploie pas ce nom et ne parle que de la figure en un point ; le nom ne s'applique qu'à une surface où la condition a lieu partout.
  60. Vues 84 à 87. À la vue 85, la phrase se lit sur le feuillet « Le nombre de ces forces est infini ; d'elles chacune infiniment petite, elle est proportionnelle à la ligne de distance contenue dans le plan sa direction » ; un mot biffé sous « chacune » n'est pas lu. À la vue 86, le bord droit du feuillet passe sous le montage et cache la fin de plusieurs mots.
  61. Laplace a donné cette loi dans sa théorie de la capillarité (1805–1806) ; le feuillet ne le cite pas, et ne parle ni de capillarité ni de tension superficielle. Le nom s'applique à l'énoncé pour une tension isotrope ; il ne s'applique pas à une plaque élastique.
  62. Vues 87 et 88 ; « a » est lu avec doute dans « qui a servi ».
  63. Vue 88 ; la fin de la ligne passe sous le montage (« employés » lu avec doute, la ponctuation de l'interrogation non lue) ; « de moyenne courbure », à la dernière ligne, est souligné deux fois. La vue 89 est la planche des quatre figures, à l'encre, sans texte.
  64. Vues 91 à 114. Série à l'encre 45 (vue 91) à 55 bis (vue 113, au-dessus d'un « 66 » biffé) ; les versos 90, 92, 94, 96, 98, 99, 102, 104, 106, 108, 110 sont blancs, et les vues 111 et 113 ne portent que leur numéro, le texte de ces feuillets étant aux vues 112 et 114. Des lettres de sa main servent de repères : « E » (vue 95), « A » (vues 95 et 101), « B » (vues 95 et 103), « D » (vue 107).
  65. Vue 93. Le feuillet est déchiré et tout le bas manque ; « Aussi on formera », « prenoit » et « à » sont lus avec doute ; les couples de lettres \(A\)——\(B\), \(A'\)——\(B'\) sont écrits sur deux segments tracés à la plume, qu'une accolade relie.
  66. Vue 101, en tête « No 1 » en marge et un « A » isolé ; passage repris en tous sens, dont l'état final n'est pas cohérent : « symétrie » est lu avec doute au-dessus de « liaison » biffé, et « il sera facile d'imprimer » se lit là où le sens attendrait « d'exprimer ». Deux additions interlinéaires sont biffées et illisibles.
  67. Vue 103. Toutes ces dates sont sur le feuillet. Le mémoire couronné est dit « présenté en 1815 » ici et « envoyé pour le concours du mois de janvier 1816 » dans l'Exposition (vue 7) ; les deux formules ne se contredisent pas. « reconnoîtrai » et « opposition » sont lus avec doute ; un mot biffé devant « variété » et un autre après « Savart » ne sont pas lus.
  68. Vue 105. Un passage biffé disait que, si l'on y avait réfléchi, l'objection qu'il ne s'agissait que d'une surface d'épaisseur infiniment petite « n'auroit pas été proposée à l'auteur du mémoire publié en 1814 et ce savant géomètre ne l'auroit pas accepté ». Le haut du feuillet porte deux états superposés ; un mot après « Je crois utile d' » et deux mots biffés ne sont pas lus. La note marginale, en partie biffée, s'arrête sur « les figures qu'affectent la surface ».
  69. Kirchhoff, 1850, postérieur aux feuillets ; le nom ne couvre qu'une partie de l'hypothèse de Kirchhoff, qui demande aussi que les normales restent normales au feuillet moyen.
  70. Vues 107 et 97. À la vue 97, le coefficient est dit « composé des deux facteurs qui expriment l'influence de l'épaisseur et celle de l'élasticité naturelle » ; en marge, « cette uniformité elle même résulte de l'invariabilité de l'épaisseur ». Les quatre lignes ajoutées en tête de la vue 97, d'une plume très fine, ne se lisent qu'en partie.
  71. Vues 95, 100, 109, 112. À la vue 95, « Commencement de la p. A » est une indication de l'auteur à elle-même ; les trois mots après « No » sont perdus sous la rature, un mot devant « supposerons » n'est pas lu, et « simplificatrices » et « substituer » sont lus avec doute. La dernière ligne de la vue 100 n'est pas lue. À la vue 109, une phrase biffée mentionne un mémoire « présenté depuis longtems à l'accademie », dont deux mots ne sont pas lus ; en marge, « les Nos suivans seront consacrés à démontrer son existence et à développer ses propriétés » (« les Nos suivans » et « consacrés » lus avec doute).
  72. Vue 112 ; « confirmée » est lu avec doute, d'une encre pâle ; le mot devant « choix » et trois mots biffés ne sont pas lus ; un signe de renvoi après « mêmes » n'a pas d'appel sur le feuillet.
  73. Vue 114, feuillet « 55 bis ». Les trois équations sont repassées à l'encre noire et empâtées : le second dénominateur de (1) se lit seulement \(R\), le signe entre \(\frac1r\) et \(\frac1{r'}\) dans (3) est sous une tache, et le facteur de (2) se lit « \(\sin(2A-a)\) » avec doute. Le premier membre de (2) est écrit \(\frac1R - \frac1{R'}\) là où, avec l'ordre qu'elle donne ensuite (les sections \(R'\), \(R\), \(R''\) aux angles \(A - a\), \(A\), \(A + a\)), la diminution de courbure est \(\frac1{R'} - \frac1R\). Vérifié par calcul symbolique.
  74. Vue 114. Deux lignes barrées d'un trait oblique précèdent ce passage.
  75. Les dérivées y sont écrites avec un \(d\) droit ; on écrit \(\partial\). On note \(p = \partial_x z\), \(q = \partial_y z\), \(W = \sqrt{1+p^2+q^2}\), et \(\mathcal{N} = (1+q^2)\,r - 2pq\,s + (1+p^2)\,t\), de sorte que \(\kappa_1+\kappa_2 = \mathcal{N}/W^3\) au signe près.
  76. Vues 136 et 137, feuillet numéroté 67, recto et verso ; vue 138, feuillet 68 ; vue 140, feuillet 69 ; versos 139 et 141 blancs. L'en-tête du lot 7 ne se prononce pas sur la main de ces trois feuillets, alors que la note de la vue 136 les dit « de la main de l'auteur » ; ils sont écrits à la première personne. La lettre \(e\) qui suit \(g\) dans les équations est bien un \(e\) ; que ce soit l'épaisseur est une inférence de cette lecture.
  77. Vue 136. « conserve », « Cela » et « complémens » sont lus avec doute ; la ligne « en \(B\) \(B''\) \(B''\) » est lue avec les accents qu'elle porte, là où la figure a \(B'\), \(B''\), \(B'''\).
  78. Vue 137 ; « élévation » est lu d'après le sens, le mot étant tracé plutôt « ébration » ; l'équation « \(ge + T.\frac2R\) » y est écrite sans « \(= 0\) ». La page s'arrête sur le cas d'appuis inégaux, « et l'abbaissement le plus grand ».
  79. Vue 138. L'énoncé général est souligné ligne à ligne ; « courbure » y remplace « surface » biffé, et « raison » est barré dans « soit en raison inverse double raison inverse ». Le poids à donner au mot « moitié » est celui de la seconde rédaction, « ou ce qui est plus clair ».
  80. Vue 140 ; « je crois », biffé, est lu avec doute. La page s'arrête sur « ainsi la variation ». Vérifié par calcul symbolique.
  81. Vue 142, feuillet numéroté 70, verso blanc (vue 143). « Gauss », « soit » et le « 2 » marginal sont lus avec doute ; « tous les points » est biffé en tête ; le feuillet écrit « un cercle de rayon 1 » puis « le point de la sphère ». Le texte s'arrête sur « parallèle ».
  82. Le feuillet ne donne ni le titre ni l'année ; l'identification est de cette lecture, faite sur le seul contenu des deux articles. Le feuillet ne va pas jusqu'à la courbure elle-même.
  83. Vue 465, fragment numéroté 228 dans la série à l'encre, d'une écriture plus grande, sans pagination ; la déchirure emporte une ligne entière et le début de la suivante (« …ment », le reste illisible) ; « suivants » est lu avec doute ; le dernier mot s'arrête sur « g ». Le dos (vue 466) est blanc. La pagination du mémoire passe de (58) à (59) par-dessus.
  84. Vue 483, feuillet numéroté 237, sans pagination ; dos (vue 484) blanc. La transcription ne décide pas si le trait sous \(ds\) est une barre de fraction ou un trait de réunion. Deux lignes lourdement biffées, le premier signe de la grande fraction et un signe intérieur (des taches d'encre) ne sont pas lus ; des essais de plume sont en marge.
  85. À la troisième ligne le feuillet écrit l'intégrande \(-\mathcal{N}^2\,dx\,dy/W^2\), et la variation qui suit est celle de \(\mathcal{N}^2/W^4\) : les puissances de \(1+p^2+q^2\) ne s'accordent pas d'une ligne à l'autre. Dans le coefficient de \(\delta p\), le calcul donne \(2\{q^2p\,t - (1+q^2)p\,r - q(1+q^2-p^2)\,s\}\) ; le feuillet omet le facteur \(q\) du dernier terme, et de même le facteur \(p\) dans \(P'\) (vérifié par calcul symbolique).
  86. Willmore, 1965 ; nom postérieur, donné ici à titre d'hypothèse sur l'intention du calcul, que le feuillet ne permet pas d'établir.
  87. Vue 650, feuillet numéroté 319, relié entre les calculs sur la chaleur de la sphère ; dos (vue 651) blanc. Le coefficient de \(\cos^2\theta\,(\partial_\theta z)^2\) dans \(K^3\) est lu « 2 » avec doute ; avec ses propres \(p\) et \(q\) le calcul donne \(1\). Un premier départ de \(\partial_x\partial_y z\) est barré ; les accolades de droite ne se ferment pas, le dernier facteur touchant le bord.
  88. Vérifié par calcul symbolique des deux jacobiens. Le feuillet ne dit pas quelle surface il vise, et la lecture ne tranche pas.
  89. Vues 144 à 206. Copie au net, écrite au recto et au verso, d'une main droite et régulière que la transcription rapproche de celle des feuillets français ; la main de ce volume n'est pas attribuée ici. Chaque page porte en tête un nombre entre parenthèses, de (103) à (161), que la transcription tient, par inférence, pour la page de l'imprimé copié ; ses propres critiques citent le mémoire « P.I p. 103 et seq. » (vues 210 et 320), ce qui s'accorde avec le premier de ces nombres. La série à l'encre du volume va de 71 (vue 144) à 100 (vue 206). Les pages (126) à (128) sont reliées hors d'ordre : la vue 167 porte (128), entre (125) à la vue 166 et (126)–(127) aux vues 168–169, et la copie le signale elle-même au bas de la vue 166, « (voyez p. 126 après 128) ». Sont photographiées deux fois : la vue 191 (= 190), les vues 196–197 (= 194–195), la vue 204 (= 203). La planche que la copie cite en marge (« Tab. II fig. 3 » à « Tab. III fig. 10 ») n'est pas dans le volume. La copie finit à la vue 206 sur le mot français « fin. » et un paraphe.
  90. Vue 144 : « neque ea analyseos pars, quæ circa functiones binarum variabilium versatur, satis explorata ». Le nom lu « Illustriss. D. Bernoulli » est une abréviation dont l'initiale ressemble à un M (lu avec doute).
  91. Vues 144 à 147, pages (103) à (106) de la copie. Euler écrit les différentielles partielles entre parenthèses, \(\left(\frac{ddy}{dt^2}\right)\), « quibus uncinulis ( ) indicatur » que seul le temps varie (vue 147) ; on écrit ici \(\partial_t^2 y\), et \(y'\), \(y''\), \(y'''\), \(y''''\) pour les dérivées par rapport à l'abscisse. Dans toute la copie, \(g\) est la hauteur de chute des graves en une seconde, de sorte que l'accélération de la pesanteur vaut \(2g\).
  92. Vues 147 à 150, pages (106) à (109). Euler mesure forces et masses par des volumes de la matière de la verge ; l'élasticité absolue est prise « quadrato crassitiei proportionalis », la « crassities » étant la section \(c^2\), d'où \(V=bc^4\), où \(b\) est une longueur qui dépend de la matière. À la vue 149, la phrase sur les forces appliquées au bout \(E\) porte trois « alteram » pour deux forces, avec des directions lues \(EE\), \(EF\), \(Ef\) ; la transcription laisse ces lettres telles qu'elles sont lues, et la suite du calcul n'en dépend pas.
  93. Le nom « Euler–Bernoulli » est postérieur à ce mémoire, qui ne l'emploie évidemment pas ; il désigne aujourd'hui exactement cette équation de flexion des poutres minces, sans inertie de rotation ni cisaillement.
  94. Vue 150 : « ejus integrale nullo adhuc modo inveniri potuisse ». La seconde forme de l'équation porte \(bc^2\) là où la première porte \(bc^4\) ; c'est juste, la seconde étant la première divisée par \(c^2\).
  95. Vues 151 et 152, pages (110) et (111).
  96. Vue 152 : « quando virga non omnino est libera, sed in uno pluribusve punctis quasi ope styli est fixa, circa quem tamen sit mobilis ».
  97. Vues 153 à 156, pages (112) à (115). La copie écrit le facteur du temps \(\sin\bigl(\zeta+t\frac{\sqrt{2g}}{k}\bigr)\), le radical ne couvrant que \(2g\) ; la durée d'une vibration qu'elle en tire, \(\pi\sqrt{k/2g}\) (vue 155), et la forme \(\sqrt{2g/k}\) des vues 161 et 167 demandent \(\sin\bigl(\zeta+t\sqrt{2g/k}\bigr)\), qu'on écrit. Le coefficient arbitraire, une majuscule calligraphiée, est rendu \(\mathfrak{M}\) par la transcription ; « clausulis » (vue 153) est lu avec doute.
  98. Vues 156 à 159, pages (115) à (118). « portabit », « evolvi » et « extensione » sont lus avec doute.
  99. Vue 158 : « quam autem nosse parum nobis refert ; quia in motum vibratorium non influit ». Pour un appui placé au bout, c'est exact : la force n'entre dans aucune des quatre conditions. Pour un appui intermédiaire, elle entre dans les conditions de raccordement ; voir plus bas le § 47.
  100. Racines calculées pour cette lecture par dichotomie. Les modes que la copie écrit pour chaque cas (vues 161, 167, 176, 185, 188) ont été vérifiés : ils satisfont les conditions aux deux bouts pour les racines exactes.
  101. Vue 160. La copie écrit \(2+pp+qq+(p-q)(e^\omega+e^{-\omega})=0\) puis \(p-q=-2\cos\omega\), avec \(p=\sin\omega+\cos\omega\) et \(q=\sin\omega-\cos\omega\) ; le calcul donne \((q-p)\) dans la première et \(p-q=+2\cos\omega\). Les deux fautes de signe se compensent, et le résultat \(2-\cos\omega\,(e^\omega+e^{-\omega})=0\) est juste. La transcription laisse ces signes tels qu'elle les lit.
  102. Vue 163 : « Unde si sonus fundamentalis fuerit b, sequens futurus erit cis ». Un triton au-dessus d'une note nommée b ne donne pas cis, quelle que soit la valeur donnée à b dans la notation allemande ; le triton sous cis est g, la note qu'Euler donne au cas I au § 27. La lecture « b » serait à revoir sur l'image ; elle n'est pas corrigée ici.
  103. Vues 161 à 166 et 168, pages (120) à (126). Avec la racine exacte, l'ordonnée du milieu vaut \(-139\) pour des ordonnées \(2(1+e^\omega)=229\) aux bouts ; Euler trouve \(21-111\sqrt2\approx-136\). La suite du calcul de la vue 166 est à la vue 168, page (126).
  104. Vues 168, 169, 167, 170 à 174, dans cet ordre de lecture : pages (126), (127), (128), (129) à (133). À la vue 169, un signe du second dénominateur de la proportion est lu « + » avec doute là où la ligne précédente demande « \(-\) » ; les valeurs de \(\sin\omega\) et \(\cos\omega\) y sont écrites avec \(\sqrt2(e^{2\omega}+e^{-2\omega})\) au dénominateur, et le calcul demande que le radical couvre tout : \(\sqrt{2(e^{2\omega}+e^{-2\omega})}\). À la vue 167, deux exposants sont écrits sans le facteur 2 que portent les lignes voisines.
  105. Vue 171. La copie écrit « quartum » pour le quadrant de \(2\pi+45^\circ\), qui est le cinquième, et « \(\zeta=\frac{\pi}{4}\) » alors que \(\zeta\) désigne depuis le § 16 l'angle droit \(\pi/2\) ; ni l'un ni l'autre n'affecte les valeurs \(5\pi/4\), \(9\pi/4\), … qui suivent.
  106. Vues 173 et 174, pages (132) et (133). Les ordonnées justes, pour \(\omega=5\pi/4\) et \(e^{2\omega}=2576\), sont \(-5150\), \(-1171\), \(2046\), \(3409\), \(2487\) et \(0\) en \(u=0,\frac15,\dots,1\). La copie a les deux premières et la cinquième ; elle écrit « \(0{,}2079\) » pour la troisième, que le produit \(2576\times0{,}7921\) qu'elle vient d'écrire ne donne pas, et « \(3387\) » pour la quatrième. Elle écrit aussi \(s=\frac45\omega\) pour \(\frac45a\), « \(\frac35\omega=\pi\) » pour \(\frac45\omega\), et « \(\omega=\frac{9\pi}{2}\) » pour la seconde racine, qui est \(\frac{9\pi}{4}\).
  107. Vues 175 à 180, pages (134) à (139). À la vue 176, \(k\) est écrit \(a^4/bc\omega^4\) et le numérateur de \(\sqrt{2g/k}\) sans le \(c\) que portent les mêmes formules aux vues 161 et 167 ; la vue 177 le rétablit dans la durée et le son.
  108. Vues 178 et 179. Au second essai, la copie tient \(1/3{,}4262\) pour \(\sin\varphi\), d'où \(16^\circ 58'\) ; pris pour \(\varphi\) lui-même, ce nombre donnerait \(16^\circ 43'\). Le second logarithme est écrit « \(495905\) », sans caractéristique ; « semisse » est lu avec doute. L'arrondi qu'Euler adopte ensuite, \(\omega\approx\frac35\pi=108^\circ\), est plus près de la racine vraie que sa valeur calculée.
  109. Vues 181 à 184, pages (140) à (143). À la vue 181, le signe entre \(e^\omega\) et \(e^{-\omega}\) est lu « + » avec doute ; la substitution \(\beta=-\alpha\) demande « \(-\) », et la somme qui suit l'a. Les noms de notes de la vue 182 (\(C\), \(c\), \(d\), \(c\), \(gis\), \(d\) pour \(1,4,9,16,25,36\)) s'accordent avec ces rapports ; les barres d'octave comptées par la transcription sur les deux derniers en donnent une de plus que le calcul.
  110. Vues 184 à 190, pages (143) à (149). Cas V : la copie écrit \(\surd2(e^{2\omega}+e^{-2\omega})\), sans barre, et la valeur \(72=\sqrt{2\times2576}\) montre que le radical porte sur tout le produit (\(71{,}75\) exactement). Ses ordonnées en \(u=\frac15,\frac25,\frac35,\frac45\) sont « 56 », 76, 61, 23 ; la première vaut \(52{,}7\) avec ses propres nombres. Dans la formule générale de la vue 187, les exposants n'ont pas le facteur \(u\) que porte le sinus et le temps \(t\) manque aux deux dernières lignes. Cas VI : les ordonnées \(138\) et \(140\) en \(u=\frac13\) et \(\frac23\) se vérifient pour \(\omega=3\pi/2\) ; la copie écrit « ipsi \(\omega\) » pour les valeurs données à \(u\), et le chiffre de page de la vue 189 est sous une tache.
  111. Vues 190 et 192, pages (149) et (150). La valeur \(\frac34\) de la copie est celle du rapport des carrés, \(c^2/AB^2\) ; la lecture n'essaie pas de dire si l'écart est d'Euler, de l'imprimé ou de la copie. Juste avant, après « fuerit », une tache couvre une ou deux lettres, et le mot lu avec doute « parest » ne fait pas sens.
  112. Vues 192 à 200 et 201–202, pages (150) à (158). La lettre \(\lambda\) est une petite lettre crochue, lue grecque par la transcription ; la marge cite « fig. 7 » et « Tab. III fig. 8 ».
  113. Vérifié pour cette lecture : les racines de cette équation coïncident avec celles du déterminant \(8\times8\) des conditions du § 47, calculé directement, pour \(\lambda=\frac12,\frac13,0{,}3,1/\sqrt2,0{,}05,0{,}01\). À la vue 194, deux équations portent le numéro III ; à la vue 195, la parenthèse fermante d'un membre est écrite dans le numérateur. Ce sont des accidents de copie sans effet.
  114. Vue 198 : « quem quidem laborem, ob formulas tantopere complicatas, suscipere non ausim » (« ausim » lu avec doute).
  115. Vue 198. Pour \(\lambda=0{,}01\), la plus petite racine est \(3{,}953\), déjà voisine de la racine \(3{,}9266\) du cas V. Ce qui tend vers le repos, c'est la petite portion \(EL\), non la verge.
  116. Vue 199, page (155). Dans la troisième équation, l'exposant du premier \(e\) est surchargé et lu « \(2\omega\) » avec doute ; la division par \(1-e^\omega\) qui y mène donne \(2(1+e^\omega)\), et c'est ce que portent ses deux citations françaises (vues 210 et 224).
  117. Vues 200 et 201, pages (156) et (157). Vérifié : le vecteur \((\gamma,\gamma')=(1,1)\), les six autres coefficients nuls, annule les huit équations pour \(\lambda=\frac12\), \(\omega=2\pi\) ; le vecteur \((1,-1)\) laisse un résidu dans l'équation des pentes. Dans \(\beta'\), la copie écrit deux fois l'exposant \(\frac12\omega\) ; sa citation française de la vue 212 porte \(e^{\frac12\omega}-e^{-\frac12\omega}\). Un mot court est biffé d'une rature épaisse devant « \(\sin\frac12\omega=0\) » et n'est pas lu.
  118. Vues 201 et 202. La copie se lit « altero, qui cum casu superiore quinto, altero vero, qui cum casu quinto congruit », de part et d'autre du changement de page ; pour la première manière, le sens demande le cas IV ; sa citation française (vue 228) écrit « l'une qui se rapporte au cas IV et l'autre au cas V ».
  119. Vues 202 et 203, pages (158) et (159). La phrase « dum ante nobis erat linea recta cum figura curvae congruens » est ajoutée d'une plume plus fine au-dessus de la ligne, avec un renvoi ; « hance » est lu avec doute et peut n'être que « hanc » ; « supra curvaturam naturam » est écrit ainsi.
  120. Vues 203, 205 et 206, pages (159) à (161). Le chiffre de la figure, empâté, est lu « 10 » d'après la suite des figures. À la vue 206, un mot est biffé sous une rature épaisse avant « percipietur », écrit au-dessus, et n'est pas lu.
  121. La transcription des vues 210 à 316 et 320 à 389 cite ces feuillets comme les siens : la première personne du féminin y est constante (« afin d'être autorisée », vues 240 et 332). La mise au net des vues 320 à 389 est d'une main régulière, que les transcriptions attribuent diversement ; la lecture ne tranche pas.
  122. Vue 208, no 101 de la série à l'encre ; rien d'autre sur le feuillet, verso blanc.
  123. Vues 210 à 216, nos 102 à 105 de la série à l'encre ; ses feuillets sont numérotés 2, 3, 4 en haut à gauche, le premier chiffre étant sous une tache. Le renvoi « (2d No 35) » de la vue 210 est lu avec doute ; le mot « pu » de la vue 212, qui ne fait pas sens, aussi. « Premier » et « second » brouillon sont ici des noms d'ordre de reliure : rien, sur les feuillets, ne dit lequel fut écrit d'abord.
  124. Vue 318, no 155 ; « examiné » est lu avec doute, sa fin étant repassée. Vue 320, page (1), no 156 ; les pages (2) à (11) sont aux vues 322 à 340, chacune au recto d'un feuillet dont le verso est blanc, les numéros entre parenthèses barrés d'un trait. Le titre y est écrit « laminæ e virgæ elasticæ » ; la transcription des vues 320 et suivantes lit la fraction de la longueur \(x\), par une lettre proche d'un \(\lambda\) : on écrit \(\lambda\) partout, comme dans la copie d'Euler.
  125. Vue 218, page 1, no 106. Le premier mot, une abréviation de deux lettres, est couvert d'une rature et n'est pas lu. L'addition marginale n'a pas de signe d'insertion dans la ligne ; la transcription la place d'après le sens. La page citée après « l'auteur » est lue « p. 151 » ou « 131 » ; le § 47 commence à la page (151) de la copie latine (vue 193), ce qui s'accorde avec la première lecture.
  126. Vues 218 à 228, pages 1 à 6, nos 106 à 111. La citation se ferme sur un guillemet à la troisième ligne de la vue 228. Écarts relevés par la transcription : le facteur du temps est écrit \(c\sin(\zeta+t\surd\frac{g}{k})\) (vue 220), comme dans la copie latine de la vue 193 ; la valeur de \(\gamma\) est écrite sans son dénominateur \(\sin\lambda\omega\) et le second bout est noté \(E\) au lieu de \(F\) (vue 222) ; un verbe manque après « la question est réduite » et une formule est biffée d'un zigzag après « réduite a celle ci » (vue 224) ; « \(s=\frac{u}{a}\) » est écrit pour \(u=s/a\) (vue 226). Aucun de ces écarts ne touche l'argument.
  127. Vue 322, page (2), no 157, son paragraphe I ; la marge porte « fig. 7 » (le premier mot lu avec doute). À la dernière ligne, « puisse est comprise » est écrit pour « puisse être comprise ». Même paragraphe au brouillon, vue 228 (page 6), marqué « I. », avec « le respect dû a l'opinion d'Euler » et un renvoi « (… cas IV §. 35 &c.) » dont la première lettre n'est pas lue.
  128. Le feuillet écrit « stilet » ; on écrit stylet, comme pour le « stylus » de la copie latine.
  129. Le calcul \(\sin\omega=\tanh\omega\) est celui des cinq formules marginales de la vue 214, dans la première rédaction : de \(\tan\frac12\omega=(e^\omega-1)/(e^\omega+1)\) elle tire \(\cos^2\frac12\omega=(e^\omega+1)^2/2(e^{2\omega}+1)\), puis \(\sin\omega=(e^{2\omega}-1)/(e^{2\omega}+1)\) (un facteur 2, sous une tache, est lu avec doute). Le calcul est juste.
  130. Vue 214, feuillet 3 de la première rédaction. La même rédaction ajoute (vue 212) que « la supposition d'un point fixe au milieu … équivaut a sa séparation en deux moitiés entièrement indépendantes », et (vue 216) qu'excepté \(\lambda=\frac12\) les deux portions séparées par un appui fixe ne peuvent rendre le même ton ; elle annonce enfin (vue 216) la transformation de l'équation finale reprise au § 5 de la mise au net.
  131. Vues 322 et 324, pages (2) et (3), son paragraphe 2. Au brouillon (vue 230, page 7, « 2. »), le second terme est précédé d'un « \(-\) » : c'est une faute de signe, que la mise au net corrige. Vérifié numériquement pour \(n=3,4,5\) : la forme de la mise au net est exactement l'opposé de l'équation d'Euler divisée par \(e^{2\lambda\omega}-1\).
  132. C'est une hypothèse, non une conséquence : le stylet peut être posé en tout point, et c'est précisément ce qui est en question. Au brouillon (vue 230), les mots « ou multiple d'une telle partie » sont ajoutés sous la ligne.
  133. Vue 324. Le « \(=0\) » qui suit « la condition \(\sin\omega\) » à la dernière ligne est lu avec doute.
  134. Vue 326, page (4), son paragraphe 3 ; première mise au net à la vue 232 (feuillet monté sur onglet, sans numéro de page, écrit sur son cinquième supérieur) et reprise à la vue 234 (page 8), avec renvoi marginal à la « fig. 7 ». L'exposant de \(L\) dans « \(L^{\text{vi}}E'\) » est lu avec doute ; le dernier facteur des équations de \(y\) est écrit « sin » suivi de la lettre de la fraction et de \(\omega\).
  135. Vue 328, page (5), son paragraphe 4 ; brouillon aux vues 236 et 238 (pages 9 et 10, « 4. » et le début de « 5 »). Au brouillon, le premier terme de la première accolade est écrit \(\frac2\lambda\) (lu avec doute) là où la mise au net et l'autre accolade ont \(\frac1\lambda\).
  136. Vue 330, page (6), son paragraphe 5 ; brouillons aux vues 216 et 238. Elle l'écrit avec les exponentielles, \(\frac{e^{\mu\omega}+e^{-\mu\omega}}{e^{\mu\omega}-e^{-\mu\omega}}\) pour \(\coth\mu\omega\). Divisée par \(\sin\lambda\omega\sin\mu\omega\), c'est l'équation \(\coth\lambda\omega-\cot\lambda\omega+\coth\mu\omega-\cot\mu\omega=0\) donnée plus haut. Vérifié numériquement.
  137. Au brouillon (vue 240, page 11), elle poursuit jusqu'à \(\lambda'=6\), où « ce nombre est en effet égal au premier de la première suite ». Avec les racines exactes de \(\tan z=\tanh z\), l'égalité n'est qu'approchée : \(5z_1=19{,}6330\) contre \(z_6=19{,}6350\). La mise au net ne reprend pas ce cas. Au brouillon, le numérateur de \((1-\lambda)^2\) est sous une tache, et deux chiffres sont lus 1 avec doute.
  138. Vue 332, page (7), son paragraphe 6 ; renvois « V. methodus &c. P. 298 § 83 » et « V. Memoire § 21 ». Ce qu'elle dit de la Methodus est son rapport ; la lecture ne l'a pas vérifié. Le brouillon (vue 240, page 11, « 6 », très corrigé, et le feuillet de la vue 242, en tête « seconde P… », la fin non lue) porte le même argument, avec en plus Giordano Riccati : son mémoire « Delle Vibrazioni Sonore de cilindri », au premier volume des Mémoires de la Société italienne (p. 457), « s'étonne de cette opinion » et remarque que le calcul permet d'échapper à une conclusion contraire à l'expérience ; Riccati, dit-elle, ne paraît pas avoir connu le mémoire de 1779, « quoique le volume qui renferme le sien soit de 1782 ». Le brouillon écrit « P. 898 §. 83 » à côté du nom de Riccati et « le Scholie §. 81 » là où la mise au net écrit « P. 298 § 83 » pour la Methodus et « § 21 » pour le mémoire ; le § 21 de la copie latine est bien le scholie 2 sur les deux nœuds (vue 164). Ces deux lectures du brouillon seraient à revoir sur l'image.
  139. Vues 332 et 334, pages (7) et (8), son paragraphe 7. La condition « pourvu toutefois qu'en désignant par \(\sin n\lambda\omega\) un des sinus de cette suite, \(n\) ne soit pas facteur du dénominateur de la fraction » est écrite « diviseur » au brouillon (vue 244, page 12, alinéa marqué 7 en marge, « Je reviens a present a 12 »).
  140. Vue 334, page (8). La marge porte, dans un cadre, une « N.ta » : les vibrations transversales des plaques élastiques carrées « y sont comprises, puisque la largeur n'influe pas » (« traité » d'acoustique de Chladni, le mot lu avec doute). La largeur n'influe pas sur le son d'une lame (§ 46 d'Euler), mais une plaque carrée n'est pas une lame : voir la section suivante et celle du long mémoire. Au brouillon (vue 244), le regret porte sur ce que ce cas « n'est pas celui qui se presente le plus commodement dans l'experience & la pratique » (« & » lu avec doute).
  141. Énoncés actuels, que les feuillets précèdent et ne connaissent pas ; ils ont été vérifiés numériquement pour cette lecture sur l'équation du § 47.
  142. Pour \(\lambda=0{,}3\) : \(5{,}132\in[\pi,2\pi]\), \(9{,}277\in[2\pi,3\pi]\), \(11{,}780\in[3\pi,4\pi]\). C'est le théorème de séparation des valeurs propres pour une contrainte ajoutée, dû à Rayleigh et généralisé par Courant et Fischer ; les noms seuls sont donnés ici, les feuillets les précèdent.
  143. Vues 246 à 316 : le brouillon, écrit au recto seul. Il est paginé de sa main en tête, les numéros soulignés : 13 à 20 aux vues 246 à 260, 21 à 29 aux vues 262 à 280, 30 à 38 aux vues 283 à 299, 39 à 45 aux vues 301 à 314 ; la vue 316 n'a pas de numéro. Il porte les nos 120 à 154 de la série à l'encre. Ses alinéas sont numérotés 8, 10, 11, 12 dans la marge (le 9 manque ; une marque biffée ouvre la vue 256), puis 13 à 24. La vue 281 photographie de nouveau le feuillet de la vue 280, béquet relevé ; elle montre six lignes barrées d'une croix. La vue 302 reprend la vue 301. Vues 334 à 389 : la mise au net, pages (8) à (35) de sa pagination, entre parenthèses et barrées ; nos 163 à 190 de la série à l'encre ; paragraphes 8 à 25, sans paragraphe 13. La vue 359 reprend la vue 358. Elle est d'une main régulière, que les transcriptions attribuent diversement ; le texte y parle au féminin (« je me suis assurée », vue 377). Correspondance par le contenu : le § 8 de la mise au net répond aux vues 246 à 254 du brouillon ; les § 9 et 10 aux vues 254 et 256 ; le § 11 aux vues 258 et 260 ; le § 12 aux vues 260 et 262 ; l'alinéa sans numéro de la vue 350 au § 13 du brouillon (vues 264 et 266) ; le § 14 aux vues 268 et 270 ; la remarque sur Chladni et Riccati à la vue 272 ; le § 15 aux vues 270 et 274 ; le § 16 aux vues 274 et 276 ; le § 17 aux vues 278 et 280 ; le § 18 aux vues 280 et 283 ; le § 19 aux vues 283 à 287 ; le § 20 aux vues 287 et 289 ; le § 21 aux vues 291 à 295 ; le § 22 à la vue 297 ; le § 23 à la vue 299 ; le § 24 aux vues 301 à 308 ; le § 25 aux vues 310 à 316.
  144. Le feuillet écrit « sin. », « cos. », « tang. » et des sommes d'exponentielles ; on écrit \(\sin\), \(\cos\), \(\tan\), et \(\cosh t\), \(\sinh t\), \(\tanh t\) pour \(\frac12(e^t+e^{-t})\), \(\frac12(e^t-e^{-t})\) et leur quotient ; ainsi son \(\frac{e^{t}+e^{-t}}{e^{t}-e^{-t}}\) est \(\coth t\). La fraction de la longueur où se tient le stylet est une petite lettre crochue, lue \(\lambda\) aux vues 244 à 280 et 342 à 358, et \(x\) (« une lettre proche de \(\lambda\) ») aux vues 283 à 308, 320 à 340 et 361 à 389 ; on écrit partout \(\lambda\). Le feuillet écrit \(\left(\frac{ddy}{dx^2}\right)\) ; on écrit \(Y''\), les dérivées étant prises en \(u\). « Fixée » est son mot pour « encastrée ».
  145. Vues 334 à 342, pages (8) à (12), son § 8, sous les titres soulignés « Problème » et « Solution ». Brouillon : vues 246 à 254, pages 13 à 17, alinéa 8 en marge. Le brouillon renvoie pour les conditions des bouts à « cas 1er No 5 du memoire cité », la mise au net à « Memoire d'Euler § 19 », le 9 lu avec doute.
  146. Le feuillet (vue 342, et au brouillon vue 254) l'écrit \(\{2+(e^{(1-\lambda)\omega}+e^{(\lambda-1)\omega})\cos(1-\lambda)\omega\}\{(e^{\lambda\omega}+e^{-\lambda\omega})\sin\lambda\omega-(e^{\lambda\omega}-e^{-\lambda\omega})\cos\lambda\omega\}+\{\dots\}\{\dots\}=0\), le second produit obtenu en échangeant \(\lambda\) et \(1-\lambda\) ; c'est quatre fois le premier membre écrit ici. Vérifié pour cette lecture : ses racines sont celles du déterminant \(8\times8\) des conditions, calculé directement, soit \(3{,}7502\) ; \(7{,}8532\) ; \(9{,}3882\) ; \(14{,}1372\) pour \(\lambda=\frac12\) et \(4{,}4831\) ; \(6{,}5842\) ; \(10{,}5736\) ; \(13{,}8915\) pour \(\lambda=0{,}3\). Ses deux valeurs de \(\alpha/\alpha'\) sont justes elles aussi. À la vue 342 une parenthèse et une accolade ne sont pas refermées, et le premier membre de la première égalité porte \(\alpha\) là où l'on attendrait \(\alpha'\) : accidents de copie sans effet sur la suite. Le terme de tête des accolades, 4, est écrit sur un autre chiffre à la vue 340 et lu avec doute aux vues 250 et 252 du brouillon ; le calcul demande 4. À la vue 336, le dernier terme d'une ligne est illisible ; le développement demande \(\cos\omega\,\sin(1-\lambda)\omega\).
  147. C'est la lecture qu'en donne aujourd'hui la méthode des raideurs dynamiques en rotation, bien postérieure aux feuillets, qui ne la connaissent pas. Le paragraphe 17 en énonce la structure dans ses propres termes.
  148. Vues 342 et 344, pages (12) et (13), son § 9 ; brouillon, vues 254 et 256. L'incompatibilité est exacte : avec \(c=\cosh\frac12\omega\), la condition donne \(\cos\omega=2/c^2-1\), et l'égalité avec \(1/(2c^2-1)\) revient à \((c^2-1)^2=0\). Le brouillon écrit qu'il faut rejeter cette solution « comme il me semble necessaire dele faire dans le cas examiné par Euler » ; la mise au net, « comme j'ai montré qu'il falloit le faire pour celle qui lui est analogue dans le cas examiné par Euler ».
  149. Vue 344, page (13), son § 10 ; brouillon, vue 256, alinéa 10 en marge, où « être une fraction quelconque aliquote de l'unité » est écrit au-dessus de « avoir toutes toutes les valeurs », biffé. À la vue 344, « \(\sin(1-\lambda)\omega\) » est écrit sans « \(=0\) ».
  150. Vues 346 et 348, pages (14) et (15), son § 11 ; brouillon, vues 258 et 260, alinéas 11 et 12 en marge. Vérifié pour cette lecture : l'identité qui mène au facteur \(\sin\lambda\omega\) est exacte. Elle écarte \(\sin\lambda\omega=0\) parce que la portion \(\lambda a\) serait alors appuyée à ses deux bouts ; la raison donnée ici est plus directe. Au brouillon (vue 260), le signe négatif est dit répondre au cas « ou il y en a un nombre impair » : « impair » y est écrit deux fois, et le raisonnement demande « pair » ; la mise au net ne le répète pas. À la vue 348, l'exposant \((2\lambda-1)\) est écrit une fois sans \(\omega\).
  151. Vérifié pour cette lecture sur le déterminant \(8\times8\) : il s'annule pour ces valeurs, \(Y''(\lambda)=0\) des deux côtés, et \(y'''\) saute. Ce n'est pas un mode de la lame libre : la troisième racine de \(\cos\omega\cosh\omega=1\) est \(10{,}99561\), et le nœud correspondant de ce mode de la lame libre est en \(0{,}3558\). L'écart se resserre vite : pour \(\lambda=r_2/(r_2+r_3)=0{,}40909\), la fréquence et la racine de la lame libre coïncident à cinq décimales et la force au stylet est plus de vingt fois plus faible.
  152. Vues 348 et 350, pages (15) et (16), son § 12 ; brouillon, vues 260 et 262, où la même forme ouvre la vue 262. Vérifié pour cette lecture : pour \(\lambda=0{,}3\), la première racine du déterminant est \(6{,}3015\), celle de l'équation juste aussi, celle de la sienne \(6{,}3138\) ; les suivantes s'accordent à trois décimales. La même forme reparaît pour les bouts libres dans le tableau du § 16.
  153. Vues 350 et 352, pages (16) et (17), alinéa sans numéro ; au brouillon c'est le § 13 (vues 264 et 266, pages 22 et 23), avec deux notes de sa main dans la marge, la première annulée d'un grand trait oblique. Le brouillon justifie la prémisse : on pourrait supprimer deux à deux les parties voisines du milieu sans altérer le son, et sinon les sons des parties extrêmes seraient « infiniment differens » selon les longueurs, « résultat contraire a tout ce que l'on sait sur la théorie des corps sonores ». La mise au net énonce la prémisse sans cet argument.
  154. Calcul de cette lecture : la lame appuyée en \(0\), libre en \(\ell\), a pour forme \(\sin kx+b\sinh kx\) avec \(b=\sin k\ell/\sinh k\ell\), et \(k\ell\) racine de \(\tan t=\tanh t\). Pour des lames libres aux deux bouts, la distance du bout au premier nœud vaut de même \(1{,}060/k\), \(1{,}038/k\), \(1{,}038/k\), \(1{,}038/k\) pour les quatre premiers sons.
  155. Vues 352 et 354, pages (17) et (18), son § 14 ; brouillon, vues 268 et 270, pages 24 et 25. Vérifié symboliquement pour cette lecture. Deux fautes de signe s'y compensent. Le feuillet écrit le facteur \(e^{\lambda\omega}\mp e^{\mu\omega}\) (vues 352 et 354, et au brouillon) alors que la somme donne le même signe que dans \(y\) ; et il attribue le signe supérieur au nombre impair de nœuds, alors que le § 19 (vue 365) attribue à ce cas, où \(\sin\omega\) est positif, les signes inférieurs. Avec le signe de \(y\) et la convention du § 19, le facteur est \(e^{\lambda\omega}-e^{\mu\omega}\) pour un nombre impair de nœuds, et la conclusion est celle du feuillet. À la vue 354, le feuillet écrit \(e^{\lambda\omega}=\pm e^{-\lambda\omega}\) là où le raisonnement attend \(e^{\mu\omega}\). Le brouillon renvoie pour l'ordonnée au « § 21 » d'Euler (vue 352, lu avec doute), la dernière figure se confondant avec la parenthèse.
  156. Vues 354 et 356, pages (18) et (19) ; brouillon, vue 272, page 25, les deux dernières lignes d'une plume plus fine, une mention lue « 2.eme » avec doute en tête. Chladni : « traité d'acoustique pag 4 §§ 71 » au brouillon, « P. 94 § 71 » à la mise au net, le 94 lu avec doute (peut-être « g4 », pour « pag 4 ») ; Riccati : « Delle vibrazioni de' cilindri », au premier volume des Mémoires de la Société italienne, avec un renvoi « § XXX P 503 » où trois croix tiennent la place du numéro du paragraphe, aux deux états. Le brouillon dit que Riccati donne des valeurs de « \(\omega\) », la mise au net de « \(\lambda\omega\) ». Aucun de ces ouvrages n'a été consulté pour cette lecture. Le long mémoire revient à Riccati aux vues 427 à 429. Sa phrase porte sur l'état de la littérature ; la lecture ne l'examine pas.
  157. Calcul de cette lecture, par les racines de \(\cos\omega\cosh\omega=1\) et les zéros de \(\cosh\omega u+\cos\omega u-\sigma(\sinh\omega u+\sin\omega u)\), \(\sigma=(\cosh\omega-\cos\omega)/(\sinh\omega-\sin\omega)\).
  158. Vue 356, page (19), son § 15 ; brouillon, vues 270 et 274, où les arguments \((\lambda-\lambda')\) et \((\lambda+\lambda')\) sont écrits sans \(\omega\) et le résultat \(2\sin\lambda\cos\lambda'\omega\).
  159. Vue 358, page (20), son § 16 ; brouillon, vues 274 et 276 (les équations) et 278 (le dernier cas, avec en marge « voyez § 47 et suiv. du memoire d'Euler »). Vérifié pour cette lecture sur les déterminants : pour \(\lambda=0{,}3\), première racine \(4{,}4831\) pour les bouts libres, contre \(4{,}4028\) par sa forme du tableau ; racines \(5{,}1318\) ; \(9{,}2769\) pour les bouts appuyés et \(6{,}2055\) ; \(10{,}1984\) ; \(12{,}1248\) pour le dernier cas, égales à celles de ses formes. À la vue 358, l'accolade ouverte après \(\sin\lambda\omega\) n'est pas refermée. Les renvois « § 5 », « § 8 », « § 12 » qui suivent ces équations semblent être ses propres paragraphes.
  160. Le feuillet écrit \(\cos\omega=\frac{2e^{\omega}}{e^{2\omega}+1}\) pour I et VI, \(\tan\omega=\frac{e^{2\omega}-1}{e^{2\omega}+1}\) pour II et V, \(\cos\omega=-\frac{2e^{\omega}}{e^{2\omega}+1}\) pour III. Les numéros d'Euler cités sont 23, 30, 35, 39, 43 pour les cas II à VI aux deux états ; pour le cas I, la mise au net écrit « § 5 » (vue 358, comme « cas I § 5 » à la vue 344), le brouillon « No 9 » (vue 276), et la mise au net elle-même « § 15 » au § 24 (vue 381) ; la lecture ne tranche pas.
  161. Vues 361 et 363, pages (21) et (22), son § 17 ; brouillon, vues 278 et 280, pages 28 et 29. Au brouillon (vue 280), « tang \(\lambda\) » est écrit sans \(\omega\). À la vue 361, le signe lu « § » devant « precedent » est incertain.
  162. Vue 363, page (22), son § 18 ; brouillon, vues 280 et 283. À la vue 363, « \(\sin xa=0\) » est écrit avec \(a\) pour \(\omega\). Au brouillon, un long trait oblique traverse l'alinéa 18 sans qu'on puisse dire s'il l'annule ; une note de marge le reprend (« la methode qui conduit a tous ces resultats est loin d'être aussi utile qu'on auroit pû d'abord l'esperer »), et le texte renvoie à un « § 9 » lu avec doute. Vérifié pour cette lecture sur le déterminant, à \(\omega=4{,}4831\), \(6{,}5842\), \(10{,}5736\).
  163. Vues 365 et 367, pages (23) et (24), son § 19 ; brouillon, vues 283 à 287, pages 30 à 32. Vérifié pour cette lecture. Au brouillon (vue 285), la conclusion est écrite une fois « lorsque l'on change \(x\) en \(x-1\) », et un signe y est illisible sous un pâté ; la mise au net écrit « \((1-x\) » sans parenthèse fermante et, à la vue 365, « \((1-x)\omega\) » pour \((1-x)a\). Elle renvoie à Euler « § 2(1) », la dernière figure douteuse, pour l'ordonnée de la lame libre, et « §§ 15 » (lu avec doute) pour ses conditions.
  164. Vues 369 et 371, pages (25) et (26), son § 20 ; brouillon, vues 287 et 289, pages 32 et 33. Au brouillon, le corps de la vue 289 est barré d'une grande croix et récrit dans la marge ; la première rédaction dit : « Je n'ose admettre ce resultat contraire a l'opinion d'Euler sur une hypothèse par laquelle il semble avoir ouvert la carrière a l'examen d'une foule de cas dont il donne un exemple comme pour guider dans des recherches semblables ». À la vue 369, trois mots courts sont biffés après « § 47 » et illisibles.
  165. Vue 371, page (26), son § 21 ; brouillon, vue 291, page 34. L'énoncé est écrit à la vue 371 d'une écriture plus droite et plus ronde que le reste ; la transcription ne dit pas s'il s'agit d'une autre main. Après le premier signe \(=\) de la valeur de \(\alpha/\alpha'\), une fraction entière est biffée et illisible.
  166. Vues 371 à 375, pages (26) à (28) ; brouillon, vues 291 à 295, pages 34 à 36, où un dénominateur porte \(e^{x\omega}\) sans signe à l'exposant et une ligne est récrite. Vérifié symboliquement pour cette lecture : sa valeur de \(\alpha/\alpha'\) est exacte (à \(\lambda=0{,}3\), \(14{,}2197\) et \(-80{,}3004\) aux deux premiers modes, comme les vecteurs propres du déterminant), et, avec \(y(u)=e^{\omega u}-e^{\omega(1-u)}+(1+e^{\omega})\sin\omega u+(1-e^{\omega})\cos\omega u\), la différence des deux membres de son égalité s'écrit exactement \(e^{-\lambda\omega}\) fois \(y(\lambda)\bigl[e^{-\mu\omega}-\sin\mu\omega+\cos\mu\omega+e^{-\omega}y(1-\lambda)\bigr]+y(1-\lambda)\bigl[e^{-\lambda\omega}-\sin\lambda\omega+\cos\lambda\omega\bigr]\), sans reste. À la vue 375, le « 2 » d'une ligne est tracé gras.
  167. Vue 377, page (29), son § 22 ; brouillon, vue 297, page 37, où le premier mot écrit « Lorsque les équations sont l'une et l'autre fixées » pour « les extrémités ». Vérifié pour cette lecture : à \(\lambda=0{,}3\), \(\alpha/\alpha'=59{,}111\) et \(-696{,}137\) aux deux premiers modes, par sa formule comme par le déterminant.
  168. Vues 377 et 379, pages (29) et (30), son § 23 ; brouillon, vue 299, page 38. Deux différences : le coefficient qui n'est pas nul est \(\gamma\) à la mise au net, souligné, et \(\delta\) au brouillon, où l'égalité réduite se lit \(\delta=-\delta'\) ; les valeurs d'Euler sont renvoyées à son « § 48 » à la mise au net, à son § 50 au brouillon. Le relevé qui suit, où \(\delta=0\), s'accorde avec \(\gamma\). Un mot est biffé et illisible après « § 47 » à la vue 377.
  169. Vérifié pour cette lecture : le rapport des deux valeurs d'Euler tend vers \(-1\) quand \(\omega\to2\pi\), de part et d'autre. La section précédente (§ 50 d'Euler) établit que \(\gamma'=\gamma\).
  170. Vues 379 à 383, pages (30) à (32), son § 24 ; brouillon, vues 301 à 306, pages 39 à 41, paragraphe 24 en marge. Les renvois à Euler sont § 15, § 30, § 35 et § 43 pour les cas I, III, IV et VI, § 23 et § 39 pour les cas II et V. La transcription du lot 20 a vu par transparence, à travers la vue 380, un béquet portant « (29) » sur le feuillet de la vue 379 ; il n'a pas été transcrit, et cette lecture n'en dit rien de plus.
  171. Aux deux états (vues 301, 304 et 381), le feuillet écrit \(\tan\frac12\omega=\frac{1-e^{\omega}}{1+e^{\omega}}\) et \(\tan\omega=\frac{1-e^{2\omega}}{1+e^{2\omega}}\), avec le signe contraire de celui qu'elle écrit elle-même aux § 16 et 19 et que demandent les coefficients ; on rétablit le signe. À la vue 381, une phrase intervertit les chiffres des cas I et II ; à la vue 304 du brouillon, un groupe très repassé, lu avec doute « \(A=-e^{\omega}\) », « \(x=1\) », suit les coefficients.
  172. Vues 381 et 383 ; brouillon, vues 304 et 306. La transcription rend le radical \(\sqrt{2}\,(e^{2\omega}+e^{-2\omega})\) ; le calcul demande le radical sur tout le produit, \(\sqrt{2(e^{2\omega}+e^{-2\omega})}=2\sqrt{\cosh2\omega}\), et c'est ainsi qu'on l'écrit. C'est une lecture de cette édition, à vérifier sur l'image. Avec \(\tan\omega=\tanh\omega\), \(\sin\omega=\pm2\sinh\omega/\sqrt{2(e^{2\omega}+e^{-2\omega})}\), d'où le terme d'Euler \(-2(\sinh\omega/\sin\omega)\sin\omega u\). À la vue 383, les deux valeurs portent le même numérateur \(e^{\omega}-e^{-\omega}\) ; le brouillon (vue 306) donne \(e^{\omega}+e^{-\omega}\) pour le cosinus, qui est juste. À la vue 381, le premier « cas VI » de l'alinéa désigne le cas V.
  173. Vue 385, page (33), premier alinéa, qui renvoie à « l'observation que j'ai faites, § 14 » (le 14 lu avec doute) ; brouillon, vue 308, page 42, qui s'arrête sur « extremités ». Au troisième son de la lame libre, par exemple, la demi-partie centrale vaut \(0{,}1442\) de la longueur, la partie du bout \(0{,}0944\).
  174. Vues 385 et 387, pages (33) et (34), son § 25, le 5 en forme de S ; « 110 », « 63 » et « contigue » lus avec doute. Une note de marge précise que les seules figures composées dont il s'agit sont décomposables en quatre figures simples, celles qui en contiennent un nombre impair ayant des lignes nodales diamétrales. Brouillon, vues 310 et 312, pages 43 et 44 : la figure composée de quatre est la « fig 64. a », et « huit » est biffé devant « 16 fois » ; la phrase qui suit, « mais cependant Mr Chladni ne dit pas avoir obtenu ces deux dernieres figures par le rapprochement de 9 et 16 plaques portant la fig. 63 », est barrée. Les figures redessinées sont à la vue 391. Au § 8 (vue 334), une note encadrée disait déjà que les vibrations transversales des plaques carrées sont comprises dans le cas de la lame ; voir la section précédente.
  175. Vues 387 et 389. À la vue 387, le troisième terme de la seconde suite est écrit « \(2\alpha'+2a\) » pour \(\alpha'+2a\). Le brouillon (vue 312) cite le « § 26 » de Biot, le 6 lu avec doute, là où la mise au net écrit « § 24 » ; il porte en marge un petit dessin d'un carré partagé en quatre et la remarque « pour les figures composées dela fig 63 \(\alpha\) et \(\alpha'=\frac12a\) ». Le mémoire de Biot n'a pas été consulté pour cette lecture.
  176. Pour la plaque, c'est la solution dite de Navier, que les feuillets ne nomment pas ; l'égalité de ces modes avec ceux de la membrane ne vaut que pour des bords droits.
  177. Le calcul des figures de la plaque carrée libre par approximations successives est celui de Ritz (1909) ; le nom seul est donné, les feuillets le précèdent.
  178. Dénombrement de cette lecture : \(3^4=81\) dispositions, réparties en 21 classes sous les huit symétries du carré, et en 24 sous les seules rotations. « quinze » est lu avec doute à la vue 389 (« quize » en apparence) ; le brouillon écrit « quinze » (vue 314) et « 15 » (vue 316).
  179. Vue 389, page (35) ; « appuyé » est souligné. Les derniers mots sont serrés contre le bord droit, et aucune vue ne continue la phrase. Brouillon, vues 314 et 316 : la première page annule plusieurs passages par des hachures ; la seconde, sans numéro, reprend l'ouverture de la première et la poursuit autrement. Elle y trouve l'« immensité de cas » augmentée « d'une manière effrayante » par les degrés de pression que Chladni rapporte : une pression faible diffère peu de la liberté, et la fixité est la limite d'une échelle « composée d'un nombre infini de degré ». Un passage barré y ajoutait la position, la pression et la vivacité de l'archet.
  180. Vues 391 à 396, nos 191 à 194 de la série à l'encre, sans pagination de sa main. Les vues 393 et 395 sont des revers blancs ; la vue 392 n'est pas le revers de la vue 391, mais un feuillet plus petit.
  181. Rapprochement de cette lecture, non écrit sur le feuillet.
  182. Vérifié symboliquement pour cette lecture. Pour la lame libre, aucun des dix premiers modes n'a un nœud à une distance du bout double de celle d'un autre ; l'écart le plus petit, \(0{,}023\) de la longueur, est au dixième mode. Le signe lu « &c » après la dernière exponentielle est douteux ; le feuillet s'arrête sur « or cette ».
  183. Vue 394, avec le cachet « Bibliothèque Impériale MSS. » ; un exposant de la dernière ligne est empâté. Le feuillet écrit \(x\) pour la fraction ; on écrit \(\lambda\).
  184. Vues 398 à 490. Pages (1) à (80) de sa pagination, en tête des pages, les impaires souvent barrées d'un trait ; série à l'encre en haut à droite, un nombre par feuillet, de 195 (vue 398) à 240 (vue 489). Sont reliés dans ce passage sans en faire partie : un feuillet de calculs (vues 410 et 411, no 201), le petit feuillet sur la cire (vue 416, no 204, lu avec le § 6 du mémoire, qu'il corrige), un petit feuillet de calculs (vue 428, no 210), le fragment sur la mesure de la courbure (vue 465, no 228) et le feuillet de calculs de la vue 483 (no 237), ces deux derniers lus avec les feuillets épars sur la courbure. Les vues 430, 431, 466 et 484 sont des dos blancs ou une seconde prise (431 répète 429). Que ce mémoire soit celui qu'elle appelle ailleurs « mon mémoire pour 1813 » est une inférence de cette lecture, exposée à la dernière sous-section de la section suivante.
  185. Le feuillet écrit les dérivées avec un \(d\) droit (\(d^4z/dx^4\), \(ddz/dx^2\), \(d^2z/dxdy\)) ; on écrit \(\partial^4 z/\partial x^4\), \(\partial^2 z/\partial x^2\), \(\partial^2 z/\partial x\partial y\), et dans le commentaire \(z_{xx}\), \(z_{xy}\). On note \(\Delta = \partial^2/\partial x^2 + \partial^2/\partial y^2\) et \(\Delta^2\) le bilaplacien.
  186. Vue 398, page (1), no 195 de la série à l'encre ; un brouillon très corrigé, lignes entières barrées d'un trait épais et leçon nouvelle écrite dans l'interligne. La citation latine est d'une plume plus fine ; le feuillet écrit « isdem » et « impossibilitis », que la mise au net de la vue 593 écrit « iisdem » et « impossibilis ». Traduction : « Mais de loin le plus grand obstacle aux progrès des sciences, et à l'entreprise de tâches et de domaines nouveaux, se trouve dans le désespoir des hommes et dans la supposition de l'impossible. » La référence porte « tome 1 p. 298. edit in fo », puis un mot qui commence par « lond » (lu avec doute) et dont la fin est illisible ; la mise au net écrit « London 1740 ».
  187. Contexte, non tiré des feuillets : les pièces envoyées aux concours de l'Institut étaient anonymes et se reconnaissaient à leur épigraphe, reprise sur un billet cacheté qui portait le nom de l'auteur.
  188. Le préambule s'est fait en plusieurs couches ; l'ordre des corrections est celui que la page suggère. « examiner » remplace « embrasser » ; « différentielle dont les intégrales particulières sont facilement applicables » remplace « fort simple » ; la note de la marge, « puisqu'eux seuls presentent des lois déterminables », remplace une addition barrée (« en tant qu'elle s'occupe des lois relatives au son ») ; « je soumets » remplace « j'ai l'honneur de ». Sont barrées, entre autres, la phrase « de l'autre, cet habile physicien n'a fait qu'un petit nombre d'essais sur le son des surfaces courbes » (« n'a fait qu'un » lu avec doute) et une phrase dont on ne lit que « surfaces d'une courbure quelconque en substituant », « différentielles », « de la courbe » et « desorte que les valeurs de », la fin de chacun de ces groupes étant illisible. Ce que disait cette phrase barrée, un autre état de l'ouverture le donne en entier (vues 595, 598 et 614, section suivante) : transporter la théorie aux surfaces courbes en prenant pour coordonnées les lignes de courbure principales. La lettre \(z\) est soulignée.
  189. Vues 399 à 404. Pages (2) à (7) ; nos 195 (verso écrit), 196, 197 et 198 de la série à l'encre. Mise au net peu corrigée : « d'où il suit » devient « Ainsi je trouve » (vue 399). La lettre de l'épaisseur, un jambage coiffé d'un trait, est lue \(\tau\) avec doute à sa première occurrence (vue 402) ; elle a la forme d'un \(\Gamma\) à la vue 413.
  190. Le feuillet écrit \(\frac{1}{(r)}+\frac{1}{(r')} = -\left(\frac{ddz}{dx^2}+\frac{ddz}{dy^2}\right)\). La relation de la vue 399, \(-\cos e = \frac{AA'+B'B'+CC'}{\ldots}\), porte \(B'B'\) au numérateur là où la ligne précédente a \(BB'\) ; c'est un lapsus, le calcul de la vue 400 employant \(BB'\). À la vue 401, la première ligne s'arrête au bord sur « \(+d\) » : le calcul demande \(d^2z\). À l'avant-dernière ligne du calcul du numérateur, la dernière accolade, \(\{dx\,d^2z\}\), n'a pas son exposant 2, le bord de la ligne touchant la marge.
  191. Le feuillet écrit \(b\tau^2\left\{\frac{d^4z}{dx^4}+2\frac{d^4z}{dx^2dy^2}+\frac{d^4z}{dy^4}\right\}+\frac{ddz}{dt^2} = 0\), vue 403. Un 4 est écrit sous l'exposant de \(\tau^3\), contre l'accolade, sans qu'on voie ce qu'il marque.
  192. Contexte, non tiré des feuillets : la pièce qu'elle avait envoyée au premier concours portait une équation fautive, que Lagrange, commissaire, a corrigée en 1811 sous la forme qu'on lit ici ; le nom de « Germain–Lagrange » vient de là.
  193. Kirchhoff, 1850 ; le feuillet est antérieur et ne le cite pas. Ici \(E\) est le module d'Young, \(h\) l'épaisseur, \(\rho\) la densité, \(\nu\) le coefficient de Poisson ; ce \(E\) n'est pas la force \(E\) du feuillet.
  194. Le nom est postérieur au feuillet. Le feuillet écrit la seconde équation \(h^2\{\frac{d^2z}{dy^2}+\frac{d^2z}{dx^2}\}=-z\), le signe moins serré contre \(z\), peut-être ajouté ; la lettre \(h\) y est tracée comme un \(b\) barré.
  195. La phrase précédente porte plusieurs pluriels annulés d'une petite croix, et après « que » une lettre barrée qui n'a pas été lue (vue 404) ; « cette équation n'a point d'intégrale générale en termes finis » est dit de (B).
  196. Vues 405 à 415. Pages (8) à (14) ; nos 199 à 203 de la série à l'encre. La pagination repasse deux fois par (9) et (10) (vues 406 et 407, puis 408 et 409) ; les vues 408 et 409, puis 412 et 413, sont deux mises au net successives de la seconde moitié de la page (10) de la vue 407, et les pages (11) et (12) (vues 412 et 413) reprennent la matière des vues 408 et 409. Entre les deux, le feuillet de calculs des vues 410 et 411 (no 201, écrit en travers, sans pagination) dérive deux fois en \(x\) une série de la forme de (F), avec \(\Pi - \Pi'\) pour paramètre, et essaie \(z = \sin\frac{mx}{A}\sin\frac{my}{A}\{\cos\sqrt{m^2+n^2}\frac{x}{A} + \cos\sqrt{m^2+n^2}\frac{y}{A}\}\) ; un facteur noirci y reste illisible (vue 411).
  197. La fréquence est \(\sqrt{1/K}/2\pi\) dans ses unités ; sa mesure en diffère d'un facteur constant, sans effet sur les rapports. Le coefficient de (C) est une capitale cursive bouclée, distincte du \(A\) des dénominateurs, rendue \(\mathcal{A}\) par la transcription, qui note qu'elle a aussi la forme d'un B cursif.
  198. La condition n'exprime pas à elle seule la périodicité : c'est une équation des ondes en \((x,y)\), dont la solution générale est \(\varphi(mx+ny) + \psi(mx-ny)\), et les produits de sinus n'en sont qu'une famille particulière. Le second dénominateur de (D) est un \(A\) traversé d'un trait oblique, accent ou rature (vue 406).
  199. Le même signe, un \(\pi\) aux jambages hauts, sert sur le feuillet pour la demi-circonférence et pour le paramètre ; la distinction \(\pi\) / \(\Pi\) est du transcripteur. Le point entre deux chiffres est son signe de produit : « \(3.5\) » et « \(3.8\) » valent 15 et 24. Les termes généraux qu'elle donne à la vue 408, \(\frac{(\Pi+3)(\Pi+15)\cdots(\Pi+4n^2-1)}{2\cdot3\cdots(2n+1)}\cos^{2n+1}\) et \(\frac{(\Pi+8)(\Pi+24)\cdots(\Pi+(2n-1)^2-1)}{3\cdot4\cdots 2n}\cos^{2n}\), sont ceux que donne la récurrence des coefficients ; la copie de la vue 412 écrit \(2\cdot3\cdot4\cdot5\cdots 2n\) au dénominateur des lignes en \(b''\) et \(B''\), ce qui est un lapsus. Dans (E) (vue 407), le dernier terme de la ligne en \(B'\) porte \(nx\) là où \(my\) est attendu ; dans (F), plusieurs arguments des lignes en \(y\) portent \(mx\), et les accents de \(\Pi'\) y sont ajoutés sur des groupes barrés ; la mise au net de la vue 408, étiquetée (F\('\)), écrit partout \(my\) et met \(\Pi\) en \(x\), \(\Pi'\) en \(y\). On suit cette mise au net.
  200. Vérifié pour cette lecture à trente décimales, pour \(p = 1{,}5\), \(2{,}7\) et \(\sqrt{24}\) et plusieurs valeurs de \(u\).
  201. La première rédaction (vue 407) porte au dénominateur de cette condition \(\Pi' - 1\) et au numérateur un groupe barré qui n'a pas été lu, et la formule des sons y a une lettre noircie devant \(\Pi+\Pi'-2\).
  202. Sur la vue 412, le groupe noyé sous une rature en boucle après « \(\Pi + \Pi' =\) » n'est pas lu ; « ayent » est écrit au-dessus d'un mot barré, lu « aient » avec doute.
  203. Les coefficients de (H) s'écrivent sur le feuillet « \((2-m^2+3\) », la parenthèse ouverte et non fermée ; le premier chiffre de ces groupes, chargé d'encre, se lit 2 sans certitude (vue 409), et les constantes \(+3\), \(+8\), \(+15\), \(+24\) sont presque toutes repassées sur d'autres chiffres à la vue 412, où « \(+24\) » est lu sous une tache d'après les lignes voisines. La lecture n'a pas retrouvé la condition dont ces coefficients procèdent.
  204. L'argument du dernier sinus se lit « \(\pi\,may\) » avec doute à la vue 409 et « \(\pi.mn.y\) » avec doute à la vue 413 ; la majuscule ornée est rendue \(\mathfrak A\). La formule des sons de (I) est d'abord \(\pi m^2 n^2\tau\sqrt b/A^2\), barrée à la vue 409 et remplacée par « \(= \pi.n^2(m^2+1)\) » sans le facteur \(\tau\sqrt b/A^2\), puis de nouveau \(\pi m^2n^2\tau\sqrt b/A^2\), non barrée, à la vue 413.
  205. Vues 414 à 432. Pages (13) à (26) ; nos 203 à 211 de la série à l'encre. Le petit feuillet de la vue 416 (no 204), sur l'effet de la cire, interrompt la phrase entre la page (14) et la page (15) ; il est lu avec le § 6 du mémoire, qu'il corrige. Le petit feuillet de la vue 428 (no 210), des calculs sans un mot, calcule d'une part les carrés \(f^2\), \(g^2\), \(h^2\) de deux cordes consécutives d'une courbe et de la corde qui les joint (l'angle de deux éléments par la loi des cosinus), d'autre part la variation \(\iint \Delta z\;\delta\,\partial_x^2 z\;dx\,dy\) intégrée par parties, ce qui est exactement le calcul d'où sortent les conditions aux limites du No 9 ; la parenthèse de sa deuxième ligne porte \(\frac{d^2z}{dx^2}\) deux fois, et deux signes y restent illisibles, avec le coefficient 2 lu avec doute. La vue 431 répète la vue 429.
  206. Le nom d'Euler est tracé « Lobr », son E en forme de L (vue 419) ; « cordes », dans un groupe barré, est lu avec doute.
  207. « P. 197 » : la page de Lagrange est chargée d'encre, 197 lu avec doute. La lettre devant les deux équations est un \(K\), lu avec doute pour la seconde. Le feuillet écrit « \(\frac{d^3z}{dx^3} = 0\) » et ne met pas « \(= 0\) » après \(\frac{dz}{dx}\) et \(\frac{d^2z}{dx^2}\) dans l'énumération d'Euler.
  208. Le mot barré devant « constater » est lu « mesurer » avec doute ; « parvenue » est au féminin (vue 420).
  209. Vue 421. « métalliques » est écrit seul dans la marge ; « satisfont » est écrit sur « satisfait » et lu avec doute ; une addition interlinéaire annonce un effet de la courbure « que j'expliquerai dans la suite » ; les dernières lignes, sur la facilité de la lame droite à se ployer au second cas, sont barrées. Ce que dit Chladni n'est pas vérifié ici.
  210. Vues 422 à 424. Le feuillet change \(y\) en \(z\) et écrit « u » ; la lecture garde \(u\). Le signe du second crochet de la seconde équation de la vue 422 est effacé sous une tache. À la vue 423, dans la dernière paire d'équations, le second crochet est écrit \((1-e^{\omega})\) devant \(\sin u\omega\) là où les deux équations dont elle est tirée portent \((1+e^{\omega})\) : c'est un lapsus. « suivant la remarque d'Euler N.o 47 » remplace « P. 157 », barré, lu avec doute.
  211. Les cas sont ceux d'Euler, dans son ordre : I, les deux bouts libres ; II, un bout libre et l'autre appuyé ; III, un bout fixé (encastré) et l'autre libre ; IV, les deux bouts appuyés ; V, un bout fixé et l'autre appuyé ; VI, les deux bouts fixés. Le feuillet écrit la condition \(\frac{e^{\omega}-1}{e^{\omega}+1} = \text{tang}\,\frac12\omega\).
  212. Vues 425 à 427. « remarque », barré après « la », est une lecture du sens plus que de la lettre ; « d'extrêmités » (vue 426) est lu avec doute. Les ordinaux « veme » et « vieme » désignent les cas V et VI.
  213. Vue 429. Le feuillet dit aussi que « la partie comprise entre le second nœud et le troisième doit être moins grande que celle qui est limitée par les deux premiers nœuds » : cette comparaison est inversée, par rapport au calcul (le rapport du premier intervalle intérieur au suivant vaut \(0{,}91\)) comme par rapport à sa propre conclusion, qu'une partie est « d'autant plus étendue qu'elle est plus éloignée de l'extrêmité ». La fin de « confirme », barrée, est illisible. Elle écrit « Ricati », « cilindri ».
  214. Vue 432. Un mot barré après « qui », noirci, n'est pas lu. Vue 433, début : un signe barré devant « remarqué » n'est pas lu.
  215. Vues 433 à 438. Pages (27) à (32) ; nos 212 à 214 de la série à l'encre. À la vue 433, la lettre après « pour » est lue \(E\) avec doute, et la lettre grecque sous le carré, \(\beta\), avec doute. Son signe \(S\) est une somme le long du contour ; le feuillet écrit la première condition avec « \(dx\,dy\) » sous \(dz\), et les suivantes avec un facteur \(\frac{1}{dy}\).
  216. Kirchhoff, 1850 ; le feuillet est antérieur et ne le cite pas.
  217. Vue 434 : « appartiendroient » est lu avec doute. La mise au net de la vue 596 écrit « comme fixé ».
  218. Vue 435 : dans le second couple, \(\frac{dz}{dy}\) est écrit sans « \(=0\) » ; une petite croix barrée devant « car » n'appelle rien.
  219. Vues 436 et 437. Le groupe barré après « on peut » est lu « \(r=a\) » avec doute. Les points de suspension, « \(=\ldots\) », sont d'elle : elle laisse en blanc le facteur devant l'accolade. À la vue 437, dans la dernière des quatre équations, le second terme est écrit dans l'ordre inverse de celui de la deuxième.
  220. Vues 439 à 468. Pages (33) à (60) ; nos 215 à 229 de la série à l'encre, 228 étant le fragment sur la courbure (vue 465), étranger au mémoire et relié entre les pages (58) et (59). Le titre du § 4 porte un mot barré illisible. Les feuillets, plus petits, sont montés bas sur leurs feuilles à partir de la vue 443 ; la main est celle de la mise au net, de plus en plus corrigée, avec des notes de sa main dans les marges et des pieds de page annulés en rédactions superposées (vues 444, 452, 457, 459).
  221. Vues 439 et 440. Devant « d'abord », « supp » est barré et « fesant » lu avec doute ; après « auroit », quelques lettres noircies ne se lisent pas ; « est » et un mot illisible sont barrés devant « faut ». Dans (C\('\)), le facteur \(\mathcal{A}\) n'est pas répété devant la seconde accolade. La formule réduite de la vue 440 a le signe global opposé à celui qu'on écrit ici, ce qui ne change rien.
  222. Un calcul de Ritz fait pour cette lecture (fonctions de Legendre, théorie de Kirchhoff) redonne, pour \(\nu = 0\), un mode double de la plaque carrée libre exactement à la fréquence de la lame libre de même longueur.
  223. Ritz, 1909 ; le feuillet est antérieur et ne le cite pas.
  224. Vues 441 à 443. « fictives » et « consécutives », dont les fins sont surchargées, sont lus avec doute, ainsi que « on » (vue 442).
  225. Vues 443 à 456. Les figures dessinées sur les pages (vues 445, 448, 450) sont décrites par la transcription ; à la vue 450, une seconde figure est annulée de longs traits obliques. Sa note marginale de la vue 445, « N.ta j'ai refait cette fig parceque j'avois laissé entre la première ligne ponctuée et le bord de la surface la moitié de l'intervalle entre deux lignes fictives cequi ne doit pas être », lit « refait » avec doute : c'est la même inégalité des intervalles qu'elle avait relevée sur la lame. Le pied de la vue 444, sur la numérotation des figures de Chladni, est barré en deux rédactions enchevêtrées. Les renvois « (V pl. jointe a ce M. fig. 67 c) » et « (V. la pl. … fig 72 a) » portent une lettre et un groupe douteux ou illisibles ; la planche « jointe à ce mémoire » n'est pas dans le volume. Les vues 451 et 452 (la règle des trois cas, \(<\), \(=\), \(>\)) sont très récrites ; « sera » et un mot commençant par « tour » y restent douteux ou illisibles.
  226. Vues 456 et 457 : les conditions que doit remplir la courbe fermée des cas suivants sont très raturées ; « 12 » points invariables, au lieu de 8 pour la troisième valeur, est lu avec doute, ainsi que « lorsqu'il s'agit » ; la fin d'une ligne barrée et un mot noirci sont illisibles.
  227. Vues 457 à 460. « tirer », dans sa note sur la définition de Chladni, et « que j'ai exposée » (vue 458) sont lus avec doute ; une parenthèse barrée sur la renumérotation de deux figures par Chladni est lue en partie avec doute, sa fin illisible (vue 459) ; « § 3 » (vue 460) est lu avec doute. Le renvoi à « la table p. 150 de Chladni », où il indique les sons de chaque figure, est ajouté dans l'interligne (vue 458).
  228. Vues 461 à 463. « tel », « naturel », « en eff », « dans », « -sent », la lettre \(r\) d'une note marginale, « 85 » (peut-être 89), « lignes », « tasse » et « 64 » sont lus avec doute ; la figure où elle a marqué les points \(a\,n\,m\,y\), \(g\,k\,h\,d\), \(c\) et \(s\) n'est pas sur ces feuillets.
  229. Vue 464. « on sait » est lu avec doute ; une croix et quelques lettres, lues « m. » avec doute, semblent un appel sans texte ; la « fig. A » (lue aussi « fig. 1 ») qu'elle renvoie « ci-joint » n'est pas dans le volume ; « (V. § 3 N.o 8) » est lu sur un signe de paragraphe tracé comme un 8.
  230. Vues 467 et 468. La condition de la vue 467, « \(d.\{\frac{ddz}{dx^2}+\frac{ddz}{dy^2}\}=0\) », est écrite sans dénominateur à la première occurrence et avec \(dx\) à la seconde. Le mot barré après « pour » (vue 468) est illisible, et le mot barré « avantage » lu avec doute.
  231. Vues 469 à 490. Pages (61) à (80) ; nos 230 à 240 de la série à l'encre, 237 étant le petit feuillet de calculs de la vue 483, étranger au mémoire (variation d'une intégrale double de \(ds\) divisée par le carré de la somme des courbures), lu avec les feuillets épars sur la courbure. « homage » est barré et récrit « hommage » (vue 469). Les pages (61) à (63) de la seconde rédaction de la comparaison (vues 600 à 602) redisent presque mot pour mot les vues 486 à 490 ; les différences sont notées plus bas.
  232. Vue 470 : dans la dernière ligne de formules, \(\frac{dz}{dy}\) est écrit sans « \(=0\) » et la seconde condition finit sur « \(=\) » au bord du feuillet. « dans un grand nombre de cas » et « dans les cas dont j'ai parlé » sont ajoutés dans l'interligne.
  233. Vue 471. Trois lignes barrées lettre par lettre de petites croix annonçaient l'examen d'une intégrale dont l'étiquette ne se lit pas ; « présenté », « l'observation », « s'applique » et « satisfera » sont lus avec doute.
  234. Vues 472 à 475. L'étiquette de l'intégrale est une capitale empâtée lue « D » ; « cette » (vue 473) et « duquel », « telle » (vue 475) sont lus avec doute ; la fin d'une ligne barrée de la vue 473 est illisible. Son 4 est tracé comme un « h ».
  235. Le changement de \(x\) en \(\frac12 A - x\) échange sinus et cosinus quand \(n = 1\) ; pour \(n\) quelconque il faut changer \(x\) en \(A/2n - x\). Le dernier alinéa de la vue 477 porte nettement « l'intégrale (E) », mais les constantes \(\Pi\), \(\Pi'\) et le son \(m^2(\Pi+\Pi'-2)\) sont ceux de (F). « fait », « soit » et « éd. » sont lus avec doute ; le second facteur « \(16-p^2\) » se lit aussi « \(96-p^2\) ».
  236. Vue 479. « \(\Pi'' = 1 - 9\) » est écrit ainsi ; la page porte « 71 » sans parenthèses, barré. Dans la ligne barrée sur la figure 70, un mot court est illisible. À la vue 481, le signe entre \(\Pi''\) et \(2\) est noyé sous une tache ; elle ajoute en marge « dorenavant je changerai le signe des \(\Pi\) », la dernière lettre lue avec doute.
  237. Vue 480. Le long passage qui traite de ces cas est une addition d'une plume plus fine, dans l'interligne, au bas de la page puis dans la marge ; un groupe barré, « B par exemple sera \(>\) que 3b », y est lu avec doute, et un mot d'une ligne barrée est illisible. La lecture « \(\frac12\) » des fractions mal formées est celle de la transcription, d'après « d'un tiers de l'intervalle ».
  238. Vues 481 à 485. Deux passages barrés de la vue 481 sont repris aussitôt presque mot pour mot ; à la vue 482, « particulières » est coupé au bord, sa fin passant sous le montage, et « semblement » corrigé en « semblablement » ; la lettre de « (G) » peut se lire G ou 6 (vue 485). La transcription relève, comme remarque de transcripteur, que les nombres \(10\), \(40\) et \(26\) s'accordent avec \(\Pi'' = 1 - 9\) pour \(m = 1\) et \(m = 2\) et \(\Pi'' = 1 - 25\) pour \(m = 1\).
  239. Vue 486. Le mot barré sous « deviné » et le groupe barré après « s'est bien gardé de » sont illisibles ; le bas de la page est une récriture en interligne, où « senti » et « la presentoit » sont lus avec doute dans les lignes barrées.
  240. Vues 487 à 490. À la vue 488, « \(n = 4\) » est écrit au-dessus de la ligne, alors que l'argument est \(\pi x/A\) ; la seconde rédaction (vue 601) écrit « \(n = 1\) ». « Donnés » et « Avant », barrés, et la lettre \(b'\) de « entre \(b'\) et \(\mathcal{A}\) » (le sens voudrait \(a'\), que donne la vue 601) sont lus avec doute ; un signe du second facteur est noyé sous une tache. À la vue 489, « \(n' = 1\) » est lu avec doute et la première valeur de \(z\), barrée, a un numérateur illisible. À la vue 487, (I) est dite périodique « dans le sens des \(y\) », alors que les vues 409 et 413 disaient « dans le sens des \(x\) ». Dans la seconde rédaction, les passages sur (H), étiquetée « (++) », et sur les figures 79 b et 86 sont traversés de longs traits obliques qui paraissent les annuler (vues 600 à 602), et une note de la marge de la vue 600 ramène les sons de ces figures à ceux des intégrales périodiques.
  241. Vue 490, page « 80 » sans parenthèses. La note marginale, appelée par une croix, ajoute la ressource d'« employer à la fois ces diverses intégrales comme je le dirai en parlant des plaques rectangulaires », son premier mot, « soit », paraissant barré.
  242. Comme dans la section précédente, le feuillet écrit les dérivées avec un \(d\) droit ; on écrit \(\partial\).
  243. Vues 593 à 597. No 292 de la série à l'encre pour le feuillet des vues 593 et 595 (la vue 594 le photographie une seconde fois), 293 pour celui des vues 596 et 597 ; pagination (2) à la vue 595, (23) et (24) aux vues 596 et 597, aucune à la vue 593. Le titre est d'une main calligraphiée ; la référence de l'épigraphe et le titre du paragraphe sont soulignés.
  244. Vues 593 et 595. « nombre » et « d'essais » ne se lisent que sous les hachures, d'où le doute. Le mot barré après « au dessus de » est « leur », avec des lettres récrites par-dessus, peut-être « sa ».
  245. Vues 596 et 597. « en repos » est écrit d'une encre plus lourde par-dessus d'autres lettres ; le « 0 » de « \(dy = 0\) » pourrait être lu « a ». La vue 597 s'arrête sur « on ait \(dy = 0\), » au bas du feuillet.
  246. Vue 598, no 294 de la série à l'encre. « fort » est taché d'un pâté et lu avec doute, peut-être biffé ; le mot qui suit « de l'autre », dans une addition, se lit « habile » avec doute ; les deux lignes « la théorie … question. » sont hachurées de petites croix, « je crois » lu sous les hachures. La vue 599, dos blanc, n'est pas transcrite.
  247. Vues 614, 616 et 618 ; nos 301, 302 et 303 de la série à l'encre. Les vues 615, 617 et 619 sont leurs dos blancs. Ils sont reliés après la seconde rédaction de la comparaison des sons (vues 600 à 613), dont ils ne sont pas.
  248. Vue 614. Le premier mot, barré, n'a pas été lu ; « courbures », dont la fin est surchargée, est lu avec doute ; « qui mesurent les courbures principales » est écrit au-dessus de « pareillement rectangulaires », barré, et « roient » au-dessus de « n'exprimeroit encore », barré, sans que le verbe corrigé soit récrit. « comme on valevoir » (va le voir) et « delà » sont lus avec doute ; un mot barré après « des mêmes cas » est illisible.
  249. Vues 616 et 618. « ni en general », « ce savant » et « d'après les le plus » sont lus avec doute sous les ratures ; « et encore moins » est écrit au-dessus d'un groupe barré, « moins » lui-même traversé d'un trait léger. « aucun essais », « présenteroit », « correspondroit » sont écrits ainsi.
  250. Vues 620, 622, 624 et 626 ; nos 304 à 307 de la série à l'encre. À la vue 620, à côté du 304, un petit chiffre noirci, peut-être 1, barré et souligné ; puis 2, 3 et 4 soulignés en tête des vues 622 à 626, le 4 barré. Les dos blancs (621, 623, 625, 627) ne sont pas transcrits.
  251. Vue 620. Le coefficient se lit \(\kappa\) (ou un \(k\) à boucle) et \(b\) avec un 2 en exposant, sous lequel un second petit signe n'a pas été lu, dans les deux équations. Le signe devant \(\frac{1}{R^2}\) est noirci d'une tache dans la première, \(+\) dans la seconde. Le feuillet écrit les dérivées \(\frac{d^4z''}{dx^4}\), \(\frac{d^2z''}{dx^2}\) ; le laplacien est de cette lecture.
  252. « résolue » est lu avec doute, serré après « avisé », barré ; deux lignes barrées commençaient « Le tems m'a manqué pour effectuer toutes celles que j'avois projettés ».
  253. Vues 622 à 626. Plusieurs paragraphes de la vue 622 sont annulés de grands traits obliques, dont celui qui décrit des portions cylindriques d'arc \(A\) ; « ployés » et « cambrer » sont lus avec doute. À la vue 626, trois lignes barrées mot à mot disaient que la figure des deux diagonales « ne peut se former sur les surface cylindriques il suffit d'une courbure a peine sensible pour que cette figure ne paroisse plus ». La note marginale de la vue 624, appelée semble-t-il par un astérisque, est celle sur la variation de l'intervalle avec la courbure.
  254. Rayleigh a étudié les vibrations inextensionnelles des surfaces courbes dans les années 1880 ; le feuillet est antérieur et ne le cite pas. Sur les plaques planes, l'intervalle qu'elle trouve le plus constant ne dépend, dans la théorie de Kirchhoff, que de \(\nu\), comme tous les rapports de sons d'une plaque carrée libre ; il vaut \(2{,}56\) pour \(\nu = 0{,}25\) (calcul de Ritz fait pour cette lecture).
  255. Contexte, non tiré des feuillets : le prix sur les surfaces élastiques a été mis au concours à plusieurs reprises, avec des échéances en 1811, 1813 et 1815. Ce que les feuillets du volume disent de cette histoire, c'est l'Avertissement de l'Exposition des principes (vues 3 à 9) qui le rapporte, et les brouillons de l'introduction du mémoire sur la courbure (vues 93 à 114), d'où vient la citation de la vue 103.
  256. Vues 491 à 592 : ses pages (81) à (165), la fin de la copie de travail mise au net et corrigée qui commence à la vue 398 (page (1)) ; écrites recto et verso, le numéro de la série à l'encre (241 à 291) sur un côté de chaque feuillet. Sont reliés parmi ces pages et ne font pas partie du texte : un brouillon sur la chaleur (vue 549, traité avec la chaleur), un feuillet blanc (vues 551–552), les petits feuillets de calcul des vues 553, 555, 561 et 563–564, et la note de la vue 575 (traitée à part ci-dessous). Les vues 550, 554, 556, 558, 562 et 576 sont des dos blancs, la vue 559 une seconde prise de la vue 557. Le feuillet écrit \(d^4z/dx^4\), \(ddz/dx^2\) ; on écrit \(\partial^4 z/\partial x^4\), \(\partial^2 z/\partial x^2\), ou \(z_{xx}\) dans le commentaire. Que ce mémoire soit son « mémoire pour 1813 », jugé en janvier 1814, est une inférence de cette lecture (voir la fin de la section « Les autres états de l'ouverture », vues 620 à 626) ; elle trouve ici un appui : l'Exposition des principes (vue 38) renvoie pour l'expérience de la cire au « M. pour janvier 1814 », et le § 6 ci-dessous contient cette expérience, jusqu'au rapport de dix à un (vue 546).
  257. Le \(b\) de \(b\tau^2\) est sa « rigidité naturelle », à ne pas confondre avec le côté \(b\) de la formule ; le feuillet écrit les sons \(\sqrt{1/K}\,/\pi = \pi(m^2+n^2)\tau\sqrt{b}/A^2\) (vue 406, intégrale (D)).
  258. Le cent est une mesure moderne, étrangère aux feuillets. Pour les noms d'intervalles qu'elle emploie : ton majeur \(9/8\) (204 cents), ton mineur \(10/9\) (182), demi-ton majeur \(16/15\) (112), demi-ton mineur \(25/24\) (71), comma syntonique \(81/80\) (21,5) ; son « comma » est \(128/125\) (41 cents), qu'on nomme aujourd'hui petite diésis.
  259. Vue 497 : « \(m/n\) signifie […] qu'il devra y avoir \(m\) lignes droites nodales parallelles à un des axes et \(n\) de pareilles lignes parallelles à l'autre axe ». Le feuillet écrit \(m/n\) ou \(m|n\) ; on écrit \(m|n\).
  260. Vue 491, sa page (81), no 241 de la série à l'encre : fin de la phrase de la vue 490, puis « N.o 16 comparaison des sons ». La citation est entre ses guillemets, avec le renvoi « p 154 de son livre », ajouté d'une plume fine (le « p » peut être un §) ; un renvoi « (V § 54.) » qui la terminait est barré.
  261. Vue 492, sa page (82). Le mot barré devant « demies periodes » est lu « deux » avec doute. Les renvois « N.o 13 » et « N.o 15 » sont aux paragraphes de la première partie du mémoire, d'où viennent les nombres.
  262. Vue 493, sa page (83), no 242. Le renvoi « (V. N.o 15) » est lu avec doute pour le 1.
  263. Vues 493–494, sa page (84). Pour 79 b elle ajoute que l'écart des nombres \(26/25\) (68 cents) est « beaucoup moindre qu'un demi ton » : c'est vrai du demi-ton majeur (112 cents), non du demi-ton mineur (71 cents), qu'il égale presque. Pour 86 elle trouve \(\frac{64}{3}\) contre \(18\) et dit le son « plus aigu d'un ton mineur, et \(\frac12\) demi ton majeur que ne le veut la théorie » ; le rapport \(\frac{64/3}{18} = \frac{32}{27} = \frac{10}{9}\cdot\frac{16}{15}\) est exactement un ton mineur et un demi-ton majeur entier (294 cents). La seconde rédaction (vue 606) écrit « d'un ton et \(\frac12\) ton majeur ».
  264. Vues 495–497, ses pages (85), 86 et (87), nos 243 et 244. Dans « \(\frac{25}{8}\) » (vue 495) le 5 est surchargé d'un chiffre qui le fait lire 6.
  265. Vue 496 : elle écrit pour 87–88 « d'une octave et de deux tons », ce qui ferait \(2\cdot\frac{81}{64}\) et non \(5\) ; de si\(^{\flat}\)3 à ré 6 il y a deux octaves et une tierce majeure, et la seconde rédaction (vue 607) écrit « de deux octaves et de deux tons ». Pour 81, elle dit que \(\frac{29}{8}\) surpasse \(\frac{32}{9}\) « de plus d'un comma » : l'écart est \(\frac{261}{256}\) (33 cents), plus grand que le comma syntonique \(81/80\), plus petit que son comma \(128/125\) des vues 497 et 499. Vue 497 : « le comma \(\frac{128}{125}\) », en toutes lettres (la seconde rédaction, vue 607, de même).
  266. Vues 497–499, ses pages (87) à (89), no 245. À la vue 499, pour \(5|4\), elle avait d'abord écrit que l'intervalle observé est « \(> \frac{128}{25}\) » et que la différence était « d'une quantité absolument inappréciable a l'oreille » ; elle barre les deux et écrit « \(<\frac{16}{3}\) », « au-dessous d'un demi ton mineur » (\(\frac{128}{25}\) est lu avec doute). La seconde rédaction (vue 609) garde le premier état. Dans la table (vue 498), la ligne de \(2|2\) est ajoutée au-dessus des autres, et \(6|5\) n'a pas de chiffre d'octave.
  267. Vue 500, sa page (90) : « Il étoit impossible d'espérer plus d'accord entre la théorie et l'experience », et « (V. latable p. 152) ».
  268. Vues 500 à 504, ses pages (90) à (94), nos 246 et 247. Exemples de la vue 501 : \(0|4\) (fig. 72–73), sol\(^{\sharp}\)3, de nombre \(\frac{25}{4}\) « d'après la théorie d'Euler », et \(4|3\) (fig. 80), fa\(^{\sharp}\)5, de nombre \(25\), devraient être à deux octaves ; il y a deux octaves moins un ton. De la vue 502 : 63 et 68, dans le rapport \(2:8\), devraient être à deux octaves, et sont à deux octaves et un ton et demi (de sol 1 à si\(^{\flat}\)3, 27 demi-tons). L'arithmétique est juste. Une réserve sur le premier exemple : par la règle que le feuillet applique ailleurs à la lame libre (un nombre \((k-\frac12)^2\) pour \(k\) lignes nodales, \(\frac{25}{4}\) pour trois lignes à la vue 508, \(\frac{81}{4}\) pour cinq à la vue 520, conformes aux racines d'Euler : \((\omega/\pi)^2 = 2{,}27\) ; \(6{,}25\) ; \(12{,}25\) ; \(20{,}25\) pour 2, 3, 4, 5 nœuds), quatre lignes donneraient \(\frac{49}{4}\), et le rapport \(25 : \frac{49}{4}\), une octave à peine, renverserait le sens de l'écart. Les figures 72 appartiennent à sa « troisième valeur de l'angle \(\omega\) », à quatre nœuds sur la lame (vues 443–447). Comment le feuillet fait correspondre \(0|4\) à \(\frac{25}{4}\), cette lecture ne le reconstitue pas.
  269. Vues 504 à 506, ses pages (94) à (96), no 248. Deux lignes barrées ouvrent la vue 505 : « si il s'agissoit de surfaces appuyées de tout côté les mêmes équations, seroient applicables ». Elle ajoute qu'une lame libre par \(z_{xx}=0\), \(z_{xxx}=0\), « s'il avoit été essayé avec succès », comparée à la lame appuyée, aurait décidé la question (« m'avoit » est lu avec doute ; le sens demande « m'auroit »).
  270. Vues 506–507, ses pages (96) et (97), no 249 : « Mr De la Place », « Mr Poisson » — ce feuillet nomme Poisson. Il s'agit de la correction de Laplace à la vitesse du son de Newton par la chaleur dégagée dans la compression (contexte, non tiré des feuillets). La page finit : « Je vais m'occuper àprésent des plaques rectangulaires differentes du quarré. »
  271. Le résultat pour la plaque appuyée est dû à Navier (contexte, non tiré des feuillets) ; il tient à ce que, sur un bord droit, \(z = 0\) et \(\Delta z = 0\) équivalent aux conditions d'appui de Kirchhoff.
  272. Vue 508, sa page (98) : le titre souligné « §.5 Comparaison dela théorie à l'experience dans le cas des plaques rectangulaires differentes du quarré », puis « N.o 17 ». Le coefficient bouclé est rendu \(\mathcal{A}\) comme dans la première partie ; l'ajout « ou \(\mathcal{A}=0\) » est au-dessus de la ligne.
  273. Vues 508–509, ses pages (98) et (99), no 250. Le feuillet dit les trois lignes « transversales au côté qui est comme 7 » et les quatre « transversales au côté qui est comme 5 » ; l'égalité demande que les trois lignes partagent le côté 5 et les quatre le côté 7. Les dénominateurs de \(\frac{25}{4}\) et de \(\frac{49}{4}\) sont surchargés.
  274. Vue 510, sa page (100). Pour la plaque \(3:5\) (§ 121), le feuillet dit que « 2 lignes nodales parallelles dans un des sens doit donner le même son que 4 pareilles lignes dans l'autre sens » ; le premier chiffre peut se lire 3, le second est surchargé et lu 4. Le calcul demande 2 et 3 : \(\frac{3/2}{3} = \frac{5/2}{5}\), ce que ni \(2\) et \(4\) ni \(3\) et \(4\) ne donnent. À vérifier sur l'image. Une note marginale remplace un passage barré sur les figures de la « pl. 6 » et les fig. 170 ; un paragraphe barré annonçait le détail de la fig. 163 b.
  275. Vues 511 à 514, ses pages (101) à (104), nos 251 et 252. Le « b » de « 163 b » et de « 175 b » est souligné et peut se lire 6. Ces règles tiennent à l'intégrale (C) (voir la première partie du mémoire) et en partagent la limite : (C) ne satisfait pas les conditions du bord libre, hors le cas limite \(\nu = 0\).
  276. Vues 514–515, ses pages (104) et (105), no 253 : « N.o 18 surfaces periodiques ». La lettre qui précède \(ny\) est écrite sur une autre et lue \(s\) ; les deux dénominateurs sont \(tA\).
  277. Les lettres changent d'une page à l'autre, non la règle. Aux vues 515 à 520, \(m\) compte les lignes transversales et \(n\) les longitudinales : \(\frac{t^2m^2+s^2n^2}{t^2}\), lecture du lot 26, conforme aux calculs des vues 518 et 520. Aux vues 524 à 534, elle note « avec M.r Chladni, par \(n/m\) la figure qui seroit composée de \(n\) lignes transversales et de \(m\) lignes longitudinales », et la formule devient \(\frac{t^2n^2+s^2m^2}{t^2}\), lecture du lot 27, conforme à « \(s=2\) \(t=1\)\(n^2+4m^2\) » de la vue 534. Les deux lectures sont donc justes, chacune à sa page. La seule formule discordante est la spécialisation de la vue 524, « \(\frac{64m^2+81n^2}{64}\) », qui garde les lettres des vues 515–520 dans la phrase des vues 524–534 ; le tableau qui la suit (vue 525) calcule \(a|b\) par \(64a^2+81b^2\), le premier chiffre étant le nombre transversal : il suit la règle. Le passage barré de la vue 533 donne d'ailleurs les deux formules, l'une pour « \(n\) lignes transversales \(m\) lignes longitudinales », l'autre pour « \(m\) lignes transversales et \(n\) lignes longitudinales ».
  278. Vues 516 à 518, ses pages (106) à (108), no 254. « pourra » (vue 517) est lu avec doute.
  279. Vues 518–519, ses pages (108) et (109), no 255. Le feuillet écrit « \(16.25+96\) » là où le calcul demande \(36\) (\(s^2n^2\)) ; la transcription garde 96 (son 3 à queue ressemble au 9). La note marginale nomme le cas « \(4|1\) » (lu avec doute) et remarque que \(106 < 109\) va dans le sens des vibrations tournantes, plus graves.
  280. Vues 520–521, ses pages (110) et (111), no 256. Le feuillet porte une fraction intermédiaire barrée, dont la transcription lit le numérateur « 281 » : c'est exactement \(16\cdot16+25\). Le premier facteur du numérateur gardé est illisible ; \(26\) demande 1. Entre sa description et son calcul, la lecture tient pour la description, que le chiffre barré confirme ; elle ne tranche pas ce que Chladni désigne par \(1|4\).
  281. Vues 521 à 523, ses pages (111) à (113), no 257. Le groupe « 18. » après « fig. 173 » est lu avec doute.
  282. Vues 524 à 526, ses pages (114) à (116), no 258. Les lettres de la formule générale de la vue 524 sont lues avec doute (voir la note sur les lettres, plus haut).
  283. Vues 527–528, ses pages (117) et (118), no 259 : « quelque circonstance physique inappréciable, telle qu'une différence de rigidité du verre ou de son epaisseur ». La table de Chladni (p. 160) est recopiée à la vue 528.
  284. Vues 529 à 533, ses pages (119) à (123), nos 260 à 262. Ses produits en croix sont justes : 960 et 985, 97 et 96, 2281 et 2304, 2025 et 2048, 1011 et 1024, 15777 et 16384, 15245 et 16384, 481 et 512, 2329 et 2304, 3625 et 4096, 5913 et 6400, 15165 et 16384.
  285. Vue 529 : la vérification écrite, « \(\frac{3.1305}{8.512} < \frac{25}{24}\), \(\frac{783}{512} < \frac53\), \(2349 < 2560\) », compare au demi-ton un rapport plus petit que 1, ce qui est toujours vrai ; le rapport à comparer est l'inverse, et \(4096\cdot24 = 98304 > 3915\cdot25 = 97875\). Sa première rédaction, barrée, disait « \(\frac{4096}{3915}\) est \(<\frac{16}{15}\) », ce qui est juste. Vue 530 : pour \(3|5\) le feuillet écrit « \(\frac{2601}{512}\) est en effet \(>\) que \(\frac{16}{3}\) » ; il est plus petit, comme le suppose l'écart \(\frac{8192}{7803}\) qu'elle donne (84 cents). Vue 532 : pour \(5|5\), « l'excès […] depres d'un ton mineur » (« depres » lu avec doute) ; pour \(6|2\), « donné par l'experience » pour « par la théorie ».
  286. Vues 534 à 536, ses pages (124) à (126), no 263. En demi-tons tempérés depuis si\(^{\flat}\)3, les écarts sont \(-186\), \(-186\), \(+27\), \(-90\), \(+100\), \(-41\), \(+71\), \(+83\) cents. Pour \(4|2\) (si 5) elle écrit que l'intervalle est « un peu plus grande que 2 octaves », « à fort peu près exprimée par 4 » : de si\(^{\flat}\)3 à si 5 il y a deux octaves et un demi-ton. Le cas \(4|3\) de la dernière table est lu d'après la première (tache). Un paragraphe citant le § 124 de Chladni (sons de la plaque carrée « à peu près dans le rapport des nombres 6, 15, 30 &c. », tendant vers la suite des nombres naturels quand un diamètre diminue) est annulé d'une grande croix.
  287. Vue 537, sa page (127), no 264. « Je » est lu avec doute. Elle dit avoir voulu expérimenter sur des plaques appuyées sur un ou plusieurs côtés, sans y parvenir : c'est l'occasion du § 6.
  288. Vues 538–539, ses pages (128) et (129), no 265. Le titre souligné « De l'effet de l'application d'un corps mou, aux côtés d'une plaque rectangulaire élastique vibrante » est précédé d'un signe lu « § 6 » avec doute ; « N.o 20 » suit.
  289. Vues 539 à 542, ses pages (129) à (132), nos 265 et 266. En grains (1 once = 8 gros = 576 grains), la plaque pèse 594 grains et la dose 74, le huitième étant 74,25 : la dose est bien le huitième. La vue 540 écrit pour la première dose « 1 once 2 gros de cire », que la vue 541 (« une egale quantité, savoir 1 gros 2 grains ») et la vue 542 contredisent : à vérifier sur l'image.
  290. Vues 541 à 544, ses pages (131) à (133), no 267. « un plus grave » (vue 541) est écrit ainsi. Elle recommande de laver souvent la plaque à l'esprit-de-vin, la moindre trace de cire empêchant les figures de se former.
  291. Vues 542–543, ses pages (132) et (132), no 267. Vue 416, petit feuillet déchiré relié au début du mémoire, d'une plume plus fine : « Il regne dans tous le passage relatif aux effets de l'application dela cire une erreur » ; le poids de la plaque chargée étant à celui de la plaque non chargée comme \(N\) à \(n\), « on a pris le son proportionnel au nombre \(\frac{N^2+n^2}{n^2}\) parconséquent ce son seroit \(>\) aigu que \(\frac{2n^2}{n^2}\) […] le contraire doit avoir lieu et le premier son est proportionnel au nombre \(\frac{N^2+n^2}{N^2}\) », et l'intervalle « que j'ai exprimé par \(\frac{N^2+n^2}{2n^2}\) doit l'être par \(\frac{2N^2}{N^2+n^2}\) qui heureusement ne different pas sensiblement ». Avec \(N=9\), \(n=8\), ce sont \(\frac{145}{128}\) et \(\frac{162}{145}\) : le feuillet corrige ce § 6, non le No 15 de l'Exposition des principes (vues 38–40), qui décrit la même expérience sans chiffres.
  292. Vue 544, sa page (133). « à » (« l'addition à deux des côtés opposés ») paraît corrigé sur « au ». Avec les longueurs mêmes (106 et 132 mm) le rapport corrigé est \(1{,}216\), 338 cents.
  293. Vues 545–546, ses pages (13?) et (135), no 268 ; le dernier chiffre de la page est récrit, sans doute 4 sur 2, et deux pages consécutives portent (132). Le « 2 » des lignes transversales est lu avec doute ; « les deux lignes transversales » l'appuie.
  294. Vues 546–547, ses pages (135) et (136), no 269. « paroît », « lagene » (« la gêne »), « equivalante » et « satisfera » sont lus avec doute. L'Exposition des principes (vues 38–40) explique le même phénomène par son hypothèse sur la force élastique ; voir « Le bord, les lignes nodales, la plaque chargée » (vues 31 à 41).
  295. Le nom est postérieur aux feuillets (Rayleigh, 1877), et le feuillet ne donne pas cet argument.
  296. Calcul fait pour cette lecture sur la lame libre aux deux bouts, prise pour modèle (éléments finis, 200 éléments). Pour une masse ajoutée à un bout égale à 1 % de celle de la lame, la fréquence du premier mode avec la masse et celle de la lame prolongée de 1 % diffèrent de 0{,}09 % ; à 10 %, de 6 % ; pour une masse égale à celle de la lame, la fréquence avec la masse est 2,9 fois celle de la lame doublée. Quand la masse passe de 1 % à dix fois celle de la lame, la ligne nodale voisine du bout chargé passe, dans le même modèle, de \(0{,}78\) à \(0{,}99\) de la longueur, et la fréquence tend vers une limite finie, alors que celle d'une lame réellement prolongée baisserait sans limite. L'Exposition des principes (No 15, vues 38 à 40) rapporte le même effet, sans chiffres.
  297. Vue 548, sa page (137), no 269 : le titre souligné « § 7. Recherche d'une intégrale particulière immédiatement applicable au cas d'une plaque elastique circulaire », puis « N.o 21 » (le 2 pourrait être un 3). La page s'arrête sur « on pourra toujours faire » ; la suite est la page (138) de la vue 557. Entre les deux sont reliés le brouillon sur la chaleur de la vue 549, un feuillet blanc, et deux petits feuillets de calcul (vues 553, 555).
  298. Vues 557 et 560, ses pages (138), barrée, et (139), no 275 (vue 559 : seconde prise de la vue 557). Vérifié par calcul symbolique. Le dernier dénominateur \(d\varphi^4\) de la vue 557 est lu avec doute. Les petits feuillets reliés avant ces pages sont des essais : à la vue 553, en haut (no 273), des dérivées en \(r\), \(\varphi\) et un troisième angle \(\delta\), où le dernier terme de \(\partial z/\partial y\) porte \(dz/dr\) là où l'on attend \(dz/d\delta\) ; en bas (no 272), la condition du contour prise « en prenant le rayon constant \(r = a\) », où \(\partial z/\partial x\) se réduit à \(-\frac{\sin\varphi}{a}\partial_\varphi z\) — c'est la seule dérivée tangentielle, la dérivée normale au contour étant \(\partial_r\) — et la remarque que \(\partial^2 z/\partial x\partial y = 0\) donne \(z = F(x)+f(y)\). À la vue 555 (no 274), des « cas particuliers de l'intégrale (E) » et leurs dérivées, avec trois signes illisibles.
  299. Vues 560 et 565, ses pages (139) et (140), no 278. Le feuillet emploie \(u\) à la fois pour la fonction de \(r\) et, dans \(u^4/e^4\), pour le paramètre de fréquence ; on garde ses lettres. Le dernier terme du développement de \(d^4u/dr^4\) est écrit sans le facteur \(r^\beta\). La lettre lue \(\tau\) ressemble ici à un \(r\) ; le \(e\) pourrait être un \(c\). Vérifié par calcul symbolique.
  300. Vues 565–566, ses pages (140) et (141). Coefficients vérifiés jusqu'au cinquième terme pour \(\beta = 0, \dots, 3\), et la série vérifiée dans (B\(''\)). Le feuillet ne nomme pas ces fonctions ; le nom est celui de Bessel (1824), et si ce mémoire est celui de 1813 — inférence, voir plus haut —, il le précède. Le premier dénominateur \(2(n+1)\) est lu avec doute (le chiffre peut passer pour un 8). Elle note qu'on ne gagnerait rien à chercher \(s\) sous la forme de sinus et cosinus de \(\frac{u}{e}r\) multipliés par des séries, qui ramèneraient à la même forme.
  301. Vues 566–567, ses pages (141) et (142), no 279. Dans le premier couple, deux \(z\) n'ont pas leur accent sur la page ; les huit équations de la vue 567 sont régularisées par la transcription.
  302. Vues 567 à 569, ses pages (142) à (144), no 280 : « que Euler adonnée dans le tome X de pétersbourg. (V. N.o 13 du m. De motu vibratorio tympanorum) ». C'est dans ce mémoire d'Euler sur la membrane circulaire que la série de Bessel apparaît pour la première fois (contexte, non tiré des feuillets). Dans « entre \(t\) et \(\varphi\) », le \(t\) est lu avec doute, de même « uu » et « aux ».
  303. Son énergie \(\iint(\Delta z)^2\) est celle de Kirchhoff avec \(\nu = 1\) (voir la première partie du mémoire et la section de l'Exposition des principes). Kirchhoff (1850) est postérieur aux feuillets.
  304. Vues 569–570, ses pages (144) et (145), no 280 ; « N.o 22 » ouvre l'alinéa. Le signe \(\neq\) et la lettre \(\alpha\) qui terminent les deux premières séries de la vue 570 sont lus avec doute. À la vue 570, la série alternée est donnée pour \(A\), à la vue 571 pour \(A'\) ; c'est la seconde attribution qui annule la combinaison. Le dernier dénominateur de la vue 569 porte un 4 là où les autres ont \((n+3)\).
  305. Pour tout contour, si \(w\) est un mode encastré, \(\Delta w\) satisfait \(\Delta(\Delta w) = 0\) et \(\partial_n\Delta(\Delta w) = 0\) au bord, puisque \(\Delta^2 w = k^4 w\) : les modes libres de l'énergie \(\iint(\Delta z)^2\) sont les laplaciens des modes encastrés. Racines calculées numériquement. La nullité de l'énergie pour \(z\) harmonique est celle que la section de l'Exposition discute (lagrangien nul).
  306. Premières racines \(ka = 2{,}315\) ; \(3{,}527\) ; \(4{,}673\) ; \(5{,}788\) pour \(\nu = 0{,}3\), calculées par les conditions \(M_r = 0\), \(V_r = 0\) (voir la première partie du mémoire pour leur énoncé).
  307. Vues 563–564, no 277, sans pagination ; le 4 de « p. 140 » a la forme d'un b. « analytique » est lu avec doute (la vue porte « ahotytique » ou approchant). Au verso, deux \(r\) et un dénominateur sont lus avec doute, et les exposants du premier terme de la dernière ligne, surchargés, ne se lisent pas ; le calcul s'arrête sur un signe \(=\) au bord. Le petit feuillet de la vue 561 (no 276) tire de \(\frac1r z_r + z_{rr} = \frac{u^2}{e^2}z\) l'équation du quatrième ordre de la plaque à lignes annulaires, « comprise dans celle qui a été donnée 139 » : c'est juste, à un signe près dans une ligne intermédiaire (\(+\frac{1}{r^3}z_r\) où le calcul demande \(-\)), que la réduction corrige ; l'exposant \(u^4/e^4\) est lu avec doute.
  308. Vues 570–571, ses pages (145) et (146), no 281. La note marginale « + qui seront des lignes d'appui » est appelée après « diamétrales ». À la vue 570 elle compare le cas où l'on néglige la variation du rayon à celui des plaques rectangulaires où une seule coordonnée varie.
  309. Vue 572, sa page (147).
  310. Vue 573, sa page (148), no 282. La lettre qui suit « N. » dans « (V. N.o 2) » est empâtée.
  311. Vue 574, sa page (149). La phrase se poursuit à la vue 577, page (150), par-dessus la note de la vue 575 : « qu'un nombre pair de nœuds dans l'anneau équivaut à un nombre impair de nœuds dans la lame droite ». Elle ajoute (vue 577) que, sur une plaque libre n'ayant que des diamètres, \(u\) restant indéterminé, « rien n'empêche donc de faire \(\frac{u}{e} = \beta\) », d'où des sons comme \(\beta^2\) : c'est un choix, non une conséquence de l'équation, et l'on a vu que \(u\) n'est pas indéterminé.
  312. Vues 577 à 581, ses pages (150) à (154), nos 284 à 286. « Pour concilier des expériences sur l'exactitude desquelles on ne peut élever aucun doute, avec une théorie donnée par un des géometres dont l'autorité a le plus de poids ». Le numéro de figure après « Dans la fig. » (vue 578) est deux petites lettres lues « ee ». À la vue 581, elle écrit que les nombres de Chladni sont à ceux d'Euler « \(::2\beta-1:2\beta\) » et nomme « différence » le rapport \(\frac{(2\beta)^2}{(2\beta-1)^2}\).
  313. La loi est celle de Hoppe (1871), postérieure aux feuillets. Pour les vibrations hors du plan de l'anneau, la loi diffère un peu mais donne des rapports voisins (\(1 : 2{,}87 : 5{,}54\) pour une section circulaire, \(\nu = 0{,}3\)). Rapports calculés.
  314. Vues 581 à 585, ses pages (154) à (158), nos 286 à 288. Elle récuse aussi l'argument du § 54 d'Euler (« V. N.o 54 de son M. sur la lame »), qui, prenant \(s = a\), \(s = 2a\), \(s = 3a\), exclut tout autre cas que les extrémités appuyées : ces suppositions, sauf la première, sont « purement mathématiques ». Vue 584 : la mesure doit se prendre sur le contour extérieur, la largeur n'influant pas sur le son, selon elle. La condition de la seconde espèce de « libre » est écrite « \(\frac{dz}{dx}=0\) et \(\frac{d^3z}{dx^3}=0\) ».
  315. Vues 585–586, ses pages (158) et (159). « La fi » est une amorce reprise à la ligne suivante ; le chiffre d'octave de fa\(^{\sharp}\)3 est lu 3 avec doute (il ressemble à un 9). Vue 586 : « est \(\frac{49}{4}:\frac{64}{49}\) doit donc exprimer » — un mot semble manquer. Le nombre \(\frac{49}{4}\) est bien celui d'Euler pour la lame encastrée aux deux bouts à deux nœuds intérieurs, \((10{,}996/\pi)^2 = 12{,}25\).
  316. Vue 587, sa page (160), no 289.
  317. Vues 588–589, ses pages (161) et (162), no 290. La largeur des autres anneaux, « 35 » mm, est lue avec doute. La note marginale précise qu'il ne s'agit que des cas où l'anneau vibre comme une simple lame. La vue 589 donne les sons : « près du sol plus bas de 2 octaves que l'octave 1 » pour les deux nœuds, sol\(^{\sharp}\)1 pour « la figure qui […] se composoit de deux nœuds », si 3 pour six nœuds ; le second « deux » est attendu « quatre » par la suite et par la théorie : à vérifier sur l'image. Tels qu'ils sont lus, de sol\(^{\sharp}\)1 à si 3 il y a deux octaves et une tierce mineure (environ \(4{,}8\)), loin de \(\frac94\) ; avec si 2 on aurait environ \(2{,}4\). Elle écrit que ces sons « ne s'en éloignent pourtant pas » plus que les causes physiques ne le permettent.
  318. Vues 589–590, ses pages (162) et (163). Après « 11 », un signe barré n'est pas lu. Avec un trou de 11 mm sur 83, la plaque percée diffère peu de la plaque pleine ; le calcul est fait pour la plaque pleine, \(\nu = 0{,}3\).
  319. Vues 590–591, ses pages (163) et (164), no 291. « au tambour circulaire » est ajouté sous la ligne ; « 185 » est lu avec doute (le 5 peut être un 9) ; les deux tables sont sans doute celles du Traité d'acoustique, ce que la transcription donne comme inférence.
  320. Vue 592, sa page (165), le premier tiers du feuillet. Trois lignes et demie barrées : « la classe juge que je ne me suis pas tout à fait égaré mépris sur la route qu'il falloit tenir », et « dans la carrière ouverte par cet illustre auteur ». « heureux » est au masculin sur la page.
  321. Vue 575, no 283, sans pagination ; écriture plus rapide et plus lourde que celle des pages qui l'entourent ; dos blanc (vue 576). Le numéro de page « 438 » est lu avec doute (« b 38 »), ainsi que « traiteroit ». Une ligne serrée dans l'interligne : « il dira qu'il a entendu tel ou tel restriction ». « absurde » est barré devant « inadmissible ». À la page 191, le feuillet écrit \(\frac{d\varphi}{dy^2}\) sans exposant au \(d\). Que le périodique soit les Annales de chimie et de physique et l'échange celui de Poisson et de Navier en 1828 est l'inférence de la transcription, que rien sur le feuillet n'établit. Que la note soit plus tardive que le mémoire est l'inférence de cette lecture : elle cite l'hypothèse « de 1811 » et un numéro « le dernier qui ait paru » d'un périodique où Poisson répond à Navier. Sur l'entrée de 1811, voir la note de contexte au § 1 du long mémoire (vues 399 à 404). Le feuillet ne dit pas quel mémoire de Fourier lui a été prêté, et cette lecture ne l'identifie pas.
  322. Vues 600 à 613, ses pages (61) à (72), nos 295 à 300 ; les vues 611 et 612 sont une seconde prise des vues 609 et 610. Le premier chiffre de (61) est pris dans un pâté ; (62) à la vue 601 l'appuie. La page (72) s'arrête au milieu d'une phrase ; la suite n'est pas dans le volume à cette place. Les vues 486 à 490 sont traitées dans la première partie du mémoire.
  323. Vue 600. Le \(\Pi\) est la lettre que la première partie rend ainsi, distincte du \(\pi\) ; ici elle ressemble à « rr ». Le numéro « 796 » (pour 79 b) est lu avec doute ; plusieurs mots de la note sont perdus dans la reliure, et l'ordre de ses derniers mots n'est pas assuré.
  324. Vues 601 à 607. Au second facteur de la vue 601, le coefficient de \(\cos^4\) est \(\frac{4}{3}\) dans la formule et \(\frac{14}{3}\) quatre lignes plus bas ; le calcul (\(\Pi = 2-m^2 = -23\), \(\frac{(-20)(-8)}{2\cdot3\cdot4\cdot5} = \frac43\)) donne \(\frac43\), comme la vue 488. Pour \(m = 6\), la vue 601 lit « 31, 31.19, 91.19 » là où la vue 489 a « 31, 31.19, 31.19 » ; le troisième numérateur est \((-31)(-19)(1)\), précédé d'un signe moins que ni l'une ni l'autre ne porte. Le trait des vues 604–606 ne barre aucun mot en particulier.
  325. Vues 609, 610 et 613. La difficulté du ton trop grave (vue 610) est donnée dans les mêmes termes qu'aux vues 500–501, avec l'exemple de \(0|4\) et \(4|3\) ; la vue 613 s'arrête sur « dans la comparaison au son des figures ».
  326. Vues 549, 630 à 646, 652 à 701, 712 à 716. Série à l'encre : 270 (vue 549), 309 à 344 (vues 630 à 700), 350 à 352 (vues 712 à 716). La vue 650 (feuillet 319), sur la somme des courbures principales de la sphère, est reliée au milieu de ces calculs mais n'en fait pas partie : elle est lue avec les feuillets sur la courbure (section « Feuillets épars sur la courbure »). Les feuillets 712 à 716 sont reliés entre le manuscrit C (vues 708 à 710) et les notes sur les résidus quadratiques (vues 718 à 730), sans rapport de sujet avec eux. Aucun de ces feuillets n'est daté. Ils citent la « théorie de la chaleur » de Fourier par pages et par articles ; si c'est la Théorie analytique de la chaleur, parue en 1822 (contexte, non tiré des feuillets), ils sont postérieurs à cette date : inférence de cette lecture, que la lecture ne vérifie pas contre l'ouvrage. Une note reliée dans le long mémoire sur les surfaces élastiques (vue 575) parle d'un mémoire que Fourier lui a prêté, et de Poisson ; elle est lue avec ce mémoire (« Une note sur Fourier, Poisson et Navier »).
  327. La lettre lue \(D\) est, sur tous ces feuillets, une capitale en forme de dôme posé sur une barre ; les transcriptions la lisent \(D\) d'après la suite (A), (B), (C), (D) des équations, et notent qu'on pourrait y voir un \(\Omega\) (vues 549, 636, 646, 652, 676). Elle écrit tantôt \(C.D\), tantôt \(c.D\) ; on écrit \(CD\). Tout au long, les dérivées partielles sont écrites avec un \(d\) droit : le feuillet écrit \(\frac{d^2v}{dr^2}\), \(\frac{dv}{d\varphi}\) ; on écrit \(\frac{\partial^2 v}{\partial r^2}\), \(\frac{\partial v}{\partial \varphi}\). Ses « sin », « cos », « tang », « cot », avec ou sans point, sont rendus \(\sin\), \(\cos\), \(\tan\), \(\cot\) ; son point de multiplication est omis.
  328. Elle écrit la condition de surface sous la forme générale \(m\frac{dv}{dx} + n\frac{dv}{dy} + p\frac{dv}{dz} + \frac{h}{k}vq = 0\), \((m,n,p)\) étant un vecteur normal et \(q\) sa longueur, et la cite comme l'équation (B) de la « page 141 » de la théorie de la chaleur (vue 662). Le rapport y est écrit \(\frac{h}{k}\) avec un petit \(k\) aux vues 549, 662, 672 et 676, et \(\frac{h}{K}\) avec une capitale dans la copie (vue 693) ; à la vue 678 elle convient d'appeler \(k\) le rapport \(K/CD\) et \(h\) le rapport \(\frac{h}{k}\) de la condition de surface. Pour la condition de Newton à la surface, le rapport est celui de la conductibilité extérieure à la conductibilité intérieure : on écrit partout \(h/K\).
  329. Aux vues 663 et 664 elle appelle « latitude » ce même angle \(\theta\) compté depuis le pôle ; c'est la colatitude. La notation \(\Delta_S\) est de la lecture.
  330. Vue 549. Feuille de brouillon d'un autre papier que la mise au net qui l'entoure, main rapide, deux encres, très raturée ; cachet de la Bibliothèque impériale dans la marge ; série à l'encre 270. La transcription ne décide pas si l'argument est le sien ou des notes sur le mémoire d'un autre ; la comparaison avec les vues 676 à 678, qui reprennent ces phrases presque mot pour mot dans une pièce qui est la sienne, est l'argument de la présente lecture pour y voir son brouillon (inférence de cette lecture). En tête, d'une encre pâle, une ligne isolée, interrompue, « \(z = \dots\{e^{\frac{\omega x}{a}} - e^{\frac{(a-\omega)}{a}x} + (1\) », qui rappelle les fonctions de la lame élastique et n'a pas de rapport visible avec la suite. Dans la marge gauche, des essais de plume (« tranche », « on voit »).
  331. Le feuillet écrit ce troisième terme \(\frac{K}{CDrr}\frac{dv}{d\varphi}\) ; un « 2 » isolé au-dessus de la ligne semble l'exposant oublié de la dérivée seconde, que le calcul demande. Le diviseur de la réduction, ajouté au-dessus de la ligne, est lu avec doute « \(+\frac{dv}{dr}\) ». Un mot de l'addition sur la « couche » du cylindre est illisible, ainsi qu'un mot barré et un petit mot abrégé au-dessus de « même ».
  332. « 19 » et « 14 » sont lus avec doute, le second dans une addition interlinéaire et dans une ligne barrée. La lecture ne décide pas si ce sont des abréviations des mêmes articles ou des renvois à une autre numérotation.
  333. Vues 630 à 646. Série à l'encre 309 à 317. Sa pagination, petite, souvent barrée : 7 (vue 632), 8 (vue 635), 7 (vue 636), 6 (vue 639) ; aucune aux vues 630, 640, 643 à 646. Deux pages portent 7. La phrase qui finit la vue 639 (« au lieu d'être comprise entre les deux calotte sphériques ») se poursuit en tête de la vue 636, dont le verso (vue 637) achève la note marginale annoncée par « Retournez » : on lit donc 639, 636, 637. La vue 635 s'arrête sur « l'an » coupé et n'a pas de suite reconnue. Sur la vue 639, un « 312 » barré : ce feuillet a été numéroté deux fois.
  334. Vue 630, sans pagination de sa main. Le feuillet écrit \(z = \cos\theta\), sans le facteur \(r\) que la différentielle \(dz = dr\cos \theta - r\sin\theta\,d\theta\) de la ligne suivante suppose. Un groupe noirci en fin de ligne est illisible ; le chiffre de l'addition qui le remplace est lu 2, peut-être 3. La page s'arrête au bas du feuillet sur les termes en \(\frac{dv}{d\varphi}\) de \(\frac{d^2v}{dx^2}\).
  335. La lecture a refait le calcul (dossier de vérification). Les deux exposants que la transcription donne avec doute — le \(4\) de \(\cos^4\theta\) devant \(\frac{\partial^2 v}{\partial\sigma^2}\) et le \(2\) du dernier terme de l'accolade de \(\frac{\partial v}{\partial\sigma}\) — sont ceux que le calcul demande.
  336. Vue 632, pagination 7 barrée, série à l'encre 310 ; de petits dessins de fleurs et de feuilles dans la marge gauche. Les angles des intersections avec les plans \(zx\) et \(xy\) sont écrits \(\frac{A\,v}{\frac{\pi}{2}}\) et \(\frac\pi2 - \frac{A\,v}{\frac\pi2}\) ; ce que désigne la lettre lue \(v\) n'est pas dit sur la page, et la lecture ne peut juger ces expressions. Sont lus avec doute un \(y\), un \(z\), « cone » et « fera ». La page s'arrête aux deux tiers.
  337. Vue 635, sa pagination 8, sans numéro de la série à l'encre sur cette face (le feuillet porte 311 sur l'autre face, blanche, vue 634). « surbaissé » et la lettre \(r\) sont lus avec doute. La page s'arrête sur « \(A\) étant l'an ».
  338. Vue 639, sa pagination 6 barrée. Le feuillet écrit \(\frac{dv}{dr}\) au premier membre de la deuxième ligne, là où le calcul attend \(\frac{dv}{dt}\) ; le numérateur de la première fraction est une tache (le sens attend 1) ; le dernier terme porte un 2 au-dessus du \(d\) du numérateur et aucun exposant au dénominateur ; un dénominateur de la troisième accolade s'arrête sur « \(r\sin\theta\) », sans \(d\varphi\).
  339. Vue 636, sa pagination 7 barrée, série à l'encre 312. En développant, le feuillet écrit \(\frac{\cos^2\theta}{r^2}\) devant \(\frac{d^2v}{(d\,\sin\theta)^2}\) ; la dérivation de son propre premier membre donne \(\frac{\cos\theta}{r^2}\), et c'est avec \(\cos\theta\) que la remarque qui suit est exacte. La variable de la seconde différentiation (« la seconde de même par rapport à … ») est illisible ; le sens demande \(\sin\theta\). Une parenthèse fermante sans ouvrante et un \(\cos\theta\) barré dans la deuxième accolade ; « obliquement » et « et sort » sont lus avec doute.
  340. Vue 637, verso de la vue 636, sans numéro : la note marginale du recto s'y achève (« ne mesure plus la quantité de chaleur accumulée dans la molécule »), et le texte finit sur « seront identiques ». Le « 8 » visible en tête des vues 637 et 639 est sur une bande de papier qui dépasse au-dessus et paraît être le haut de la vue 635.
  341. Vue 640, série à l'encre 314, sans pagination de sa main. Elle écrit \(v\) dans deux numérateurs de \(\frac{d^2z}{dy^2}\) où les autres portent \(z\) ; un facteur couvert d'une tache dans la dernière accolade est illisible. Pour la vue 650, voir la section « Feuillets épars sur la courbure ».
  342. Le feuillet donne « \(\frac{r^2}{2}\frac{d\varphi\,d\theta\sin\theta}{\cos\theta}\) pour la surface cherchée » : un facteur \(\frac12\) de trop, qu'on s'explique si l'on prend la moitié de \(\rho_1^2 - \rho_2^2\) sans le facteur 2 de \(\rho_1^2 - \rho_2^2 \approx 2\rho\,d\rho\) (explication de la lecture). Le numérateur lu \(dv\) à la dernière ligne est empâté.
  343. Vue 643, petit feuillet monté ; le nombre 315 est sur l'autre face, blanche (vue 642). Le signe entre les deux termes de la première expression est couvert d'une tache ; elle écrit une fois \(\frac{dy}{d\varphi}\) pour \(\frac{dv}{d\varphi}\) ; l'exposant d'un \(\cos\theta\) est lu 3 avec doute ; la dernière ligne se perd sous la garde. Les deux premières lignes, en \(\cos^2(A-\theta)\) et \(\tan(A-\theta)\), relèvent, semble-t-il, d'un autre choix de l'angle ; la lecture ne les a pas vérifiées.
  344. Vue 644, série à l'encre 316. Huit signes ou groupes y sont illisibles (taches, exposants, un dénominateur barré) ; « hypothese » (première occurrence) est lu avec doute ; un mot écrit de bas en haut entre les colonnes est lu avec doute « Somme ». Un grand 4 isolé et un essai de plume au bas de la feuille.
  345. Avec \(\beta^2 = \delta^2 + \nu^2/\rho^2\), il reste dans l'équation de \(s\) le terme \(\frac{\nu^2}{\rho^2 r^2}s\), qui ne se détruit pas (calcul refait dans le dossier de vérification) ; la formule du feuillet n'est d'ailleurs pas homogène si \(\rho\) est une longueur. Vue 645, dos du feuillet 316, sans numéro. « entierement » est écrit au-dessus d'« arbitrairement », non barré. La lettre lue \(\nu\) est un \(v\) bouclé ; celle lue \(\rho\) est suivie d'une tache. La phrase s'arrête sur « on satisfera à l'équation ». Elle renvoie à « p. 3 » et « p. 4 » : la valeur \(u = \sin\beta\varphi\,r^\beta s\) est à la page 4 du brouillon du cylindre (vue 678, chiffre lu avec doute), ce qui s'accorde avec « la valeur de \(u\) p. 4 » ; « p. 3 » n'est pas identifié (inférence de cette lecture).
  346. Vue 646, série à l'encre 317. Un signe entre \(d\varphi\) et \(dr\) et un petit mot noirci sont illisibles, ainsi qu'un mot parmi les essais de plume de la marge (« S », « Sphere ») ; « des » est lu avec doute.
  347. Vues 652 à 670. Série à l'encre 320 à 329. Les marques de page sont minces : un « 1 » suivi d'une petite croix (vue 652), un chiffre barré lu 2 avec doute (vue 654), rien à la vue 660, puis de petits chiffres barrés lus 4 (douteux), 5 (douteux, au verso 663), 6, 7, rien, 9 aux vues 662 à 670. Que la vue 660 soit sa page 3 est une inférence : la Note de la vue 656 renvoie à « l'équation (A) p. 3 de la sphère échauffée d'une manière arbitraire », et (A) est l'équation qui clôt la vue 660. La suite 1 à 9 est proposée par la transcription du lot 34 et n'est pas une lecture.
  348. Vue 652. La correction de la première phrase est restée incomplète (« Prenons centre de la sphère origine »).
  349. Vues 654 et 660. À la vue 654, dans le coefficient de \(r\,d\theta\), le feuillet écrit « \(-1\) » là où l'on attend \(-\cos\theta\sin\theta\) ; le résultat, \(dr\), est juste. À la vue 660, le coefficient 2 d'un terme de \(\frac{d^2v}{dz^2}\) et le numérateur 1 du dernier terme de la somme sont écrits sur des taches et lus avec doute ; le calcul confirme 2 et 1. L'exposant de \(\sin\theta\) au dernier dénominateur de l'accolade de \(\frac{dv}{d\theta}\) dans \(\frac{d^2v}{dy^2}\) ne se lit pas ; la lettre de renvoi (A) est récrite et empâtée.
  350. Vues 662 et 663, série à l'encre 325, écrit des deux côtés. Elle renvoie aux pages 141 et 110 de la théorie de la chaleur. « page 2 » est lu avec doute, le chiffre ayant la forme de son \(z\) ; il désigne la vue 654, où sont ces valeurs. Un mot d'une addition très fine (« qui s'… sur ce parallele ») est illisible.
  351. Vue 664, série à l'encre 326, petit 6 barré. L'exposant 2 de \(\sin^2\theta\) est le même à chaque occurrence et la note le confirme ; la transcription garde ce qui est écrit et signale l'erreur. Plusieurs lettres, après \(K\) et devant \(\sin\theta\) dans les expressions de flux, sont noircies jusqu'à la tache et ne se lisent pas ; un astérisque suivi de deux parenthèses vides est un renvoi resté sans texte ; le \(r^2\) du dernier rapport de la note est lu avec doute. Elle écrit les rayons des bases des deux cônes \(r\sin\theta\) et \(r(\sin\theta + d\theta)\) ; le second est \(r\sin(\theta + d\theta)\).
  352. Vue 666, série à l'encre 327, petit 7 barré. Le feuillet écrit l'exposant \(-Kn_1^2t\) ; l'équation (A)\('\) demande \(-\frac{K}{CD}n_1^2t\). L'équation des \(n_i\) n'est pas sur le feuillet ; elle résulte de la condition de surface appliquée à \(\frac{\sin nr}{r}\) (calcul de la lecture).
  353. Les harmoniques sphériques et les fonctions de Bessel sphériques sont nommées par la lecture ; le feuillet ne les nomme pas et n'y conduit pas. Pour \(l = 0\), \(j_0(nr) = \frac{\sin nr}{nr}\) : c'est le cas de Fourier.
  354. Vue 668, série à l'encre 328 ; vue 670, série à l'encre 329, petit 9 barré. Une première ligne barrée, « si on prend \(2t^2 - 1 = m^2\) » (le 2 lu avec doute), et une première vérification barrée portent sur \(\cot\theta\sin m\varphi\) ; deux lettres noircies devant \(\theta\) et \(\varphi\) dans l'exemple sont illisibles, peut-être le \(m\) effacé. Or \(\Delta_S(\cot\theta \sin m\varphi) = (1 - m^2)\frac{\cos\theta}{\sin^3\theta}\sin m\varphi\) : l'essai ne vaut que pour \(m = 1\), et c'est \(m = 1\) qu'elle garde. La famille générale des solutions séparées est \(\tan^m\frac\theta2\sin m\varphi\), \(\cot^m\frac\theta2\sin m\varphi\) (et de même avec \(\cos m\varphi\)), et \(\log\tan\frac\theta2\) ; on a \(\cot\theta = \frac12\big(\cot\frac\theta2 - \tan\frac\theta2\big)\). Calculs refaits dans le dossier de vérification.
  355. Au sens des distributions, \(\Delta\frac{yz}{x^2+y^2} = 2\pi z\,\partial_y\delta(x,y)\) : la fonction représente une ligne de sources et de puits de chaleur le long de l'axe, dont l'intensité croît avec \(z\) ; c'est cette ligne qui entretient la compensation qu'elle décrit. (Calcul de la lecture : \(\frac{y}{x^2+y^2} = \partial_y\log \rho\) et \(\Delta_2\log\rho = 2\pi\delta\).) Ce qui reste constant pendant le refroidissement, dans ce cas, est le rapport des températures de deux points d'une même couche, non leur différence, qui décroît avec le facteur radial.
  356. Les mots « est \(v'\) », « \(v''\) », « troisième » sont lus avec doute sous la tache ; la page s'arrête sur « sur le même » et le verso (vue 671) est blanc.
  357. Vue 656, série à l'encre 322 soulignée, « Note » en tête. La valeur de \(\cos\theta\) est couverte d'une tache ; « \(\theta\) étant infiniment petit » est ajouté dans l'interligne. Un paragraphe et son équation, où elle substituait \(\frac{dv}{d(\sin\theta)}\) à \(\frac{dv}{d\theta}\), sont annulés par deux grands traits en X. « que \(x\) » est une seule lettre lue avec doute ; « ba », en fin de ligne, est un mot commencé et laissé ; la lettre lue \(c\) dans « \(c = r + x\) » pourrait être un \(r\) mal formé.
  358. La lecture n'identifie pas le travail de Poisson dont il est question ; le feuillet ne le cite pas autrement.
  359. Vues 672 à 691, série à l'encre 330 à 339 ; sa pagination, petite et barrée : rien (672), 2 (674), rien (676), 4 douteux (678), 5 douteux (680), puis 6 à 10 (682 à 690), que le lot 35 lit nettement et qui confirment les précédents. Vues 692 à 695, série à l'encre 340 et 341 : 692 sans page, 693 « 2 », 694 « 7 » barré, 695 « 8 ». Le brouillon est d'une écriture plus droite que la pièce sur la sphère, presque sans rature aux vues 672 à 684, très corrigé entre les lignes aux vues 686 à 688. Rien sur les feuillets ne dit lequel des deux états fut écrit le premier ; la copie est la plus nette.
  360. Vues 672 à 676. Dans \(\frac{d^2v}{dx^2}\) et \(\frac{d^2v}{dy^2}\), le premier terme est écrit avec \(r\) seul au dénominateur, ce qui est juste (\(\frac{\sin^2\varphi}{r}\frac{dv}{dr}\)). Une ligne commencée « En substituant … » est barrée, deux mots y sont lus avec doute ; le \(v\) d'un \(\frac{dv}{d\varphi}\) ressemble à un \(\varphi\). Le rayon \(R\) n'est nommé qu'à la vue 682.
  361. Vues 676 et 678. C'est le texte dont la vue 549 est le brouillon (voir plus haut).
  362. Vues 678 et 680. Dans la seconde des deux équations à intégrer (vue 678), \(v\) manque après \(\frac hk\). La condition sur \(s\) est obtenue en divisant par le facteur commun \(\sin\beta\varphi\;r^\beta\), qu'elle omet sans le dire. Au verso de la vue 678 (vue 679), neuf lignes barrées de deux grands traits, qui ne suivent pas le recto : ce sont, mot pour mot, les lignes qui ouvrent la vue 684 ; elle les a écrites là d'abord, puis barrées.
  363. Le nom de Bessel n'est pas sur ces feuillets ; il est attaché à ces fonctions par l'usage ultérieur (contexte, non tiré des feuillets). Les feuillets ne disent pas si elle connaissait le travail de Bessel, et la lecture ne le suppose pas. L'identification de la série avec \(J_\beta\) a été vérifiée terme à terme dans le dossier de vérification (\(2\cdot4\cdots2j\,(n+1)(n+3) \cdots(n+2j-1) = 4^j j!\,(\beta+1)(\beta+2)\cdots(\beta+j)\)).
  364. Vue 682, série à l'encre 335, sa page 6. Le troisième terme du second membre porte « \(R^6\) » ; le calcul demande \(R^5\). La valeur de \(b\) est une inférence de la lecture ; ces pages disent seulement que « \(b\) et \(R\) sont des quantités déterminées ». « a » au début de la première ligne est repassé sur une autre lettre.
  365. « T. 2 », après « suivans », est lu avec doute. La preuve actuelle de ce fait passe par le caractère autoadjoint du problème (théorie de Sturm–Liouville, postérieure au feuillet et qu'il ne cite pas).
  366. Vues 682 et 684. L'exposant de \(B\) dans la première ligne est un pâté ; « 0 » est offert d'après la vue 684. Dans cette intégrale, les \(s\) ne portent pas le facteur \(r^\beta\) des valeurs particulières ; la vue 684 appelle \(u\) les fonctions correspondantes, qui le portent.
  367. Vue 682. La lecture corrige ici la forme ; la conclusion des vues 688 à 691 (voir plus bas) ne dépend que de la première racine de chaque ordre et n'en est pas affectée à la limite.
  368. Vue 684, série à l'encre 336, sa page 7. Les dénominateurs des valeurs remplacées par \(\theta\) sont lus « \(2^2\) », « \(2.3\) », « \(2.5\) » pour \(n = 1, 3, 5\) ; la règle qu'elle énonce, \(2(n+1)\), donne \(2\cdot2\), \(2\cdot4\), \(2\cdot6\). L'exposant « 3 » de \((n+1)\) dans la troisième équation est très pâle ; le calcul demande \((n+1)\) sans exposant. La lettre devant \(\theta\) dans la marge est lue avec doute \(f\). Le mot « art » de « l'art 308 » est lu d'après le tracé.
  369. Vue 686, série à l'encre 337, sa page 8. Les mots « une valeur positive qui » sont barrés après la fraction.
  370. Vue 686, très corrigée entre les lignes : « a la condition » et « l'équation » sont en marge, « de chacune des couches », « existeroit », « tous les points. qui sont a une distance égale de l'axe du cylindre » dans l'interligne ; « indiqueroit » est lu avec doute (écrit « indequeroit ») ; un petit mot barré avant \(v\) est lu avec doute « la ».
  371. Vérifié numériquement pour \(H = hR/K\) de \(0{,}01\) à \(10\,000\) (dossier de vérification) : \(x_{0,1} < x_{1,1} < \min(x_{0,2}, x_{2,1})\) à chaque fois. Pour \(H = 1\) : \(x_{0,1} = 1{,}256\), \(x_{1,1} = 2{,}405\), \(x_{2,1} = 3{,}518\), \(x_{0,2} = 4{,}080\). Vue 688, série à l'encre 338, sa page 9 : « si on admet » remplace « En admettant donc » ; un petit mot ajouté au bord du feuillet est illisible ; « sensiblement » est lu avec doute.
  372. Le feuillet garde toute la série de l'ordre 0 et toute celle de l'ordre 1, sans le facteur \(r\) de l'ordre 1 ; seules comptent, à la limite, leurs premières racines. L'état décrit est atteint asymptotiquement, non à partir d'une « certaine valeur de \(t\) » précise.
  373. Vue 690, série à l'encre 339, sa page 10. La parenthèse ouverte dans la première des deux égalités du bas n'est pas fermée.
  374. Vue 691, verso de la vue 690, cinq lignes ; « est correspond » sur le feuillet. Le mémoire sur la courbure invoque la même loi de l'anneau, en citant la page 277 de la même théorie (vues 55 à 63 ; voir la section « Mémoire sur la courbure des surfaces »).
  375. Vues 692 à 695. Variantes : \(\frac hK\) avec une capitale (vue 693) pour \(\frac hk\) ; « forcé » pour « mené », « Ainsi il y a » pour « Il y a donc », les \(s\) indicés ; « art 245 » sans page ni titre ; « correspond » pour « est correspond ». À la vue 695, « \(A'\cos\varphi - A'\sin\varphi = 0\) » : la seconde lettre est écrite \(A'\) où le brouillon (vue 690) porte \(B'\), qui est juste. Au premier numérateur de la vue 692, la lettre après \(d\) est lue \(v\) avec doute. La page 2 s'arrête sur « Pour y parvenir il » ; la vue 694 ne la continue pas.
  376. Vue 696, série à l'encre 342, « 1 » barré au-dessus ; le dos (vue 697) est blanc. Les additions sont dans l'interligne au-dessus des mots barrés ; un mot commencé après « les trois équations. », un mot d'une addition fine et un mot barré sous une tache sont illisibles ; « donnent », l'addition « qu'on cherche la … qu'elle et » et « détermine » sont lus avec doute. Il n'est pas sûr, pour quelques mots de la fin, que le trait qui les traverse soit une biffure.
  377. Vue 698, série à l'encre 343, sans pagination ; le dos (vue 699) est blanc. Sans le terme en \(\frac{\partial v}{\partial\theta}\), l'équation écrite n'exprime pas cette constance : \(v = \cos\theta\) n'est pas constant, et \(\Delta_S\cos\theta = -2\cos\theta\). Dans le bilan qui suit, elle prend pour côtés du quadrilatère l'arc \(r\sin\theta\,d\theta\) du méridien et l'arc \(r\,d\varphi\) du parallèle ; ce sont \(r\,d\theta\) et \(r\sin\theta\,d\varphi\). Le numérateur de la fraction \(\frac{dv}{dt}\) écrite après « pendant le même tems » est lu \(v\) avec doute ; la page s'arrête sur « \(\theta - d\theta\) : ».
  378. Vue 701, verso d'un feuillet dont l'autre face (vue 700) porte le nombre 344 et est blanche ; le feuillet 345 (vues 702, 703) est blanc. « Si », « seront » et un mot barré (« fait ») sont lus avec doute ; un mot après « négligeable à la » est illisible. La page passe de « quadrilatères » à « parallélogrammes » pour les mêmes éléments.
  379. Vue 712, série à l'encre 350. Elle écrit une fois \(d^2u\) pour \(d^2v\). Deux signes, couverts de pâtés, sont offerts comme \(-\) ; un \(\varphi\) au bord du feuillet est lu avec doute. Le calcul de la lecture confirme le développement de \(\frac{d^2v}{dz^2}\), en particulier le coefficient \(\frac{2\sin\theta\cos^2\theta - \sin^3\theta}{r^2}\) de \(\frac{dv}{d\sin\theta}\).
  380. Sur le feuillet, « celle que j'avois trouvé » finit une ligne et « j'avois remarqué, dès lors, » ouvre la suivante. Ce renvoi à une équation « trouvée » auparavant, et la remarque sur la plaque, qui est la fin de la pièce sur le cylindre (vues 691 et 695), font penser que ce feuillet est postérieur à cette pièce : inférence de cette lecture.
  381. Vue 713, verso du feuillet 350, sans numéro. Elle y ajoute que l'expression \(\frac{\sin\theta}{r^2}\frac{dv}{d\sin\theta}\) « peut être censée n'avoir pas de valeur fixe quoique l'usage l'attribue toujours au cercle dont le rayon est l'unité ». Elle écrit \(\frac{d^2v}{dx}\), sans exposant au dénominateur, dans la dernière équation. Calcul de vérification : pour \(v = V(r\sin\theta, \varphi)\), le laplacien sphérique vaut exactement, à \(\theta = \frac\pi2\), \(V_{\rho\rho} + \frac1\rho V_\rho + \frac{1}{\rho^2}V_{\varphi\varphi}\).
  382. Vue 713. Le dénominateur de la deuxième quantité, \(\frac{dv}{r\sin\theta}\), ne porte pas de différentielle.
  383. Vue 716, série à l'encre 352 ; le revers (vue 717) n'est pas transcrit : la transcription le dit couvert d'autres calculs dans sa note de la vue 716, blanc dans l'en-tête du lot 36 et dans sa note sur la numérotation. Dans la première somme, le coefficient de \(\frac{dv}{dr}\) est \(\frac{\cos^2\theta + 1}{r}\) et celui de \(\frac{dv}{d\sin\theta}\) porte \(+\) au lieu de \(-\) ; la somme corrigée a \(\frac2r\) et le signe juste. Elle écrit \(\frac{d^2v}{dy}\) sans exposant, et un terme de \(\frac{d^2v}{dy^2}\) sans dénominateur, avec \(d\sin\theta\,dr\) là où la ligne correspondante de \(\frac{d^2v}{dx^2}\) porte \(d\sin\theta\,d\varphi\). Quatre signes couverts de pâtés sont offerts d'après les lignes voisines ; un numérateur barré et un signe récrit sont illisibles. Rien n'ordonne ce feuillet par rapport au feuillet 350.
  384. Vues 708 à 710. Un feuillet écrit recto (vue 708, no 348 de la série à l'encre) et verso (vue 709, sans numéro), puis le recto du feuillet suivant (vue 710, no 349), écrit aux trois quarts ; son revers, vue 711, est blanc. Aucun numéro de page ni date de la main qui écrit. Le nom de « manuscrit C » et la cote ff. 348r–349r sont ceux de Laubenbacher et Pengelley (2010, § 1.3) ; la correspondance entre cette cote et les vues vient de la série à l'encre lue au lot 36, qui est tracée à la plume et que les transcriptions ne donnent donc pas comme foliotation. Le jugement de ces auteurs sur la démonstration n'est ni rapporté ni vérifié ici : ce qui suit est la vérification propre de cette lecture. Les feuillets 350 à 352 (vues 712 à 716), reliés juste après, portent des calculs sur la chaleur et sont lus avec les autres pièces sur la chaleur.
  385. Vue 708. Le feuillet écrit, dans l'énoncé, \(2z^{2n}=y^{2n}+z^{2n}\) : la dernière lettre a la forme du \(z\) initial ; quatre lignes plus bas, la même équation s'écrit \(2z^{2n}=y^{2n}+x^{2n}\), qu'on suit. « Théorème », « Démonstration » et le \(n\) initial sont soulignés.
  386. Darmon et Merel (1997) : pour tout nombre premier \(\ell\ge 3\), l'équation \(a^\ell+b^\ell=2c^\ell\) n'a pas de solution en entiers premiers entre eux avec \(|abc|>1\) ; c'était une conjecture de Dénes. On l'applique à un facteur premier \(\ell\) de \(n\), avec \(a=x^{2n/\ell}\), \(b=y^{2n/\ell}\), \(c=z^{2n/\ell}\) ; le cas \(a=0\) donnerait \(b^\ell=2c^\ell\), impossible. Ce résultat est de beaucoup postérieur aux feuillets, qui ne le citent évidemment pas.
  387. Si l'un de \(x\), \(y\) était pair, l'autre serait impair et \(x^{2n}+y^{2n}\) serait impair ; tous deux impairs, \(x^{2n}+y^{2n}\equiv 2 \pmod 8\), donc \(z^{2n}\) est impair.
  388. Le feuillet écrit \(z''^n=x^{2n-2}-x^{2n-4}y^2+\&c\) ; à la vue 710, en reprenant la démonstration, il parle des « valeurs de \(F\), \(H\) et \(z''^{2n}\) ». Seul l'exposant \(2n\) s'accorde avec \(z=z'z''\) et \(x^2+y^2=2z'^{2n}\) ; on le suit.
  389. Le feuillet définit \(H=x^{n-1}-x^{n-2}y+\&c\) et \(F=x^{n-1}+x^{n-2}y+\&c\) ; on écrit les sommes complètes.
  390. Contexte, non tiré des feuillets : Gauss introduit ces entiers en 1832.
  391. Vue 709, qui continue la phrase de la vue 708 ; même main, sans rature. La page s'arrête aux trois quarts du feuillet, sur l'équation finale suivie d'un trait.
  392. Le feuillet écrit \(2(v^2-u^2)vu>pq(p^2-q^2)\) ; un multiple non nul de \(N\) peut lui être égal.
  393. Le feuillet porte ici \((v^2+u^2)\), avec le signe \(+\), là où la supposition examinée porte \((v^2-u^2)\), et la transcription le signale. Le signe \(+\) est celui que donne la borne, qui porte sur \(z''=u^2+v^2\) ; le retour à \(v^2-u^2\le v^2+u^2\) est sous-entendu.
  394. La page écarte ce cas autrement : \(F\) et \(H\) auraient alors un diviseur commun, donc \(x\) et \(y\) aussi ; elle ne détaille pas ce pas.
  395. Vue 710, no 349 de la série à l'encre, même main que les vues 708 et 709, écrite aux trois quarts ; le bas et le revers (vue 711) sont blancs. Le feuillet écrit \(n-2d\) ; on abrège en \(m\).
  396. L'exposant de \((v^2+u^2)\) est écrit petit et serré ; la transcription le lit « 8n » avec doute, peut-être « 3n ». Le calcul demande \(2n\), comme au passage parallèle de la vue 709 ; c'est une inférence de cette lecture.
  397. Le chiffre devant \(d\) dans l'exposant est tracé d'un trait lourd, comme récrit ; la transcription le lit 2 avec doute, appuyée par la phrase qui précède (« \(n+2d\) au lieu de \(n\) »).
  398. La page le dit sans raison ; si tous deux étaient impairs, \(X^{2n}+Y^{2n}\equiv 2\pmod 4\) ne serait pas un carré.
  399. Le feuillet écrit \(2^{n-1}(x)^{2n}=2^{2n-2}\{(x)'^{2n}+(x)''^{2n}\}\) : l'exposant \(n-1\) à gauche, là où la colonne de droite porte \(2^{2n-1}\) ; la transcription le garde tel. Seul \(2^{2n-1}\) donne l'équation finale que la page écrit ensuite. Les équations sont disposées sur deux colonnes, les trois lignes « \(x=\dots(x)\), \(=\dots(x)'\), \(=\dots(x)''\) » à droite de \(X=2xx'\).
  400. Wiles (1995), avec Taylor pour une étape. La descente pour l'exposant \(4\) est de Fermat lui-même. Aucun des deux n'est cité sur la page, qui ne mentionne pas non plus l'exposant \(4\).
  401. Feuillets 346 et 347 (vues 704 et 706), puis 353 à 364 (vues 718 à 730) de la série à l'encre ; les dos blancs (vues 705, 707, 711, 721, 725, 727, 731) et le feuillet blanc sans numéro des vues 732–733 ne portent rien. Les feuillets 350 à 352 (vues 712 à 716), sur la chaleur, sont reliés parmi eux et lus avec les pièces sur la chaleur. Le billet de la vue 729 porte en outre un fragment au crayon, d'une autre main, plus grande, sur des déterminants, coupé aux deux bords ; il n'est pas lu ici.
  402. Les feuillets écrivent « \(a\) est résidu (non résidu) de \(p\) », parfois « \(a\) R \(a'\) » pour « \(a\) est résidu de \(a'\) » (vue 730), et la congruence avec un signe à trois traits ; on écrit \(\left(\frac{a}{p}\right)=\pm1\), \(\equiv\) et \(\pmod p\). Ces notes n'emploient pas le symbole de Legendre ; le mémoire imprimé de Legendre relié au début du volume, si.
  403. Vue 704, feuillet 346, complet, écrit sur ses deux tiers inférieurs et fini par un trait. Le « non » ajouté au-dessus de la première ligne de l'alinéa remplace un « non » biffé à la ligne suivante ; le 3 de « \(4K+3\) » a la longue queue qui le fait lire 9, et l'arithmétique établit 3.
  404. La première phrase dit au contraire que la méthode ne distingue pas les \(8K+5\) des \(8K+1\) « dans lesquels \(K\) est divisible par une puissance paire de 2 » ; or \(p=8K+1\) échappe à la méthode quand \(K\) contient une puissance impaire de \(2\) (par exemple \(p=17\)). La phrase d'ouverture contredit la ligne finale et le calcul ; la lecture de « paire » est à revoir sur l'image.
  405. Vue 706, feuillet 347 ; en haut à gauche, un « 1 » suivi d'un trait oblique, peut-être un numéro de feuillet de sa main. La même lettre \(p\) désigne sur la page le nombre premier \(4n+1\) et l'un des quatre carrés de \(M\) ; on les distingue ici en appelant \(\pi\), \(\rho\), \(\sigma\), \(\tau\) ces derniers. Le feuillet est écrit jusqu'au bord inférieur et s'arrête sur un « 2 » souligné ; la suite n'est pas dans le volume.
  406. Une note marginale en quatre lignes serrées, appelée par un signe en face de la dernière ligne, se lit « c'est à dire par ces manières que en produisent aucune », « produisent » avec doute.
  407. Vues 718 à 728, feuillets 353 à 363, billets montés deux par feuille de garde, parfois numérotés de bas en haut (361 au-dessus de 360, 363 au-dessus de 362). Seule la vue 720 nomme Gauss. Les autres renvois, « P. 125 », « No 139, § 146 » (vue 722), « §126 » (vue 724), « P. 116 » (vues 724 et 728), et « l'auteur » des vues 718, 720 (bas), 722 et 728, sont rapportés aux articles des Disquisitiones arithmeticae par une inférence de la transcription, que rien sur ces feuillets ne confirme au-delà de la vue 720 ; « P. » pourrait être une page ou une abréviation d'article.
  408. Vue 722, billet 358, qui s'ouvre sur « P. 125 L'auteur se borne à démontrer le cas des nombres premiers de la forme \(4n+1\) parce qu'il n'emploie que celui-là dans sa démonstration de son théorème (V. No 139. § 146) » ; « fondamental » est barré après « théorème », « P. », « V. » et « § » sont lus avec doute. Le billet finit sur « Retournez ».
  409. Le symbole de Jacobi (1837) est postérieur à la lecture de Gauss que suppose le billet ; la vérification de cette lecture a porté sur les entiers de \(-300\) à \(300\) et les nombres premiers inférieurs à \(2000\).
  410. Vue 723, dos des billets 357 et 358. Le feuillet écrit « Soit \(4n+3\equiv4k^2\) » avant de considérer \(4n+3-4k^2\) ; le calcul demande seulement de prendre \(4k^2<4n+3\).
  411. Le signe entre « immédiatement » et « que \(\sqrt{p/2}\) » est noyé dans un pâté et n'est pas lu ; le calcul demande « plus petit », ce que confirme le dernier alinéa (« il suffit de prendre \(2a<\sqrt{p/2}\) ») : inférence de cette lecture.
  412. « pro. » est lu avec doute ; « théorème fondamental » est le nom que Gauss donne à la loi de réciprocité (contexte, non tiré des feuillets).
  413. Le second « \(4n+1\) » de ce feuillet est lu avec doute (chiffres récrits et empâtés) ; « \(2N+1\) » est écrit au-dessus de « impair ».
  414. Vue 718. Au-dessus, le feuillet 353 ne porte de ce côté que la fin d'une phrase, « est non résidu d'un nombre premier de la même forme \(4k+3\) », dont le début n'est pas dans le volume.
  415. Vue 719. Les parenthèses « (ou 11) », « (ou 19) » sont lues avec doute ; « \(4k+11=q\) » est écrit pour \(40k+11\). La table : \(29\cdot39\), \(9\cdot19\), \(21\cdot31\), \(33\cdot27\), \(7\cdot13\), \(37\cdot23\), \(3\cdot17\), tous \(\equiv 11\pmod{40}\), ce qui est exact.
  416. Vue 723. Le 2 de « \(24n+17\) » est sous une tache et lu avec doute ; le calcul le confirme.
  417. Vue 724, feuillet 359, écriture plus posée. Le feuillet écrit \(25n\) là où le carré de \(5n\) donne \(25n^2\) ; la congruence finale \(\equiv 0\pmod 5\) est juste.
  418. \(e=6\) donne \(f=3\), qui est \(a\) lui-même, et la division par \(f\) modulo \(a\) n'a plus de sens ; un choix \(e>P\) donne \(f>P\), hors de l'hypothèse de récurrence.
  419. Le feuillet écrit \((2x+1)^2\) ; le dénominateur \(a-1\) est coupé par un trait d'annulation et lu avec doute ; le reste du billet, un calcul sur les nombres \(4k+1\), s'arrête sur une congruence dont le second membre ne se lit pas.
  420. Vue 729, prise en largeur : dos du billet 363 (et vraisemblablement de 362). Les exemples sont en colonne, sous « tels sont » souligné ; \(4\cdot19+1=77\) et \(4\cdot23+1=93\) sont barrés, à juste titre (\(77=7\cdot11\), \(93=3\cdot31\)). Trois lignes de calcul barrées suivent (« Soit à présent \(3n+1=p^n\) … »), en partie illisibles.
  421. La page écrit « on aura \(r^{3n+1}\equiv 3\) » ; l'exposant peut aussi être \(3(3n+1)\), ce qui ne change rien à \(3^4\equiv1\). Elle passe de \(3^4\equiv1\) à \(3^2+1\equiv0\) sans écarter \(3^2\equiv 1\), qui demanderait \(p\mid 8\).
  422. Vue 730, feuillet 364, écriture posée. Le « T. » qui ouvre deux paragraphes n'est pas expliqué sur la feuille ; il introduit la réciprocité « si \(a\) R \(a'\), \(a'\) R \(a\) », vraie pour deux nombres premiers dont l'un au moins est de la forme \(4k+1\), ce qui est le cas des nombres premiers de Fermat \(>3\).
  423. Que \(3\) soit racine primitive de tout nombre premier de Fermat \(F_k\), \(k\ge1\), est à la base du test de Pépin (1877) : \(F_k\) est premier si et seulement si \(3^{(F_k-1)/2}\equiv-1\pmod{F_k}\). La feuille ne le cite pas et le précède sans doute.
  424. Vues 115 à 134, feuillets 56 à 65 de la série à l'encre, chaque page imprimée collée sur un feuillet de montage ; au pied de la première page, « T. XI. » et la signature « 11 ». Pagination imprimée 81 à 88 (vues 115 à 123), puis 9 à 19 (vues 124 à 134), le texte continuant sans lacune ; d'après les signatures (« 11 », puis « 2 », « 3 »), la transcription y voit la fin d'un cahier du volume et un tirage à part paginé de nouveau : c'est une inférence tirée des marques, non une lecture. La vue 122 est une seconde prise de vue de la page 87. Un filet imprimé ferme la page 19 et, semble-t-il, le mémoire. Les feuillets ne disent pas pourquoi cet imprimé est relié ici.
  425. Disquisitiones arithmeticae, art. 357 (contexte, non tiré des feuillets ; l'imprimé renvoie aux articles 511 et 512 de la Théorie des nombres de Legendre, troisième édition).
  426. Vues 116 à 118 (pp. 82 à 84). La note infrapaginale de la page 83 rappelle que les \(\alpha\) sont aussi les carrés \(1,4,9,\dots,m^2\) réduits modulo \(n\). Le signe de \(\sqrt n\) « peut être pris à volonté ».
  427. Vue 119 (p. 85). Dans « les valeurs des coefficients \(A\), \(A_2\), \(A_3\) », l'indice du premier manque. Dans l'exemple I, l'imprimé écrit encore \(P=-\frac12-\frac12\sqrt n\) pour \(n=31\), là où la règle qu'il vient de donner demande \(\sqrt{-n}\) ; les coefficients qui suivent sont bien en \(\sqrt{-n}\).
  428. Vues 120 et 121 (pp. 86 et 87). En particulier \(\left(\frac{7}{31}\right)=-\left(\frac{31}{7}\right)=-\left(\frac37\right)=\left(\frac73\right)=1\), et en effet \(10^2\equiv7\pmod{31}\).
  429. Vues 121 et 123 (pp. 87 et 88).
  430. Vues 126 à 128 (pp. 11 à 13). Coquilles de l'imprimé, relevées par la transcription : dans la forme II de \(Z\) (p. 11), le dernier terme est précédé de \(+\) là où la suite des signes demande \(-\) ; à la p. 12, \(b^{i-1}\) pour \(b_{i-1}\), et \(+b_2x^2\) entre \(-x\) et \(-b_3x^3\) là où le calcul donne \(-b_2x^2\) ; la même p. 12 rapporte le cas \(n=4i+1\) à \(4X=Y^2+nZ^2\), la p. 13 à \(4X=Y^2-nZ^2\), qui est la bonne équation (l'argument par \(x=1\) vaut avec l'un ou l'autre signe).
  431. Vues 129 à 131 (pp. 14 à 16), avec le tableau des \(A_1\) à \(A_4\) pour \(n=4i-1\).
  432. Vues 132 à 134 (pp. 17 à 19). Une coquille : pour \(n=120\mu+61\), l'imprimé écrit \(\left(\frac6n\right)=1\), alors que \(n\equiv5\pmod8\) donne \(\left(\frac2n\right)=-1\) et \(\left(\frac6n\right)=-1\) ; la conséquence qu'il en tire, \(S_6=S_2\), est celle de \(-1\) et elle est juste. À la vue 132, « de l'ordre \(\mu\) » sans exposant lisible, là où \(A_6\) contient \(75\mu^3\). La subdivision en \(840\nu+61\), \(181\), \(421\), \(541\), \(661\), \(781\) omet à juste titre \(\mu=7\nu+2\), qui donne \(301=7\cdot43\).
  433. Vues 734 à 749, feuillets 365 à 372 de la série à l'encre, grands feuillets montés sur des feuilles de garde et écrits des deux côtés ; le numéro est au recto seulement. Le lot 37 voit dans les crochets des remarques de sa main à elle, le lot 38 laisse la question ouverte ; cette lecture ne tranche pas. La vue 750, dernier feuillet, est blanche, avec un « 373 » barré.
  434. Le feuillet écrit \(\left(\frac{d^2z}{dt^2}\right)\), \(\left(\frac{ddy}{dx^2}\right)\) ; on écrit \(\frac{\partial^2z}{\partial t^2}\), \(\frac{\partial^2y}{\partial x^2}\). Il écrit aussi les fonctions arbitraires avec le deux-points d'Euler, \(\Gamma{:}(x+ct)\), qu'on écrit \(\Gamma(x+ct)\).
  435. Vues 734 et 735, feuillet 365. « 2d ? », en exposant au-dessus de « 1761 », est lu avec doute. La lettre initiale de la courbe se lit E ou P, la deuxième K ou H selon les occurrences ; l'arc « \(t-ux\) » a un u lu avec doute.
  436. Le principe du prolongement analytique n'a été formulé que plus tard (Cauchy, Weierstrass) ; l'extrait ne le connaît pas.
  437. Vues 736 et 737, feuillet 366. Écarts de la copie, que la transcription garde : l'exponentielle \(e^{t-\sqrt{cK}}\) pour \(e^{-t\sqrt{cK}}\) ; \(M=A\sin x\sqrt{-1}\) pour \(A\sin x\sqrt{-K}\) ; les constantes annoncées « \(C\) et \(D\) » et écrites \(A\) et \(B\) ; « \(a\sqrt{-K}=\frac{\nu\pi}{a}\) », le dénominateur lu \(a\) avec doute, alors que le calcul donne \(a\sqrt{-K}=\nu\pi\) ; enfin, à la vue 737, les deux formules finales ont un signe \(-\) devant le second terme de \(s\) et \(\int ZM\,dx\) au lieu de \(\int VM\,dx\) dans celle de \(ds/dt\), en désaccord avec les formules de la vue 736, qui sont les bonnes (vérifiées ici).
  438. Le nom de Fourier est postérieur au mémoire extrait ; la copie ne le porte pas.
  439. Vues 738 et 739, feuillet 367. La référence « (1 2d. de T. P. 69) » est lue avec doute, de même que « S. 2 T. P. 317 » et « Pag. D. ».
  440. Abel (1826), Cesàro (1890), la théorie des distributions (Schwartz, vers 1950) : tous postérieurs, et non cités.
  441. Vues 740 à 742, feuillets 368 et 369. Le titre s'ouvre sur « 3 » suivi d'une capitale lue V. avec doute. C'est le même Euler que celui du mémoire de 1779 sur les lames, copié plus haut dans le volume. La première phrase après la « Question » ne se construit pas sur la feuille.
  442. Weierstrass (1885), et pour la convergence de la série de Fourier elle-même Dirichlet (1829) : postérieurs, et non cités.
  443. La transcription lit \(a\), \(b\), \(c\), et les garde tels.
  444. La remarque rapproche sans doute la page de la Théorie des fonctions analytiques de Lagrange (1797) ; c'est une inférence de la transcription.
  445. Vues 743 à 745, feuillets 369 (verso) et 370. « T. 4 » est sans doute le tome du recueil (inférence de la transcription). Des remarques entre crochets expliquent la formule d'addition des sinus et l'élimination des radicaux.
  446. « du » et « Cousin » sont lus avec doute ; « C. I. » vaudrait « Calcul intégral » (inférence de la transcription).
  447. Vue 746, feuillet 371. Les deux 4 sont lus avec doute. La caractéristique \(\delta\) est un d bouclé ; la lettre donnée pour \(\psi\) est un v barré, lu avec doute.
  448. Vues 747 à 749, feuillets 371 (verso) et 372. « la section de la méchanique » renvoie sans doute à la Mécanique analytique de Lagrange (inférence de la transcription).
  449. Le problème des deux centres fixes est celui d'Euler ; le cas limite, un centre newtonien plus un champ uniforme, est aujourd'hui appelé problème de Stark (d'après l'effet Stark, 1913). Noms postérieurs ou absents de la feuille.
  450. La différentielle de \(A\,dx^2+B\,dx\,dy+C\,dy^2\) est recopiée incomplète : il y manque le terme \(\frac{\partial A}{\partial x}dx^3\), et le terme en \(\frac{\partial A}{\partial y}+\frac{\partial B}{\partial x}\) y porte \(dx\,dy\) au lieu de \(dx^2\,dy\) ; les quatre conditions qu'on en tire sont néanmoins toutes écrites et justes. Les justifications entre crochets de la vue 748 (une fonction dont la dérivée partielle en \(x\) est nulle ne contient pas \(x\) ; \(\frac{\partial^2A}{\partial y^2}=\frac{\partial^2C}{\partial x^2}\) force le même coefficient \(c\)) sont exactes.
  451. À la vue 749, les équations sont récrites \(\frac{d^2x}{dt^2}+M=0\), sans le 2 ; avec cette forme, l'intégrale écrite n'est pas conservée (il faudrait \(dt^2\) au dénominateur) : vérifié.
  452. Nom postérieur, absent de la feuille.
  453. Vue 749, verso du feuillet 372, dernière page écrite du volume, sous le cachet de la Bibliothèque royale. « 46 » et « 4 » sont lus avec doute. « la Théorie des nombres » est un ouvrage qui cite le mémoire de Lagrange ; lequel, la feuille ne le dit pas.
  454. Vérifié pour \(a=2\), \(3\), \(5\), \(7\), \(13\) sur toutes les solutions avec \(y<200\,000\). Pour \(q'\), la plus petite solution après \((p,q)\), la copie écrit \(q'=\frac{(p+q\sqrt a)^2+(p-q\sqrt a)^2}{2\sqrt a}\), avec \(+\) au numérateur là où la formule générale donne \(-\) ; la valeur juste est \(q'=2pq\). La remarque finale entre crochets (pour \(m=1\) les deux membres deviennent identiques) est exacte.