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      <titleStmt>
        <title>Manuscrits de Sophie Germain, Français 9117, vues 1–20 — transcription</title>
        <author>Sophie Germain</author>
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          <resp>transcription automatique — première passe, non vérifiée contre les pages par une personne (<date when="2026-09-14">2026-09-14</date>)</resp>
          <name xml:id="pass" type="model">Opus 5 (claude-opus-5)</name>
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          <resp>procédure, outillage, export TEI</resp>
          <orgName xml:id="ed">germain.commutator.io (Commutator, Paris)</orgName>
        </respStmt>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Lecture automatique — non vérifiée</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Commutator</publisher>
        <pubPlace>Paris</pubPlace>
        <date when="2026-09-16">2026-09-16</date>
        <availability status="free">
          <licence target="https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/">CC0 1.0</licence>
          <p>Le manuscrit transcrit est dans le domaine public. Cette
          transcription est une première lecture automatique, non vérifiée, placée
          dans le domaine public (CC0) ; aucune image n'est reproduite — le
          fac-similé est celui de Gallica, cité vue par vue. Source gallica.bnf.fr /
          Bibliothèque nationale de France. La source LaTeX dont ce fichier
          dérive est publiée sous https://github.com/Commutator-IO/germain-project.</p>
        </availability>
        <ref target="https://germain.commutator.io/">https://germain.commutator.io</ref>
      </publicationStmt>
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          <msIdentifier>
            <country>France</country>
            <settlement>Paris</settlement>
            <repository>Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits and Bibliothèque de l'Arsenal</repository>
            <collection>Manuscrits de Sophie Germain</collection>
            <idno type="shelfmark">Français 9117</idno>
          </msIdentifier>
          <head>« Considérations générales sur l'état des sciences et des lettres aux différentes époques de leur culture, » par Sophie GERMAIN.</head>
          <msContents>
            <summary>Vues 1 à 20 du volume, dans la
            numérotation de Gallica (une vue par image) ; lot 1 de vingt vues.
            La foliotation au crayon de la BnF, quand elle a pu être lue, est
            donnée par un milestone[@unit='folio'] ; elle n'est jamais déduite.
            Les vues absentes de la transcription ne portent rien à lire et sont
            omises ; le saut dans la numérotation en est le seul enregistrement.</summary>
          </msContents>
          <history><origin><origDate>1801-1900</origDate><note>Datation du catalogue, reproduite telle quelle.</note></origin></history>
          <additional>
            <surrogates>
              <bibl>
                <ref target="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733</ref>
                <note>Fac-similé numérique de la Bibliothèque nationale de France
                sur Gallica, servi par l'API IIIF. L'attribut
                <hi rend="monospace">facs</hi> de chaque
                <hi rend="monospace">pb</hi> pointe la vue correspondante dans
                le lecteur de Gallica.</note>
              </bibl>
            </surrogates>
          </additional>
        </msDesc>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <projectDesc>
        <p>Transcription de manuscrits de mathématiciens numérisés dans Gallica, une passe de vingt vues
        par conversation avec un grand modèle multimodal, sous la procédure
        <hi rend="monospace">transcribe</hi> du dépôt. Le fichier
        LaTeX est la source de référence ; ce TEI en est dérivé mécaniquement
        par <hi rend="monospace">scripts/tei.mjs</hi> et n'a pas été relu.</p>
      </projectDesc>
      <editorialDecl>
        <p>L'édition n'est pas diplomatique : elle encode les mathématiques et
        l'apparat, rien du support. Correspondance avec l'apparat de la source :
        <hi rend="monospace">\ill</hi> devient <hi rend="monospace">gap[@reason='illegible']</hi>
        (jamais deviné) ; <hi rend="monospace">\uncertain</hi> devient
        <hi rend="monospace">unclear</hi> ; <hi rend="monospace">\add</hi> devient
        <hi rend="monospace">supplied</hi> ; <hi rend="monospace">\struck</hi> devient
        <hi rend="monospace">del</hi> (biffé par l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\note</hi> devient <hi rend="monospace">note[@type='editorial']</hi>
        (du transcripteur) ; <hi rend="monospace">\marginal</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='authorial'][@place='margin']</hi> (de l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\page</hi> devient <hi rend="monospace">pb</hi> (vue de Gallica) ;
        <hi rend="monospace">\folio</hi> devient <hi rend="monospace">milestone[@unit='folio']</hi>
        (foliotation de la BnF, jamais déduite).</p>
        <p>Les mathématiques sont transportées en TeX dans
        <hi rend="monospace">formula[@notation='TeX']</hi>, les diagrammes
        commutatifs en <hi rend="monospace">formula[@notation='tikz-cd']</hi>,
        sans conversion. Une marque d'apparat située à l'intérieur d'une
        formule (un exposant illisible, un symbole biffé) reste dans le TeX de
        la formule, sous les mêmes macros.</p>
        <p>Orthographe, ponctuation et lapsus de l'auteur sont conservés ; une
        faute évidente est signalée par une note, jamais corrigée.</p>
      </editorialDecl>
      <appInfo>
        <application ident="germain-tei" version="1">
          <label>scripts/tei.mjs</label>
          <ref target="https://github.com/Commutator-IO/germain-project">https://github.com/Commutator-IO/germain-project</ref>
        </application>
      </appInfo>
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      <langUsage>
        <language ident="fr">français, avec la notation mathématique de l'auteur</language>
      </langUsage>
    </profileDesc>
    <revisionDesc>
      <change when="2026-09-14" who="#pass">Première passe de transcription.</change>
      <change when="2026-09-16" who="#ed">Export TEI depuis la source LaTeX.</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div type="batch" n="1">
<div type="section">
<head>Lettre d'envoi du manuscrit à la Bibliothèque royale</head>
<pb n="7" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f7.item"/><p><milestone unit="folio" n="2r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">feuillet de plus petit format, monté sur onglet ; la main n'est pas celle de Sophie Germain. Timbre « Bibliothèque royale » non transcrit. L'adresse, au verso (vue 8) : « Monsieur Champollion Conservateur à la Bibliothèque Royale ».</note></p>
<p>Monsieur,</p>
<p>D'après le désir que vous avez bien voulu m'en témoigner, j'ai l'honneur de
vous adresser, avec un exemplaire d'un ouvrage posthume de Mlle Germain, le
manuscrit que vous joindrez, si vous le jugez à propos, à ceux qui sont déjà
déposés à la Bibliothèque.</p>
<p>Agréez, je vous prie, l'assurance des sentimens distingués avec lesquels j'ai
l'honneur d'être,</p>
<p>Monsieur,</p>
<p>7bre.</p>
<p>Votre très humble &amp; obéissant serviteur</p>
<p>Lherbette</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">signature lue d'après la note du feuillet de titre (vue 5), qui nomme « M. Lherbette député, &amp; neveu de l'auteur » comme donateur ; « 7bre. » est écrit à gauche de la formule finale, sans jour ni année.</note></p>
<p>P.S. Me permettez-vous, Monsieur, de joindre ici un exemplaire pour
M. Letronne, qui, ne connaissant pas <unclear>personnellement</unclear> Mlle Germain,
ne comprendrait pas l'envoi que je lui <unclear>en</unclear> ferais directement ?</p>
</div>
<div type="section">
<head>Ch. I.</head>
<pb n="9" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f9.item"/><p><milestone unit="folio" n="4r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête du feuillet, à gauche, le chiffre « 1 » à l'encre ; au centre le titre « Ch. I. », souligné.</note></p>
<p>Comment les sciences et les lettres sont dominées par un sentiment qui leur est
commun.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">dans la marge de gauche, au début du paragraphe suivant, le nom « Gutmann », souligné, d'une écriture plus petite ; le paragraphe est ouvert par un crochet.</note></p>
<p>Lorsqu'on envisage sous un point de vue général les divers travaux de l'esprit
humain, on est frappé de leur similitude. Partout de certaines lois ont été
observées ; ou, si elles ne l'ont pas été, leur défaut s'est fait sentir, et
alors, soit que l'ouvrage renferme un corps de doctrine, soit qu'il ait été
destiné au simple amusement du lecteur, l'auteur n'a pas rempli les conditions
de la durée ; à la première curiosité, bientôt épuisée, succèdera un entier
oubli.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« et » est ajouté dans l'interligne au-dessus d'un mot recouvert devant « alors ».</note></p>
<p>Les lois dont nous parlons ont régi la pensée de l'homme longtems avant qu'il
ait eu le loisir de réfléchir. Le spectacle de l'univers en étoit empreint ; la
mémoire les a reproduites ; l'imagination, jusque dans ses caprices, leur est
demeurée <del>soumise</del> assujetie ; plus tard elles ont servi de guide à la
raison.</p>
<p>S'il nous étoit donné de pénétrer la nature des choses, si les observations,
les réflexions, les théories qui composent notre richesse intellectuelle
n'étoient pas de l'homme, nous choisirions avec certitude entre ces deux
propositions : ou le type que nous trouvons en nous mêmes et dans les objets
extérieurs nous révèle les conditions de l'être ; ou ce type, nous appartenant
en propre, atteste seulement la manière dont nous pouvons comprendre les
possibles.</p>
<p>Cette haute connoissance nous est à jamais interdite ; mais en nous bornant à
chercher comment un sentiment profond d'ordre et de proportions devient pour
nous le caractère du vrai en toutes choses, <del>chose</del> nous
<del>pouvons</del> <unclear>pourrons</unclear></p>
<pb n="10" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f10.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête, à gauche, le chiffre « 2 » à l'encre.</note>
<del><gap reason="illegible"/></del> parvenir à reconnoître <del>comment</del> que dans les divers
genres d'études, nos recherches, <del>sont</del> dirigées vers un même but,
emploient des procédés qui sont aussi les mêmes.</p>
<p>Et, en effet, s'agit-il du plan d'un ouvrage, de l'argument d'un poëme,
l'esprit exige de la clarté ; il veut que les diverses parties soient liées
entre elles avec assez d'art pour que leur rapport s'apperçoive d'un coup
d'<unclear>œil</unclear> ; il demande un ordre facile à saisir ; il se complait dans la
simplicité, source de l'élégance en tout genre. L'emploi du merveilleux est
soumis aux mêmes règles. L'imagination peut adopter d'ingénieuses fictions ;
mais alors un certain module intellectuel remplace ce qui manque à la réalité
des objets. Les oracles du goût et les arrêts de la raison se ressemblent :
l'ordre, la proportion et la simplicité, <del>remplaçant ce qui manque à la
réalité des objets</del> ne cessent pas d'être des nécessités intellectuelles. Les
sujets sont différens ; mais le jugement est constamment appuyé par ce type
universel qui appartient également et au beau et au vrai.</p>
<p>Voulons-nous connoître les êtres naturels ? nous les classons suivant nos
convenances ; &amp; la notion méthodique des genres et des espèces imprime à
l'histoire naturelle le cachet de l'esprit de l'homme.</p>
<p>A l'égard des sciences exactes, le sentiment d'ordre et de proportion, qui
partout ailleurs guide ou le goût ou la raison, fait place à la connoissance
certaine d'un ordre déterminé, de proportions connues et mesurables. On diroit
que, muni d'un instrument nouveau, l'intelligence humaine a renoncé à sa marche
accoutumée. La ressemblance à son modèle intérieur</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le mot biffé en tête de page est noirci et illisible. La phrase se poursuit en tête de la vue 13 ; la vue 11 est un feuillet d'addition.</note></p>
<pb n="11" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f11.item"/><p><milestone unit="folio" n="5r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">feuillet plus petit, monté ; une croix « + » à l'encre dans l'angle supérieur gauche, et le paragraphe ouvert par un crochet. Le texte n'enchaîne ni sur la fin de la vue 10 ni sur le début de la vue 13 : c'est une addition, que la croix renvoie au bas de la vue 13, où la même croix est tracée sous le dernier alinéa.</note></p>
<p>Ne nous en étonnons pas ; l'esprit humain obéit à des lois ; elles sont celles
de sa propre existence ; elles lui fournissent une mesure commune entre toutes
les existences qu'il conçoit en dehors de la sienne ; elles deviennent
nécessairement le mobile de tous ses travaux, la source de tous ses plaisirs.
Et, en effet, un trait de génie, un trait d'éloquence, dans les sciences, dans
les beaux arts, dans la <del>l'éloquence</del> littérature, nous plaît par une
seule et même raison : il dévoile à nos yeux <del>une</del> une foule de rapports
que nous n'avions pas encore apperçus. — nous nous trouvons <del>conduits</del>
transportés tout d'un coup dans une région élevée, d'où nous découvrons un
ordre <del>nouveau</del> inattendu d'idées ou de sentimens ; le plaisir de la
surprise émeut notre ame ; elle rend un hommage involontaire à son bienfaiteur ;
et <del>elle trouve encore un plaisir nouveau dans</del> cet hommage même est
<del>pour elle la source d'un</del> encore pour elle un plaisir nouveau.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« transportés » est écrit sous « tout d'un coup », tous deux dans l'interligne au-dessus du mot biffé ; « littérature » et « inattendu » sont également dans l'interligne.</note></p>
<pb n="13" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f13.item"/><p><milestone unit="folio" n="6r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête, à gauche, un petit « 3 » à l'encre. La première phrase achève celle de la fin de la vue 10.</note>
n'est plus pour elle le caractère du vrai ; elle l'atteint de plus près ;
l'objet de ses études remplit au plus haut degré les conditions qu'elle cherche
partout ailleurs ; et son attention fixée sur cette heureuse réalisation y est
absorbée toute entière.</p>
<p>Sans doute, l'impression produite par la lecture d'un ouvrage d'imagination ne
ressemble pas à celle qui résulte de l'étude d'un traité de géométrie ; sans
doute aussi, certains esprits admirateurs des riantes images, s'abandonnant
uniquement à ce goût, deviendront tout à fait incapables d'application, tandis
que d'autres esprits exclusivement livrés à la contemplation de la vérité
démontrée demeureront distraits ou incertains lorsqu'ils ne rencontreront pas
une évidence complète.</p>
<p>Ne nous pressons pourtant point de conclure qu'il n'existe aucun lien commun
entre des œuvres qui semblent d'abord si différentes. Assistons à leur création,
et nous reconnoîtrons bientôt que l'esprit humain est guidé dans toutes ses
conceptions par la prévision de certains résultats, vers lesquels se dirigent
tous ses efforts.</p>
<p>En observant la manière dont il procède, nous verrons qu'il agit toujours
suivant une méthode constante ; et, après avoir suivi les différentes époques de
la composition, il deviendra évident que la littérature la plus <gap reason="illegible"/>, et les
découvertes <unclear>d<del>ont</del></unclear> <del>ce genre</del> s'enrichit
<unclear><del>des</del></unclear> sciences ont été inspirées par un sentiment d'ordre et
de proportion qui est le régulateur de tout mouvement intellectuel.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">passage corrigé en fin de ligne et au début de la suivante : après « découvertes » un mot commençant par « d » est recouvert ; au début de la ligne suivante deux mots biffés (lus « ce genre », avec doute), « s'enrichit » écrit au-dessus, puis un mot surchargé devant « sciences ». La leçon définitive n'est pas établie. Sous le dernier alinéa, une croix « + » : c'est le renvoi du feuillet collé de la vue 11, qui porte la même croix.</note></p>
<pb n="15" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f15.item"/><p><milestone unit="folio" n="7r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête, à gauche, le chiffre « 5 » à l'encre. Les deux premiers alinéas sont ouverts par un crochet.</note></p>
<p>Voyons d'abord quel est le caractère des premiers essais.</p>
<p>Le sujet est choisi ; les idées se présentent en foule à l'imagination du
poëte ; il reste quelque tems incertain ; une multitude de ressorts différens
semblent pouvoir donner la vie à sa composition ; il <del><gap reason="illegible"/></del> en suit le
développement, puis il y renonce ; il fait un choix nouveau ; son mécanisme se
complique ; il n'en est pas content ; il s'arrête, <del>bientôt</del> il revient
sur ses pas. Du milieu de cette lutte tumultueuse entre des projets contraires
surgit enfin une idée simple : soit qu'elle ait déjà été entrevue, soit qu'elle
se présente à lui pour la première fois, l'auteur sent que cette idée est celle
qu'il avoit cherchée.</p>
<p>Une remarque, un fait inattendu, donne-t-il lieu à des recherches nouvelles ?
Le géomètre, après avoir mûrement examiné tout ce qui, dans la science déjà
faite, peut lui prêter secours, circonscrit le sujet qu'il va traiter. —
Bientôt il entrevoit des résultats qu'il ne peut encore atteindre ; son
imagination s'élance, pour les saisir, dans les routes qu'elle s'est frayées ;
il craint de s'être égaré, il doute de ses premiers aperçus, il rétrograde et
cherche à ressaisir les indications qui l'avoit d'abord guidé. Un grand nombre
d'idées se sont jointes à celles qui furent les premières, elles compliquent le
sujet, partagent l'attention et suspendent le jugement : mais à travers ce
chaos de pensées diverses, le génie des sciences distingue une idée simple ; son
choix est irrévocablement fixé ; il sait que cette idée sera féconde.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« -t-il » est ajouté dans l'interligne au-dessus de « donne ». « l'avoit d'abord guidé » : ainsi au manuscrit.</note></p>
<p>Examinons à présent de quelle manière les travaux commencés vont être exécutés.</p>
<pb n="16" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f16.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête, à gauche, le chiffre « 6 » à l'encre. Le premier alinéa, jusqu'à « beauté véritable. », est barré d'une grande croix et en outre biffé ligne à ligne ; il est récrit aussitôt dessous, ouvert par un crochet.</note></p>
<p><del>En traçant le plan qu'il va suivre, une idée principale guide la pensée
du poëte elle imprimera à son travail cette l'unité d'intérêt et d'action,
source de toute beauté véritable, sans laquelle il ne sauroit satisfaire à ce
besoin d'ordre et de proportion <gap reason="illegible"/> que nous avons reconnu se fait sentir dans
tous les genres de composition ; il aura rempli les conditions <gap reason="illegible"/> sans
lesquelles il ne pourroit atteindre ni à la clarté <gap reason="illegible"/> de rien produire
<gap reason="illegible"/> d'atteindre une beauté véritable.</del></p>
<p>En traçant le plan qu'il <del>va</del> doit suivre, le poëte ne perdra jamais de
vue l'idée principale dont il a fait choix. elle donnera à son travail l'unité
d'intérêt et d'action, source de toute beauté véritable : <del>et en effet
c'est avec au moyen de cette unité qu'on peut satisfaire au besoin il aura
satisfait à <gap reason="illegible"/> se complaira à en suivre la développement car</del> elle lui
offrira le moyen <del>étoit faite</del> <unclear>au</unclear> <del>ce</del> besoin d'ordre
et de proportion, <del>dont le</del> qu'un sentiment <del>le procédé la règle
le précepte toute la règle <gap reason="illegible"/> dicté la loi</del> universel a placé au premier
rang <del>parmi</del> entre les <del><gap reason="illegible"/></del> préceptes <del>de la raison et</del>
du goût et de la raison. Il se complaira à en suivre le développement.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">les corrections interlinéaires de ce passage se chevauchent : au-dessus de « en effet » un mot biffé, lu <unclear>amenaient</unclear> ; au-dessus de « a » biffé, « et à ce », biffé ; « partage » dans l'interligne, sans place assignée ; « marche », biffé, au-dessus de « développement ». « lui offrira le moyen » est écrit au-dessus de « étoit faite », biffé ; entre « moyen » et « besoin » la phrase reste incomplète au manuscrit (le verbe manque).</note></p>
<p>De son côté le géomètre porte une attention soutenue vers l'idée heureuse qui
dirige ses recherches ; toutes les forces <del>intellectuelles</del> de son
intelligence vont être employées à <unclear>dérouler</unclear> la chaîne des vérités
contenues dans cette vérité première ; et sans doute l'unité de composition
<del>ne peut être nulle</del> ne sera nulle part ailleurs aussi sensible.
<del>il n'a</del> L'ordre de son travail <del>est</del> sera déterminé ; il ne
pourroit l'intervertir. <del>sans nuire à la clarté</del> L'évidence est pour lui
la condition du succès ; <del>après</del> il choisit la méthode qu'il <del>doit
lui</del> croit propre à l'y conduire ;</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">l'alinéa est ouvert par un crochet. Dans la marge de gauche, en regard des deux dernières lignes, deux mots biffés, lus <unclear>avant</unclear> et « et ».</note></p>
<pb n="17" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f17.item"/><p><milestone unit="folio" n="8r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête, à gauche, le chiffre « 7 » à l'encre. La première phrase achève celle de la fin de la vue 16.</note>
<del>l'autorité de la démonstration succèdera bientôt il peut se flatter devoir
bientôt l'autorité de sa démonstration succèdera aux simples prévisions de son
jugement et il</del> Et il entre alors avec joie dans la carrière <del>qui
s'ouvre</del> ouverte à ses espérances.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« ou bientôt », biffé, dans l'interligne au-dessus de « succèdera » ; « Et il » au-dessus de « et il » biffé ; « alors » au-dessus de « avec », et sous ce mot « ensuite » entouré d'un trait ; « ouverte » au-dessus de « s'ouvre » biffé.</note></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">dans la marge de gauche, devant l'alinéa suivant, un nom d'une autre écriture, lu <unclear>Cherenoz</unclear>, comme « Gutmann » à la vue 9. L'alinéa est ouvert par un crochet.</note></p>
<p>Les auteurs dont nous comparons les travaux, ont franchi les premières
difficultés ; ils <del>observeront</del> observé entre les divisions qu'ils
<del>ont tracés</del> viennent d'adopter, cette juste proportion d'étendue
respective qui, sans nuire au sentiment de la continuité, offre à l'attention
les repos dont elle a besoin.</p>
<p>Pour remplir ensuite les cadres qu'ils ont tracés, ils s'abandonneront encore
une fois aux inspirations de leur génie. mais, à présent que les limites du
sujet sont parfaitement déterminées, ils n'auront plus à craindre de s'égarer,
l'un dans le champ immense d'une imagination fertile en inventions, l'autre
dans <del>cet</del> cet océan des possibilités d'où on aborde avec tant de
difficulté sur le terrain ferme de la vérité démontrée.</p>
<p><del>Comment l'époque ou et époque des travaux</del> <unclear>Il se présentera
toujours</unclear> encore des idées <del>dans le cours du travail</del> qui, bien que nées
du sujet, nuiroient cependant ou à la rapidité ou à la clarté de son
développement. S'ils mettoient trop de soin à éviter une telle surabondance
d'invention nos auteurs craindroient d'arrêter l'élan de leurs pensées. plus
tard ils reverront leurs premières ébauches, et n'y conserveront plus que les
<del>seuls</del> traits nécessaires. Changeant alors de rôle, ils deviennent les
juges de leurs propres ouvrages.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« tant » est dans la marge, « de » dans l'interligne. Au-dessus de la ligne biffée « Comment l'époque… » deux groupes de mots biffés, illisibles ; « dans le cours du travail » est écrit sous « encore des idées » et entouré d'un trait, sans place sûre dans la phrase ; « encore des idées » est souligné. Le début de la phrase (« Il se présentera toujours ») est une lecture incertaine d'une ligne surchargée.</note></p>
<p>Ils examinent d'abord la marche des idées ; celles qui pourroient,</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">l'alinéa est ouvert par un crochet ; la phrase se poursuit à la vue 18.</note></p>
<pb n="18" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f18.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête, à gauche, un chiffre à l'encre presque entièrement recouvert d'une tache, sans doute « 8 » dans la suite des feuillets voisins. La première ligne continue la phrase de la fin de la vue 17.</note>
d'un côté, partager l'intérêt, de l'autre, suspendre l'attention et détruire
ainsi l'unité de composition, seront écartées du lieu où elles se trouvent.
Elles iront enrichir soit de gracieux épisodes, soit de savantes annotations ;
ou, si, trop éloignées du sujet qui les a fortuitement amenées, elles ne
peuvent être convenablement placées dans l'ouvrage même, elles deviendront
peut-être l'origine d'une production nouvelle. Ainsi la branche développée
dans la saison actuelle offre quelquefois le rudiment d'une végétation
prochaine.</p>
<p>Les différentes parties du <unclear>style</unclear> seront ensuite l'objet d'un autre
genre de corrections. L'homme de lettres s'occupera du choix des mots, de leur
arrangement, de l'harmonie du vers, ou de celle de la phrase. Un grand nombre de
convenances difficiles à concilier, seront soumises au jugement du goût, du goût
tantôt si prompt à décider, tantôt si lent à prononcer, dont les opérations
échappent souvent à l'attention, mais qui pourtant agit toujours conformément
aux règles de la raison lors même qu'il semble ne reconnoître d'autres lois que
ses propres caprices.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">l'alinéa est ouvert par un crochet ; le mot « style » est en partie couvert par une tache d'encre.</note></p>
<p>La langue des calculs peut donner lieu à des <del>observations</del> corrections
<del>semblables</del> qui lui sont propres ; car elle a aussi son style, et tous
les auteurs ne l'écrivent pas avec le même degré de perfection.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« corrections » et « qui lui sont propres ; car » sont écrits dans l'interligne ; dans ce dernier ajout, un mot surchargé devant « propres », lu « sont ».</note></p>
<pb n="19" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f19.item"/><p><milestone unit="folio" n="9r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête, à gauche, le chiffre « 9 » à l'encre ; au centre, d'une autre écriture, un nom lu <unclear>Deraihe</unclear>, comme « Gutmann » à la vue 9 et « Cherenoz » à la vue 17.</note></p>
<p>Au choix des mots correspond celui des caractères. <del>La vérité</del> Ceux-ci
sont tellement conventionnels, qu'il faut, dans chaque occasion,
<del>avertir</del> exprimer quelle valeur on leur attribue : cependant leur emploi
est assujetti à certaines convenances qui ne tiennent pas uniquement aux
habitudes consacrées. Les formules remplacent la phrase ; elles peuvent être
plus ou moins élégantes. L'analyse parle aux yeux ; ainsi, au lieu de l'harmonie
ou de l'accord entre les sons, elle <del>est assujettie à</del> doit présenter
entre ses divers élémens des rapports d'ordre et de simplicité faciles à saisir
au premier coup d'œil. <del>il en résulte pour</del> Les personnes
<del>exercées</del> initiées à ce genre de discours <del>trouvent dans l'analyse
les <gap reason="illegible"/> une sorte d'attrait <gap reason="illegible"/></del> trouvent bien certainement dans la
contemplation des formules une sorte <del>de</del> de charme, qui les entraîne
vers l'étude. <del>des ouvrages q</del> Et si les bons auteurs sont doués d'une
finesse de tact, qui <del>leur avertit des formes</del> <unclear>leur</unclear> fait
choisir, <del>les formes et</del> entre ces formules, celles qu'il convient
d'écrire, tandis que d'autres seront seulement indiquées ; <del>à cet égard
aussi tantôt les raisons leur décision est quelquefois instantanée</del> si leurs
décisions sont <del>aussi</del> tantôt rapides, tantôt lentes <del>comme</del> et
réfléchies ; c'est que le tact dont nous parlons n'est en effet autre chose que
le goût <del>appliqué à des matières</del> appliqué à des <del>matières</del> objets
qu'on semble avoir crus étrangers à son empire.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">les corrections des lignes « Les personnes… de charme » se superposent en trois couches dans l'interligne et à droite, reliées par des traits ; la leçon retenue est celle qui n'est pas biffée. « rapports » et « ce charme » sont écrits dans la marge de gauche, le second pour remplacer « de charme » ; « Et si » est écrit sous « des ouvrages » biffé. Le mot devant « fait choisir » est couvert d'une tache.</note></p>
<p>Nous venons de voir combien les productions intellectuelles les plus diverses
ont entr'elles de ressemblances véritables ; <del>et</del> comment un sentiment
d'ordre et de proportion, après avoir présidé aux inspirations du génie guide
leur emploi et se fait encore sentir dans les dernières corrections de
l'ouvrage achevé ; <del>tellement que dans des genres de perceptions</del></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">la dernière ligne, biffée, s'interrompt au bas du feuillet ; la vue 20 commence un nouvel alinéa.</note></p>
<pb n="20" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f20.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête, à gauche, le nombre « 10 » à l'encre ; aucun numéro de feuillet n'est visible dans l'angle droit. Le haut de la page est très raturé ; « mais » est écrit dans la marge devant « si ».</note></p>
<p>Mais si la <del>opérations</del> marche de l'esprit <del>sont</del> est partout la
même, <del>leurs</del> les objets <del>dont il s'occupe</del> <del>peuvent être
tellement différens qu'ils écartent, au premier aperçu, toute idée de
rapprochement entre</del> qu'il <del>envisage</del> peut envisager, sont d'une variété
<del>à</del> infinie. <del>leur différences frappent au premier coup d'œil
beaucoup plus</del> Au premier coup d'œil, <del>leurs différences sont</del> ce qui
tient à <del>leur nature</del> <gap reason="illegible"/> cette variété dont <supplied resp="#pass">nous avons</supplied>
parlé frappe <del>bien plus</del> <del><gap reason="illegible"/> davantage</del> plus que l'identité des
rapports <del>que nous avons reconnus</del>.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">la phrase « Au premier coup d'œil… » est reconstituée à partir de corrections superposées dans les deux interlignes : au-dessus, « ce qui tient à », « leur nature » biffé, un mot surchargé (<gap reason="illegible"/>), « cette variété » souligné, puis « bien plus » biffé ; au-dessous, « dont » et « parlé ». L'ordre retenu est une conjecture ; « nous avons » n'est pas écrit : c'est un ajout de l'éditeur.</note></p>
<p>Aussi des opérations intellectuelles qui <del>sont semblables en tout</del>
<unclear>confondues</unclear>, les mêmes, ont-elles reçu <del>des</del> divers noms,
<del>différens</del> suivant <del>qu'elles s'appliquent à</del> la nature des sujets
auxquels elles s'appliquent. <del>Cette</del> La différence dans les mots,
différence d'autant plus naturelle que chacune des branches de nos
connoissances <del>ont</del> a été pendant longtems, pour ainsi dire, exclusive
<del>l'une de l'autre</del> de toutes les autres, tend à perpétuer l'opinion d'une
séparation réelle entre les facultés <del>intellectuelles ou</del> <unclear>de
l'esprit</unclear> comme si, par exemple, l'allégorie elle même n'étoit pas assujettie aux
préceptes de la raison, et si la découverte d'une loi de la nature avoit pu se
passer du secours de l'imagination.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« confondues » et « les mêmes » sont dans l'interligne au-dessus de « sont » et « en tout », biffés ; au-dessus de « intellectuelles », un mot biffé, et au-dessous « de l'esprit ».</note></p>
<p>Sans doute le poëte <del>ne</del> ne nous rendra pas compte des discussions
pleines de finesse <del>auxquelles il a soumis</del> qui ont précédé
<del>le choix</del> <unclear>l'adoption</unclear> des emblêmes qu'il <del>a employés
emploie</del> <unclear>a</unclear> choisis : l'homme de génie qui a surpris un des secrets
de l'ordre naturel ne nous dira pas non plus combien <del>son imagi</del> depuis
son imagination s'est égarée <del>dans le voisinage</del> autour de la route qui
devoit le conduire à la</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">au-dessus de « le choix », biffé, un mot lu <unclear>l'adoption</unclear> ; au-dessus de « a employés », « adoptés », biffé, et au-dessous « choisis ». « non plus » est écrit dans la marge de gauche. La phrase s'interrompt au bas de la page et se poursuit au-delà du lot.</note></p>
</div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
