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Datation du catalogue : XVIIIe siècle
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Feuillet d'adresse du billet de Fourier « mardi soir »

21Mademoiselle

Mademoiselle sophie germain

rue de braque n° 41

Paris.

ce feuillet ferme le billet transcrit à la vue 19 du cahier précédent ; aucun chiffre au crayon n'est lisible sur la feuille

Fourier à Sophie Germain, « jeudi … mai » : une invitation à déjeuner

21f. 14r jeudi mai.

un mot rayé entre « jeudi » et « mai » : […]

mademoiselle,

j'ai l'honneur de proposer à madame votre mere et à vous de dejeuner dimanche prochain chez moi avec mde de bresslieur et mde de vauborel. je vous prie d'excuser ce que mon projet a de témeraire et de n'avoir egard qu'à l'intention, excuse commune de tous les auteurs médiocres. je n'ai assurement aucun moyen de vous recevoir aussi dignement que je le voudrois, et je sens que je vous demande un sacrifice : mais j'en serai bien reconnoissant. aurez vous la bonté de présenter mon invitation à madame votre mere en la priant en votre nom et au mien de l'agréer.

monsieur et mde de prony seront avec nous. il n'y aura point d'autres personnes que mon secretaire et moi et peut etre le neveu de mde de vauborel s'il est à paris. nous nous réunissons à midi un quart

je vous envoye aussi une gravure dont j'ai quelques exemplaires. c'est le portrait d'un de nos prédécesseurs, et l'un des plus illustres fondateurs d'une science que vous aimez et que vous avez augmentée.

agréez mademoiselle avec l'hommage de mon respect l'invitation que je vous présente et donnez moi ce nouveau témoignage d'une obligeance si gracieuse à laquelle vous m'avez habitué.

J. fourier.

23f. 15v Mademoiselle

Mademoiselle Sophie Germain.

rue de braque n° 41 au marais

Fourier à Sophie Germain, « mardi matin » : le dîner de décembre et les entretiens analytiques

23f. 16r je suis extremement reconnoissant de votre souvenir et de votre bonté. je me proposois chaque jour depuis mon retour de la campagne d'avoir l'honneur de vous voir ; j'en ai toujours été détourné par quelque nouvel incident.

le mot « reconnoissant » est traversé de deux traits, l'un sur les premières lettres, l'autre sur les dernières ; rien d'autre n'a été écrit à la place

je me rendrai tres certainement à l'invitation […] de madame votre mere pour mercredi […] décembre, et je désire qu'elle me permette de lui offrir mon respect dans le courant de cette semaine.

le quantième est un chiffre repassé, suivi de deux lettres en exposant ; il pourrait être 8, mais la lecture n'a pas été arrêtée

il me tarde beaucoup mademoiselle de reprendre nos entretiens analytiques. car vous y mettez beaucoup d'esprit et une sagacité merveilleuse. je vous demande pardon de cette remarque parce que les éloges vous déplaisent. je vous promets de tacher de me corriger.

je vous prie mademoiselle d'offrir à madame votre mere […] d'agréer aussi […] mes hommages et mes respects.

J. Fourier.

mardi matin.

25f. 17v Mademoiselle

Mademoiselle sophie germain

Paris.

Fourier à Sophie Germain, « lundi matin » : une note de Prony, le mémoire de Libri

25f. 18r j'ai l'honneur de présenter mes respects à mademoiselle germain, en lui transmettant une note qui m'a été remise par mr de Prony. je ne connois point l'objet des remarques contenues dans cette note peut etre donneront elles lieu à quelques éclaircissement que mademoiselle germain désirera faire parvenir à mr de prony. c'est dans cette vue que je les lui adresse.

je n'ai point trouvé chez moi le mémoire de mr. libri. l'exemplaire que j'ai parcouru est vraisemblablement celui de la bibliothèque de l'institut. je vais aujourd'hui à l'académie et je me ferai remettre cet ouvrage que j'enverrai à mademoiselle germain.

je lui présente de nouveau l'expression de mon attachement et de mon respect.

J. fourier.

lundi matin.

27Mademoiselle

Mademoiselle Sophie Germain

rue de braque n° 41 au marais

Paris.

feuillet d'adresse du billet ci-dessus ; aucun chiffre au crayon n'est lisible sur la feuille

Sophie Germain à Libri, « Paris ce 18 avril 1831 »

27f. 20r Paris ce 18 avril 1831

Monsieur, je suis plus […] affligée qu'étonnée de ce que vous méditez touchant votre situation présente. je vous supposois une inquiétude dans une disposition d'esprit bien éloignée de l'amour exclusif des livres qui aurait pu vous rendre heureux. vous deviez m'avoir écrit deux fois depuis votre départ, je n'ai pas reçu d'autre lettre que celle écrite lors de votre départ de chez Mr Maurice. J'ai fait remettre à Made Cauchy la lettre dont vous m'aviez chargée.

l'adverbe qui manque est masqué par le timbre de la Bibliothèque

Dans votre lettre vous me mandiez que je recevrois les Jaux en même tems que cette même lettre mais vous ne dites pas par quelle voie, je vous ai répondu en adressant ma lettre à Florence

abréviation d'un mot commençant par J et finissant par une lettre en exposant, sans doute « journaux » ; elle revient plus bas

28f. 20v Je vous priois de me donner de vos nouvelles […] j'étois inquiete de vous et j'avois bien raison, j'en ai fait demander de tout côté. Je vous mandai […] que je n'avois rien reçu mais, avec beaucoup de sincérité que ce n'étoit pas cela qui m'occupoit.

Votre dernière lettre m'est arrivée avant hier, j'ai envoyé hier chez Mde Renaud elle a son adresse elle a remis de suite, à mon domestique qui en a donné reçu en mon nom, les Jaux. françois m'a dit qu'elle paroissoit fort bien portante ce que je m'empresse de vous mander puisque vous paroissiez inquiet de […] santé. cette dame avoit perdu mon adresse et après avoir lu votre lettre elle a dit n'avoir pas reçu, plus que moi, les lettres que vous dites lui avoir écrit.

Ma santé est dans un état affreux, une mort prompte seroit pour moi un soulagement car je souffre des maux inconnus et qui

28f. 21r ne me laissent pas un seul moment de repos, je voulois lire au moins le 2me v. de la revue mais je ne puis, je reste enfermée je ne vois pas plus Mr le Peintre que mes autres amis si ce n'est St amand (qui est toujours fort occupé de vous) et ma Soeur. Elle dit pourtant que mon état n'est pas désespéré mais on m'annonce de longues souffrances.

J'ai reçu de Mr […] le Mr qui écrivent un mémoire de vous et […], et me demandoit de vos nouvelles je lui ai donné celle de votre départ de genève. quant à moi je lui ai mandé qu'il m'étoit absolument impossible d'espérer profiter de la bonne volonté au moins d'ici à longtems.

la phrase est écrite très vite ; le nom du correspondant et un mot après « de vous et » n'ont pu être arrêtés, et la construction ne se laisse pas rétablir

décidément il y a un tort sur tout ce qui tient aux mathématiques votre préoccupation celle de Cauchy, la mort de Mr fourier, pour […] cet élève Gallois qui malgré son impertinence annonçoit

deux mots avant « cet élève » n'ont pas été arrêtés : le premier d'une ou deux lettres, le second commençant par « che »

29f. 21v des dispositions heureuses en a tant fait qu'il a été chassé de l'école normale, il est sans fortune et sa mere en a fort peu. Rentré chez elle il a continué envers elle cette habitude d'injure dont il vous a donné avant même un échantillon après votre lecture à l'académie, la pauvre dame a quitté sa maison laissant de quoi vivre médiocrement à son fils et s'est vûe forcée de se placer dame de compagnie pour satisfaire à […]. On dit qu'il devient tout à fait fou et je le crains.

le nom de Galois est écrit « Gallois », avec deux l, ici et nulle part ailleurs dans le volume pour ce que cette lecture en a vu

Je vous adresse cette lettre à Marseille, indiquant l'avis que vous en donnerez à Mde Renaud. je vous demande […] de vos nouvelles, je vous prie instamment, je désirerois avoir en même tems celle de Made votre mere. Quoique je n'aie pas l'honneur de la connoître, il m'est impossible de n'être pas occupée des chagrins qu'elle ne peut manquer d'éprouver. agréez, Monsieur, l'assurance d'un constant intérêt que vos talens m'ont inspiré.

Sophie Germain

Lagrange à Sophie Germain, « Paris ce 17 germinal (mercredi) »

29f. 22r Paris ce 17 germinal (mercredi)

Lagrange présente ses respects à Mademoiselle Germaine. étant de retour de la campagne où il a passé quelques jours, il se fait un devoir de la prévenir qu'il sera à ses ordres le 19 et le 20. (vendredi, et samedi) il ne sortira pas ces jours-là, à moins que Mlle Germaine n'aime mieux qu'il vienne chez elle, auquel cas il la prie de vouloir bien l'en avertir.

le quantième est un chiffre à barre ; la lecture « 17 » s'accorde avec le reste du billet, où le 19 est un vendredi et le 20 un samedi, mais cet accord est une remarque de la présente lecture et non du document. Lagrange écrit le nom « Germaine »

31f. 23v Mademoiselle

Mademoiselle Sophie Germain

Paris

Lagrange, de Berlin, « ce 10 Juillet 1776 »

31f. 24r Voici deux lettres que je prends la liberté de vous envoyer et que je vous prie de remettre à leurs adresses. Saluez de ma part tous nos Amis communs et donnez moi surtout des nouvelles de notre Ami Denina, pour qui je prends tout l'intérêt qu'un mérite tel que le sien peut inspirer.

la feuille commence sans suscription : le premier feuillet de la lettre manque. Elle n'est pas adressée à Sophie Germain

Je vous prie aussi de dire au Docteur Cigna que je viens enfin de recevoir son paquet du 10 Novembre et que je lui répondrai incessamment. J'ai demandé de ses nouvelles à Ms. Richeri, secrétaire de S. E. le Comte Fontana, qui est son compatriote et même son parent suivant ce qu'il m'a dit, mais il n'a pu m'en donner ne l'ayant pas vu […] avant son départ de Turin.

Conservez moi votre précieuse amitié dont je fais

32f. 24v le plus grand cas, et à laquelle je tache de répondre par toute la mienne, et par les vifs sentimens d'estime et de considération avec lesquels j'ai l'honneur d'être

Monsieur

à Berlin ce 10 Juillet 1776.

Votre très humble et très obéissant serviteur

De la Grange

le troisième chiffre du millésime se lit 7 ou 5 ; Lagrange étant à Berlin depuis 1766, la seconde lecture est exclue par la suscription elle-même, mais le chiffre reste douteux

Lagrange, de Berlin : Denina, les loix du pays, Galilée

32f. 25r Je suis bien faché du désagrement que vient d'avoir notre Ami Denina que j'aime et que j'estime infiniment. j'espere qu'on aura egard à son merite et à l'honneur qu'il fait à sa patrie ; mais ce que je n'espere gueres pas c'est qu'il puisse se corriger de ces petites etourderies, qui dans un pais tel que le votre ne laissent pas de faire beaucoup de mal.

ni suscription ni signature : la feuille est détachée d'une lettre dont le reste n'est pas dans ce cahier

Je crois qu'en general un des premiers principes que doit avoir tout homme sage, c'est de se conformer strictement aux loix du pais dans lequel il vit, quand meme il y en auroit de deraisonnables. D'ailleurs j'ai toujours observé qu'en general les ouvrages qui ont attiré le plus de contradictions et de tracasseries à leurs auteurs, n'etoient pas ceux qui etoient les plus propres à leur acquerir une reputation solide, temoin l'Encyclopedie et plusieurs autres ouvrages françois, et même italiens.

Notre grand Galilée […] ne doit pas avoir gloire qu'à ses decouvertes sur le mouvement et sur les satellites de Jupiter. Ses fameux dialogues auxquels il a du tous ses malheurs, sont les moins bons de tous ses ouvrages, et on n'en peut plus soutenir la lecture. Sans cela il auroit vecu plus heureux, et seroit peut etre devenu encore plus grand par

« ne doit pas avoir gloire qu'à » est écrit ainsi ; un mot rayé précède, et la construction reste boiteuse

33f. 25v d'autres decouvertes. Je gage que le nouvel ouvrage de notre Ami, dont il n'a que du chagrin est bien au dessous de son histoire d'Italie qui […] ne lui a produit que de la satisfaction. Que ne s'exerce-t-il dans la carrière de l'histoire, ou il a deja eu tant de succès ? c'est la partie de la litterature que j'estime le plus, et ou il y a le moins de danger, pourvu qu'on veuille adopter la devise que devroit prendre tout historien sine ira et studio.

J'ai été autrefois, plus que personne, entiché de ces petitesses, et irrité des persecutions […] auxquelles je voyois que souvent les gens de lettres exposés ; mais je vous assure que j'en suis bien desabusé. L'age, et peut etre plus encore le climat ou je vis, m'ont donné un sang froid que je n'avois pas, et qui me fait voir maintenant bien des choses sous un autre aspect que celui ou j'avois coutume de les voir.

Je joins aux deux jettons une medaille de l'Imperatrice de Russie frappée à l'occasion du dernier jubilé Academique, et que j'ai recue de l'Academie. on m'a dit que la tête de l'Imperatrice est très ressemblante.

Lagrange, de Berlin : les estampes du Roi, et les armées en campagne

33f. 26r Monsieur

M. Verney qui est parti d'icy a huit ou dix jours avec M. le Marquis de Rozignan vous remettra d'abord un paquet de ma part contenant quatre estampes du Roi, dont deux, une grande et une petite, […] sont pour vous, et dont les deux autres sont destinées pour mon Pere à qui je vous prie de vouloir bien les remettre.

M. Verney a bien voulu se charger aussi d'un autre paquet pour vous contenant les deux premiers volumes de l'histoire diplomatique universelle de M. Weguelin, mais vous ne le recevrez que lorsque l'équipage de M. le Marquis de Rozignan sera arrivée. je profiterai des occasions qui se presenteront pour vous envoyer la suite de cet ouvrage à mesure qu'elle paroitra.

Je vous remercie d'avance de tout ce que vous voulez bien m'envoyer ; mais je vous avoue que j'ai maintenant quelque

34f. 26v inquiétude sur l'envoi de M. Rabbi à cause des grandes armées qui sont maintenant en campagne, et qu'on ne peut eviter de traverser pour entrer dans ce pais à moins de faire un grand detour.

J'ai repondu à tous les articles de votre dernière lettre dans celle que j'ai inserée dans le paquet que M. Verney vous remettra à son arrivée à Turin ; ainsi je n'y reviendrai plus ici. Je ne vous donnerai pas non plus des nouvelles de guerre, ne s'étant jusqu'à present encore rien passé, (du moins que je sache) entre les differentes armées ; mais comme on assure que le Roi est entré en Boheme […] on ne tardera pas à apprendre quelque chose d'interessant.

Je vous felicite de n'etre que spectateur de cette grande tragedie qui va se jouer dans nos quartiers.

la lettre s'arrête là, sans signature ; le feuillet suivant manque

Lalande à Sophie Germain, « au collège de france le 4 nov. 1797 »

35f. 27r au collège de france le 4 nov. 1797

il etoit difficile mademoiselle de me faire sentir plus que vous ne l'avez fait hier l'indiscretion de ma visite, et l'improbation de mes hommages. mais il m'etoit difficile de le prevoir je ne puis meme encor le comprendre, ou le concilier avec les talens que mon ami Cousin m'a annoncés. il ne me reste donc qu'à vous faire des excuses de mon imprudence ; on apprend à tout age et les leçons d'une personne aussi aimable et aussi spirituelle que vous se retiennent plus que celles d'autres.

vous m'avez dit que vous aviez lû le systeme du monde de la place, et que vous ne vouliez pas lire mon abregé d'astronomie, comme je crois que […] vous auriez pu entendre […] sans l'autre ; j'avois cru […] […] que le projet […] formé de me temoigner l'indignation […] appercevois. c'est l'objet de mes excuses et de mes regrets.

salut et respect

Lalande

la moitié basse du billet est écrite très menu, les lignes se touchent et plusieurs mots sont repassés ou rayés : le sens général se laisse suivre, mais cette lecture n'a pas voulu suppléer les mots qu'elle ne voyait pas

37à la Citoyenne

Sophie germain

rue Ste croix de la Bretonnerie n° 18

feuillet d'adresse du billet ci-dessus, écrit tête-bêche et traversé d'un grand paraphe ; aucun chiffre au crayon n'est lisible sur la feuille

Libri à Sophie Germain, « Florence ce 17. Novembre 1825 »

38f. 29r Mademoiselle.

Je ne saurais vous exprimer combien j'ai regretté de devoir partir de Paris sans avoir l'honneur de vous voir : mais des circonstances malheureuses, et des craintes très-vives que j'avais sur l'état de la santé de ma mère, m'avaient tellement alarmé que je devins incapable de rien faire, et je ne sus que partir — à présent mes craintes se sont dissipées, et je m'empresse de vous écrire pour avoir de vos nouvelles — Monsieur Arago qui a eu la bonté de passer quelques jours ici, a bien voulu se charger de vous remettre de ma part, un exemplaire de Riccati que vous paraissiez désirer de posséder : j'espère qu'il vous aidera à vous rappeler d'une personne qui a pour vous les sentiments de l'estime la plus profonde — pourrais-je me flatter, Mademoiselle, de recevoir de tems en tems de vos nouvelles ?

Vous avez tant de bonté pour moi, que j'espère, vous m'accorderez ma demande, en songeant au plaisir que vous me procurerez — Parlez-moi de vos travaux, de vos amusements, de la musique, et de tout ce qui vous intéresse, qui doit

39f. 29v m'intéresser aussi — Je ne peux vous parler à présent de mes travaux, parceque je n'ai rien publié, et que j'ai été distrait par mille choses — J'ai envoyé un mémoire à l'Institut sur la théorie de la chaleur, ou je crois avoir démontré qu'on peut donner à l'Intégrale d'une équation différentielle linéaire un nombre quelconque de constantes arbitraires — Monsieur Fourier qui doit avoir à présent le mémoire sous les yeux pourrait vous en parler — J'ai aussi déduit les équations du mouvement de la chaleur de l'hypothèse des vibrations calorifiques — mais vous comprenez bien, Mademoiselle, que ces choses là ne peuvent pas s'écrire par lettre —

un trait horizontal traverse « pourrait », sans qu'aucun autre mot ait été écrit à la place

J'ai aussi fait quelques observations physiques curieuses, que j'enverrai à Mr. Arago afin de les publier dans les annales.

Voudriez vous avoir la bonté de chatouiller un peu

39f. 30r Mr. Fourier afin qu'il fasse hâter le rapport que Mr. Cauchy doit faire depuis six mois sur le mémoire sur la théorie des Nombres que vous avez lu ? Je vous en serai infiniment obligé.

Je vous prie de presenter mes respects à Mme votre soeur, et à Mr. Legendre, et d'agréer les sentimens de ma profonde estime, avec lesquels j'ai l'honneur d'être

Mademoiselle

Florence ce 17. Novembre 1825

P. S. si vous avez la bonté de m'écrire vous pouvez adresser les lettres à Mon adresse à Florence sous le couvert de mon cousin le Commandeur de Humbourg Directeur général des postes de la Toscane à Florence — (sans les affranchir)

Votre très humble et très obéiss. ser.

Guillaume Libri

40f. 30v À Mademoiselle

Mademoiselle Sophie Germain

Rue de Braque n° 41 au Marais

à Paris

Lettre non signée à Sophie Germain : « il faut qu'une chose soit incontestable »

40Mademoiselle,

Je suis pénétré de l'intérêt que vous me montrez, Je vous remercie de cœur d'un sentiment qui me soutient et me console de bien des ennuis. J'ai remarqué avec reconnaissance le double soin de me dire ce que j'avais besoin de savoir. Vos idées confirment les miennes & J'ai remarqué qu'il faut qu'une chose soit incontestable pour qu'elle s'articule sans contestation entre vous et moi. Je m'en tiens en Conséquence à ce qui a été dit, sous la reserve toutefois des menues dont vous faites les honneurs à ma sagacité. J'espère à la Vérité les decouvrir plus par mon habitude de marcher droit que par des calculs dont Je ne tiens pas tous les […]. Je pourrais donner quelques développemens à […] pensée, mais comme J'espère ne pas vous être devenu etranger, Je compte sur la facilité avec laquelle vous achevez ordinairement mes phrases.

Vous avez oublié de me remercier d'avoir été pour vous une occasion de vous instruire ; sans moi vous n'auriez jamais su qu'il fallait renvoyer les billets refusés au payement mais à cette petite galanterie près, vous avez fait tout ce que Je pouvais attendre de votre obligeance & de votre

la lettre se poursuit au delà de la vue 40 et n'est pas achevée ici ; elle n'est pas signée sur ce feuillet, et la main n'est celle d'aucun des autres correspondants de ce cahier