Français 9118 · lot 1 · vues 1–20
· Transcription
Datation du catalogue : 1801-1900
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Lecture automatique — non vérifiée
Brouillon d'une lettre de Sophie Germain, « ce 18 juillet »
5f. 1r ce 18 juillet
Monsieur
J'ai vois avec plaisir que mes nouvelles remarques ont été renvoyées à votre jugement : aucun autre ne m'auroit paru aussi sûr.
les lettres « ai » sont biffées après l'apostrophe ; lire « Je vois »
J'ai suivi votre avis en imprimant je m'estimerai heureuse si vous prenez la peine de me communiquer vos observations. Il y a dans ce petit écrit trois choses que me semblent de quelqu'importance 1° la définition de la question d'où résultent la connoissance des conditions de ce cas particulier du mouvement des solides doués d'élasticité. On voit, sans que j'aie eu besoin de le dire, que les nombreuses expériences de Monsieur Savart sont étrangères à cette question, elles ne pourroient être expliquées qu'à l'aide d'une théorie plus étendue et telle que celle, sur laquelle dont vous avez êtes déja porté votre attention occupé. En effet si dans les expériences dont je parle on parvenoit à séparer les différentes couches dont on peut concevoir que l'épaisseur soit composée chacune d'elles présenteroit des figures
« dont », « vous êtes » et « occupé » sont écrits au-dessus des mots biffés qu'ils remplacent
6f. 1v particulières, l'épaisseur varieroit aussi à raison du mouvement et en effet l'expérience rend alors sensible les différences d'épaisseurs produites par le mouvement.
J'avois prié Monsieur Ampère de vous demander où je pourrois trouver ce que vous avez publié sur le cas général du mouvement des corps élastiques, il ne l'a pas fait et je n'ai pu retrouver qu'un premier apperçu insuffisant à mon instruction.
deux lignes ajoutées dans l'interligne au-dessus de « J'avois prié Monsieur Ampère », d'une écriture serrée ; on lit sur la première « le mien sur mes premiers efforts et d'ailleurs Monsieur », la seconde n'est lisible que par bribes (« … observations ») ; la phrase que ces mots devoient former n'a pu être rétablie
Autant que je puis, me rappeler, ce que vous avez pris la peine de m'expliquer vous même le mouvement seroit été considéré comme composé et produit par des forces qui agiroient suivant toutes les directions possibles le mouvant des surfaces présenteroit le cas particulier où la résultante des forces qui agiroient sur chacune des molécules seroit perpendiculaire aux différens plans tangens.
les mots depuis « le mouvement seroit » jusqu'à « des forces qui » sont une addition interlinéaire appelée par un astérisque après « vous même » ; « agiroient suivant toutes les directions possibles » la continue dans la marge gauche ; la syntaxe de l'addition est restée en suspens
Je serois bien enchantée que vous voulussiez reprendre ce genre de recherches et mon foible travail prendroit à mes yeux une importance réelle s'il pouvoit contribuer à y ramener votre attention.
Une seconde considération sur laquelle je voudrois avoir votre avis est celle des courbure moyenne j'en avois déja parlé dans le premier mémoire que j'ai publié. Il arrive par rapport à la courbure ce qu'on observe dans une foule d'autre manière d'être des corps. je veux dire que l'état réel des points
f. 2r dont la position est également éloignée de ceux auxquels appartiennent les manières d'être extrêmes donne l'état moyen du système c'est ainsi que dans l'armille la température des points qui sont également éloignés de ceux qui possèdent le maximum et le minimum de température ont la n'est autre chose égale à la température moyenne de la pièce. Ici il faudroit une égale quantité de chaleur pour faire changer une température moyenne donnée, à l'égard des surfaces il faudroit des forces égales pour faire changer une courbure moyenne donnée ensorte que la courbure de la sphère est toujours comparable à celle d'une surface de figure quelconque. Il m'a paru que cette remarque pouvoit être de quelqu'utilité et elle m'a servi à donner une forme assez simple à l'équation générale des surface. Enfin cette équation même me semble incontestable et je mettrois beaucoup d'intérêt à savoir ce que vous en pensez
« n'est » est resté après la biffure de « ont la » et de « autre chose » ; le texte porte donc « n'est égale »
Peut-être, Monsieur, trouverez vous que c'est abuser de votre complaisance que d'avoir demandé d'ajouter l'ennui de ce commentaire à celui de la lecture du petit mémoire ; je n'aurois d'autre excuse que l'importance que je mets à votre jugement. je vous prie Monsieur d'en agréer l'assurance en même tems que celle de mon respect
Lettre de Bernard, libraire, à Madame Germain, « Paris 4 novembre »
7f. 3r Paris 4 novembre —
Cit. Madame,
deux lettres précèdent « Madame », qui se lisent « Cit », sans doute pour « Citoyenne » ; le billet parle du « citoien Cousin »
Le citoien Cousin sollicite l'honneur de vous être présenté ainsi qu'à Mademoiselle votre fille, si vous daignés l'agréer. j'attends vos ordres. il espère que ses occupations lui permettront d'aller vous présenter ses respects le huit novembre sur les six heures du soir, je vous prie de me faire dire si cette heure ne vous est pas importune. nous aurions l'honneur de nous rendre au moment qui vous seroit plus convenable. M. Cousin se félicite d'avoir une occasion de vous offrir, ainsi qu'à Mademoiselle Germain, l'hommage de son respect en de
8f. 3v lui offrir toutes les facilités qui dépendr[ont] de lui dans la carrière des sciences qu'elle cultive avec tant de succès. je serai bie[n] flatté d'avoir pu concourir à vous offrir quelque témoignage de mon zèle, et de ma sincère admiration pour votre idole.
la fin de deux lignes est cachée par le bord du feuillet voisin sur la vue ; les lettres suppléées sont entre crochets
Recevés, Madame, je vous prie pour elle en pour vous l'assurance de mon parfait attachement
Bernard libraire
quai des augustins n°. 37.
Lettre d'Augustin Cauchy, Paris, 24 juillet 1821
f. 4r Mademoiselle,
J'ai reçu l'ouvrage que vous avez eu la bonté de m'adresser, ouvrage que le nom de son auteur et l'importance du sujet recommandent également à l'attention des géomètres. Je n'ai pour le moment à vous offrir en revanche qu'un volume dans lequel j'ai cherché à éclaircir les principales difficultés de l'analyse algébrique. Veuillez bien l'agréer, je vous prie avec l'hommage de ma considération distinguée et de mes très humbles respects
Augustin Cauchy
Paris ce 24 Juillet 1821
Lettre d'Augustin Cauchy, Sceaux, 23 juillet 1826
10f. 5v A Mademoiselle
Mademoiselle Sophie Germain
Rue de Braque, n°
à Paris
adresse de la lettre du 24 juillet 1821, au verso de son second feuillet ; le numéro n'est pas écrit
f. 6r Sceaux Penthièvre ce 23 juillet 1826
Mademoiselle,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire avec le mémoire qui l'accompagnoit. Je vous remercie d'avoir bien voulu m'adresser un exemplaire de cet ouvrage, que je lirai avec tout le soin que réclament et l'importance du sujet et le mérite de l'auteur.
« je lirai » est traversé d'un trait, sans mot de remplacement lisible ; la phrase le requiert
Agréez, je vous prie, l'hommage du respect avec lequel je suis
Mademoiselle
votre très humble et très obéissant serviteur
A. L. Cauchy
Billet de Delambre, Institut de France, 6 janvier 1816
12f. 7v A Mademoiselle
Mademoiselle Sophie Germain
rue de Braque n° 4
au marais
Paris
adresse de la lettre de Cauchy du 23 juillet 1826, au verso de son second feuillet, avec le timbre de la poste de 1826
f. 8r Institut de France
Classe des Sciences Physiques et Mathématiques.
Paris, le 6 Janvier 1816
Le Secretaire perpétuel pour les Sciences […]
en-tête imprimé, au type de la Classe des sciences ; seuls le jour, le mois et l'année sont à la main ; la fin de la ligne « pour les Sciences » est sous le timbre de la Bibliothèque
M. Delambre a l'honneur de présenter ses hommages à Mademoiselle Germain et de lui envoyer deux Billets d'Institut présumant bien que ses amis lui en demanderont plus qu'elle n'en aura à distribuer si comme il le suppose elle en a reçu hier ou aujourd'hui ; mais M. Delambre ayant appris par M. de Sedillot que Mademoiselle Germain n'en avoit pas encore reçu avant hier soir il craint qu'il n'y ait eu quelqu'oubli, et la prie, dans ce cas, d'avoir recours à lui ; parceque, les billets imprimés étant épuisés, il peut y suppléer par un billet à la main pour autant de personnes qu'il conviendra à Mademoiselle Germain de lui en indiquer ; M. Delambre desireroit bien qu'elle se rendit elle-même à la séance, il
13f. 8v auroit le plus grand plaisir à lui faire son compliment et lui renouveller l'assurance de sa respectueuse considération
rue du petit Bourbon St Sulpice n° 7 maison du notaire
Lettre de Delambre, Académie royale des sciences, 23 juillet 1821
14f. 9v A Mademoiselle
Mademoiselle Sophie Germain
Rue Ste Croix de la Bretonnerie n°
la 3me porte cochère à droite après
la rue des […], avant la rue de
Moussi
à Paris
adresse du billet de Delambre du 6 janvier 1816, au verso de son second feuillet ; le numéro n'est pas écrit ; le nom de la première rue est sous une tache d'encre
f. 10r Institut de France
Académie Royale des Sciences.
Paris, le 23 juillet 1821.
Le Secrétaire perpétuel de l'Académie.
en-tête imprimé ; la date est à la main
à Mademoiselle Sophie Germain
Mademoiselle
L'Académie a reçu avec le plus grand intérêt l'ouvrage que vous avez bien voulu lui adresser et qui est intitulé : Recherches sur la théorie des surfaces élastiques que vous venez de publier. Elle me charge de vous remercier, en son nom, de l'envoi de ce mémoire intéressant qu'elle a fait déposer honorablement dans la bibliothèque de l'Institut, et de vous exprimer sa reconnaissance de cette nouvelle preuve que vous lui donnez de vos talents.
le titre est souligné dans l'original
Agréez, je vous prie, Mademoiselle, l'hommage de mon respect.
Delambre
Lettre de Fourier, Académie royale des sciences, 30 mai 1823
16f. 11v A Mademoiselle
Mademoiselle Sophie Germain
Rue de Braque n°. 4
à Paris
adresse de la lettre de Delambre du 23 juillet 1821, au verso de son second feuillet, avec le reste d'un cachet de cire
f. 12r Institut de France
Académie Royale des Sciences.
Paris, le 30 mai 1823.
Le Secrétaire perpétuel de l'Académie.
en-tête imprimé ; la date est à la main
Mademoiselle,
J'ai l'honneur de vous prévenir que toutes les fois que vous vous proposerez d'assister aux séances publiques de l'Institut vous y serez admise dans l'une des places reservées au centre de la salle. L'académie des sciences desire témoigner par cette distinction tout l'intérêt que lui inspirent vos ouvrages mathématiques et spécialement les savantes recherches qu'elle a couronnées en vous décernant un de ses grands prix annuels.
Agréez, Mademoiselle, l'hommage de mon respect.
Fourier.
Mademoiselle Sophie Germain.
Billet autographe de Fourier, 1er juin 1823
18f. 14r 1er juin 1823.
J'ai l'honneur de me rappeler au souvenir et à la bienveillance de mademoiselle germain. je désirois depuis longtems me présenter chez elle, mais des occupations urgentes m'en ont détourné. je lui envoye cy-joint 1° une lettre officielle 2° un billet du centre pour la personne qui l'accompagneroit. si mademoiselle germain ne se propose pas d'assister à la séance je la prie de disposer du billet comme elle le jugera convenable et s'il étoit nécessaire j'en pourrois remettre un ou plusieurs autres mais non du centre. hélas je devrois bien plutôt garder tous les billets. je suis condamné à causer au public un grand ennui et je vais paroître devant lui comme une foible lueur au milieu d'un feu d'artifice. mais je suis résigné à traiter […] possibles. il m'a paru raisonnable de prendre dès le début un ton grave et simple que je puis conserver et de m'abstenir de toute prétention à des succès que je ne pouvois pas obtenir et que je ne désire point. ce que je désire surtout c'est de conserver l'estime et le souvenir de mademoiselle germain. je la prie de recevoir l'expression de mon respect.
« mais non du centre » est ajouté dans l'interligne, sous la fin de la ligne « un ou plusieurs autres » ; « devrois » est écrit sur un mot corrigé ; entre « à traiter » et « possibles » deux ou trois mots d'une écriture très rapide n'ont pu être lus
Fourier.
Lettre de Fourier, Académie royale des sciences, 15 mars 1824
20f. 16r Institut de France
Académie Royale des Sciences.
Paris, le 15 mars 1824
Le Secrétaire perpétuel de l'Académie.
en-tête imprimé ; la date est à la main
A Mademoiselle Sophie Germain.
Mademoiselle,
L'Académie a reçu l'ouvrage que vous avez bien voulu lui adresser et qui est intitulé : Mémoire sur l'emploi de l'épaisseur dans la théorie des surfaces élastiques. J'ai l'honneur de vous prévenir que ce mémoire a été lu dans la séance du Lundi 9 mars, et qu'il a été renvoyé à l'examen d'une Commission composée de MM. Delaplace, De Prony et Poisson. Je m'empresserai de mettre à votre disposition le rapport que l'Académie aura adopté.
le titre est souligné dans l'original
Agréez, Mademoiselle, l'expression de mon respect.
Bon Fourier.
« Bon » abrège « Baron », en exposant dans l'original