<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xml:lang="fr">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Manuscrits de Sophie Germain, Français 9117, vues 101–113 — transcription</title>
        <author>Sophie Germain</author>
        <respStmt>
          <resp>transcription automatique — première passe, non vérifiée contre les pages par une personne (<date when="2026-09-14">2026-09-14</date>)</resp>
          <name xml:id="pass" type="model">Opus 5 (claude-opus-5)</name>
        </respStmt>
        <respStmt>
          <resp>procédure, outillage, export TEI</resp>
          <orgName xml:id="ed">germain.commutator.io (Commutator, Paris)</orgName>
        </respStmt>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Lecture automatique — non vérifiée</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Commutator</publisher>
        <pubPlace>Paris</pubPlace>
        <date when="2026-09-16">2026-09-16</date>
        <availability status="free">
          <licence target="https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/">CC0 1.0</licence>
          <p>Le manuscrit transcrit est dans le domaine public. Cette
          transcription est une première lecture automatique, non vérifiée, placée
          dans le domaine public (CC0) ; aucune image n'est reproduite — le
          fac-similé est celui de Gallica, cité vue par vue. Source gallica.bnf.fr /
          Bibliothèque nationale de France. La source LaTeX dont ce fichier
          dérive est publiée sous https://github.com/Commutator-IO/germain-project.</p>
        </availability>
        <ref target="https://germain.commutator.io/">https://germain.commutator.io</ref>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <msDesc>
          <msIdentifier>
            <country>France</country>
            <settlement>Paris</settlement>
            <repository>Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits and Bibliothèque de l'Arsenal</repository>
            <collection>Manuscrits de Sophie Germain</collection>
            <idno type="shelfmark">Français 9117</idno>
          </msIdentifier>
          <head>« Considérations générales sur l'état des sciences et des lettres aux différentes époques de leur culture, » par Sophie GERMAIN.</head>
          <msContents>
            <summary>Vues 101 à 113 du volume, dans la
            numérotation de Gallica (une vue par image) ; lot 6 de vingt vues.
            La foliotation au crayon de la BnF, quand elle a pu être lue, est
            donnée par un milestone[@unit='folio'] ; elle n'est jamais déduite.
            Les vues absentes de la transcription ne portent rien à lire et sont
            omises ; le saut dans la numérotation en est le seul enregistrement.</summary>
          </msContents>
          <history><origin><origDate>1801-1900</origDate><note>Datation du catalogue, reproduite telle quelle.</note></origin></history>
          <additional>
            <surrogates>
              <bibl>
                <ref target="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733</ref>
                <note>Fac-similé numérique de la Bibliothèque nationale de France
                sur Gallica, servi par l'API IIIF. L'attribut
                <hi rend="monospace">facs</hi> de chaque
                <hi rend="monospace">pb</hi> pointe la vue correspondante dans
                le lecteur de Gallica.</note>
              </bibl>
            </surrogates>
          </additional>
        </msDesc>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <projectDesc>
        <p>Transcription de manuscrits de mathématiciens numérisés dans Gallica, une passe de vingt vues
        par conversation avec un grand modèle multimodal, sous la procédure
        <hi rend="monospace">transcribe</hi> du dépôt. Le fichier
        LaTeX est la source de référence ; ce TEI en est dérivé mécaniquement
        par <hi rend="monospace">scripts/tei.mjs</hi> et n'a pas été relu.</p>
      </projectDesc>
      <editorialDecl>
        <p>L'édition n'est pas diplomatique : elle encode les mathématiques et
        l'apparat, rien du support. Correspondance avec l'apparat de la source :
        <hi rend="monospace">\ill</hi> devient <hi rend="monospace">gap[@reason='illegible']</hi>
        (jamais deviné) ; <hi rend="monospace">\uncertain</hi> devient
        <hi rend="monospace">unclear</hi> ; <hi rend="monospace">\add</hi> devient
        <hi rend="monospace">supplied</hi> ; <hi rend="monospace">\struck</hi> devient
        <hi rend="monospace">del</hi> (biffé par l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\note</hi> devient <hi rend="monospace">note[@type='editorial']</hi>
        (du transcripteur) ; <hi rend="monospace">\marginal</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='authorial'][@place='margin']</hi> (de l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\page</hi> devient <hi rend="monospace">pb</hi> (vue de Gallica) ;
        <hi rend="monospace">\folio</hi> devient <hi rend="monospace">milestone[@unit='folio']</hi>
        (foliotation de la BnF, jamais déduite).</p>
        <p>Les mathématiques sont transportées en TeX dans
        <hi rend="monospace">formula[@notation='TeX']</hi>, les diagrammes
        commutatifs en <hi rend="monospace">formula[@notation='tikz-cd']</hi>,
        sans conversion. Une marque d'apparat située à l'intérieur d'une
        formule (un exposant illisible, un symbole biffé) reste dans le TeX de
        la formule, sous les mêmes macros.</p>
        <p>Orthographe, ponctuation et lapsus de l'auteur sont conservés ; une
        faute évidente est signalée par une note, jamais corrigée.</p>
      </editorialDecl>
      <appInfo>
        <application ident="germain-tei" version="1">
          <label>scripts/tei.mjs</label>
          <ref target="https://github.com/Commutator-IO/germain-project">https://github.com/Commutator-IO/germain-project</ref>
        </application>
      </appInfo>
    </encodingDesc>
    <profileDesc>
      <langUsage>
        <language ident="fr">français, avec la notation mathématique de l'auteur</language>
      </langUsage>
    </profileDesc>
    <revisionDesc>
      <change when="2026-09-14" who="#pass">Première passe de transcription.</change>
      <change when="2026-09-16" who="#ed">Export TEI depuis la source LaTeX.</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div type="batch" n="6">
<pb n="101" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f101.item"/><p><milestone unit="folio" n="50r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre et soulignée : « 91 » ; au crayon, d'une autre main, un nom : <unclear>Pennequin</unclear></note></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">un crochet ouvrant à l'encre devant le premier mot</note>
Dans cette <del>ma<gap reason="illegible"/></del> manière de procéder, nos auteurs suivent
l'ordre établi par la réalité des événemens qui peuvent affecter notre
sensibilité. Il arrive, en effet, <del>que d</del> tous les jours qu'un détail
nouveau, une circonstance imprévue qui accompagne un malheur déjà connu en
redoublent l'impression, au point de nous <unclear>jetter</unclear> dans le désespoir.</p>
<p>La ressemblance de nos arts <unclear>entr'eux</unclear> et avec la nature des faits qui
nous émeuvent tient à l'identité de rapports, sans laquelle il n'existeroit
pour nous aucun sentiment vrai, aucune idée claire. chaque art, aussi bien que
la réalité des événemens dont ils imitent les impressions, <del>ont tout</del>
son module particulier ; et c'est en quoi ils diffèrent les uns des autres ;
mais, ce module étant adopté, rien n'est plus arbitraire entre les diverses
parties de l'action. leur liaison est tellement nécessaire que, si elle étoit
intervertie, nous n'appercevrions plus aucune suite d'action, nous
n'éprouverions plus aucune gradation d'intérêt.</p>
<p>Lorsque les différentes parties d'une composition ont été coordonnées avec
art, l'âme se plaît à en parcourir le développement :</p>
<pb n="102" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f102.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 92 »</note></p>
<p>la variété des sentimens prévient la fatigue, et <del><unclear>répand l'a</unclear></del>
soutient l'attention. Plus la composition a de force et d'énergie, plus aussi,
il <del>devient</del> est nécessaire de ne pas s'arrêter trop longtems
<del>à une situation o</del> à l'expression d'une seule et même impression.
Celle de la tristesse, par exemple deviendroit assoupissante ; et les accens du
désespoir, s'ils étoient trop multipliés, finiroient par n'être plus entendus.</p>
<p>La musique, pour qui entend son langage, est de tous les genres de discours qui
ont les sentimens pour objets, celui qui exige le plus <del>impérieusement</del>
la variété du <unclear>stile</unclear> ; parcequ'il est aussi celui dont les
impressions sont le plus pénétrantes.</p>
<p>Cette nécessité du changement d'expression est tellement impérieuse dans l'art
musical qu'on est obligé, pour y satisfaire, d'introduire dans le drame lyrique,
les incidens les plus invraisemblables, lorsqu'il ne s'en présente aucun, dans
la suite naturelle de l'action, qui puisse fournir au compositeur,
<del>l'occasion de varier</del> des sentimens de genres différens à mettre en
scène.
<note type="editorial" resp="#pass">sous la virgule qui suit « compositeur », une petite croix</note></p>
<p>La partie poëtique d'un tel drame expose nécessairement une action</p>
<pb n="103" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f103.item"/><p><milestone unit="folio" n="51r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 93 »</note></p>
<p>déterminée ; tandis que sa partie musicale <del>de ce même drame</del> saisit
l'occasion qui lui est offerte, pour exprimer des sentimens généraux et
abstraits qu'amène le récit du poëte ; <del>amène en scène</del>.
<note type="editorial" resp="#pass">« amène », dans « qu'amène », est écrit serré entre « qu' » et « le »</note></p>
<p>C'est de cette diversité d'actions que résulte celle du jugement des
spectateurs.
<note type="editorial" resp="#pass">un crochet ouvrant à l'encre devant « S'il arrive »</note>
S'il arrive qu'un homme peu sensible au langage musical, s'avise de vouloir
aller entendre quelqu'un des chefs d'œuvres dramatiques qui excitent
l'enthousiasme des amateurs, <del>ce spectateur</del> <del>intrig</del> il cherche,
comme malgré lui, une distraction dans le sujet particulier de la pièce, contre
les accords dont il ne sent pas le mérite. Il s'étonne du peu de liaison des
scènes ; il ne voit pas avec quel art on a su ménager ces transitions
nécessaires entre des genres de beautés tellement énergiques que
<del>leur impress</del> l'impression de chacune d'elles seroit une horrible
fatigue si elle étoit prolongée. Il sort en croyant avoir jugé ce qu'il ne
sait pas entendre ; et croit avoir fait une plaisanterie mordante en nous
disant qu'il semble que le bon sens doit être partout à sa place.</p>
<pb n="104" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f104.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 94 », écrit dans l'angle d'un crochet ouvrant tracé devant le premier mot</note></p>
<p>L'amateur est pleinement satisfait ; il n'a pas même remarqué les défauts
prétendus que l'on semble trouver dans une composition dont il admire toutes
les parties.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">un trait horizontal suit « parties. » en fin de ligne</note>
Un tel jugement est univoque. L'âge, le sexe, la position sociale, les
connoissances les plus approfondies dans des sujets différens, ou leur défaut
total, <unclear>n'établissent</unclear> aucun dissentiment sur l'impression
<del>récente</del> actuelle ou récente, produite par un bon ouvrage. Toutes ces
personnes, si dissemblables d'ailleurs dans leurs goûts et leurs habitudes, se
réunissent dans une opinion qui leur est commune. A la vérité, cet accord
universel se trouble bientôt. — ce n'est qu'alors que l'impression dure encore
qu'elle dicte à chacun des jugemens semblables. On peut même remarquer une
chose qui paroîtroit inexplicable à tout homme étranger aux impressions
musicales, c'est que les discussions quelquefois très vives sur le mérite des
différentes écoles, sur celui de tel ou tel exécutant, disparoissent, ou ne
sont plus</p>
<pb n="105" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f105.item"/><p><milestone unit="folio" n="52r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 95 »</note></p>
<p>soutenues qu'avec peine et par <unclear>pur</unclear> entêtement, en présence de
l'exécution. C'est que cette diversité est <del>une</del> dans l'opinion ;
tandis que l'uniformité d'impression <del>est</del> naît de celle des facultés de
sentir. La première est une force constante ; l'autre a besoin d'être mise en
action pour acquérir <del>une</del> de la valeur ; le souvenir la reproduit
imparfaitement, et son effet, s'affoiblissant en raison de l'éloignement de la
cause qui l'a produit, laisse à la première <del>toute</del> une prépondérance
marquée.
<note type="editorial" resp="#pass">« de l'éloignement » est ajouté dans l'interligne, avec un signe de renvoi ; au-dessus de « produit, laisse à », deux mots ajoutés dans l'interligne : <unclear>finit par</unclear></note></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">un fort trait horizontal, à gauche, sous « la première »</note>
C'est par une raison toute semblable que l'amateur, quelque <unclear>sûrs</unclear>
d'ailleurs la puissance de sa raison et la délicatesse de son goût littéraire,
n'est point choqué des invraisemblances et du peu de liaison entre les
<del>des</del> scènes lyriques. <del>par une raison toute semblable</del>.
<note type="editorial" resp="#pass">« C'est par une raison toute semblable » est écrit dans l'interligne ; la même locution, biffée, suit « scènes lyriques » ; « entre les » est ajouté dans l'interligne au-dessus de « des », biffé</note>
Pénétré d'une vive émotion <del>ému</del> par ce qu'il entend actuellement, il
n'a pas le loisir d'appercevoir quel en est l'à-propos. Le compositeur habile,
semblable en cela aux grands orateurs s'empare de l'attention de ses
auditeurs ; leur âme est pour ainsi dire dans sa main ; il dispose de leurs
sentimens. Après avoir porté le trouble dans leurs facultés, et, lorsqu'il sent
que ce trouble ne peut plus croître, il ne veut pas, <del><unclear>le</unclear></del>
laisser affoiblir une impression qui est son triomphe ; il <del>cherche une</del>
veut qu'une impression différente vienne remplacer la première,
<note type="editorial" resp="#pass">« ému », biffé, est dans l'interligne au-dessus de « par »</note></p>
<pb n="106" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f106.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 96 »</note></p>
<p>et conserve ainsi à l'empire qu'il exerce sur nos âmes toute sa force et toute
sa puissance. — Avec quel art il sait en ménager les moyens ! Il connoît,
<del>jusqu'à quel</del> il mesure, les impressions qu'il fait naître ; il sait
combien de tems nous pouvons en être possédés ; il se garde d'atteindre la
limite de nos facultés. Ce qui est extrême échappe à notre attention ; la
faculté de sentir a ses bornes. Et cette remarque, vraie à l'égard des
impressions dont les arts disposent, tient à la nature de notre être. Elle est
vraie en tout genre. Un extrême malheur, dans les premiers momens de son
apparition n'est pas senti plus vivement qu'un malheur moindre ; mais les
instans qui succèdent nous font reconnoître les différences. <del>parceq</del>
Et cela par une raison applicable aussi à toute chose, parcequ'elle est vraie,
et que la vérité est universelle, ou, en d'autres termes <del>ce qui est la
même chose</del> parceque les loix de l'être sont partout les mêmes.
<note type="editorial" resp="#pass">« en d'autres termes » est écrit dans l'interligne, au-dessus de « ce qui est la même chose », biffé</note></p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">un crochet ouvrant à l'encre devant « Cette » ; dans la marge de droite, d'une autre main et d'une encre plus pâle : « Derache »</note>
Cette <del>remarque</del> raison, la voici. nos jugemens <del>ne sont tant</del>
pour être éclairés ont besoin de la connoissance parfaite des choses qui en sont</p>
<pb n="107" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f107.item"/><p><milestone unit="folio" n="53r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 97 »</note></p>
<p>l'objet ; une impression d'une extrême force <del>porte</del> nous jette dans le
trouble ; <del>Dans</del> notre âme <del>elle</del> devient incapable de comparer,
et par conséquent de juger, la force, <del>et, pour ainsi dire</del>
l'intensité du malheur qu'elle éprouve.
<note type="editorial" resp="#pass">« nous jette dans » est écrit dans l'interligne au-dessus de « porte », biffé</note></p>
<p>Mais il est dans la nature des affections qui ont une cause extérieure de
tendre à s'affoiblir. <del>Un</del> Le chagrin cuisant <del>devient</del>
<del><gap reason="illegible"/></del> semble devenir de plus en plus poignant, parceque, l'impression,
qui d'abord avoit été assez forte pour nous empêcher d'en mesurer l'étendue
<del><gap reason="illegible"/></del> du mal, diminuant réellement, laisse à la réflexion le pouvoir
de nous en montrer les différentes faces. Si la cause <del><gap reason="illegible"/></del> première
a eu une force réelle moins grande <del><gap reason="illegible"/></del> son effet aura été connu
plutôt ; et l'affoiblissement de l'impression, loin de tendre à augmenter notre
chagrin, devra, au contraire, amener un soulagement sensible à nos peines.
<note type="editorial" resp="#pass">« Le » est écrit au-dessus de « Un », biffé ; au-dessus de « devient », biffé, un mot de l'interligne, biffé lui aussi ; « d'en » est récrit dans l'interligne au-dessus du même mot biffé ; « du mal » est écrit sous la ligne, après un mot de l'interligne biffé et illisible ; une ligne entière de l'interligne au-dessus de « première a eu une force réelle moins grande » et la ligne qui la suit sont biffées et illisibles</note>
<note type="authorial" place="margin"><del><gap reason="illegible"/></del> — dans la marge de gauche, un passage d'une quinzaine de lignes courtes, raturé ligne par ligne et barré d'un trait vertical, en regard de « il est dans la nature des affections » jusqu'à « laisse à la réflexion »</note></p>
<p>Les lettres, les arts, <del>tout fait par nous et pour</del> sont notre ouvrage ;
leur but est notre bien-être ; la première règle qu'ils doivent suivre est donc
de ne pas porter leur action jusqu'à ce degré extrême qui trouble notre
jugement ; ou s'il est dans leur nature de savoir l'atteindre, et que de grandes
beautés <del>doivent</del> puissent résulter de ce genre d'impressions, ils
doivent se hâter de nous tirer d'une position pénible, <del>elle</del> nous
<note type="editorial" resp="#pass">« sont notre ouvrage ; leur but » et « est » sont écrits dans l'interligne ; « donc » et « puissent » aussi ; « ou » est récrit dans l'interligne au-dessus du même mot biffé</note></p>
<pb n="108" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f108.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 98 »</note></p>
<p>transportant notre attention dans une région moins sombre.</p>
<p>On reproche à la littérature son épuisement, et au goût de l'exactitude sa
sécheresse. Il semble que l'imagination ait perdu sa puissance lorsque la
raison établit son empire. Nous reconnoîtrons que <del>le passage entre</del> les
tems où des hypothèses, plus ou moins heureuses, formoient les richesses
intellectuelles ; où l'homme, par conséquent au lieu de chercher l'appui des
vérités particulières, ou, ce qui est la même chose celui de la réalité des
faits, trouvoit en lui-même les convenances auxquelles il assujettissoit la
nature entière, étoient <del>plus</del> très favorables au développement de
l'imagination. Alors une foule de doctrines hazardées, ne contrastoient pas avec
ce qu'on nommoit la science. les fictions poëtiques étoient revêtues d'un charme,
qu'elles ne devoient pas seulement à leur grâce ; une <unclear>demi</unclear> croyance
<del><gap reason="illegible"/></del> <del>indécise</del> permettoit d'admettre qu'elles pouvoient avoir
eu une sorte de réalité. L'histoire et la fable, se confondoient dans leurs
limites ; ce que les uns regardoient comme de simples allégories étoient, aux
yeux des autres, le récit de faits merveilleux
<note type="editorial" resp="#pass">« très » est écrit dans l'interligne au-dessus de « plus », biffé</note></p>
<pb n="109" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f109.item"/><p><milestone unit="folio" n="54r"/>
<note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 99 »</note></p>
<p>Cette disposition des esprits donnoit sans doute à l'art de bien dire une
importance qu'il ne peut conserver au même degré lorsque la principale condition
à remplir est celle de dire vrai. — La faculté créatrice a disparu avec le
crédit des fictions. Mais, s'il est dans le <del>nature de notre manière</del>
caractère de notre culture intellectuelle d'attacher plus d'importance à la
solidité des doctrines qu'à ce qu'elles pourroient offrir de brillant ; si nous
voulons que la raison domine toutes les productions de l'esprit ; si même nous
sentons le goût des recherches attiédir notre imagination ; ne désespérons pas
d'arriver à une époque plus heureuse où nous saurons unir toutes nos facultés
dans des productions d'un genre nouveau.
<note type="editorial" resp="#pass">« à remplir » et « caractère » sont écrits dans l'interligne ; « le » est récrit sur « la »</note></p>
<p>Les nations éprouvent aujourd'hui l'impression que recevroit un jeune homme qui,
après <del>avoir</del> s'être longtems occupé de <del>l'ancienne</del> littérature
se trouveroit, porté, par le cours de ses études, vers les connoissances
sérieuses. Le charme de ses premières occupations l'abandonneroit dans cette
<del>route</del> nouvelle ; une curiosité vive en <del>occuperoit</del> prendroit la
place ; mais, après l'éducation achevée, chaque chose <del>reprendroit</del>
recouvreroit à ses yeux l'importance qui lui appartient réellement.
<note type="editorial" resp="#pass">« prendroit » et « recouvreroit » sont écrits dans l'interligne</note></p>
<p>Nous arriverons à une époque semblable. Et, comme l'éducation des sociétés
consiste moins à rendre vulgaires les connoissances déjà anciennes qu'à en
acquérir de nouvelles ; comme nous marchons à grands pas vers la création de
théories</p>
<pb n="110" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90075733/f110.item"/><p><note type="editorial" resp="#pass">en tête de la page, à l'encre : « 100 »</note></p>
<p>fondées sur des vérités incontestables, nous devons finir par amener les
différentes branches de notre savoir à une harmonie, qu'elles durent autrefois
à notre seule imagination.</p>
<p>Tant de vérités, de genres différens, <del>pour ainsi dire</del> groupées autour
d'une vérité première, qui est le fait principal du sujet, mettront dans tout
son jour l'identité de rapports, entre le module de chaque science, de chaque
art et les diverses parties de cette science ou de cet art. Les loix de l'être,
les conditions du vrai, ainsi présentées à la fois sous mille faces
différentes, échaufferont alors l'imagination ; un enthousiasme nouveau fondé
sur une base plus solide, <del>saura nous présenter le charme de cet unité</del>
que celui qui sut embellir d'heureuses fictions, inspirera nos poëtes et nos
orateurs. Au lieu de créer l'univers suivant les caprices de nos volontés, ils
nous le montreront tel qu'il est réellement ; et, si jamais le génie entre dans
cette route nouvelle, il verra avec admiration que l'art de créer, n'a été que
celui de copier et de transporter en d'autres lieux <del>les parties</del>
de foibles parties d'un tableau qu'il lui sera donné de savoir peindre dans son
entier.
<note type="editorial" resp="#pass">« savoir » est taché d'encre ; « à la fois » est écrit dans l'interligne ; la page s'achève ici sur un point, et le texte ne continue pas au-delà dans le volume</note></p>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
