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      <titleStmt>
        <title>Manuscrits de Sophie Germain, NAF 4073, vues 21–40 — transcription</title>
        <author>Sophie Germain</author>
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          <resp>transcription automatique — première passe, non vérifiée contre les pages par une personne (<date when="2026-09-11">2026-09-11</date>)</resp>
          <name xml:id="pass" type="model">Opus 5 (claude-opus-5)</name>
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        <respStmt>
          <resp>procédure, outillage, export TEI</resp>
          <orgName xml:id="ed">germain.commutator.io (Commutator, Paris)</orgName>
        </respStmt>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>Lecture automatique — non vérifiée</edition>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <publisher>Commutator</publisher>
        <pubPlace>Paris</pubPlace>
        <date when="2026-09-16">2026-09-16</date>
        <availability status="free">
          <licence target="https://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/">CC0 1.0</licence>
          <p>Le manuscrit transcrit est dans le domaine public. Cette
          transcription est une première lecture automatique, non vérifiée, placée
          dans le domaine public (CC0) ; aucune image n'est reproduite — le
          fac-similé est celui de Gallica, cité vue par vue. Source gallica.bnf.fr /
          Bibliothèque nationale de France. La source LaTeX dont ce fichier
          dérive est publiée sous https://github.com/Commutator-IO/germain-project.</p>
        </availability>
        <ref target="https://germain.commutator.io/">https://germain.commutator.io</ref>
      </publicationStmt>
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          <msIdentifier>
            <country>France</country>
            <settlement>Paris</settlement>
            <repository>Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits and Bibliothèque de l'Arsenal</repository>
            <collection>Manuscrits de Sophie Germain</collection>
            <idno type="shelfmark">NAF 4073</idno>
          </msIdentifier>
          <head>Correspondance de Sophie GERMAIN.</head>
          <msContents>
            <summary>Vues 21 à 40 du volume, dans la
            numérotation de Gallica (une vue par image) ; lot 2 de vingt vues.
            La foliotation au crayon de la BnF, quand elle a pu être lue, est
            donnée par un milestone[@unit='folio'] ; elle n'est jamais déduite.
            Les vues absentes de la transcription ne portent rien à lire et sont
            omises ; le saut dans la numérotation en est le seul enregistrement.</summary>
          </msContents>
          <history><origin><origDate>XVIIIe siècle</origDate><note>Datation du catalogue, reproduite telle quelle.</note></origin></history>
          <additional>
            <surrogates>
              <bibl>
                <ref target="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b</ref>
                <note>Fac-similé numérique de la Bibliothèque nationale de France
                sur Gallica, servi par l'API IIIF. L'attribut
                <hi rend="monospace">facs</hi> de chaque
                <hi rend="monospace">pb</hi> pointe la vue correspondante dans
                le lecteur de Gallica.</note>
              </bibl>
            </surrogates>
          </additional>
        </msDesc>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <projectDesc>
        <p>Transcription de manuscrits de mathématiciens numérisés dans Gallica, une passe de vingt vues
        par conversation avec un grand modèle multimodal, sous la procédure
        <hi rend="monospace">transcribe</hi> du dépôt. Le fichier
        LaTeX est la source de référence ; ce TEI en est dérivé mécaniquement
        par <hi rend="monospace">scripts/tei.mjs</hi> et n'a pas été relu.</p>
      </projectDesc>
      <editorialDecl>
        <p>L'édition n'est pas diplomatique : elle encode les mathématiques et
        l'apparat, rien du support. Correspondance avec l'apparat de la source :
        <hi rend="monospace">\ill</hi> devient <hi rend="monospace">gap[@reason='illegible']</hi>
        (jamais deviné) ; <hi rend="monospace">\uncertain</hi> devient
        <hi rend="monospace">unclear</hi> ; <hi rend="monospace">\add</hi> devient
        <hi rend="monospace">supplied</hi> ; <hi rend="monospace">\struck</hi> devient
        <hi rend="monospace">del</hi> (biffé par l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\note</hi> devient <hi rend="monospace">note[@type='editorial']</hi>
        (du transcripteur) ; <hi rend="monospace">\marginal</hi> devient
        <hi rend="monospace">note[@type='authorial'][@place='margin']</hi> (de l'auteur) ;
        <hi rend="monospace">\page</hi> devient <hi rend="monospace">pb</hi> (vue de Gallica) ;
        <hi rend="monospace">\folio</hi> devient <hi rend="monospace">milestone[@unit='folio']</hi>
        (foliotation de la BnF, jamais déduite).</p>
        <p>Les mathématiques sont transportées en TeX dans
        <hi rend="monospace">formula[@notation='TeX']</hi>, les diagrammes
        commutatifs en <hi rend="monospace">formula[@notation='tikz-cd']</hi>,
        sans conversion. Une marque d'apparat située à l'intérieur d'une
        formule (un exposant illisible, un symbole biffé) reste dans le TeX de
        la formule, sous les mêmes macros.</p>
        <p>Orthographe, ponctuation et lapsus de l'auteur sont conservés ; une
        faute évidente est signalée par une note, jamais corrigée.</p>
      </editorialDecl>
      <appInfo>
        <application ident="germain-tei" version="1">
          <label>scripts/tei.mjs</label>
          <ref target="https://github.com/Commutator-IO/germain-project">https://github.com/Commutator-IO/germain-project</ref>
        </application>
      </appInfo>
    </encodingDesc>
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      <langUsage>
        <language ident="fr">français, avec la notation mathématique de l'auteur</language>
      </langUsage>
    </profileDesc>
    <revisionDesc>
      <change when="2026-09-11" who="#pass">Première passe de transcription.</change>
      <change when="2026-09-16" who="#ed">Export TEI depuis la source LaTeX.</change>
    </revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div type="batch" n="2">
<div type="section">
<head>Feuillet d'adresse du billet de Fourier « mardi soir »</head>
<pb n="21" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f21.item"/><p>Mademoiselle</p>
<p>Mademoiselle sophie germain</p>
<p>rue de braque n° <unclear>41</unclear></p>
<p>Paris.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">ce feuillet ferme le billet transcrit à la vue 19 du cahier précédent ;
aucun chiffre au crayon n'est lisible sur la feuille</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>Fourier à Sophie Germain, « jeudi … mai » : une invitation à déjeuner</head>
<pb n="21" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f21.item"/><p><milestone unit="folio" n="14r"/>
jeudi mai.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">un mot rayé entre « jeudi » et « mai » : <gap reason="illegible"/></note></p>
<p>mademoiselle,</p>
<p>j'ai l'honneur de proposer à madame votre mere et à vous de dejeuner dimanche
prochain chez moi avec mde de <unclear>bresslieur</unclear> et mde de
<unclear>vauborel</unclear>. je vous prie d'excuser ce que mon projet a de
témeraire et de n'avoir egard qu'à l'intention, excuse commune de tous les
auteurs médiocres. je n'ai assurement aucun moyen de vous recevoir aussi
dignement que je le voudrois, et je sens que je vous demande un sacrifice :
mais j'en serai bien reconnoissant. aurez vous la bonté de présenter mon
invitation à madame votre mere en la priant en votre nom et au mien de
l'agréer.</p>
<p>monsieur et mde de prony seront avec nous. il n'y aura point d'autres
personnes que mon secretaire et moi et peut etre le neveu de mde de
<unclear>vauborel</unclear> s'il est à paris. nous nous réunissons à midi un quart</p>
<p>je vous envoye aussi une gravure dont j'ai quelques exemplaires. c'est le
portrait d'un de nos prédécesseurs, et l'un des plus illustres fondateurs
d'une science que vous aimez et que vous avez augmentée.</p>
<p>agréez mademoiselle avec l'hommage de mon respect l'invitation que je vous
présente et donnez moi ce nouveau témoignage d'une obligeance si gracieuse à
laquelle vous m'avez habitué.</p>
<p>J. fourier.</p>
<pb n="23" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f23.item"/><p><milestone unit="folio" n="15v"/>
Mademoiselle</p>
<p>Mademoiselle Sophie Germain.</p>
<p>rue de braque n° <unclear>41</unclear> au marais</p>
</div>
<div type="section">
<head>Fourier à Sophie Germain, « mardi matin » : le dîner de décembre et les entretiens analytiques</head>
<pb n="23" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f23.item"/><p><milestone unit="folio" n="16r"/>
je suis extremement reconnoissant de votre souvenir et de votre bonté. je me
proposois chaque jour depuis mon retour de la campagne d'avoir l'honneur de
vous voir ; j'en ai toujours été détourné par quelque nouvel incident.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le mot « reconnoissant » est traversé de deux traits, l'un sur les
premières lettres, l'autre sur les dernières ; rien d'autre n'a été écrit à
la place</note></p>
<p>je me rendrai tres certainement à l'invitation <del><gap reason="illegible"/></del> de madame
votre mere pour mercredi <gap reason="illegible"/> décembre, et je désire qu'elle me permette de
lui offrir mon respect dans le courant de cette semaine.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le quantième est un chiffre repassé, suivi de deux lettres en exposant ;
il pourrait être 8, mais la lecture n'a pas été arrêtée</note></p>
<p>il me tarde beaucoup mademoiselle de reprendre nos entretiens analytiques.
car vous y mettez beaucoup d'esprit et une sagacité merveilleuse. je vous
demande pardon de cette remarque parce que les éloges vous déplaisent. je
vous promets de tacher de me corriger.</p>
<p>je vous prie mademoiselle d'offrir à madame votre mere <del><gap reason="illegible"/></del>
d'agréer aussi <del><gap reason="illegible"/></del> mes hommages et mes respects.</p>
<p>J. Fourier.</p>
<p>mardi matin.</p>
<pb n="25" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f25.item"/><p><milestone unit="folio" n="17v"/>
Mademoiselle</p>
<p>Mademoiselle sophie germain</p>
<p>Paris.</p>
</div>
<div type="section">
<head>Fourier à Sophie Germain, « lundi matin » : une note de Prony, le mémoire de Libri</head>
<pb n="25" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f25.item"/><p><milestone unit="folio" n="18r"/>
j'ai l'honneur de présenter mes respects à mademoiselle germain, en lui
transmettant une note qui m'a été remise par mr de Prony. je ne connois point
l'objet des remarques contenues dans cette note peut etre donneront elles
lieu à quelques éclaircissement que mademoiselle germain désirera faire
parvenir à mr de prony. c'est dans cette vue que je les lui adresse.</p>
<p>je n'ai point trouvé chez moi le mémoire de mr. libri. l'exemplaire que j'ai
parcouru est vraisemblablement celui de la bibliothèque de l'institut. je
vais aujourd'hui à l'académie et je me ferai remettre cet ouvrage que
j'enverrai à mademoiselle germain.</p>
<p>je lui présente de nouveau l'expression de mon attachement et de mon respect.</p>
<p>J. fourier.</p>
<p>lundi matin.</p>
<pb n="27" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f27.item"/><p>Mademoiselle</p>
<p>Mademoiselle Sophie Germain</p>
<p>rue de braque n° <unclear>41</unclear> au marais</p>
<p>Paris.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">feuillet d'adresse du billet ci-dessus ; aucun chiffre au crayon n'est
lisible sur la feuille</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>Sophie Germain à Libri, « Paris ce 18 avril 1831 »</head>
<pb n="27" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f27.item"/><p><milestone unit="folio" n="20r"/>
Paris ce 18 avril 1831</p>
<p>Monsieur, je suis plus <gap reason="illegible"/> affligée qu'étonnée de ce que vous méditez
touchant votre situation présente. je vous supposois une inquiétude dans une
disposition d'esprit bien <unclear>éloignée</unclear> de l'amour exclusif des livres
qui aurait pu vous rendre heureux. vous deviez m'avoir écrit deux fois depuis
votre départ, je n'ai pas reçu d'autre lettre que celle écrite lors de votre
départ de chez Mr Maurice. J'ai fait remettre à Made Cauchy la lettre dont
vous m'aviez chargée.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">l'adverbe qui manque est masqué par le timbre de la Bibliothèque</note></p>
<p>Dans votre lettre vous me mandiez que je recevrois les <unclear>Jaux</unclear> en
même tems que cette même lettre mais vous ne dites pas par quelle voie, je
vous ai répondu en adressant ma lettre à Florence</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">abréviation d'un mot commençant par J et finissant par une lettre en
exposant, sans doute « journaux » ; elle revient plus bas</note></p>
<pb n="28" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f28.item"/><p><milestone unit="folio" n="20v"/>
Je vous priois de me donner de vos nouvelles <del><gap reason="illegible"/></del> j'étois inquiete
de vous et j'avois bien raison, j'en ai fait demander de tout côté. Je vous
mandai <del><gap reason="illegible"/></del> que je n'avois rien reçu mais, avec beaucoup de
<unclear>sincérité</unclear> que ce n'étoit pas cela qui m'occupoit.</p>
<p>Votre dernière lettre m'est arrivée avant hier, j'ai envoyé hier chez Mde
Renaud elle a son adresse elle a remis de suite, à mon domestique qui en a
donné reçu en mon nom, les <unclear>Jaux</unclear>. françois m'a dit qu'elle
paroissoit fort bien portante ce que je m'empresse de vous mander puisque
vous paroissiez inquiet de <del><gap reason="illegible"/></del> santé. cette dame avoit perdu mon
adresse et après avoir lu votre lettre elle a dit n'avoir pas reçu, plus que
moi, les lettres que vous dites lui avoir écrit.</p>
<p>Ma santé est dans un état affreux, une mort prompte seroit pour moi un
soulagement car je souffre des maux inconnus et qui</p>
<pb n="28" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f28.item"/><p><milestone unit="folio" n="21r"/>
ne me laissent pas un seul moment de repos, je voulois lire au moins le 2me
v. de la revue mais je ne puis, je reste enfermée je ne vois pas plus Mr le
Peintre que mes autres amis si ce n'est St amand (qui est toujours fort
occupé de vous) et ma Soeur. Elle dit pourtant que mon état n'est pas
désespéré mais on m'annonce de longues souffrances.</p>
<p>J'ai reçu de Mr <gap reason="illegible"/> le Mr qui écrivent un mémoire de vous et <gap reason="illegible"/>, et me
demandoit de vos nouvelles je lui ai donné celle de votre départ de genève.
quant à moi je lui ai mandé qu'il m'étoit absolument impossible d'espérer
profiter de la bonne volonté au moins d'ici à longtems.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">la phrase est écrite très vite ; le nom du correspondant et un mot
après « de vous et » n'ont pu être arrêtés, et la construction ne se laisse
pas rétablir</note></p>
<p>décidément il y a un tort sur tout ce qui tient aux mathématiques votre
préoccupation celle de Cauchy, la mort de Mr fourier, pour <gap reason="illegible"/> cet élève
Gallois qui malgré son impertinence annonçoit</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">deux mots avant « cet élève » n'ont pas été arrêtés : le premier d'une
ou deux lettres, le second commençant par « che »</note></p>
<pb n="29" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f29.item"/><p><milestone unit="folio" n="21v"/>
des dispositions heureuses en a tant fait qu'il a été chassé de l'école
normale, il est sans fortune et sa mere en a fort peu. Rentré chez elle il a
continué envers elle cette habitude d'injure dont il vous a donné avant même
un échantillon après votre lecture à l'académie, la pauvre dame a quitté sa
maison laissant de quoi vivre <unclear>médiocrement</unclear> à son fils et s'est
vûe forcée de se placer dame de compagnie pour <unclear>satisfaire</unclear> à
<gap reason="illegible"/>. On dit qu'il devient tout à fait fou et je le crains.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le nom de Galois est écrit « Gallois », avec deux l, ici et nulle part
ailleurs dans le volume pour ce que cette lecture en a vu</note></p>
<p>Je vous adresse cette lettre à Marseille, indiquant l'avis que vous en
donnerez à Mde Renaud. je vous <unclear>demande</unclear> <gap reason="illegible"/> de vos nouvelles,
je vous prie instamment, je désirerois avoir en même tems celle de Made votre
mere. Quoique je n'aie pas l'honneur de la connoître, il m'est impossible de
n'être pas occupée des chagrins qu'elle ne peut manquer d'éprouver. agréez,
Monsieur, l'assurance d'un constant intérêt que vos talens m'ont inspiré.</p>
<p>Sophie Germain</p>
</div>
<div type="section">
<head>Lagrange à Sophie Germain, « Paris ce 17 germinal (mercredi) »</head>
<pb n="29" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f29.item"/><p><milestone unit="folio" n="22r"/>
Paris ce 17 germinal (mercredi)</p>
<p>Lagrange présente ses respects à Mademoiselle Germaine. étant de retour de la
campagne où il a passé quelques jours, il se fait un devoir de la prévenir
qu'il sera à ses ordres le 19 et le 20. (vendredi, et samedi) il ne sortira
pas ces jours-là, à moins que Mlle Germaine n'aime mieux qu'il vienne chez
elle, auquel cas il la prie de vouloir bien l'en avertir.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le quantième est un chiffre à barre ; la lecture « 17 » s'accorde avec
le reste du billet, où le 19 est un vendredi et le 20 un samedi, mais cet
accord est une remarque de la présente lecture et non du document. Lagrange
écrit le nom « Germaine »</note></p>
<pb n="31" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f31.item"/><p><milestone unit="folio" n="23v"/>
Mademoiselle</p>
<p>Mademoiselle Sophie Germain</p>
<p>Paris</p>
</div>
<div type="section">
<head>Lagrange, de Berlin, « ce 10 Juillet 1776 »</head>
<pb n="31" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f31.item"/><p><milestone unit="folio" n="24r"/>
Voici deux lettres que je prends la liberté de vous envoyer et que je vous
prie de remettre à leurs adresses. Saluez de ma part tous nos Amis communs et
donnez moi surtout des nouvelles de notre Ami Denina, pour qui je prends tout
l'intérêt qu'un mérite tel que le sien peut inspirer.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">la feuille commence sans suscription : le premier feuillet de la lettre
manque. Elle n'est pas adressée à Sophie Germain</note></p>
<p>Je vous prie aussi de dire au Docteur Cigna que je viens enfin de recevoir
son paquet du 10 Novembre et que je lui répondrai incessamment. J'ai demandé
de ses nouvelles à Ms. Richeri, secrétaire de S. E. le Comte Fontana, qui est
son compatriote et même son parent suivant ce qu'il m'a dit, mais il n'a pu
m'en donner ne l'ayant pas vu <del><gap reason="illegible"/></del> avant son départ de Turin.</p>
<p>Conservez moi votre précieuse amitié dont je fais</p>
<pb n="32" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f32.item"/><p><milestone unit="folio" n="24v"/>
le plus grand cas, et à laquelle je tache de répondre par toute la mienne, et
par les vifs sentimens d'estime et de considération avec lesquels j'ai
l'honneur d'être</p>
<p>Monsieur</p>
<p>à Berlin ce 10 Juillet <unclear>1776</unclear>.</p>
<p>Votre très humble et très obéissant serviteur</p>
<p>De la Grange</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">le troisième chiffre du millésime se lit 7 ou 5 ; Lagrange étant à
Berlin depuis 1766, la seconde lecture est exclue par la suscription
elle-même, mais le chiffre reste douteux</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>Lagrange, de Berlin : Denina, les loix du pays, Galilée</head>
<pb n="32" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f32.item"/><p><milestone unit="folio" n="25r"/>
Je suis bien faché du désagrement que vient d'avoir notre Ami Denina que
j'aime et que j'estime infiniment. j'espere qu'on aura egard à son merite et
à l'honneur qu'il fait à sa patrie ; mais ce que je n'espere gueres pas c'est
qu'il puisse se corriger de ces petites etourderies, qui dans un pais tel que
le votre ne laissent pas de faire beaucoup de mal.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">ni suscription ni signature : la feuille est détachée d'une lettre dont
le reste n'est pas dans ce cahier</note></p>
<p>Je crois qu'en general un des premiers principes que doit avoir tout homme
sage, c'est de se conformer strictement aux loix du pais dans lequel il vit,
quand meme il y en auroit de deraisonnables. D'ailleurs j'ai toujours observé
qu'en general les ouvrages qui ont attiré le plus de contradictions et de
tracasseries à leurs auteurs, n'etoient pas ceux qui etoient les plus propres
à leur acquerir une reputation solide, temoin l'Encyclopedie et plusieurs
autres ouvrages françois, et même italiens.</p>
<p>Notre grand Galilée <del><gap reason="illegible"/></del> ne doit pas avoir gloire qu'à ses
decouvertes sur le mouvement et sur les satellites de Jupiter. Ses fameux
dialogues auxquels il a du tous ses malheurs, sont les moins bons de tous ses
ouvrages, et on n'en peut plus soutenir la lecture. Sans cela il auroit vecu
plus heureux, et seroit peut etre devenu encore plus grand par</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">« ne doit pas avoir gloire qu'à » est écrit ainsi ; un mot rayé précède,
et la construction reste boiteuse</note></p>
<pb n="33" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f33.item"/><p><milestone unit="folio" n="25v"/>
d'autres decouvertes. Je gage que le nouvel ouvrage de notre Ami, dont il n'a
que du chagrin est bien au dessous de son histoire d'Italie qui
<del><gap reason="illegible"/></del> ne lui a produit que de la satisfaction. Que ne s'exerce-t-il
dans la carrière de l'histoire, ou il a deja eu tant de succès ? c'est la
partie de la litterature que j'estime le plus, et ou il y a le moins de
danger, pourvu qu'on veuille adopter la devise que devroit prendre tout
historien <hi rend="italic">sine ira et studio</hi>.</p>
<p>J'ai été autrefois, plus que personne, entiché de ces petitesses, et irrité
des persecutions <del><gap reason="illegible"/></del> auxquelles je voyois que souvent les gens de
lettres exposés ; mais je vous assure que j'en suis bien desabusé. L'age, et
peut etre plus encore le climat ou je vis, m'ont donné un sang froid que je
n'avois pas, et qui me fait voir maintenant bien des choses sous un autre
aspect que celui ou j'avois coutume de les voir.</p>
<p>Je joins aux deux jettons une medaille de l'Imperatrice de Russie frappée à
l'occasion du dernier jubilé Academique, et que j'ai recue de l'Academie. on
m'a dit que la tête de l'Imperatrice est très ressemblante.</p>
</div>
<div type="section">
<head>Lagrange, de Berlin : les estampes du Roi, et les armées en campagne</head>
<pb n="33" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f33.item"/><p><milestone unit="folio" n="26r"/>
Monsieur</p>
<p>M. Verney qui est parti d'icy a huit ou dix jours avec M. le Marquis de
Rozignan vous remettra d'abord un paquet de ma part contenant quatre estampes
du Roi, dont deux, une grande et une petite, <del><gap reason="illegible"/></del> sont pour vous,
et dont les deux autres sont destinées pour mon Pere à qui je vous prie de
vouloir bien les remettre.</p>
<p>M. Verney a bien voulu se charger aussi d'un autre paquet pour vous contenant
les deux premiers volumes de l'histoire diplomatique universelle de M.
<unclear>Weguelin</unclear>, mais vous ne le recevrez que lorsque l'équipage de M.
le Marquis de Rozignan sera arrivée. je profiterai des occasions qui se
presenteront pour vous envoyer la suite de cet ouvrage à mesure qu'elle
paroitra.</p>
<p>Je vous remercie d'avance de tout ce que vous voulez bien m'envoyer ; mais je
vous avoue que j'ai maintenant quelque</p>
<pb n="34" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f34.item"/><p><milestone unit="folio" n="26v"/>
inquiétude sur l'envoi de M. <unclear>Rabbi</unclear> à cause des grandes armées qui
sont maintenant en campagne, et qu'on ne peut eviter de traverser pour entrer
dans ce pais à moins de faire un grand detour.</p>
<p>J'ai repondu à tous les articles de votre dernière lettre dans celle que j'ai
inserée dans le paquet que M. Verney vous remettra à son arrivée à Turin ;
ainsi je n'y reviendrai plus ici. Je ne vous donnerai pas non plus des
nouvelles de guerre, ne s'étant jusqu'à present encore rien passé, (du moins
que je sache) entre les differentes armées ; mais comme on assure que le Roi
est entré en Boheme <del><gap reason="illegible"/></del> on ne tardera pas à apprendre quelque
chose d'interessant.</p>
<p>Je vous felicite de n'etre que spectateur de cette grande tragedie qui va se
jouer dans nos quartiers.</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">la lettre s'arrête là, sans signature ; le feuillet suivant manque</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>Lalande à Sophie Germain, « au collège de france le 4 nov. 1797 »</head>
<pb n="35" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f35.item"/><p><milestone unit="folio" n="27r"/>
au collège de france le 4 nov. 1797</p>
<p>il etoit difficile mademoiselle de me faire sentir plus que vous ne l'avez
fait hier l'indiscretion de ma visite, et l'improbation de mes hommages. mais
il m'etoit difficile de le prevoir je ne puis meme encor le comprendre, ou le
concilier avec les talens que mon ami Cousin m'a annoncés. il ne me reste
donc qu'à vous faire des excuses de mon imprudence ; on apprend à tout age et
les leçons d'une personne aussi aimable et aussi spirituelle que vous se
retiennent plus que celles d'<unclear>autres</unclear>.</p>
<p>vous m'avez dit que vous aviez lû le systeme du monde de la place, et que
vous ne vouliez pas lire mon abregé d'astronomie, comme je crois que
<del><gap reason="illegible"/></del> vous <unclear>auriez</unclear> pu entendre <gap reason="illegible"/> sans l'autre ;
j'avois cru <del><gap reason="illegible"/></del> <gap reason="illegible"/> que le <unclear>projet</unclear> <gap reason="illegible"/> formé de
me temoigner l'indignation <gap reason="illegible"/> appercevois. c'est l'objet de mes excuses
et de mes regrets.</p>
<p>salut et respect</p>
<p>Lalande</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">la moitié basse du billet est écrite très menu, les lignes se touchent
et plusieurs mots sont repassés ou rayés : le sens général se laisse suivre,
mais cette lecture n'a pas voulu suppléer les mots qu'elle ne voyait pas</note></p>
<pb n="37" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f37.item"/><p>à la Citoyenne</p>
<p>Sophie germain</p>
<p>rue Ste croix de la Bretonnerie n° 18</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">feuillet d'adresse du billet ci-dessus, écrit tête-bêche et traversé
d'un grand paraphe ; aucun chiffre au crayon n'est lisible sur la feuille</note></p>
</div>
<div type="section">
<head>Libri à Sophie Germain, « Florence ce 17. Novembre 1825 »</head>
<pb n="38" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f38.item"/><p><milestone unit="folio" n="29r"/>
Mademoiselle.</p>
<p>Je ne saurais vous exprimer combien j'ai regretté de devoir partir de Paris
sans avoir l'honneur de vous voir : mais des circonstances malheureuses, et
des craintes très-vives que j'avais sur l'état de la santé de ma mère,
m'avaient tellement alarmé que je devins incapable de rien faire, et je ne
sus que partir — à présent mes craintes se sont dissipées, et je m'empresse
de vous écrire pour avoir de vos nouvelles — Monsieur Arago qui a eu la bonté
de passer quelques jours ici, a bien voulu se charger de vous remettre de ma
part, un exemplaire de Riccati que vous paraissiez désirer de posséder :
j'espère qu'il vous aidera à vous rappeler d'une personne qui a pour vous les
sentiments de l'estime la plus profonde — pourrais-je me flatter,
Mademoiselle, de recevoir de tems en tems de vos nouvelles ?</p>
<p>Vous avez tant de bonté pour moi, que j'espère, vous m'accorderez ma demande,
en songeant au plaisir que vous me procurerez — Parlez-moi de vos travaux, de
vos amusements, de la musique, et de tout ce qui vous intéresse, qui doit</p>
<pb n="39" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f39.item"/><p><milestone unit="folio" n="29v"/>
m'intéresser aussi — Je ne peux vous parler à présent de mes travaux,
parceque je n'ai rien publié, et que j'ai été distrait par mille choses —
J'ai envoyé un mémoire à l'Institut sur la théorie de la chaleur, ou je crois
avoir démontré qu'on peut donner à l'Intégrale d'une équation différentielle
linéaire un nombre quelconque de constantes arbitraires — Monsieur Fourier
qui doit avoir à présent le mémoire sous les yeux <unclear>pourrait</unclear> vous
en parler — J'ai aussi déduit les équations du mouvement de la chaleur de
l'hypothèse des vibrations calorifiques — mais vous comprenez bien,
Mademoiselle, que ces choses là ne peuvent pas s'écrire par lettre —</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">un trait horizontal traverse « pourrait », sans qu'aucun autre mot ait
été écrit à la place</note></p>
<p>J'ai aussi fait quelques observations physiques curieuses, que j'enverrai à
Mr. Arago afin de les publier dans les annales.</p>
<p>Voudriez vous avoir la bonté de chatouiller un peu</p>
<pb n="39" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f39.item"/><p><milestone unit="folio" n="30r"/>
Mr. Fourier afin qu'il fasse hâter le rapport que Mr. Cauchy doit faire
depuis six mois sur le mémoire sur la théorie des Nombres que vous avez lu ?
Je vous en serai infiniment obligé.</p>
<p>Je vous prie de presenter mes respects à Mme votre soeur, et à Mr. Legendre,
et d'agréer les sentimens de ma profonde estime, avec lesquels j'ai l'honneur
d'être</p>
<p>Mademoiselle</p>
<p>Florence ce 17. Novembre 1825</p>
<p>P. S. si vous avez la bonté de m'écrire vous pouvez adresser les lettres à
Mon adresse à Florence sous le couvert de mon cousin le Commandeur de
<unclear>Humbourg</unclear> Directeur général des postes de la Toscane à Florence —
(sans les affranchir)</p>
<p>Votre très humble et très obéiss. ser.</p>
<p>Guillaume Libri</p>
<pb n="40" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f40.item"/><p><milestone unit="folio" n="30v"/>
À Mademoiselle</p>
<p>Mademoiselle Sophie Germain</p>
<p>Rue de Braque n° 41 au Marais</p>
<p>à Paris</p>
</div>
<div type="section">
<head>Lettre non signée à Sophie Germain : « il faut qu'une chose soit incontestable »</head>
<pb n="40" facs="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10089787b/f40.item"/><p>Mademoiselle,</p>
<p>Je suis pénétré de l'intérêt que vous me montrez, Je vous remercie de cœur
d'un sentiment qui me soutient et me console de bien des ennuis. J'ai
remarqué avec reconnaissance le double soin de me dire ce que j'avais besoin
de savoir. Vos idées confirment les miennes &amp; J'ai remarqué qu'il faut
qu'une chose soit incontestable pour qu'elle s'articule sans contestation
entre vous et moi. Je m'en tiens en Conséquence à ce qui a été dit, sous la
reserve toutefois des <unclear>menues</unclear> dont vous faites les honneurs à ma
sagacité. J'espère à la Vérité les decouvrir plus par mon habitude de marcher
droit que par des calculs dont Je ne tiens pas tous les <gap reason="illegible"/>. Je pourrais
donner quelques développemens à <gap reason="illegible"/> pensée, mais comme J'espère ne pas
vous être devenu etranger, Je compte sur la facilité avec laquelle vous
achevez ordinairement mes phrases.</p>
<p>Vous avez oublié de me remercier d'avoir été pour vous une occasion de vous
instruire ; sans moi vous n'auriez jamais su qu'il fallait renvoyer les
billets refusés au payement mais à cette petite galanterie près, vous avez
fait tout ce que Je pouvais attendre de votre obligeance &amp; de votre</p>
<p><note type="editorial" resp="#pass">la lettre se poursuit au delà de la vue 40 et n'est pas achevée ici ;
elle n'est pas signée sur ce feuillet, et la main n'est celle d'aucun des
autres correspondants de ce cahier</note></p>
</div>
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
